L’agenda 2010 – un modèle à suivre ? Les syndicats allemands sont solidaires des cheminots français

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L’article de Manfred Dietenberger est paru dans le journal du DKP « Unsere Zeit », le 15 juin 2018 (traduction Alexandra Liebig).

Le président français est sauvagement décidé à imposer sa "réforme", ce qui veut dire détruire la SNCF. Et cela ne concerne pas seulement les 250.000 travailleurs de la SNCF. Les collègues, syndicalisés dans les quatre syndicats (CGT, Unsa, Sud Rail et CFDT) ne sont pas prêts à baisser le ton sans lutte. Avec une majorité impressionnante, les cheminots français ont voté en mai contre la réforme de Macron, parce que le gouvernement n’a pas montré la volonté de négocier. C’est lui-même qui devait assumer la responsabilité pendant une très longue période.

Les cheminots syndiqués forment un de derniers bastions des syndicats français très combatifs, mais à faibles effectifs. Macron prétend ne pas vouloir privatiser la SNCF, mais sauver le « service public du rail ». Seulement, les « privilèges des cheminots », il faut les supprimer. En vérité, Macron poursuit une stratégie de sang-froid qui ressemble à l’ "Agenda 2010" allemand. Lui aussi veut imposer une précarisation massive du monde du travail et élargir le secteur des bas salaires. Beaucoup de médias soutiennent le président et attisent la haine contre les prétendus privilèges des cheminots.

En vérité, il ne s’agit pas de la suppression des privilèges, mais de raser les règlements spéciaux des cheminots, obtenus de hautes luttes pour compenser les inconvénients et complications de leur travail. L’enjeu est de taille de chaque côté de la barricade. Alors le gouvernement trompe et se sert aussi de la perfidie. Déjà avant le début de la grève, Macron et son gouvernement ont essayé de diviser les syndicalistes en plusieurs camps. Ainsi ils proposaient que la suppression des acquis sociaux ne concerne que les emplois nouveaux. Macron, ce banquier d’affaires essaie à la manière de Merkel de « rester dans l’expectative » pour briser la résistance des collègues et le front de grève. Il est connu que les grévistes en France ne reçoivent aucune indemnité de grève.

Ce conflit social doit être couronné de succès. La victoire ou la défaite ont une portée considérable, non seulement pour le mouvement ouvrier et syndicaliste français, mais aussi pour l’ensemble du mouvement européen des ouvriers et syndicalistes. Une défaite des cheminots français changerait le rapport de force entre le travail et le capital au détriment des hommes et femmes travailleurs. Il était ainsi en 1984, quand la dame de fer ultraconservatrice Margaret Thatcher a poussé les mineurs britanniques dans un conflit social qui les a mis à genou après douze mois. Mais les syndicalistes du GEW (syndicat enseignement et science) de Hesse attirent l’attention sur un autre fait très important du combat français : « La grève est donc le combat d’un personnel bénéficiant d’une couverture sociale, pour que la jeune génération ait les mêmes droits. Ce comportement est remarquable et mérite le plus grand respect ».

Pour soutenir ce combat, le GEW Hesse a récemment lancé une campagne pour collecter des dons pour les cheminots français. Entre temps, le Syndicat ver.di, domaine médias etc. (qui rassemble plusieurs groupes), s’y joint. Déjà en avril, l’EVG (le syndicat allemand de chemin de fer et du transport) se montrait solidaire : « L’EVG est expressément solidaire des collègues en grève en France (…) Pour permettre aux cheminots français de tenir bon, leurs syndicats fraternels ont besoin de notre aide ». Dans ce sens, l’EVG appelle au soutien des collègues dans leur résistance contre la réforme et aux dons.

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