"Je regrette que nous ne portions plus aussi passionnément la colère de tous les exploités" Jean Ortiz

, par  Bernard Trannoy , popularité : 3%
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La démocratie ne peut s’exercer que sur la base d’adhérents en possession de toutes les réflexions qui nous traversent. Ce n’était visiblement pas le cas des communistes Girondins qui ont découvert un programme « Partagé » non encore partagé, non finalisé, le jour même. Les candidatures aux législatives ne sont pas actées, elles seront décidées au niveau des états major « parisiens ». En fait la direction du PCF nous demande UN CHÈQUE EN BLANC. Moi j’aurais tendance à considérer qu’il s’agit d’un faire part de décès.

Alors dans ces conditions que valent donc nos « non débats » ?

Nous parlons tous mais personne ne s’écoute. Visiblement dans une société en crise, les hommes aussi sont en crise.

Quand à savoir ce que sont les autres réflexions et analyses qui traversent le PCF. Circuler il n’y à rien à voir.

Les propositions, les démarches d’André Gérin et d’André Chassaigne sont passées à la trappe. Ils sont exclus, de fait, de nos débats. Tout cela au nom de la démocratie. (Ça fait mieux) En fait la direction nous prépare un référendum plébiscitaire digne du Maréchal Mac Mahon du type OUI ou NON, le sommet de la démocratie comme chacun le sait.

En résumé, du stalinisme en action conforme avec celui que l’on prétend dénoncer.

Compte tenu du nombre de délégués prévus on peut se dire que des camarades ont le tort de voter avec les pieds.

« Si le Parti communiste ne profite pas de la médiatisation présidentielle, je ne vois pas par quel miracle ses candidats députés seraient en position d’être élus six semaines plus tard ». Arnaud Spire l’Humanité du 06/01/2011.

Et si la stratégie de non présentation d’un candidat communiste aux élections présidentielles participait d’une stratégie mûrement réfléchie et élaborée de liquidation du PCF, première étape vers sa transformation dans une organisation de type « Die Linke » ? Et en tout état de cause, d’un parti comme un autre, où les adhérents ne sont plus que les supporters d’une nomenklatura autodésignée (Info : Die Linke s’est ramassé une veste aux élections régionales, perte de plus de 50% de ses voix, faute de projet). Et nous voilà en transition vers un congrès de Tours à l’envers. Avec à la clé, la démocratie d’opinions basée sur le choix par les sondages.

En fait notre problème, ce n’est pas 2012, mais 2017. Une « gôche » qui ne se donne pas les moyens de mettre à mal l’économie « CASINO » ouvrira immanquablement la voie à Marine Le Pen en 2017. Et là nous sommes bien partis.

Si dans l’Allemagne des années 30, la division de la gauche a favorisé la montée du nazisme. Ce pourrait bien être le cas en France, non pas du fait de ses divisions, mais bien plutôt de son refus de s’attaquer à la domination du capital, PCF compris.

Alors en route pour la version française « d’Arcobello », faisons comme les italiens, 2012 plus de députés communistes. Et notre Gorbatchev à la française pourra triompher sur un tas de ruines, objectif atteint.

Le PGE est financé par l’Europe pour mener à bien cette tâche de liquidation de l’hypothèse communiste ? (Dis-moi qui te paie, je te dirais qui tu es).

Nous voilà dans une démarche qui nous conduit tout droit à un alignement sur les crédos libéraux, y compris dans leurs versions ultras ?? Pour devenir, de fait, un appendice des appareils d’état d’un capitalisme mondialisé.

L’illustration nous en est fourni par l’acharnement irresponsable de défense de l’€uro mené par Pierre Laurent. Mais aussi par la dérobade des élus communistes au parlement européen qui ont choisi les abonnés absents dans le vote sur la Lybie.

Quand on défend avec une telle virulence l’€uro comme monnaie unique. C’est la preuve, pour moi, que l’on se place dans une trajectoire d’accompagnement du système. Avec à la clé, une contribution à la fermeture de toutes les possibilités et outils utiles à la transformation de la société.

Les contradictions, incohérences ou « Diner de cons »

Ce qui s’est dit au congrès :

- « Il nous faudra débattre et enrichir le programme partagé, (non encore partagé) avec la population… ». Bien sûr…

- « Ce programme sera à enrichir lors de rencontres avec la population », bien mais encore ?

- Sébastien Laborde nouveau secrétaire départemental : « Ce programme est le résultat d’un compromis avec nos partenaires nous ne pouvons donc le modifier » ?????????

- Autrement dit 2 jours pour rien. Alors comprennent qui pourra.

- Sébastien Laborbe « Un nouveau chantier nous attend, la transformation du parti… C’est peut-être la dernière fois que vous votez » ??? Mais de qui donc relèvera la souveraineté ? Les militants seraient-ils devenus à ce point trop gênant, avec leurs questions, leurs volontés d’être parti prenante ?

- Alors vive les supporters. En route vers des partis à l’américaine… Tous derrière Saint Jean-Luc et vive la démocratie d’opinions régulée par les sondages (de ce point de vue Saint Jean-Luc est mal barré).

Le travail des ateliers sur le programme partagé version ultra simplifiée :

Une méthode de manipulation sophistiquée, sortie tout droit des officines patronales.

1. Contrôler de bout en bout : celui qui présente l’atelier par une introduction est aussi celui qui anime l’atelier et c’est aussi celui qui fait le compte-rendu. Comme le compte rendu est en conformité avec l’introduction, raboté de toutes les aspérités des débats. Alors ne faites pas comme nous (on s’est fait baisé). Exigez que l’animateur et le rapporteur soient désignés par l’atelier sans que cela puisse être celui qui a fait l’introduction.

2. On débat sur la base d’un brouillon, c’est dire que notre avis importe peu.

3. On débat sur du vent, puisqu’en dernière analyse tout sera réglé dans le secret des états-majors.

4. Compte rendu des ateliers du programme partagé en version ultra simplifié copier/coller de l’introduction. Cela va nettement plus vite.

A ce congrès départemental PCF Gironde, visiblement nous n’étions pas tous à égalité. Conséquences prévisible au royaume des aveugles (ou des non éclairés) les borgnes sont rois.

En fait, qu’ils en aient conscience ou non l’alignement des communistes sur une éventuelle candidature Mélenchon participe, de fait, de la liquidation du PCF.

Mais ne soyons pas naïfs certains dans le congrès en avaient parfaitement conscience.

Olivier Dartigolles et Boulanger (PG) seraient déjà en tournée en Aquitaine de collecte de signatures pour la candidature de Mélenchon ??????

« Ceux qui pensent arrêter leur regard sur l’horizon et se bornent à regarder ce qu’on voit, ceux qui revendiquent le pragmatisme et de faire seulement avec ce qu’on a, n’ont aucune chance de changer le monde... L’utopie, c’est ce qu’il y a au delà de l’horizon ». Henri Lefèbvre.

Visiblement à ce congrès nos regards étaient bien en deçà de l’horizon. Tant nous sommes embourbés dans une cuisine nauséabonde enfermée dans une étroite vision électoraliste. Mais pourrons nous avancer vers le changement sans collapsus majeur ? Aux vues de ces journées ont fini par en douter.

70% des français mettent en cause le capitalisme. Au lieu de s’emparer de ce fait, de s’appuyer dessus, nous choisissons de nous mettre aux abonnés absents.

Les soviétiques ont connus une « Nomenklatura » qui les a tués. Et bien pas de jaloux, il n’y a pas de raison, NOUS AUSSI NOUS Y AURONT DROIT.

La transformation du PCF est indispensable et nécessaire, sous peine de disparition. La transformation du PCF doit prendre pour centre de gravité L’ADHERENT. Avec l’objectif de faire de celui-ci tout à la fois le constructeur, le producteur, l’acteur de la transformation sociale.

Le retour du PCF dans les entreprises doit en constituer l’épine dorsal. C’est à partir des lieux de travail que la reconstruction est possible et déterminante.

En effet face au capital hyper organisé, l’organisation est un impératif majeur. Le mouvementisme que nous cultivons n’a aucune chance de produire quoi que se soit s’il n’est pas puissamment relayé.

Notre fonctionnement actuel (malgré les modifications de statuts) est toujours basé sur un fonctionnement vertical où les directions fédérales n’arrivent pas à fonctionner autrement que comme relais du « Faire passer la ligne élaborée en haut ».

Cette démarche est illustrée par le fonctionnement de la FD Gironde. La section du Bassin est intervenue à de multiples reprises, sans aucun retour. Le PCF tend ainsi à devenir une simple machine électorale et qui de se fait s’autosuicide. Quitte à nous amuser de temps en temps avec une petite campagne sans lendemain.

Ayons le courage et la ténacité de dire et redire aux salariés que tout dépend d’eux, de leur organisation, de leur capacité à intervenir collectivement, dans les syndicats en premier lieu, mais aussi au sein d’un Parti qui se donne véritablement pour objectif de changer l’ordre des choses.

Et ce n’est pas en niant, comme nous le faisons, la nécessité de l’organisation que nous avancerons.

De ce point de vue, ce qui se passe dans le monde arabe en apporte une fois de plus la démonstration. L’absence, voir la faiblesse des organisations ouvrières (au sens large) fait cruellement défaut, permettant ainsi aux bourgeoisies nationales de rebondir et de se récupérer.

Nos modes de fonctionnement, presque pourrait-on dire de non fonctionnement.

Dans le cadre des élections régionales incapacité ou non volonté d’avoir un programme régional :

Avec la section du Bassin, nous désirions une réflexion collective, pour intégrer dans le cadre du programme régional des propositions pour une nouvelle politique forestière. Lors d’un débat avec un ancien élu régional PCF landais sur la question du gemmage celui-ci a répondu tout de go « Les patrons nous ont dit que ce n’était pas rentable », circuler il n’y a rien à voir.

Pour une politique régionale du transport, pour le ferroutage. (Vous pourrez lire de ce point de vue nos interventions lors du récent comité de ligne Bordeaux – Arcachon sur notre site ) même silence, même inertie, encéphalogramme plat.

Pour une réflexion, construction sur les politiques de santé, la petite enfance (là pareil encore en salle de réveil).

Conclusion : Nous nous révélons incapable d’élaborer un programme, une démarche collective, nous partons de fait sans programme.

Pour être en capacité de partager avec les autres encore faudrait-il, déjà, nous mettre en capacité et en volonté de partager et construire entre NOUS !!!

Dans le cadre des élections cantonales :

Pour la construction d’un programme départemental. Là aussi pas de réponse.

Vous trouverez sur notre site les textes (Rubrique Elections cantonales) de nos interventions lors des rencontres que nous avons eues avec la population et les associations qui sont autant de nos contributions (Transport, service public, déchets, ostréiculture, santé, forêt, agriculture de proximité).

Je termine en partageant ses propos de Léo Figuères et de Jean Ortiz paru dans l’Humanité : « Le PCF, écrit-il, a intérêt à faire la clarté sur la perspective qu’il propose. Si le dépassement du capitalisme signifie pour lui la volonté de réduire progressivement par la voie démocratique la domination économique et étatique du capital dans la société, soit une avancée sur le chemin du socialisme et aussi par là du communisme, qu’il le dise clairement et reprenne le travail d’actualisation laissé en friche depuis quelques années ». Vraiment, c’est mal barré.

« Je regrette que nous ne portions plus aussi fort, aussi viscéralement, aussi passionnément que jadis, la colère de tous les exploités, de tous "ceux d’en bas". Au nom de la "mutation", nous avons affadi la fonction tribunitienne qu’exerçait le PCF, et nous l’avons laissée à d’autres.

Commençons donc, camarades, par crier plus vigoureusement : "Non ! Notre monde n’est pas celui-là !" Dire non passionnément, c’est recouvrer la liberté afin de construire un monde nouveau, avec "la grande armée des rêveurs" (sous-commandant Marcos) ». Jean Ortiz, Maître de conférences, université de Pau.

Bernard Trannoy, le 08/05/2011

Source : PCFBassin

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