Conseil national du 12 et 13 décembre 2014 Intervention de Paul Barbazange

Front national, extrêmes droites et ville en crise, propositions d’actions communistes Après 8 mois de Ménard à Béziers

, par  Paul Barbazange , popularité : 2%

L’analyse collective des communistes du biterrois face à la tentative d’installation dans la durée de l’extrême droite à la direction de la ville et au delà. Les batailles idéologiques, les batailles politiques dans les luttes et leurs dimensions électorales, la vie du parti communiste.

Je ne trouve pas dans le rapport qui vient de nous être fait une présence suffisante des conséquences profondes de la crise sur les milieux populaires, des luttes qui perdurent de leur existence et de leurs difficultés : cheminots, SNCM par exemple, le rapporteur est marseillais, de la vie de notre parti. Je vais essayer bien modestement de travailler ces aspects en fonction des débats, choix politiques et actions de ma section.

Je m’adresse au CN en tant que secrétaire de la section de la plus importante ville conquise par l’extrême droite hors d’une mairie de secteur à Marseille. J’ai bien dis extrême droite, car Ménard anticommuniste militant mondialement connu depuis RSF, s’est bien présenté lors de son retour à Béziers comme un "possible plus à droite". Et n’a que quatre élus FN sur sa liste. Ça ne change rien. Bien au contraire, dire que c’est un véritable laboratoire pour le parti de Marine Le Pen et toute l’extrême droite, n’est pas une invention médiatique de journaliste en mal de copie. C’est juste.

Béziers, 75.000 habitants, est la quatrième ville la plus pauvre de France selon l’INSEE derrière Perpignan et deux villes du Nord / Pas de Calais. Cette pauvreté de masse est très ancienne, par absence de rebond après les crises viticoles du début des années 60 et l’orientation vers le tout tourisme organisé dans le cadre de l’Europe du capital, l’Union Européenne. Béziers est aussi ville ouvrière, le premier bassin d’emploi industriel en Languedoc-Roussillon et l’une des premières villes de France pour l’accueil des retraités, après Nice. Béziers est différend d’Orange, de Bollène, villes où l’extrême droite s’est enracinée. Ville plus proche certainement de la moyenne de ces localités de France ravagées par la crise où le FN score. D’ailleurs dans les villages du péri urbain biterrois, le FN dépasse souvent 40%.

Pour ce qui est du PCF nous nous maintenons autour de 7 % sur la ville après la disparition de Gayssot dans l’orbite du PS. Lors des dernières élections municipales nous avons progressé de 160 voix tout en reculant de 0,2%.

Première déclaration de Ménard présentant sa candidature « Je vais vider le centre ville des arabes, des gitans et des pauvres ». Après 19 ans de direction de la ville par la droite extrême, il poursuit depuis 8 mois son projet politique : fédérer sous sa direction toutes les extrêmes droite de Dupont-Aignan à De Villiers en passant par Le Pen. Il y arrive actuellement, libérant de ce fait la parole d’extrême droite dans les rues, les familles, les entreprises. En cela il réalise au mieux l’un des premiers objectifs du FN. Pour le moment sa politique de chasse aux pauvres, d’apologie de la réussite acquise par l’écrasement des plus faibles, d’exacerbation de toutes les divisions entre populations modestes, de multiplication par deux du nombre des policiers municipaux, de concentration des services publics sur certains quartiers n’est pas rattrapée par sa totale inactivité face aux problèmes de l’emploi, de la pauvreté et du chômage. Il poursuit et aggrave les politiques d’austérité précédentes. Dans le domaine de la bataille idéologique, les coups se veulent brutaux : religion d’état contre laïcité, violence mussolinienne du discours et lien au chef. Recours à de nombreux conseillers venus des "identitaires". Maurras n’est pas loin : sabre et goupillon.

Pour le moment le PCF maintient, développe parfois son niveau d’activité : renouveau de plusieurs cellules, nous avons fait avec 1300 participants, la meilleure fête des sections du biterrois depuis 3 ans. Les activités régulières se poursuivent, le niveau d’adhésions a été bon pendant les municipales.

Il n’en est pas de même pour le PS passé de 8972 voix aux présidentielles à 7283 voix aux législatives et 5431 voix aux municipales (EELV compris). L’abstention montant elle de 9733 à 17.416 ; je sais qu’il ne faut comparer que de scrutin à scrutins semblables. Il reste que plus de 5000 citoyens sont déjà dans la nature et qu’on le sent à chaque instant. A chaque lutte.

Comment s’adresser à ces abstentionnistes ? Pour contrer leur abstention électorale, pour inverser avec eux leur "disparition des luttes" ? Faut-il comme les amis de Mélenchon continuer à explorer les thèses du "PS pourri" ? Ou travailler patiemment au rassemblement des exploités abstentionnistes en devenir ou socialistes rebutés par Valls-Hollande-Merkel.

Notre proposition est claire : par un "Front populaire biterrois", raviver tout ce qui peut l’être. Sans rien diminuer de notre opposition totale à la politique du gouvernement Valls-Hollande-PS. L’objectif est audacieux, le PS local s’oriente vers un refus. Ils voudraient bien d’un accord, à condition de choisir eux, les communistes leur convenant.

Les communistes des trois cantons concernés décideront donc en application stricte des statuts de ce qu’il y a lieu de faire, candidatures PCF, candidatures d’ouverture, Front de gauche... Être communistes et rassembleurs.

Permettez moi de terminer sur le fait qu’il y a 15 et 10 ans ici même, s’élevaient des voix pour estimer que l’époque des partis était terminée, PCF compris. Cette erreur est derrière nous, nous arriverons dans le même mouvement à dépasser les contradictions profondes que nous impose le rassemblement d’actions anti capitaliste. Ayons confiance dans le travail collectif des communistes.

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