La lettre de juin 2013

, par  Jacqueline Roussie , popularité : 1%

Le premier juin 2013

Monsieur le Président Obama

The White House, 1600 Pennsylvania Avenue N.W., Washington DC 20500 USA

Monsieur le Président,

René Gonzalez, un des « Cinq », a purgé sa peine depuis 2011. Après 13 années passées en prison, il est en liberté conditionnelle pour trois ans. Il a vécu les 19 premiers mois de cette liberté conditionnelle en Floride, et a été autorisé, le 3 mai 2013, à la terminer à Cuba, sous réserve de renoncer à sa nationalité étasunienne. Cette excellente nouvelle a été accueillie, vous vous en doutez Monsieur le Président, avec un soulagement immense par tous les amis des Cinq dans le monde entier.

René est libre, mais ses quatre compagnons Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Fernando González, et Ramón Labañino sont toujours emprisonnés dans votre pays. Pour eux, savoir qu’après plus de quatorze années de séparation, la famille de René est enfin réunie, est un immense réconfort et un espoir, mais René ne sera vraiment libre que lorsque les « Cinq » le seront.

Comme l’a si bien exprimé Ramón Labañino au nom de ses quatre camarades encore emprisonnés : « (…) Avant tout, nous sommes soulagés de savoir que notre compagnon ne court plus de danger pour sa vie, n’ayant pas à rester une seconde de plus dans ce milieu, entouré des menaces que nous connaissons. Avec lui, nous nous sentons aussi tous les quatre un peu libres. C’est comme si une part de nous-mêmes était à la maison, avec notre famille, nos amis, au sein de notre peuple, avec nos sœurs et frères du monde. (…) La joie nous submerge et avec elle, l’optimisme de savoir que l’amour et la vérité finissent toujours par vaincre les injustices ! »

Quelle humanité dans ces paroles Monsieur le président ! Pourtant ils ont enduré bien des injustices, ces patriotes ! Pas la moindre amertume dans leurs propos après tant d’années d’enfermement, mais une grande fraternité.

Le nouvel avocat de Gerardo Hernández, Martin Garbus a présenté le 31 août 2012, un nouvel affidavit, un document de 82 pages où cet avocat a stigmatisé le fait que le Procureur Général ait minimisé de façon surprenante l’impact des corruptions de journalistes. Il demandait au Département de la Justice d’œuvrer pour « avoir l’espoir qu’une telle chose ne se reproduise plus aux Etats-Unis ». Le 31 août, c’est loin déjà, neuf mois se sont écoulés et pas la moindre réaction officielle ! Dans n’importe quelle démocratie, un tel document aurait déchainé une véritable vague de protestations contre cette presse corrompue. Mais non, rien !

Où en est l’appel collatéral demandé par l’avocat de Gerardo Hernández, suite à ces révélations ? Pas de réponse ! Il en est de même pour les appels collatéraux des autres. Ce n’est quand même pas normal !

Combien de temps encore les cinq Cubains vont-ils souffrir de telles injustices ? Ne croyez-vous pas Monsieur le Président, qu’il est l’heure de moraliser un peu votre justice ?

Une nouvelle démarche du Ministre des Affaires Etrangères de Cuba, Monsieur Bruno Rodríguez, a eu lieu le 6 mai dernier à Brasilia. Il souhaite une discussion sérieuse avec les Etats-Unis pour trouver une solution au cas d’Alan Gross. Une telle solution est indissociable de la liberté rendue aux quatre Cubains.

Sachez saisir l’opportunité d’un tel échange, Monsieur le président, car Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Fernando González, et Ramón Labañino doivent être libérés. La mission des « Cinq » n’était pas de nuire à la sécurité de votre pays, mais bien de protéger le leur contre les attaques incessantes et violentes des groupes anticastristes de Floride. Dans les 20.000 pages de la minute de leur procès, vous ne trouverez pas une seule ligne de haine contre votre peuple, ni une quelconque intention de causer le moindre préjudice à votre pays.

En rendant la liberté aux « Cinq », vous rendriez possible celle de votre compatriote Alan Gross, et marqueriez ainsi l’Histoire de vos deux pays. Monsieur le Président, avoir ce courage politique serait tout à votre honneur. Des personnalités comme l’ancien Ministre de la justice de votre pays, Ramsey Clark, ou le directeur pour les Droits humains et constitutionnels de Los Angeles Peter Schey, vous le demandent.

En espérant que cette affaire des « Cinq » trouve enfin un dénouement qui réhabilitera votre justice, recevez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments humanistes les plus sincères.

Jacqueline Roussie

64360 Monein (France)

Copies envoyées à : Mesdames Michelle Obama, Nancy Pelosi, Kathryn Ruemmler, Janet Napolitano ; à Messieurs Joe Biden, John F. Kerry, Harry Reid, Eric Holder, Denis MacDonough, Pete Rouse, Rick Scott et Charles Rivkin, ambassadeur des États-Unis en France.

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