Béziers
Luttes actuelles et débouchés politiques Réalités d’un débat politique

, par  Jacques Cros, Paul Barbazange , popularité : 3%

Compte-rendu du débat à Béziers sur les luttes dans leurs diversités et l’évolution possible de la situation politique. Chacun sait que la lutte entre par le débat parlementaire dans une nouvelle phase. Les communistes comme l’ensemble de la population doivent se confronter à cette situation.

Photo Lucien Vives

Luttes actuelles et débouchés politiques

Tel était le sujet du repas à thème organisé par le cercle populaire Joseph Lazare ce vendredi 14 février. L’assistance était assez fournie, une cinquantaine de personnes. A la tribune avaient pris place Nicolas Cossange, accompagné de Maxime Barbazange, Yvan Vialette, Philippe Bonnefous et Patricia Barbazange.

Un rapport présenté par Nicolas Cossange et une intervention d’Yvan Vialette ont permis d’engager le débat. Nous vivons une situation exceptionnelle. Le conflit qui se déroule est impressionnant par sa longueur et la mobilisation qu’il connaît. Il met en lumière la fragilité d’un pouvoir acculé à la répression pour faire face. Pour autant on ne peut pas se satisfaire de l’engagement des travailleurs dans les grèves. Malgré quelques points forts chez certaines catégories, le déclic mettant tout le monde en mouvement n’est pas encore là.

Pourtant le mécontentement est général. Il est la conséquence d’un système incapable de répondre de manière satisfaisante aux besoins des gens. Toutes les professions sont concernées par des difficultés majeures. Cette situation pose la question d’un changement radical du fonctionnement de notre société. Une question qui sera précisée au cours des échanges mais qui sera soulignée dans le compte-rendu du débat sur les retraites organisé à Villeneuve-les-Béziers à propos du coût du travail auquel un ancien bâtonnier substitue la notion de coût du capital !

La CGT ne craint pas d’aborder cet aspect de la transformation de notre société dans son combat mais il est évident que les partis politiques ont la responsabilité d’apporter une réponse positive et d’offrir une perspective qui permette de déboucher sur des solutions durables. C’est très exactement ce qui était à l’ordre du jour de cette soirée. Il sera déclaré qu’il y a nécessité de faire vivre une organisation structurelle pour répondre à cette exigence.

Le mouvement a remporté quelques victoires. La question du retrait du projet de retraite à points est un acquis de la lutte. Des données plus techniques ont été évoquées comme la reconnaissance de l’importance du salaire socialisé permettant l’existence même de la protection sociale. Déplacer le curseur dans le sens de l’amélioration de la part de l’ouvrier est un combat par essence contre le capital.
Des questions annexes comme les valeurs de la gauche seront l’objet d’échanges. Le bilan de la politique suivie depuis une quarantaine d’années sous diverses étiquettes ne doit-il pas être pris en considération ?

Peut-on se contenter d’un fléchissement de la politique du capital ou faut-il avoir pour objectif d’en finir avec un tel système ? C’est vrai que nous sommes à la veille d’élections municipales et qu’on ne saurait renoncer à défendre pied à pied les intérêts des citoyens par la participation de chacun à cette campagne.
Un regard a été porté sur le comportement de certaines forces à l’occasion de ces municipales. Que ce soit à Béziers comme ailleurs en France, des interrogations ont été formulées. La dimension écologique de ce que nous vivons a également été l’objet d’appréciations sévères en regard des besoins croissants en énergie. Sans doute faudra-t-il reprendre un débat spécifique sur le nucléaire civil.

Yvan Vialette a dans sa conclusion abordé l’attitude de ceux qui espèrent le ralliement à une avant-garde éclairée. Les choses ne sont pas si simples et on ne peut faire l’impasse sur ce que pensent les masses qui participent à l’action.
Au total une soirée stimulante qui s’est poursuivie par le repas proprement dit au menu duquel figurait de la blanquette de veau.

Jacques Cros

Comme toujours le compte rendu rédigé par Jacques Cros est très complet dans sa concision. Je souhaite y ajouter des remarques et appréciations personnelles.

Sur la participation : 50 personnes entre mouvement et élections municipales, ce n’est pas si mal. Trois jours avant, un débat organisé par l’intersyndicale avait réuni 150 personnes. Et nous avions hésité : la seule date possible étant un vendredi soir, jour de la Saint Valentin en pleine vacances scolaires... Par contre le débat avait été soigneusement préparé par des contacts méticuleux avec des syndicalistes de toutes nuances, actifs dans le mouvement. Certains avaient donné leur accord pour ce vendredi et au final n’étaient pas là, on s’est donc retrouvé avec une assemblée à forte dominante de retraités. Seuls des dirigeants du mouvement déjà engagés avec nous se sont déplacés. Chacun comprend fort bien que les militants assumant de lourdes responsabilités ont besoin de souffler, mais il y a certainement autre chose, manque de curiosité, inquiétude profonde quant aux possibilités d’action politique collective ou au travers de l’engagement individuel, affaiblissement insoupçonné des positions de classe et de la culture politique, manque d’espoir... ou autres. Je regrette que l’assemblée ne se soit pas plus interrogée sur ces absences.

Sur le contenu : Comme presque toujours les échanges sur "l’union de la gauche" en pour ou en "réserves plus ou moins marquées" ont étouffé les échanges sur le besoin dans les luttes, pour leur succès, d’un parti de masse s’exprimant sur les besoins et objectifs de classe. Certes cela a été évoqué de façon volontairement abrupte par un intervenant, mais même un peu de provocation n’a pas sorti l’assemblée du ronronnement. Personne n’a repris sur les questions d’organisation, à l’entreprise en particulier, sauf pour souligner, à juste raison me semble-t-il, que beaucoup avait changé dans l’organisation du travail. Ce qui à mon avis ne fait que rendre plus nécessaire le travail d’organisation politique à l’aune des conditions actuelles de production.

Je terminerai en positif en signalant, ce que n’a pas fait Jacques, que pratiquement tous les présents ont signé la pétition de l’Humanité en faveur d’un référendum sur la question des retraites (et ce n’est pas rien : on est passé de quatre signatures sur internet à 43 signatures physiques) mais aucun d’entre eux ne s’est interrogé sur les nouvelles conditions posées par le stade parlementaire de la lutte, sur ce que font les uns et les autres dans les assemblées élues, sur le lien entre luttes (toutes les luttes : "gilets jaunes", sociétales, pacifistes...) et sur le rôle des élus plus ou moins porteurs des revendications.

Paul Barbazange

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