Annie Lacroix-Riz visée par une attaque dans une revue de la CGT Martinez présente ses excuses pour la CGT et retire le texte incriminé

, par  Annie Lacroix-Riz , popularité : 4%

Chacun sait à quel point j’ai peu de complaisance pour les rouge-bruns, les antisémites patentés comme le sieur Bricmont, mais je trouve inimaginable que l’on puisse confondre quelqu’un comme Annie Lacroix-Riz avec pareils individus. Qu’il se trouve des spécialistes de ce genre d’amalgame n’a rien d’étonnant tant tout est fait depuis des années pour confondre les « deux totalitarismes », avec l’assentiment de ceux qui auraient dû protester, à commencer par la direction du PCF et de la CGT. Mais ce genre d’amalgame leur permettait de se soumettre toujours plus à la social-démocratie, et cela continue… Donc je voudrais d’abord dire ma solidarité pleine et entière à Annie Lacroix-Riz. Une telle ignominie frappant une historienne de haut niveau et une femme d’un courage exceptionnel qui depuis des années démonte avec une compétence que chacun lui reconnait dans les milieux "académiques" les montages négationnistes d’une histoire devenue terrain de falsification. Trop c’est trop, un jour on retrouvera ces dossiers et chacun s’étonnera du temps où certains "camarades" se jetaient comme des chiens haineux contre ceux qui parmi les intellectuels n’avaient jamais trahi. Heureusement un tract ne représente pas la totalité de la CGT, c’est pourquoi la direction de la CGT doit présenter ses excuses à Annie Lacroix-Riz et demander à ses adhérents d’en faire autant (note de Danielle Bleitrach).

Tous les éléments de ce dossier ainsi que sa réponse se trouvent ici :

http://www.historiographie.info/calomnies.html

 

Les documents de référence se trouvent aussi joints à ce mail.

Dans une fiche CGT interne anonyme consacrée à la lutte contre l’extrême droite notre camarade Annie Lacroix-Riz est directement mise en cause et accusée de naviguer dans les mouvances conspirationnistes

Extrait :

Ce qui est effectivement une accusation infamante.

Dans le texte suivant, Annie Lacroix-Riz elle même fait part de son émotion et de son indignation.

Nous entendons lui témoigner en ces circonstances toute notre solidarité et faire part de l’écœurement qu’une telle accusation suscite en nous.

Cette manière accusatrice procédant par amalgames injustifiés est devenue l’attitude commune de forces diverses, le plus souvent au service de l’ordre existant et qui se servent de la lutte contre l’extrême-droite, lutte au demeurant nécessaire, pour permettre l’exclusion du débat, des médias, du cercle prétendu de la respectabilité ceux qu’ils considèrent comme leurs adversaires.

Ainsi procèdent les forces qui à l’intérieur de la CGT s’accrochent au « dialogue social », à la CES, à la CFDT et freinent des 4 fers pour empêcher la convergence avec l’actuel mouvement populaire.

Se préservant ainsi d’avoir à se battre loyalement sur le terrain de la confrontation des idées.

Aveu de faiblesse et de lâcheté !

Face à une telle ignominie nous attendons comme Annie, une prise de position de la direction confédérale et de Philippe Martinez .

Le Front Syndical de Classe

*****************

La réponse d’Annie Lacroix-Riz

Réponse à une attaque inqualifiable de la direction de la CGT,

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7
Le Pecq, le 10 janvier 2019

J’ai été avisée, le 9 janvier 2019 d’une attaque nominale lancée contre moi par une fiche anonyme, à l’en-tête officiel de la CGT, intitulée Fiche n° 17 / Extrême droite et médias — Campagne contre l’extrême droite. Extrême droite et médias (texte ci-joint).

A la fin d’un paragraphe intitulé « Plusieurs exemples de publications liées à l’extrême droite », je suis ainsi désignée, pour avoir été interviewée ‑‑ comme mon excellente et vaillante collègue belge Anne Morelli, qui a lutté contre les guerres impérialistes contre la Yougoslavie et l’Irak et s’est rendue sur place en pleins bombardements ‑‑ par « Béatrice Pignède, qui a travaillé pendant quinze ans pour la télévision (France 3, Arte) avant de se rapprocher de Soral, Dieudonné et Thierry Meyssan, auteur d’un livre complotiste sur le 11 septembre et lui aussi favorable à la liberté d’expression des négationnistes. En 2004 elle réalise un documentaire, “Propagande de guerre, propagande de paix”, où interviennent notamment Annie Lacroix-Riz et Jean Bricmont. Tous deux naviguent dans des mouvances conspirationnistes et ont participé en 2005 à la conférence anti-impérialiste “Axis for Peace » organisée par Thierry Meyssan ».

Notons que même Wikipédia (voir ci-dessous) rend compte de façon factuelle de ce documentaire de 2004 de Béatrice Pignède, décédée en 2015, dans les termes suivants : « Son documentaire "Propagande de guerre, propagande de paix" en 2004 fait intervenir notamment deux historiennes Anne Morelli et Annie Lacroix-Riz, comparant les thèmes de propagande lors de la guerre en Irak avec ceux développées lors d’autres conflits ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9atrice_Pign%C3%A8de

Naturellement, je n’ai rien à retrancher de ce que j’ai déclaré dans cette interview, et je ne suis responsable à aucun titre de l’évolution politique de cette journaliste, qui avait été exclue de la télévision pour esprit critique, que je ne connaissais que comme telle, et que je n’ai pas revue depuis 2005.

Le document accusateur de la CGT semble avoir été établi à l’usage de la formation de ses cadres, supposés conduire, grâce aux préceptes ainsi dispensés, une efficace lutte idéologique « contre l’extrême droite ».

Je serais donc « rouge brune », ainsi qu’il ressort de mon compagnonnage de septembre 2018 avec nombre d’amis et camarades qui sont l’honneur du mouvement ouvrier et des intellectuels progressistes ?

https://www.youtube.com/watch?v=CRvwFM8A1-4

L’amalgame

Le texte de la CGT est inspiré par le même esprit de terrorisme intellectuel que celui du Decodex du Monde, des Check News (en anglais, naturellement, langue maternelle des intéressés) de Libération et de leurs surgeons multiples de divers organes de « grande presse ». Il fleure également bon, d’une part, la détestable fiche Wikipédia, cas fréquent, la mienne comprise (voir lien ci-dessus), rédigée par des scripteurs d’extrême droite.

Ceux-ci ont définitivement interdit de séjour tout "discutant" de bonne foi qui osait contester ma mutation en fascisto-négationniste (les amateurs de "discussion" sur ce site peuvent essayer de contester le contenu de ma fiche, ils en comprendront d’emblée les méthodes), et d’autre part, la littérature de la mouvance prétendument « antifasciste ».

Mouvance extrêmement hétéroclite, puisque s’y retrouvent des conservateurs ou réactionnaires de la "Nouvelle" ou de "l’Ancienne" droite, tel Pierre-André Taguieff, aux côtés de membres du parti socialiste ou directement utilisés par ses organisations, tel Rudy Reichstadt, "lancé" par le ministère de l’éducation nationale sous la présidence Hollande, et qui a déjà mené contre moi une campagne ignominieuse me taxant de « conspirationniste », au motif que j’aurais inventé une « synarchie » qui n’existe pas, comme l’écrit mon collègue Olivier Dard, professeur à Paris 4, et conférencier favori de l’Action française (voir le document ci-joint « Lettre ouverte à mes amis de l’UJRE sur une curieuse invitation, samedi 10 mars 2018 »).

Je signale pour mémoire que la « fiche n°17 » fustige Maurras, « Maître » dont Olivier Dard vante les mérites en tout lieu, manifestement sans choquer l’historiographie dominante issue de l’Institut d’études politiques, qui a cautionné sa fiche de commémoration du centenaire de Maurras et a été fort fâchée de la renonciation à la publication, devant l’ampleur du scandale.

Mes camarades du PRCF savent d’ailleurs que cet universitaire avait été invité (mais pas moi) il y a quelques mois à Montreuil, municipalité dirigée par le PCF, à un "débat" sur l’extrême droite, à laquelle il appartient : c’est un Montreuillois qui m’en a informée, information qui nous a permis de réagir à cette invitation unilatérale.

L’épisode de la tentative de commémoration de Maurras est conté ici : « Apparences et réalités de la commémoration de Charles Maurras », paru les 15-17 mai 2018 sur le site Lescrises.fr,

https://www.les-crises.fr/de-charles-maurras-a-son-biographe-olivier-dard/

https://www.les-crises.fr/apparences-et-realites-de-la-commemoration-de-charles-maurras-2e-partie-une-commemoration-celebration-par-un-biographe-faisant-lunanimite-des-historiens-du-consensus/

https://www.les-crises.fr/de-lurgence-de-la-reedition-des-collabos-au-role-du-haut-comite-aux-commemorations-nationales-de-2011-a-2018/

La littérature qui me qualifie de « rouge brune », à l’exemple de la « fiche n° 17 » de la CGT, est toujours caractérisée par l’amalgame entre, d’une part, la droite et l’extrême droite, et, d’autre part, la vraie "gauche", c’est-à-dire celle qui se bat pour la suppression du capitalisme, but officiel initial, à ma connaissance, de la CGT, longtemps maintenu.

La fraction "européiste" de la Confédération ne supporte plus la gauche qui récuse l’orientation de la Confédération européenne des syndicats, à laquelle elle appartient depuis l’ère Thibault. Elle juge aussi intolérable la mise en cause de l’orientation "occidentale", adhésion à l’OTAN incluse, qui viole pareillement toutes les traditions de lutte et d’analyse de la CGT-CGTU.

Il s’agit du même amalgame que celui qui a eu cours dans l’entre-deux-guerres, et qui a conduit ses initiateurs à la collaboration (de classe puis tout court), alors que ses victimes ont compté parmi les héros, français et étrangers, de la Résistance : je renvoie pour cette comparaison à mon ouvrage « De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940 », Paris, Armand Colin, 2008, 408 p.,

et à la contribution « La défaite de 1940 : l’interprétation de Marc Bloch et ses suites », au colloque Marc Bloch, Rouen, 8-10 février 2012.

Cette dernière figure dans le récent ouvrage de 2015, « Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants, 1939-1949 », Montreuil, Le Temps des cerises, 2015, 250 p., épuisé, mais qui sera réédité chez Delga.

Ces travaux montrent, pièces d’archives à l’appui, l’opposition entre syndicalisme de lutte et syndicalisme de collaboration de classe, opposition particulièrement nette à la fin des années 1930 préludant à la guerre générale.

La russophobie

Notons avec intérêt que la CGT, dans ses documents de "formation" des cadres, désigne à la vindicte les ennemis russes de la France, ce qui nous ramène au temps où René Belin, second de Jouhaux et promis à sa succession, et futur « ministre du Travail et de la Production industrielle » dissolvant la CGT par décret, le 10 novembre 1940, hurlait « Sus aux Russes » et « À bas les Sénégalais de Staline » avec les siens.

Ceux-ci le suivirent sous l’Occupation et bénéficièrent d’énormes prébendes étatiques et patronales après l’interdiction de la CGT (voir mes ouvrages « Industriels et banquiers français sous l’Occupation », Paris, Armand Colin, 2013, 816 p., et « Les élites françaises, 1940-1944 ». « De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine », Paris, Dunod-Armand Colin, 2016, 496 p., index Belin).

La Russie de Poutine offrirait l’exemple-type de la distribution d’argent étranger irriguant une information malhonnête et tronquée.

La CGT n’a, à ma connaissance, jamais protesté contre ce qui caractérise l’information d’aujourd’hui, c’est-à-dire la gigantesque influence, financière et idéologique, dont disposent les États-Unis et toutes les institutions qu’ils contrôlent pour corrompre l’information en général et nos "élites" journalistiques en particulier.

Il est parmi elle nombre de spécimens des French-American Young Leaders, qui ont remplacé la grossière propagande de Guerre froide d’après-guerre du Reader’s Digest par une intoxication "française" à flots continus. Ne manquez pas, je vous prie, d’en consulter la liste instructive,

https://frenchamerican.org/young-leaders/earlier-classes/

Alors, par exemple, je suis également nazie parce que j’ai été accueillie plusieurs fois sur le site Les.crises, dont le responsable, Olivier Berruyer, est harcelé par les chouchous des médias – telle Cécile Vaissié, dont l’ahurissant ouvrage « Les réseaux de Poutine en France » (2016), a bénéficié d’un écho énorme, de la gauche « Médiapart » à l’extrême droite – et qui est accusé par ces mêmes médias de répandre des « fausses nouvelles » (Fake News, c’est mieux) et de se soumettre aux diktats d’un Poutine prêt à fondre sur la France ?

Alors, par exemple, je suis également nazie parce que, jamais invitée sur le service public de télévision quand Frédéric Taddeï y animait une émission, j’ai été invitée par lui à participer à une émission de "débat" (d’indéniable débat) sur l’extrême droite, sur RT, le 17 octobre 2017 :

https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/54680-interdit-dinterdire-montee-nationalismes-droites-extremes-retour-annees-30

https://www.youtube.com/watch?v=Csu-lbTum8k .

J’y ai figuré aux côtés de Thomas Guénolé, aujourd’hui traité par LREM en délinquant :
Après la saisie gouvernementale de tous fichiers et adresses de LFI, démarche exorbitante des droits et libertés des citoyens qu’on avait peu vue mise en œuvre depuis la répression anticommuniste 1° de 1939-1940, sous la pression explicite de Berlin (voir De Munich à Vichy) et 2° des années 1950, sous la pression explicite de Washington, on passe à la case prison pour subversion ? Avec les approbations et encouragements de la CGT contre ces « rouges-bruns » ? J’assure ce politiste de toute ma solidarité.

https://francais.rt.com/france/57708-il-y-a-pire-que-ceux-qui-tabassent-aurore-berge-saisit-justice-contre-cadres-insoumis

Je profite aussi de l’occasion pour rendre hommage au grand politiste-historien progressiste américain, William Blum, ancien du Département d’État et honnête homme, qui a, à partir de 1967, mit sa vie (en ruinant sa carrière) au service de la vérité sur l’impérialisme américain, et qui vient de mourir. Je recommande vivement à mes correspondants la lecture des « Guerres scélérates », Lyon, Parangon,‎ 2004 (Killing Hope : U.S. Military and CIA interventions since World War II, Monroe, Maine, Common Courage Press, 2003, édition complétée de son ouvrage essentiel, The CIA : A Forgotten History, Londres et New Jersey, Zed Books, 1986). Ils connaîtront ainsi mieux le principal corrupteur de la planète de l’après-Deuxième Guerre mondiale. Rouge-brun, aussi, feu William Blum ?

Mon éditeur, ami et camarade Aymeric Monville serait aussi un « rouge-brun » pour avoir sur RT Royaume-Uni exposé clairement et honnêtement depuis octobre 2018, la transformation du présent régime en dictature de droite, puis les développements du mouvement social en cours ? Qu’il soit également assuré de mon soutien :

https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/giletsjaunes-notre-camarade-aymeric-monville-explique-la-situation-sur-russia-today-international/
https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/video-prcf-russia-today-francais-attaches-aux-refus-de-lamericanisation-aymeric-monville/

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/le-bilan-de-lannee-macronique-par-a-monville-et-rt-video/

Historienne marxiste et communiste

Je rappelle à mes lecteurs et correspondants que je compte parmi les rarissimes historiens marxistes de France, et, horresco referens, communistes en sus. Nul n’a jamais pu trouver dans un mes écrits ou une mes interventions la moindre complaisance pour le fascisme et le racisme. Je me permets à cet égard de renvoyer à la liste de mes travaux, qu’ils trouveront sur

http://www.historiographie.info/cv.html

et sur le texte ci-joint (CV de mes travaux).

Y figure notamment mon ouvrage en relecture, consacré à La non-épuration, particulièrement éclairant, je crois, sur l’appareil d’État, notamment policier et judiciaire, qui, après la Libération, a été chargé de rétablir un total statu quo, de gommer la Collaboration des plus grands coupables, et de bafouer, à un degré qu’il est difficile d’imaginer, les anciens résistants, morts ou survivants.

Lesquels avaient été en majorité des militants, français et étrangers, du PCF et de la CGTU, puis de la CGT réunifiée, puis de la CGT clandestine de Frachon et Costes. Cet ouvrage sera dédié aux FTP-MOI (et je pense particulièrement à mon cher ami et camarade Léon Landini, lutteur infatigable) et au grand magistrat Paul Didier, honneur unique d’une « Magistrature déshonorée », pour reprendre le titre d’un ouvrage de Virginie Sansico (« La justice déshonorée 1940-1944 », Paris, Tallandier, 2015).

J’ai par ailleurs, par mes travaux sur la CGT dans l’après-guerre, objet d’une thèse d’État, seule thèse d’État consacrée à ce sujet, et par de nombreux autres travaux, relatifs aux années 1930-1950, montré mon attachement au mouvement syndical et mon admiration pour la CGT combative des Frachon, des Costes et des Croizat : « CGT et revendications ouvrières face à l’État, de la Libération aux débuts du Plan Marshall (septembre 1944-décembre 1947) ».

« Deux stratégies de la Reconstruction », 4 vol. (2 de texte : 1215 p., 2 de notes : 978 p. + table des matières, index et errata), thèse d’État soutenue à l’Université de Paris I, le 7 novembre 1981. Jury : J. Bouvier, J.-M. Mayeur, A. Prost, R. Trempé, C. Willard.

Cette thèse a été publiée en deux ouvrages : « La CGT de la Libération à la scission (1944-1947) », Paris, Éditions Sociales, 1983, 400 p., et « Le choix de Marianne : les relations franco-américaines de 1944 à 1948 », Paris, Éditions Sociales, 1986, 222 p., qui va faire l’objet, en 2019, d’une réédition chez Delga.

Sans oublier, et il est d’autres contributions, « Scissions syndicales » déjà mentionné, et « Aux origines du carcan européen, 1900-1960 ».

« La France sous influence allemande et américaine », Paris, Delga-Le temps des cerises, réédition augmentée, 2016, 165 p., où j’évoque les prestations comparées, dans les années 1950, du syndicalisme de connivence, sous stricte tutelle patronale, étatique et américaine, et de la CGT de Frachon alors résolument anti-« européiste ».

La direction de la CGT s’est, à cette date, sa position sur le mouvement social en cours le démontre avec éclat, ralliée à une conception du syndicalisme que ses refondateurs de la Libération, les lutteurs de la CGTU, ont combattue pendant leurs longues décennies d’honneur (pas d’honneurs) : elle a abdiqué ses traditions, et classerait aujourd’hui ses anciens chefs, héros de la Résistance intérieure, parmi les communistes qu’elle ose qualifier de « rouges-bruns ». Léon Landini aussi ?

Il ne s’agit évidemment pas la première attaque contre moi : mes correspondants et les habitués de mon site ont été informés de nombreux autres assauts, et ont eu à plusieurs reprises, je les en remercie à nouveau, l’occasion de me soutenir contre d’autres assaillants, de fausse gauche, de droite et d’extrême droite (« Ukrainiens » cléricaux compris).

Je ne cache pas cependant ma sidération et mon indignation de ce que la direction de la CGT, Confédération au service de laquelle j’ai encore récemment, contre les insupportables prétentions des héritiers de Louis Renault (2011-2014), mis mon travail d’historienne, ait eu l’audace de me classer à l’extrême droite. Témoignent de ce travail au service de la science historique et du mouvement ouvrier les articles

http://www.historiographie.info/renaultcharst.pdf
et
http://www.historiographie.info/mediapart0711.pdf

(sans oublier « Industriels et banquiers français sous l’Occupation », Paris, Armand Colin, 2013, 816 p., où Renault occupe une place notable, et les luttes ouvrières un chapitre entier, le 10).

La CGT, dont j’ai été membre précoce de l’Institut d’histoire sociale, m’en a chassée sans tambours ni trompettes, à la fin des années 1990, dans la discrétion nécessaire à l’arrivée, prévue en vue d’adhésion imminente à la Confédération européenne des syndicats, de Bernard Thibault : non pas parce qu’elle me trouvait "brune", mais parce qu’elle me trouvait beaucoup trop "rouge".

Sollicitant avec succès d’autres historiens plus conformes à ses nouvelles conceptions de l’histoire socio-économique (et qui apprécient légitimement de se voir reconnus et honorés par les représentants les plus éminents de la classe ouvrière et des salariés de France), elle m’a systématiquement effacée, dans des conditions qui seraient comiques si elles n’étaient honteuses, de ses bibliographies et de ses colloques : notamment, en 2013, d’un colloque sur Croizat, pour lequel elle a invité des historiens dont aucun n’avait jamais travaillé sur Croizat, un des personnages importants de ma thèse sur la CGT, scandale étendu à Michel Étiévent, auquel j’ai réagi, en vain (texte joint sur la réplique piteuse de l’IHS à propos de ce seul dernier, sans réponse à ma propre protestation).

La CGT est désormais passée, avec ce document censé "former" ses militants responsables, à la charge ouverte, absolument inqualifiable.

J’ai naturellement l’intention d’interroger Philippe Martinez, ancien militant et responsable CGT de Renault, sur les raisons de cet affront anonyme, et de mettre au défi la direction de la Confédération de trouver une déclaration ou un écrit de ma part qui ait pu donner lieu à cette accusation infamante.

Je remercie par avance tous mes correspondants de diffuser au maximum cette adresse de protestation. J’ai besoin de leur soutien contre une initiative qui s’inscrit dans une entreprise de destruction et de criminalisation de la gauche, la vraie, et de l’histoire scientifique et indépendante des financements des puissants, français ou étrangers.

Cette dernière sera assurément sévère sur le changement de camp (que nous savons tous momentané, si durable qu’il ait été) de la vieille Confédération.

Amitiés et remerciements anticipés à tous,

Annie Lacroix-Riz, historienne et syndicaliste (Snes, 1967-1985, Snesup, 1985 jusqu’à cette date).

S’il est des fautes de frappe, vous les imputerez à mon émotion.


Ajout le 12 janvier après-midi

Martinez s’excuse au nom de la CGT et fait retirer la « fiche n° 17 »

Je viens de recevoir du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, un coup de fil personnel d’excuses, qui, m’a-t-il annoncé, seront notifiées officiellement par la CGT lundi 14 janvier 2019. J’ai eu ce soir l’assurance formelle que le texte ignominieux de la « fiche n° 17 », document théoriquement affecté à la formation des cadres de la Confédération, et dont le secrétaire général m’assure ignorer l’origine, sera également retiré lundi.
Philippe m’a également précisé qu’il n’avait pas l’habitude de régler les désaccords idéologiques par de telles méthodes.
J’en prends acte, et demande évidemment à tous les sites amis d’annoncer cette démarche, qui sera naturellement rendue également publique sur mon site. De la même façon, sera annoncé le texte public de la CGT, que j’essaierai de communiquer dès réception, sachant que je serai alors absente, pour plusieurs jours, de mon bureau (et de mon ordinateur).

Fraternellement à tous,
Annie

Voir en ligne : Sur le blog histoire et société

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
    ... lire la suite

  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).