Et si on commençait par la nation ?

, par  Marie-Christine Burricand , popularité : 1%

Intervention de Marie-Christine Burricand à la Convention sur l’"Europe" du 18 novembre 2013.

La première question que je souhaite poser, c’est celle du statut de cette réunion et de ce texte qui n’ont pas fait l’objet d’une véritable discussion démocratique dans le parti, alors que le congrès lui-même n’avait consacré que peu de temps à ce sujet. Cette convention ne peut pas être décisionnelle.

Au-delà, je pense qu’il faut parler pour se faire comprendre du peuple et pour lui être utile parce que si nous n’y parvenons pas, le risque est grand que le peuple nous fasse un bras d’honneur et il y a une chose que nous savons, c’est que quand les politiques ne lui servent à rien, le peuple ne fait pas de cadeau.

Je suis une communiste souverainiste et internationaliste décomplexée et je l’assume, d’autant que nous sommes de plus en plus nombreux dans ce cas en France et en Europe.

Je pense que nous avons renoncé à une parole communiste sur l’Union européenne puisque nous ne faisons référence dans ce texte ni à la position des partis communistes européens, ni à un quelconque travail avec ces partis.

Je ne me retrouve pas dans ce texte. Je dois être une communiste souverainiste et internationaliste, et je le suis sans complexe parce que nous sommes de plus en plus nombreux, progressistes en France et en Europe qui considèrent que ce qui est à l’ordre du jour avec l’Union européenne, c’est gagner la désobéissance nationale, légitimée par l’expression de la souveraineté populaire dans le cadre de la nation, et ce sont des ruptures qui s’imposent pour mener des politiques nationales conformes aux aspirations des peuples.

En somme, quand mon voisin me dit qu’il en a ras le bol de l’Union européenne, je ne lui dis pas qu’il faut transformer l’UE, je lui dis qu’il faut être assez fort pour imposer en France la désobéissance à l’UE et à ses règles iniques pour les peuples.

Remettre la transformation sociale et politique aux convergences européennes sociales et politiques - me paraît infondé et surtout inefficace.

C’est à partir du cadre national qu’on peut peser sur l’Union européenne qu’il ne faut pas se contenter de refonder ; c’est d’un autre cadre de coopérations dont nous avons besoin et pas seulement en Europe mais dans le monde.

Je ne crois pas qu’on puisse changer l’Union européenne à partir d’une convergences de luttes européennes et d’ailleurs je ne veux pas refonder l’Union européenne, je veux construire de nouvelles coopérations européennes et internationales entre nations souveraines qui tournent la page de la construction patronale et capitaliste qu’est l’Union européenne.

Je pense que c’est à partir du cadre national que nous pourrons nous émanciper du cadre de l’Union européenne et construire de nouvelles coopérations et solidarités dont l’horizon ne se limite pas à l’Europe.

Nous devons pousser le débat sur la nation. La nation n’est pas seulement un concept culturel, historique, ce n’est pas seulement un pays, c’est une construction politique.

La nation française s’est construite au travers de grands moments populaires (1789 et Révolution, 1945 et le CNR, décolonisation).

L’Union européenne est de bout en bout la créature du capital et du patronat.

Les forces du capital ont absolument besoin de faire éclater l’échelon national, ils le font par en haut avec l’UE et par en bas avec l’Acte 3 de la décentralisation qui attaque les communes.

Quand le peuple rejette l’Union européenne et défend le cadre national, il fait preuve d’un instinct de survie qu’il faut saluer. Plutôt que de lui dire qu’il n’a pas compris, partons de cet esprit de résistance.

Le texte de cette convention est une fuite en avant : il est obligé de prendre en compte le rejet de l’Union européenne qui grandit et le retour de la nation. Mais il ne veut pas abandonner le concept caduc de l’Europe sociale et aller au bout des ruptures stratégiques qui s’imposent pour le PCF.

Il est donc inutile dans le combat de classe aujourd’hui.

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