Le Ministre de l’Intérieur du Venezuela détaille l’implication de l’étranger dans la "campagne de déstabilisation" par Ewan Robertson

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Traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société.

Le Ministre de la Justice et de l’Intérieur du Venezuela, Miguel Rodriguez Torres, a divulgué des informations sur un plan supposé déstabiliser le pays, détaillant l’implication de l’étranger dans les barricades récentes de l’opposition.

Des secteurs de l’opposition vénézuélienne, les anciens présidents colombien et mexicain Alvaro Uribe et Vicente Fox, le Département d’État des États-Unis et d’autres institutions ont tous été accusés d’être impliqués dans l’élaboration d’une stratégie de déstabilisation interne.

D’après Rodriguez, des membres de l’opposition vénézuélienne se sont rencontrés au Mexique en 2010 pour concevoir une stratégie pour renverser le gouvernement d’Hugo Chavez. A cette rencontre, le politicien vénézuélien de droite Leopoldo Lopez a été élu pour mener les actions de déstabilisation, a avancé Rordiguez.

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Miguel Rodriguez Torres est Ministre de l’Intérieur et de la Justice de la République Bolivarienne du Venezuela.

Les actions urbaines avaient été employées par les groupes de jeunes opposants du JAVU, du Mouvement 13 et d’Opération Liberté, qui ont utilisé des « grèves de la faim », « des sitings enchaînés » et des campements urbains pour faire pression sur le gouvernement, tandis que Chavez se faisait traiter pour son cancer au début de 2013, avant son décès.

Après cela, une stratégie de barricades urbaines a été employée dans les villes principales, de janvier à avril de cette année, dans le contexte d’une vague de nuisances, d’émeutes et de manifestations de l’opposition. Rodriguez a avancé que les barricades urbaines reprenaient une stratégie antérieure « financée par l’extrême droite » et utilisée contre le gouvernement de Chavez en 2004.

« Cette fois ils ont essayé d’autres méthodes, avec d’autres techniques, tandis que d’autres parmi eux essayaient de réactiver et d’améliorer la méthode des barricades urbaines » a dit Rodriguez.

Le ministre, qui a fait sa présentation à la télévision nationale, avec de nombreux graphiques et de nombreuses photos de réunions et conversations supposées, a dit que les barricades urbaines avaient été employées conjointement à une stratégie diplomatique et médiatique conçue pour « attaquer la révolution bolivarienne ».

Cette campagne implique, soupçonne-t-on, le Département d’État des États-Unis, qui, a affirmé Rodriguez, a pour visée stratégique « d’empêcher la propagation continentale de l’idéal bolivarien et de contrôler et accaparer les plus grosses réserves pétrolières de la planète ».

Rodriguez a déclaré que les deux ficelles principales de cette stratégie étaient d’accuser les fonctionnaires du gouvernement vénézuélien de financer le narcotrafic ou les activités terroristes et d’attaquer le gouvernement sur des questions de droits de l’homme pour faire apparaître le Venezuela comme un « État voyou ».

Sur le dernier point, des politiciens de l’opposition comme Antonio Ledezma, Maria Corina Machado, Leopoldo Lopez et Diego Arria ont été dépeints comme fournissant des informations « manipulées » sur les questions de droits de l’homme aux diplomates étasuniens et à d’autres sources.

« Des institutions et des ONGs étasuniennes collectent des informations manipulées pour faire croire au monde que les droits fondamentaux sont violés toujours et partout au Venezuela » a dit Rodriguez.

Au Venezuela, la direction de certaines Universités indépendantes, publiques et privées, le dirigeant étudiant Juan Requesens, proche de l’opposition, et deux fonctionnaires de l’ambassade des États-Unis, ont aussi été accusés d’implication dans les plans supposés de déstabilisation.

Rodriguez a révélé que 58 personnes de nationalités étrangères avaient été arrêtées alors qu’elles participaient aux barricades, « presque toutes étaient impliquées dans l’utilisation d’armes ». Parmi elles, il y avait des colombiens, un américain et un Espagnol, et deux des personnes arrêtées avaient un code rouge d’Interpol les concernant.

Les chefs de file de l’opposition nient que les les manifestations et les troubles aient fait partie d’une stratégie de déstabilisation visant à renverser le Président Nicolas Maduro, déclarant que ces événements n’étaient que des manifestations spontanées générées par les problèmes économiques et les pratiques « autoritaires » du gouvernement.

Bien que certaines manifestations aient été pacifiques tout en affichant une série de revendications de l’opposition, une demande clé des dirigeants de ces manifestations, comme des barricades violentes, était le « départ » de Maduro. Des émeutes régulières dans la riche région Est de Caracas et d’autres zones fréquentées ont également causé des dommages significatifs à des biens, à des bureaux de l’État, aux transports publics, à des supermarchés et à des cliniques gratuites.

Les désordres ont fait 41 morts et près de 800 blessés, avec des militants de l’opposition, des partisans du gouvernement, d’autres civils et des officiers de la Garde Nationale parmi les victimes.

Les choses sont peu à peu revenues à la normale dans les zones touchées, après le retrait des dernières barricades urbaines le mois dernier. De petites manifestations sporadiques et quelques faits de violence persistent cependant.

De petits groupes d’étudiants de l’opposition dans la ville de San Cristobal, dans l’État de Tachira, dans l’Ouest du pays, ont protesté aujourd’hui contre le retour en classe de leur université. Un groupe a brûlé un camion de la compagnie pétrolière publique PDVSA, et des affrontements avec la police ont également eu lieu, débouchant sur plusieurs arrestations.

Rodriguez a dit dans son exposé de vendredi que les militants de l’opposition avaient maintenant déclenché une campagne de « violence ciblée » après l’échec des barricades urbaines. Il a replacé l’assassinat du politicien et militant pro-gouvernement Eliecer Otaiza dans ce contexte.

Voir en ligne : source : Venezuelanalysis, 5 Mai 2014

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