Depuis le 38e Congrès, s’est ouvert une réorientation stratégique, qui nous a permis de nous réapproprier notre Parti, de retrouver une visibilité et une autonomie et de mettre en avant nos propositions. Nous avons eu raison de faire ce choix, même s’il est prétentieux de croire que nous pourrions ramasser dès à présent le fruit de cette réorientation, et ce, après des décennies de déshérences idéologiques, qui ont rendu le Parti inaudible et provoqué le désarroi de millions de travailleurs !
Mais pour inverser, aujourd’hui, le rapport de force capital-travail, il va nous falloir aller plus loin, travailler autrement et produire une véritable analyse en rupture avec le système capitaliste, c’est à dire engager l’écriture d’un véritable projet de transformation sociale.
Le capitalisme parasitaire n’est pas réformable. Sa prédation impérialiste notamment au Vénézuéla en est la démonstration. Elle est la logique mortifère d’un système agonissant, mais prêt à tout pour accaparer des richesses, balayant au passage les démocraties bourgeoises dont il n’a plus besoin pour s’accumuler, au profit de pratiques autoritaires et fascistes. On l’a vu également avec l’installation à la tête de l’Etat en Ukraine des nationalistes et des néonazis en 2014 avec le coup d’état de Maidan organisé par la CIA. C’est la même logique de changement de régime, conduisant à la répression des communistes et l’interdiction du PC ukrainien.
C’est pourquoi, je me félicite du travail du groupe de réflexion sur la réactualisation de la question du socialisme, seule ligne théorique capable, à mon sens, d’apporter une réelle réponse aux défis auxquels est confrontée l’humanité aujourd’hui, face à l’offensive mondiale du capital et la terrible guerre de classe qu’il nous mène.
Socialisme ou barbarie n’a jamais été autant d’actualité !
Je rappelle, en outre, que la question du socialisme a été portée lors du 39e Congrès par 33% des congressistes et un texte signé par 168 jeunes de notre Parti ; que lors de notre dernière conférence nationale ce sont près de 600 communistes issus de 70 fédérations qui ont produit une contribution collective allant dans ce sens. Il faut donc, comme l’évoquait ce matin Marie-Christine Burricand, écouter les débats dans les cellules et les Sections, écouter ce qui monte dans le Parti !
Nous entendons bien sûr par socialisme, le système économique, politique et social qui abolit l’exploitation, l’oppression et l’aliénation du système capitaliste. Cette première phase vers le communisme est primordiale car elle pose la question démocratique, c’est à dire du pouvoir des travailleurs par l’appropriation collective des moyens de production, de la planification et de notre rapport au pouvoir de l’Etat. Car oui, les travailleurs ont vocation à se saisir du pouvoir politique par l’intermédiaire de leurs organisations, au premier rang desquelles le Parti communiste.
Cette première phase permet de créer les conditions de notre projet de société qui trouve sa finalité dans une phase supérieure, le communisme, répondant au slogan de : chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins !
Cela va également nous amener à réfléchir au Parti dont nous avons besoin (Fabien le disait ce matin dans son rapport), de son utilité et de son lien organique avec la classe ouvrière. Nous devons donc réouvrir le débat sur son organisation, son unité, son fonctionnement et en particulier le nécessaire besoin de relayer ses idées dans un organe central largement accessible aux travailleurs.
Il faut donc avec ce 40e Congrès franchir une étape qualitative, elle est, je pense, salvatrice et s’inscrit dans une nouvelle étape de modernisation de la France mais également dans le mouvement du monde vers l’émergence d’une communauté de destin pour l’humanité !
Fabienne LEFEBVRE
Membre du Conseil national
« l’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte de classes »

(2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler
