Conférence de section de Lyon : ambiance et principaux amendements

, par  Pascal Brula , popularité : 3%

La conférence de section de Lyon a eu lieu vendredi 25 et samedi 26 janvier dernier. Le vendredi soir était consacré au débat tous azimuts, sans prise de décision ; entre 40 et 50 adhérents étaient présents. Le Mali a fait l’objet de nombreux commentaires, mais d’une manière générale, ce genre d’assemblée ressemble plutôt à "la démocratie du cause toujours", même s’il est toujours bien de savoir ce que disent les uns et les autres avant d’ouvrir les "hostilités".

Le samedi, jour des décisions, il y avait nettement moins de monde (une trentaine d’adhérents), mais néanmoins avec une présence de jeunes non négligeable qui a imprimé à la conférence un autre visage et un autre contenu. Il faut toutefois noter que l’essentiel des amendements était porté par les protagonistes des textes alternatifs, comme si les autres n’avaient rien à dire, laissant sous-entendre que pour eux, le texte de la direction était remarquable et qu’il n’y avait rien à changer, pas même une virgule. Dans ce contexte, leur rôle était d’argumenter encore et encore contre les amendements, trouvant celui-ci trop ceci et celui-là trop cela…

Sur le socialisme :

L’amendement sur le socialisme a été repoussé par 25 voix contre, 5 pour et 2 abstentions (ligne 67-68) :

"Un processus de changement crédible et ambitieux, visant à rompre avec les logiques du système, pour aller vers un système mettant l’être humain et l’environnement au cœur des priorités, le socialisme."

Nationalisation des banques, amendement voté :

Après la ligne 550, insertion du paragraphe :

"La crise actuelle du capitalisme est bien trop profonde pour être surmontée par des mesures superficielles telles que des aménagements fiscaux ou des réformes du système bancaire. Elle a ouvert les yeux des peuples sur le rôle complètement destructeur et parasitaire des banques et des spéculateurs capitalistes. Ils entendent qu’il n’y aurait plus d’argent pour financer les retraites, les écoles, les hôpitaux et autres services publics, mais constatent qu’il est possible de trouver des centaines de milliards d’euros pour renflouer les banques. Dans ce contexte, il est urgent d’arracher le secteur bancaire au contrôle des capitalistes, et de placer la nationalisation des banques – avec une gestion démocratique, cette fois-ci – au cœur des revendications du PCF."

Sur l’Union européenne :

Enlever le 2nd paragraphe du chapitre « Faire sauter le verrou de l’Europe austéritaire » (lignes 665-667) et remplacer la 1ère phrase ligne 668 par : "Les institutions européennes profondément anti-démocratiques favorisent l’emprise des marchés et la mise en œuvre de politiques contraires à l’intérêt des peuples. Nos idéaux internationalistes doivent guider la recherche d’une stratégie européenne visant à construire une autre Europe, basée sur la coopération et la souveraineté populaire et nationale. On ne peut exclure, en dernier ressort, le dynamitage de l’Union européenne actuelle."

La dernière phrase du paragraphe proposée ayant fait beaucoup parler les partisans de "l’Europe sociale", les dirigeants de la conférence ont fait voter le paragraphe en remplaçant la dernière phrase par "à l’opposé de l’Union européenne actuelle". Ce qui donne :

"Les institutions européennes profondément anti-démocratiques favorisent l’emprise des marchés et la mise en œuvre de politiques contraires à l’intérêt des peuples. Nos idéaux internationalistes doivent guider la recherche d’une stratégie européenne visant à construire une autre Europe, basée sur la coopération et la souveraineté populaire et nationale, à l’opposé de l’Union européenne actuelle."

L’amendement a été adopté. Inutile de dire que les trotskystes de La Riposte ne l’ont pas voté… la souveraineté du peuple et de la nation leur donne des boutons. Ils ont évidemment essayé de faire valoir leur vision classique, à savoir l’absolue impossibilité de passer au socialisme dans un seul pays marquant leur allégeance à l’Union européenne ou au mythe de "l’Europe sociale".

Sur Front de gauche / PCF :

Amendement La Riposte mais toutefois intéressant, ligne 835 :

"Le Front de gauche est une initiative positive. Ce serait une erreur de refuser de s’allier avec des organisations politiques qui, comme nous, veulent se battre contre la régression sociale. L’union fait la force. Mais la participation du PCF au Front de gauche pose la question du rôle et de l’apport spécifique du PCF dans le cadre de cette alliance. Être communiste, c’est comprendre qu’il n’est pas possible d’en finir avec la pauvreté, le chômage, la précarité, le mal-logement et les innombrables difficultés qui pèsent sur nos vies dans tous les domaines, sans s’attaquer à l’édifice tout entier du système capitaliste. Nous voulons en finir avec le capitalisme et construire une société sur de nouvelles bases, une société libérée de la loi du profit et de l’exploitation de l’homme par l’homme. Le PCF doit rester indépendant et exprimer clairement ses objectifs spécifiques dans son propre programme."

Il s’en est suivi un match nul : 14 pour – 14 contres – 4 abstentions (je me suis abstenu par rapport au Front de gauche).

Eurométropole, ligne 857 :

"C’est pourquoi les communistes s’opposent à la mise en concurrence des territoires, qui s’opère notamment par la création d’eurométropole et d’eurorégion, plus ou moins autonomes."

L’amendement a été voté et pour soi-disant le compléter, une autre phrase a été mise aux voix concernant la réforme des collectivités territoriales. Cette phrase écrite par Roland Jacquet, ancien secrétaire fédéral, est cependant très en retrait puisqu’elle démarre comme ceci :
"Nous sommes attentifs à la réforme en cours des collectivités territoriales en particulier pour…" (je n’ai pas pu noter la suite) ; le problème est qu’elle ne dit pas franchement qu’il faut s’opposer à cette réforme qui est pourtant celle de Sarkozy.

Pour les cellules (ligne 974) :

Vote à l’unanimité !

"Afin de mobiliser ces quartiers et de réussir le pari de l’unité des classes populaires, nous devons recréer les conditions favorables à l’existence de cellules. La cellule doit redevenir à la fois la base de notre Parti et également ce lieu de proximité, d’échanges et de solidarités. Pour cela, les efforts consacrés à leur vie doivent être une priorité de toutes nos instances."

Sur Marx (lignes 895-896) :

"Si le monde a changé, les apports de Marx restent une grille d’analyse pertinente pour comprendre le monde et combattre le capitalisme."

L’amendement a été voté par 24 pour, 1 contre et 5 abstentions, après avoir supprimé la première phrase qui était "Le marxisme reste notre socle de pensée et d’action".

A propos des statuts :

Si l’amendement sur Marx dans le corps du texte a été adopté, son pendant relatif aux statuts a été rejeté (20 contre, 5 pour et 2 abstentions) : "Afin de conforter la conscience de classe des adhérents, les structures organisées de notre parti doivent permettre à chacun d’accéder à une formation théorique dont le marxisme constitue le socle de base".

Les quatre-quarts :

La commission des amendements avait synthétisé le plus simplement du monde les différentes propositions, à savoir : "Le produit de la cotisation des adhérents est réparti par QUART entre la cellule, la section, la fédération et le conseil national…".

Mais la proposition de la cellule de la secrétaire de section étant passée à la trappe, elle a été ressortie du chapeau et mise au vote et c’est finalement celle-ci qui a été adoptée :

"Le produit de la cotisation des adhérents est réparti par QUART entre la cellule, la section, la fédération et le conseil national. En fonction des priorités arrêtées en commun, le budget de chaque instance doit comporter les aides financières aux organisations du Parti dépendant du territoire local, départemental ou national en priorisant les besoins de proximité. Dans le cas regrettable où toutes les cellules d’une section viendraient à disparaître, le produit des cotisations des adhérents de la section est réparti en trois tiers entre la section, la fédération et le national. Dans le cas inverse, il est possible de créer une cellule de façon unilatérale à partir du moment où celle-ci recouvre une réalité géographique cohérente et raisonnable (cellule locale ou d’entreprise), dans ce cas le produit des cotisations des adhérents de la cellule sera réparti en 4 quarts entre la cellule, la section, la fédération et le national".

La carte (ligne 1625) :

"Seul le congrès national peut modifier les présents statuts et la carte d’adhérent."

(27 pour, 2 abstentions, 1 n’a pas pris part au vote).

Si l’on regarde en arrière les deux ou trois dernières conférences de section de Lyon, on peut dire que finalement, il y a quand même des changements étonnants... Ah oui, j’oubliais : j’étais quand même le seul à voter contre le texte "Rallumer les loupiottes"...

Pascal Brula

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