La tourmente et les tensions internes peuvent être surmontées.
Du Front de gauche à un Front populaire

, par  Aline Béziat , popularité : 2%
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Ce texte a été complété après ma conférence fédérale. Il insiste
sur la notion de solidarité politique entre organisations politiques.

Les négociations à gauche sont pour l’instant moulées dans l’esprit de
compromis, de compétitions, d’hégémonie et en fonction des circonstances
alors que pour nous, fondamentalement elles devraient se baser sur de la
solidarité politique en toutes circonstances. Or les négociations les
plus âpres sans débat d’idées nous conduisent à subir les coups de
boutoir des uns et des autres. Nous discutons plus sur les chiffres des
résultats électoraux que sur la qualité des politiques menées. Nous
restons enfermés dans de la charité politique parce que nous ne voulons
pas apparaître comme des diviseurs. C’est un très très mauvais calcul.

Assumer ce que nous sommes c’est oser le communisme en tout. L’union ne doit plus être un combat, mais c’est une solidarité. Évidemment cette solidarité sera plus facile avec le peuple qu’avec les Partis politiques, mais c’est le début de tout. Passer de la charité politique à de la solidarité politique ne se fera que si nous, nous engageons dans le débat d’idée. Les deux référents incontournables capitalisme/communisme et des conceptions différentes de leur démocratie respectives ne peuvent plus rester dans l’ombre mais être mises en pleine lumière. Ces idées et leurs démocraties respectives ne s’opposent pas, elles ne sont que les éléments logiques de l’évolution de la conscience de chacun.


Développer la dimension populaire du Front de gauche et en extirper sa
dimension politicienne.

Nous avons besoin de perspectives politiques, à discuter, à étoffer et
à finaliser tout au long de la campagne avec les acteurs du mouvement
social (syndicats et associations) mais aussi avec les 70% du peuple qui
l’approuve. Ce formidable mouvement populaire a besoin de s’appuyer sur
un front politique pour tout changer.

Ce Front deviendra populaire, si les acteurs des mouvements sociaux et
populaires participent, à la construction d’une politique, dans un cadre
de cohérence démocratique et de solidarité politique. Ainsi, ceux, qui y
participeront, pourront en reconnaitre le bien fondé et la faire
connaître autour d’eux.

Pour amorcer cette construction, une base de perspectives communistes nous est nécessaire.

J’en propose quelques unes en exemple pour en démontrer l’esprit. Je
pars de ce que veulent les gens :

- Améliorer le pouvoir d’achat en développant l’auto suffisance des
personnes et des territoires avec une politique des prix, favorisant la
proximité des produits.

- Sauvegarder, développer l’emploi, empêcher les délocalisations,
protéger la santé des salariés et l’environnement en faisant
pénétrer la démocratie dans le monde du travail. Un salarié une voix.

- Protéger l’argent des Français, de toute spéculation en
débloquant le bouclier des 15000€ des livrets A. Ce bouclier sert à la
spéculation. Mais aussi faire rentrer la démocratie dans le monde de la
finance un actionnaire une voix. L’actionnaire est une caution morale,
pas ses actions.

- Une réforme fiscale, sortant des conceptions libérales et
social-libérales. Un barème fiscal individualisé intégrant revenus et
charges, avec un taux progressif, plus on gagne plus on paie. Prendre à la
source l’imposition sur tous les revenus financiers alignés sur le
barème des cotisations sociales.

- Un salaire social, s’appuyant sur la reconnaissance de l’ensemble
des activités que produisent les associations. Elles seraient déclarées
dans un grand Service Public. Tout en préservant bénévolat et anonymat,
une source de revenus permettrait, à tous ceux qui n’ont plus accès à
la vie associative de retrouver confiance en eux. Ce salaire social, serait
alimenté par l’épargne. La solidarité d’un salaire social permettrait de redonner de l’espoir à des millions de gens. L’immense activité associative doit être reconnue comme un facteur de croissance.

- Un grand Service Public du patrimoine, de la propriété privé, publique et collective pour que chacun ait un toit. Chaque commune, serait un relais de ce Service public, géré démocratiquement par les citoyens en élisant leurs représentants, sur un socle de désignation par reconnaissance du bien fondé de l’intégrité et de l’efficacité des candidats.

Un débat idéologique doit s’engager

Capitalisme et communisme sont des idéaux qui traversent chaque être
humain à des degrés divers et en fonction des circonstances. C’est le
rapport à l’argent et le rapport aux humains. La gauche est traversée
par le social libéralisme, le communisme et la radicalité de l’extrême
gauche. Ces trois idéologies tiennent à la personnalité et à la pensée
de chacun, mais rien n’est figé. Tous, nous évoluons en fonction de
notre conscience et de la connaissance que l’on peut acquérir tout au
long de la vie.

Une femme communiste est l’égale d’un homme communiste, la solidarité
féminine doit se transformer en solidarité humaine. Nous pouvons ensemble
construire cette solidarité, pour une civilisation de plus en plus
humaine, portée par un communisme de notre temps, et à la française.
Passer de l’émancipation à l’épanouissement humain nous pouvons en
produire l’émergence.

Le communisme n’appartient pas au seul Parti, il appartient au peuple.
Mettre en pleine lumière le communisme qui existe dans notre société et
sa perspective en devenir, ne peut être diffusé qu’avec la force du
mouvement populaire dans une démocratie faite de solidarité. Notre
démocratie interne faite de désignation et de reconnaissance, si nous en
faisons la démonstration, ce sera un élément crucial dans cette
campagne. Sortir de la compétition et des compromis et passer à de la
solidarité politique entre les organisations politiques éloignera tous
les jeux politiciens qui plombent la gauche. Le mot gauche est teinté
d’idées social-libérales et de Partis politiques qui se combattent plus
qu’ils ne se solidarisent. En passant du Front de Gauche à un Front
populaire on permet à des millions de gens de s’inviter dans le
dynamisme de cette campagne et au-delà. Sortir du cadre politicien et le
démontrer est un élément crucial pour tout bousculer. Nos partenaires
FDG doivent nous aider à en faire ensemble la démonstration. Oui la
solidarité politique va balayer la nocivité des compromis qui tire tout
vers le bas et sa compétition hégémonique. L’union ne doit plus être
un combat, mais une solidarité. La démocratie communiste en dépassant la
démocratie libérale permettra au peuple de s’approprier tous les
leviers politiques de notre société.

Tout ceci nous oblige à voir tout ce qui doit être dépassé dans notre organisation.

La démocratie libérale est venue polluer notre propre organisation.
34ème congrès, vote sur plusieurs listes avec des leaders en tête. Ces
jeux de tendances nous ont affaibli et produit des tensions et des
clivages. Être désigné par reconnaissance est un des fondamentaux
d’unité entre communistes. Se présenter et être désigné sont des
différences de taille. Dans la démocratie de masse être désigné par
reconnaissance produirait un changement de culture politique considérable.
Dans la démocratie libérale on est obligé de se présenter, dans la
démocratie communiste on nous désigne. Autre effet nocif et absurde,
refus d’engager au 35ème Congrès un débat sous la responsabilité du
Conseil National. Si, aujourd’hui, le Conseil National captait toutes les
innovations venant de partout dans cette campagne, il pourrait mettre en
cohérence nos perspectives avec ce que veut le peuple. Ainsi le Parti en
nous renvoyant une politique communiste en cohésion avec le peuple
permettrait à l’action militante de retrouver un nouveau souffle. Nous
ferions, ainsi, la démonstration que la politique peut se pratiquer
autrement. Il n’est jamais trop tard pour mieux faire.

Ce concept de cohérence démocratique permettrait aux militants et aux
dirigeants de retrouver et d’impulser une solidarité politique. En
supprimant le centralisme démocratique, nous avons laissé le débat
mouliner dans un grand vide. Le concept de cohérence démocratique permet
d’être au service du peuple pour qu’il s’approprie la politique de
plus en plus et de mieux en mieux. Ainsi avec le peuple, la 6ème
république pourra voir le jour.

Nous avons besoin de dépasser les querelles politiciennes qui minent la
gauche. Cette gauche s’enferme dans des carcans compétitifs et dans des
compromis stériles. A chaque élection, elle subit les jeux subtils des
pressions que l’idéologie capitaliste impose et qui rend la démocratie
de plus en plus vulnérable et libérale.

Chaque association, chaque syndicat, chaque parti politique de Gauche doit
garder son indépendance. Nous pouvons, en reconnaissant nos politiques
respectives, améliorer considérablement la qualité de la démocratie. Si
les autres formations de gauche reconnaissent la politique communiste, sa
conception démocratique et si elles s’appuient sur la solidarité
politique, tout peut changer à gauche. Créer les conditions d’un
véritable élan de solidarité politique passe par la transformation du
Front de Gauche en un Front populaire. Il va permettre à tous ceux qui
veulent s’inscrire dans cette campagne de ne plus être enfermé et
corseté dans le magma politicien des affres de la gauche et ainsi
s’engager dans l’action militante là où ils se sentent le plus utile.
N’être plus, le jouet de la compétitivité à gauche va libérer
l’énergie et le dynamisme populaire. Le mot populaire invite à cette
solidarité qui nous fait tant défaut aujourd’hui.

Communisme et socialisme non libéral, sont entremêlés. Le communisme
c’est la mise en commun, le socialisme c’est la socialisation de cette
mise en commun. Mais il y a une condition c’est d’en extirper les
idées libérales le plus possible et le mieux possible. Dans ce contexte,
la politique communiste et son processus démocratique sera mieux lisible.
Toutes les idées évoluent, en faisant bouger les curseurs de la
démocratie et de la solidarité, les autres formations de gauche pourront
s’éloigner progressivement des idéaux qui laisse le capitalisme
poursuivre sa nocivité. Nous avons besoin de plus de communisme et plus de
socialisme non libéral. Pour nous communiste nous pouvons enclencher un
élan de solidarité bénéfique à tous.

Notre candidature, à la présidentielle doit donc être communiste. Elle
doit être désignée par le Conseil National parce que c’est lui, qui a
la connaissance du profil le mieux adapté. La stature du présidentiable
communiste doit s’appuyer sur nos perspectives et notre processus
démocratique. Sa capacité à s’adresser au peuple qui se reconnait dans
la gauche et à celui qui ne si reconnait pas, permettra de lier
présidentielle et législatives dans une campagne de proximité et
d’efficacité. Ce candidat doit avoir une stature internationale si
l’on veut, avec les pays émergents et les pays progressistes en finir
avec la domination du capitalisme financier.

Aline Béziat
Mirebeau 29 mai 2011

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