Conseil national des 28 février et 1er mars 2009

La Guadeloupe c’est nous, c’est le peuple français, leur lutte c’est la nôtre ! Fédération de Paris, 20ème ardt. Intervention de PN

, par  Romilda , popularité : 1%

Intervention sur la Guadeloupe

La Guadeloupe c’est nous, c’est le peuple français, leur lutte c’est la nôtre !

Le contexte politique lié à la crise capitaliste est un élément qui devrait donner plus de contenu idéologique et de propositions que ce qui se dessine pour les élections européennes sur le Front de Gauche. Oui, une conscience s’ouvre pour une partie du peuple, qu’il ait ou non voté Sarkozy, qu’il ait ou non voté contre la constitution européenne et sans doute pour ces millions de citoyens qui s’abstiennent parce qu’ils ne croient plus que la politique changera leur vie. Le peuple français de la Guadeloupe l’a bien compris qui demande tout de suite 200 euros à mettre au bout de salaires insuffisants pour vivre décemment et qui ne lâche pas prise dans des grèves dures qui révèlent le comportement d’un gouvernement figé dans une pose colonialiste avec sa façon méprisante et unilatérale de traiter un malaise profond et une demande légitime. Combien étions nous, militants et élue-s du parti communiste français à cette première manifestation Place de Clichy ? Nous faisions triste figure, disséminés parmi des militants d’autres organes politiques et associatifs qui étaient badgés, portant banderoles et élevant la voix à l’unisson contre cette injustice criante qui soulève l’indignation de nos compatriotes guadeloupéens. Au niveau parisien aucune visibilité du PCF, sans doute trop préoccupés que nous étions à mettre des noms sur des listes européennes ? Trop préoccupés à rassembler « la gauche » comme pour les collectifs antilibéraux dont on connaît l’énorme succès ? La vocation du parti communiste français n’est-il pas d’accompagner les luttes sous toutes leurs formes et d’apporter des réponses politiques et un soutien immédiat ?


Sur la proposition de "Charte du Conseil National" (projet de règlement des débats)

A la lecture de cette deuxième mouture, je ne suis pas satisfaite. Il manque une base démocratique universelle : le vote des membres élus par les adhérents souverains de ce parti. Cette charte je la vois plus comme une entrave au débat politique de notre conseil national qu’un règlement pour plus d’efficacité dans nos décisions. Alors que les membres du conseil national par cette Charte se trouvent dessaisis de leur droit le plus élémentaire, je m’étonne lorsqu’on propose dans l’article 1 : « Tout adhérent peut donner son avis sous forme de contribution adressée à la Présidence du Conseil National ». Alors que la base de ce parti n’est pas suffisamment considérée au niveau de ses cellules dans sa souveraineté, on offre à « l’adhérent » comme dans une association la possibilité de donner son avis individuel ! Il est proposé que le rapporteur tienne compte au même titre des commissions (dont nous n’avons pas encore défini le fonctionnement), des interventions/contributions des élues du CN et des « points de vue » exprimés individuellement par les adhérents qui adressent leur contribution pour que le rapporteur fasse son rapport devant le conseil national. Donc si je comprends les propositions, l’engagement d’un élu au CN est considéré au même niveau que celui d’un adhérent qui parlerait en son nom propre ? Mais à quoi sert alors d’être élu en tant que membre du CN ? Et le rôle de l’exécutif n’est-il pas de revenir vers les membres du CN pour rendre des comptes sur les actions entreprises suite aux décisions actées voire votée par les membres du CN ?

Article 2 : Je cite « Une présidence collective des débats est décidée, avec 4 camarades qui l’exercent pendant plusieurs conseils nationaux pour acquérir un savoir-faire ». Déjà je note en passant, que la présidence d’aujourd’hui est faite de MG Buffet, Pierre Laurent, Laurence Cohen et François Auguste. Je ne pense pas a priori que ces camarades soient en stage pour acquérir un savoir faire ! Plus sérieusement, comment est décidé le choix de ces camarades ? Sont-ils issus exclusivement de l’exécutif, des membres du CN et sur quels critères ? La présidence du CN est-elle un prétexte à formation pour acquérir un savoir faire ou faisons-nous de la politique dans un cadre démocratique où je ne vois pas la raison de reconduire plusieurs fois les mêmes camarades à présider ? Est-ce là une vision démocratique du partage des tâches dans les responsabilités de nos instances et plus particulièrement de la plus haute instance de notre parti ?

Article 3 : Un relevé de décision doit aussi comporter des votes : ces décisions ne pouvant être prise à la légère. En ce qui concerne la validation des débats : pourquoi « validation » ? Un débat participe à une dialectique avec des analyses, des idées et des propositions qui permettent de progresser ensemble et lorsqu’il n’y a pas accord il y a vote. Ce n’est pas « validation » qu’il faut dire mais « vote des décisions » (et pas seulement lorsqu’il s’agit de listes de noms).

Quant à la méthode préconisée elle se prête sans doute aux collectivités ou aux conseils de quartier mais qu’avons-nous besoin, nous le parti communiste français, d’imiter des débats du type de démocratie participative ? L’idée d’un modérateur qui a lui seul ferait un résumé, qui dégagerait ce qui ressort, pointerait les questions qu’il estime être les bonnes ? Et, la cerise sur ce pudding indigeste : un compte rendu des débats pourrait se faire de manière journalistique dans CommunisteS ?! On ne peut pas mieux faire pour freiner l’efficacité d’une assemblée dont la vocation est politique et décisionnelle.


Sur les élections européennes

L’Europe capitaliste dont il est question aujourd’hui, cette Europe discréditée dans ses instances et dans ses conséquences néfastes a fait l’objet de notre part d’une campagne contre ses institutions, ce dont nous pouvons être fiers ! Aujourd’hui, j’entends « front de gauche » et « front des gauches », front de gauche au niveau national qui se répercuterait tout naturellement sur le front des gauches en l’occurrence le parti de la gauche européenne. Aller au front, dans les luttes, en guerre contre le capitalisme, organiser notre soutien politique, devrait, je pense, être notre leitmotiv dans cette période critique.

Je rappellerai ce à quoi nous devons nous référer essentiellement : les licenciements, la montée en force du chômage toutes catégories confondues, les fermetures et relocalisation d’usines, le pouvoir d’achat en chute libre dramatique pour les familles les plus fragiles, les services publics privatisés au dépend de l’intérêt général, le système de santé mis à mal alors que plus que jamais le besoin de moyens se fait sentir dans les hôpitaux, la recherche universitaire à qui on retire le potentiel de produire de la pensée, de l’analyse, de former les esprits, que l’on entrave et qui appelle au secours ! L’éducation évaluée, dévaluée ! L’industrie, notamment de l’automobile, démantelée !

J’entends que notre congrès a acté pour une campagne pour une autre Europe, une Europe sociale, mais on lui sacrifie la France sociale, la France des révolutions de 1789, de la Commune, de 1936, de 1968 ! C’est l’Europe des peuples, la coopération internationale, que j’appelle de mes vœux. Je sais que cette position est minoritaire au CN mais je sais aussi qu’elle est portée par 25 % de camarades de notre parti. L’union populaire oui mais l’unité à n’importe quel prix avec des gauches qui changent leur fusil d’épaule selon où le vent souffle et qui n’ont aucune conviction pour mener un combat sans merci au capitalisme, je dis : nous allons droit dans le mur et nous nous décrédibilisons.

C’est le peuple dans ses luttes - comme viennent de le souligner les camarades du Nord et du Pas de Calais - qu’il faut soutenir, accompagner, aider dans sa compréhension et sa conscience politique. C’est là notre vocation. Nous parlions en ces termes, encore hier, à propos de notre militantisme et de notre relation au mouvement social. Pour moi, parler d’Europe sociale en laissant la nation s’enliser dans la crise du capitalisme, c’est mettre la poussière sous le tapis et accepter l’idée que le communisme ne peut plus changer le monde, au moment même où son actualité revient en pleine lumière.

Le contenu de notre campagne doit être résolument communiste mais comment parvenir à rester sur la ligne qui nous a conduite à la victoire du « non » sur la constitution européenne, vaine hélas puisque le vote des français n’a pas été respecté, et, dans un même temps prétendre changer l’Europe dans ses institutions ? D’ailleurs, il s’agit plutôt de changer l’Union Européenne, celle là même qui pousse les nations au désastre, celle là même qui a été édifié par les promoteurs d’une société capitaliste, de la concurrence libre et non faussée. La question du contenu est liée à la question de qui nous sommes, quel est notre projet à long terme en tant que parti révolutionnaire qui veut rompre avec le capitalisme. C’est là que réside selon moi la bataille des contenus car permettez moi de douter de l’efficacité du front de gauche et des fronts des gauches européennes lorsque d’un côté on se rabiboche avec un PS qui a défendu le oui aux élections européennes et de l’autre on part bras dessus bras dessous avec Jean Luc Mélenchon, dissident de ce même PS. Quel plan B ou C avons-nous dans ce contexte pour ne pas perdre une fois encore notre âme ?

Pasquale Noizet

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