Intervention de Paul Barbazange au CN du 25 avril 2012

Intervention de Paul Barbazange (Hérault) non prononcée
samedi 28 avril 2012
par  Paul Barbazange
popularité : 6%

Intégrer notre appréciation des rapports de force à nos prises de décision. Comment mener campagne d’ici la fin de l’actuelle séquence électorale.

Ce qui a bougé.

Combattre le FN non pas à partir de positions uniquement morales ou idéologiques (nécessaires bien sûr !) mais à partir du vécu des citoyens et de ce qu’ils expriment dans les débats électoraux. Dans une toute première étape battre Sarkozy - et la "le pénisation" de la politique. Demain et dès aujourd’hui prendre toutes les décisions qui favoriseront l’intervention des exploités dans les luttes de classe. Favoriser le mouvement social.

Cette intervention au CN du mercredi 25 avril n’a pas été prononcée, la parole ne m’ayant pas été donnée faute de temps. Je soumets donc à la réflexion ce que j’aurais dit ; le prochain CN ayant lieu le 11 mai, d’ici là échangeons, si nécessaire.

En fin de débat je ne reviendrai pas sur un certain nombre d’aspects qui sont très majoritairement partagés. Nécessité absolue de battre immédiatement Sarkozy et le FN, importance des 4.000.000 de voix rassemblées sur la candidature Front de gauche, qualités indiscutables de la campagne menée par Jean Luc Mélenchon, véritable homogénéisation du nombre de voix que ce soit à l’échelle du pays ou des différents bureaux de ma ville..., poids persistant de certaines implantations électorales communistes, encore qu’il semble y avoir de sérieuses différences en tout cas au plan local, espoir suscité chez de nombreux militants.

Sur les faiblesses, le débat est moins consistant, les désaccords profonds.

Ayant animé 21 "Assemblées populaires" du Front de gauche pour la plupart organisées par les communistes, je relève trois questions.

Un : celle du SMIC à 1700 € brut immédiatement. C’était au programme "L’Humain d’abord" pages 13 et 14. Peu à peu cette question fondamentale a pris une place dominante dans les débats locaux. Objectif humainement nécessaire, économiquement possible (+ 23% , alors qu’en 1968 l’augmentation a été supérieure sans que le capitalisme ne s’écroule !). Prise en compte immédiate consécutive de tous les minimas sociaux. La vie des précaires en dépend, donc aussi leur futur engagement décisif dans la lutte des classes. Cette question ayant le mérite de mettre en position centrale l’évolution de la part du PIB revenant aux exploités et celle qui va aux profiteurs.

Renverser un mouvement plus que décennal. L’Huma a commencé, sur la fin, à faire état de ces échanges. Nos dirigeants, nos tracts sont-ils assez fermes sur la formulation de la revendication ? François Hollande est aux antipodes de cette revendication.

Deux : L’annulation de la dette, qu’il s’agisse des dettes souveraines ou de celles des collectivités. Là aussi le débat s’est aiguisé. Nous avons bien souvent déjà payé intérêt et principal comme dit la fable et sortir de la "dette inextinguible" dans laquelle le capital veut nous enfermer est décisif. C’est plus que réorienter la BCE ou la Banque de France. C’est rendu obligatoire par le niveau et les formes prises au niveau mondial par l’exploitation.

Trois : La question de la rupture avec l’organisation politique de l’Europe capitaliste. Peut-être plus facile à faire venir dans ma région encore viticole, première pour le taux de chômage en France dans laquelle bien des gros villages y compris de "tradition électorale socialiste" ont voté NON à 70 % et plus au référendum de 2005.

Il ne s’agit pas de renégocier des traités ou d’aménager un fonctionnement bancaire ou des institutions. La question est de passer à la suite, à une coopération mettant les intérêts nationaux, les intérêts des classes exploitées de chaque nation au cœur. L’organisation capitaliste depuis 1956 (et avant) de l’Europe est en échec, la crise fait éclater cette constatation. Il ne s’agit pas de relance Keynésienne ou d’austérité. Passons à la suite. Les divers positionnements du PGE ne nous aident pas.

Sur ces trois questions, un contenu communiste rassembleur... parfois appuyé sereinement sur le programme du Front de gauche, nous permettra de mener réellement la lutte politique contre le Front National ; de détruire l’ambiguïté fondamentalement "national socialiste" de ce parti.

J’y suis d’autant plus sensible que, dans la circonscription où les accords nationaux, départementaux et le vote quasi unanime des communistes m’ont désigné comme candidat, le FN est le premier parti, devant L’UMP avec un PS largement au dessus des 12,5% des inscrits fatidiques. Et un PC actif dans le cadre du Front de gauche.

Nous pouvons donc y poursuivre avec dynamisme la campagne communiste de rassemblement pour battre Sarkozy et le FN, le 6 mai, les 10 et 17 juin. Pendant la période électorale et après.

Etre utile aujourd’hui comme l’a réclamé André Chassaigne dans son intervention, c’est développer des réponses communistes et rassembleuses en adéquation avec la crise, apprécier collectivement avec tous nos camarades la réalité des rapports de force, créer les conditions de premiers acquis pour les plus exploités en particulier et renforcer la capacité d’action globale du PCF. Ce qui passe d’abord par son élargissement numérique : les adhésions. C’est ainsi que nous intégrerons aux mouvements possibles les forces révélées dans ce premier tour des présidentielles.

Tout autre voie me paraissant relever de raccourcis restant finalement au niveau des apparences.


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