Projet de loi en Ukraine sur l’interdiction de l’idéologie communiste

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Blitzkrieg au Parlement ukrainien. Alors que vient d’être voté un budget d’austérité draconien, que les projets de loi se multiplient pour faciliter l’adhésion à l’OTAN, déréguler le marché intérieur, le dernier en date propose l’interdiction de l’idéologie communiste, donc du KPU.

Le Parti communiste d’Ukraine (KPU) lance un nouvel appel à la solidarité internationale. Ce n’est pas un cri au loup prématuré. Depuis un an, les nouvelles autorités de Kiev ne cessent de vouloir briser la résistance du KPU par tous les moyens.

Cette fois, le Parlement ukrainien va étudier un projet de loi visant à criminaliser l’idéologie communiste, à interdire le Parti communiste. Un projet qui a toutes les chances d’être adopté au vu du rapport de forces actuel et de l’hégémonie parlementaire des forces anti-communistes.

Combats de rue, violence d’État, tribunaux, urnes truquées : le KPU résiste

Ces forces anti-communistes ont usé des combats de rue, où les milices néo-nazies de "Secteur Droit", du leader populiste Liachko, ont dépassé les fascistes de Svoboda dans les méthodes : tabassage de militants du Parti, maisons de responsables saccagées, statues de Lénine déboulonnées, la liste est longue.

Ce climat de terreur de rue a été couvert par une violence institutionnalisée. Dans un contexte de guerre civile, les enlèvements de responsables locaux du parti se sont multipliés à l’est – avec collaboration des services secrets –, accompagnées d’interrogatoires musclées, incluant intimidations et tortures, pour faire avouer des relations avec les séparatistes.

L’éradication par voie judiciaire avait déjà été tentée. Le député populiste d’extrême-droite Oleg Liachko avait fait passer un projet de loi pour l’interdiction du Parti communiste. Il n’avait obtenu que la dissolution du groupe parlementaire du KPU qui comptait 32 élus.

En juillet 2014, une offensive a été lancée par le Ministère de la Justice pour faire interdire le KPU, devant le Tribunal administratif de Kiev, sur présomption de collusion entre le KPU et les séparatistes pro-russes. Aucune preuve tangible n’avait été apportée, l’enquête avait été fermée.

Toutefois, ce 24 décembre, la Cour d’appel de Kiev a décidé de rouvrir l’affaire, six jours après le dépôt d’un projet de loi sur l’interdiction du KPU au Parlement.

Ce contexte a accompagné la tentative d’élimination politique du KPU. Ce parti qui rassemblait 2,5 millions d’électeurs (13 %) en 2012 a l’écorce rude, un ancrage résistant dans la société. Malgré l’impossibilité de voter pour des millions d’Ukrainiens à l’est, dans les bastions communistes, le KPU a maintenu son existence, avec 4 % des voix et 600.000 voix.

En finir avec le Parti communiste : le projet de loi du parti au pouvoir

Le KPU a toutefois perdu toute représentation parlementaire. Le président "roi du chocolat" Porochenko n’a pas manqué de se féliciter de l’ « arrêt de mort politique du Parti communiste ».

En dépit de cette offensive sur tous les fronts, le KPU est toujours bien vivant. Il s’agit maintenant d’en terminer légalement avec le Parti communiste, avec tout ce qu’il représente dans la société, d’héritage de l’ère soviétique comme de réalité d’opposition aux politiques anti-populaires.

Un projet de loi vient d’être déposé à la Rada (Parlement ukrainien) ce 18 décembre par trois députés du parti du Premier Ministre, le banquier pro-américain Iasteniouk, le "Front populaire", un projet soutenu par trois députés, MM. Tourchinov, Pachinski et Sioumar.

« Sur l’interdiction de la diffusion de l’idéologie communiste en Ukraine »

Un projet de loi « sur l’interdiction de la diffusion de l’idéologie communiste en Ukraine », dans la droite ligne des législations qui interdisent les symboles communistes en République tchèque, Pologne, ainsi que les partis communistes en Hongrie, Lettonie, Lituanie.

Selon son article 1, le projet de loi définit l’idéologie communiste « comme un système de concepts, d’idées, d’opinions reposant sur la lutte de classe, la dictature d’une classe sur les autres, la création d’un État totalitaire, la violation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, le déni des droits des peuples à l’autodétermination, la non-reconnaissance du droit à la propriété privée des moyens de production, l’établissement d’un système à parti unique, le renversement violent d’un système étatique ».

Sa promotion comprend y compris sa « diffusion dans les médias », la « production ou diffusion de produits contenant les symboles », qui sont : « les emblèmes, drapeaux de l’URSS, ou tout autre insigne qui porte les faucilles et marteaux ; les noms de rues, entreprises, institutions et organisations portant les noms des leaders communistes, le nom de l’URSS ».

Selon son article 2 : « la promotion de l’idéologie communiste en Ukraine est interdite », tout comme la « promotion de partis politiques entités idéologiques qui utilisent les termes Communisme, Marxisme, Léninisme, Stalinisme ».

Selon l’article 3, « la production ou distribution de produits avec les symboles communistes, y compris des souvenirs, est interdite en Ukraine ».

Six mois pour la dissolution du PC, cinq ans de prison pour tout communiste

Enfin, l’article 4 prévoit que les « personnes violant la Loi seront criminellement responsables ».

La promotion de l’idéologie communiste serait passible, selon la révision du Code criminel d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison.

Enfin, toute entité politique portant un nom communiste devrait « cesser toute opération, en se dissolvant dans les six mois suivant l’adoption de cette loi ». De même, les rues portant des noms faisant référence à l’idéologie communiste seraient renommées dans les six mois.

Si on ajoute les voix des députés du parti du Président Porochenko ("Bloc Porochenko"), ceux du parti du Premier ministre Iasteniouk ("Front populaire") et ceux du Parti radical du populiste Liachko, on obtient 236 élus prêts à voter ce projet de loi, une majorité de l’Assemblée.

De quoi faire passer ce projet anti-démocratique, même sans les voix du groupe de Liachko. Le secrétaire-général du Parti communiste d’Ukraine (KPU), Petro Simonenko, a déjà qualifié cet acte de « tentative d’éliminer le seul adversaire politique du régime : le Parti communiste ».

Il appelle désormais les Partis communistes, les forces de progrès en Europe à élever la voix pour s’élever à la mise en place d’un régime aux traits de plus en plus bellicistes, autoritaires et anti-populaires, couverts par une Union européenne, des États-Unis complaisants.

Il est temps pour nous, communistes français, de commencer l’année 2015 par un appel à la solidarité avec nos camarades ukrainiens : non à la criminalisation du communisme en Ukraine, non à la fascisation de l’Europe !

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