Conseil National du vendredi 11 avril 2014 - Intervention de Paul Barbazange

Premiers éléments d’analyse à partir de la situation biterroise et héraultaise Pourquoi la direction nationale essaie-t-elle de nous faire taire ?

, par  Paul Barbazange , popularité : 7%

Bien que parmi les tout premiers inscrits par internet (on est jamais trop prudent !) et appelé comme deuxième orateur à intervenir lors de cette réunion du CN, je n’ai pu aller jusqu’au bout de mon intervention. En Effet Patrice Bessac tout nouveau maire de Montreuil et président de séance m’a interrompu après moins de 2 minutes de parole... me rappelant que j’avais presque terminé mon temps : "Il te reste 30 secondes". Nous avons tous "théoriquement" quatre minutes. J’ai préféré ne pas imposer mon intervention devant une telle agression. Le CN, lui intéressé pour une certaine part, écoutait.

Qu’ai je donc dit dès les premières lignes qui dérangeait tant le nouveau maire ? Au point qu’il m’a fait taire.
Il a voulu s’en excuser ensuite dans les couloirs, j’ai écouté sa démarche et souligné qu’il s’agissait de sa part d’un choix politique délibéré et non d’une maladresse. Chacun se fera son idée. Il reste que cet incident s’ajoutant à beaucoup d’autres pratiques doit accentuer notre vigilance. Travailler ensemble exige beaucoup de respect et de soins.

Paul Barbazange.

Les élections municipales marquent une nouvelle étape. Vu leur proximité, je m’en tiendrai aux premiers enseignements locaux et un peu départementaux, le plus général viendra en son temps. Avec plus de 17% des actifs au chômage, 33% de la population en dessous du seuil de pauvreté, des poches de misère pure et dure, et un taux d’assujettis à l’impôt sur la fortune au dessus de la moyenne urbaine régionale, Béziers est parmi les villes du pays les plus ravagées par la crise, avec Perpignan, Alès, Tourcoing... Hénin-Beaumont, ne parlons pas des 13ème -14ème arrondissements de Marseille. Cette énumération, incursion nationale, véritable géographie des résultats, n’a rien d’un inventaire dû au hasard.

La participation électorale est 5 points au dessus de la moyenne nationale. Le candidat soutenu par le Front National y dépasse 44% des voix au premier tour, 47% au second, l’UMP perd 23% des voix sur 2008. Le PS et ses alliés perdent aussi largement plus de 10%, plus de 5.000 voix, nous perdons (Front de gauche-communiste) 0,20% et gagnons 200 voix, maigre consolation. Notre section a cependant réalisé 14 adhésions dans la lutte.

Que se passe-t-il en plus des contingences locales réelles ? (le maire UMP ne se représentait pas après 19 ans de règne). C’est la fin, dans les urnes, après une fin par étapes dans les têtes, de la stratégie mitterrandienne d’instrumentalisation du FN contre l’électorat de droite ; je ne suis pas d’accord avec la référence faite à Terra Nova dans le rapport. Toutes les digues ont sauté, les électorats de droite se retrouvent lorsque leurs états majors l’ont décidé et même sans leur avis !

A Béziers, l’électorat est allé vite, l’UMP est balayée par un dangereux aventurier masqué porté par les médias nationaux. Notre résistance rassembleuse a permis à tout le parti, y compris des camarades ayant suivi antérieurement la stratégie réformiste d’abandon de la lutte des classes définie par Gayssot, d’être dans l’action. Deux thèmes ont dominé notre campagne de longue durée : lutte centrale contre l’austérité, et volonté démocratique affichant l’ambition de permettre même aux plus modestes de trouver leur place dans la vie de la cité. Nous avons rencontré des citoyens, milité comme jamais depuis bien longtemps. La JC a été pour la première fois depuis 40 ans très active. Nous nous sommes heurtés au réformisme du PS et du parti de gauche, tentant en particulier d’effacer toute référence communiste dans l’analyse des réalités. Le PS dans une union tout de suite, certains du PG contre toute union en particulier au second tour. Observons lucidement que notre analyse du déclin capitaliste accéléré, si elle est parfois comprise, se heurte à trop forte partie pour pouvoir rassembler à un moment où tous les vents sont contraires et les luttes sociales si parcellisées. Nous n’avons pas pu faire de la journée du 18 mars un grand moment d’action revendicative rassembleuse. Cela m’interroge.

Au second tour le rapport des forces a cependant permis de déjouer le dernier avatar historique du piège mitterrandien : le front républicain, réclamé à grand cris à Paris par Valls et à Béziers par l’UMP. Face à cela et au dirigeant local du PG qui a cessé de fait d’être sur la liste de rassemblement, nous avons été l’âme d’une liste d’union de la gauche. Celle-ci perd 5 points sur l’addition des voix PS-PCF/FG du premier tour, mais permet l’élection du tête de liste Front de gauche parmi 4 élus. Le troisième tour à l’agglo ne sera joué que le 17, Ménard n’est pas encore président.

La recherche constante des conditions de l’union des progressistes (un fait nouveau pour beaucoup de jeunes électeurs), l’élection d’un communiste expérimenté, l’habitude de bien travailler, élus communistes fidèles à leur parti, constituent avec les adhésions de jeunes, le socle des luttes de demain.

Malheureusement le premier examen des résultats départementaux va tout à fait dans le même sens. Condamnation sans précédent de l’échec social-libéral, restructuration droite/extrême-droite (Sète, Frontignan...), choix de très nombreux votants pour des candidats se donnant une image hors des partis, voire anti-partis : Ménard/FN à Béziers, Saurel/PS à Montpellier... Impasse totale du Front de gauche à Montpellier où la domination du PG conduit à la quasi perte des élus communistes qui s’étaient pourtant vaille que vaille maintenus pendant 40 ans de Frêchie, de violences, de corruption.

Nous ne pourrons ensemble faire l’économie d’un état des lieux exact, véritable diagnostic au sens médical, l’analyse publiée dans communiste de mercredi étant un premier pas : nombre d’élus communistes, conditions de leurs élections, contenus de leurs campagne, pratiques locales. A quelques jours d’une échéance électorale européenne, pour moi illisible, je l’ai dit avec mes mots lors du congrès, je terminerai sur l’espoir qui nous permet de lutter : il reste dans ce pays des centaines de milliers de communistes organisés ou non, des élus, même très dispersés. Travaillons avec fermeté à leur intervention communiste et rassembleuse, sur la question européenne si cela est encore possible.

Il y a trente ans le capital a fait du Languedoc le bronze cul de l’Europe, empêchons qu’ils fassent de la façade méditerranéenne la vitrine d’une Europe brune.

Faisons péter l’Europe capitaliste.

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