Enfin le procès de l’assassinat de Sankara et de ses compagnons Par Bruno Jaffré

, par  auteurs à lire , popularité : 6%

Le procès tant attendu s’ouvre le 11 octobre, en l’absence de Blaise Compaoré. Dernière manœuvre pour le saboter, ses avocats viennent d’annoncer qu’ils boycotteront le procès alors qu’il s’annonçait exemplaire. Historique aussi, comme l’épilogue d’un long combat pour la justice.

La nouvelle était attendue depuis longtemps. C’est un communiqué laconique du procureur du Tribunal Militaire de Ouagadougou, daté du 17 août qui la confirme et « informe l’opinion nationale et internationale que le procès des personnes mises en accusation dans l’affaire de l’assassinat du Président Thomas Sankara et de ses douze compagnons s’ouvrira le lundi 11 octobre 2021 à partir de 9h00 ».

Procès historique

Le procès s’annonce historique. Thomas Sankara est, depuis, devenu le modèle de la jeunesse africaine à travers tout le continent et même au-delà. Intègre, résolu, sensible, intelligent, créatif, habité de la volonté ardente de sortir son peuple de la pauvreté, leader d’une révolution choisissant un modèle de développement autocentré, libéré des diktats de la domination occidentale. Précurseur du combat pour la sauvegarde de la planète comme de la libération de la femme en Afrique, et de bien d’autres, il rendait la fierté à tout un continent en dénonçant publiquement les agissements des puissances occidentales impérialistes, notamment la soumission des peuples par la dette créée artificiellement. Il tentait de repousser les limites du possible.

Depuis quelques temps, les médias qui se sont saisis de ce qu’on appelle aujourd’hui l’affaire Sankara, ont largement contribué à lui donner un écho particulier, revenant régulièrement sur les développements du dossier. Les proches de Blaise Compaoré relayés par les réseaux françafricains ont longtemps tenté de faire de l’affaire Sankara une question purement nationale. Certes la Révolution traversait une grave crise politique que Thomas Sankara tentait de dépasser par la discussion, alors que son ami Blaise Compaoré choisit alors l’assassinat. Mais cette affaire est tout autant révélatrice des contradictions internationales de l’époque, des rivalités régionales que de la volonté des puissances occidentales et notamment la France, de maintenir leur domination sur ses anciennes colonies.

Plusieurs organisations de la société civile ont demandé récemment que le procès soit retransmis en direct à la radio, comme c’était l’usage pour ceux des Tribunaux Populaires de la Révolution, mais le procureur a répondu par la négative. On espère cependant qu’il pourra être filmé, archivé et accessible aux historiens.

Les accusés

Le procès s’ouvrira en présence de douze accusés, selon les cas de complicité d’attentat à la sûreté de l’État, de complicité d’assassinat, de recel de cadavres ou de subornation de témoins, mais avec deux grands absents : le chef du commando Hyacinthe Kafando, en fuite, et surtout Blaise Compaoré, réfugié en Côte d’Ivoire où il a été exfiltré par les troupes français au lendemain de l’insurrection d’octobre 2014.

Le général Gilbert Diendéré, numéro 2 du régime de Blaise, déjà condamnée à 20 ans de prison pour sa tentative de putsch en septembre 2015, et Jean Pierre Palm, ancien chef d’État-major de la gendarmerie sont les principaux accusés. Les autres sont des militaires membres du commando ou cosignataires du frauduleux certificat de décès mentionnant « mort de mort naturel ». Cinq autres accusés sont décédés.

Gilbert Diendéré a déjà été condamné à 20 ans de prison pour avoir organisé un putsch durant la transition. Quant à Jean Pierre Palm, il a été plusieurs fois accusé de torture par ses victimes et n’a malheureusement jamais été poursuivi pour ces graves méfaits.

Un long combat pour la justice.

Dix ans après l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, la famille Sankara, le 29 septembre 1997, a déposé une première plainte (16 jours avant la date de prescription) avec constitution de partie civile pour assassinat du Président Thomas Sankara et pour faux et usage de faux. La plainte est soutenue par une quinzaine d’avocats regroupée dans un collectif international juridique et par le CIJS (Comité international justice pour Sankara) mis en place à l’initiative du GRILA (Groupe d’information et de recherche pour la libération de l’Afrique) qui lance la Campagne international Justice pour Sankara.

En 2009, après l’échec des interventions du CIJS auprès du comité des droits de l’homme de l’ONU, le réseau international Justice pour Sankara, justice pour l’Afrique lance une nouvelle campagne demandant alors l’ouverture d’une enquête internationale indépendante, et plus tard en France l’ouverture d’une enquête parlementaire sur l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons. Deux pétitions ont été lancées, dont une demandait l’ouverture du secret défense, recueillant des dizaines de milliers de signatures. De multiples réunions publiques, manifestations de rue, conférences de presse à Paris et à Ouagadougou, rencontres à l’Assemblée nationale avec des députés, ont été organisées. Dans la période récente le réseau a suscité plusieurs interventions de députés pour la fourniture du dernier lot de documents. Il n’a cessé de publier des communiqués de presse afin d’informer des évolutions du procès et d’exiger l’ouverture du secret défense. On trouvera le dernier communiqué du réseau international à l’occasion de l’ouverture du procès ici.

Mais c’est l’intervention du peuple burkinabè qui fut déterminante, en chassant Blaise Compaoré à l’issue d’une magnifique insurrection populaire. Puis la société civile a joué un rôle déterminant lors de la mise en place de la transition, fin 2014. Le gouvernement annonçait rapidement l’ouverture d’une enquête qui a mené à ce procès.

Il faut aussi souligner la ténacité des avocats qui ont dû affronter de nombreux obstacles notamment lorsque Blaise Compaoré était au pouvoir. Celle de la famille Sankara qui a subi de multiples pressions par le régime Compaoré qui a plusieurs fois tenté de régler le problème en proposant de l’argent aux parents. Les familles des autres victimes restées longtemps oubliées, souvent démunies, ont commencé à se manifester après l’insurrection et seront représentés par des avocats lors du procès. La fille d’une des victimes a tenu à rappeler lors d’une interview, que son père était aussi un héros de la Révolution.

Un procès en l’absence de Blaise Compaoré

L’absence de Blaise Compaoré est une profonde déception. Elle viendra d’abord rappeler que cette absence est d’abord de la responsabilité des autorités françaises, car ce sont les troupes française qui l’ont exfiltré du Burkina vers la Côte d’Ivoire. Un acte qui n’est rien d’autre qu’une prime à l’impunité dont on sait qu’elle est un des principaux obstacles au développement. Responsable de crimes économiques en instituant un système prédateur de son propre pays au profit de son clan. Mais c’est aussi un assassin à l’origine ou complice de plusieurs déstabilisations dans la région entraînant des guerres effroyables comme celle du Liberia et de la Sierra Leone puis celle de Côte d’Ivoire sans parler de ses liens avec Jonas Savimbi, allié à l’Afrique du Sud dans la guerre déchirant l’Angola, à qui il permettait de contourner l’embargo, tout en profitant des trafics de diamant.

Voilà le sinistre personnage qui a bénéficié de la protection de le France, qui en réalité rendait la monnaie pour de nombreux services rendus.

Une fois réfugié en Côte d’Ivoire, il a pris la nationalité ivoirienne. Une rumeur persistante a longtemps circulé selon laquelle il ne pouvait plus être extradé. Alors qu’il existe bien un traité entre le Burkina et la Côte d’Ivoire permettant l’extradition. Nous l’avons longtemps démenti sans être entendu mais une interview d’un avocat y a mis fin définitivement.

Les proches de Blaise Compaoré ont redoublé de communication ces derniers temps. Ainsi avons-nous eu droit ensuite à une vidéo filmée par l’un de ses proches dans laquelle il apparaît diminué lors de son anniversaire, semblant même ne pas avoir toute sa tête. « C’est pour qu’on ait pitié de lui » m’a commenté un ami au Burkina. Puis, tout récemment, une nouvelle rumeur faisait état de soins prodigués au Maroc alors qu’un visa lui aurait été refusé par la France. Nouveau démenti de ses proches qui l’ont affirmé en bonne santé accompagné de photos. Et alors que la date du procès de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons a été officiellement annoncée le 13 août, il écrivait une lettre de condoléances au Peuple Burkinabé le 27 août 2021, dans laquelle il appelle à l’unité et à « taire nos querelles, nos incompréhensions et nos égos pour nous donner toutes les chances de préserver notre Patrie en très grand danger ».

L’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons n’est qu’un parmi de nombreux autres crimes pour lesquels il devrait être jugé. Mais il bénéficie de trop de protection.

Les avocats de Blaise Compaoré décident de boycotter le procès

Les avocats de Blaise Compaoré viennent d’annoncer par un communiqué qu’ils n’assisteront pas au procès. Par ce geste ils tentent de dénaturer la qualité du procès.

Parmi les deux signataires du communiqué figure M. Pierre Olivier Sur, également avocat de François Compaoré, le petit frère de Blaise Compaoré, mis en examen pour l’assassinat de Norbert Zongo le 13 décembre 1998. Ils reprennent la même stratégie que celle employée pour éviter l’extradition de François Compaoré. Elle consiste à décrédibiliser la justice burkinabè dans son ensemble. Ils n’hésitent pas pour cela à avancer des mensonges éhontés [1]. M. Pierre Olivier Sur, connu pour tenter d’influencer l’opinion publique en maniant sans scrupule l’insulte et le mépris pour le peuple du Burkina Faso et ses institutions. Au cours d’une audience, il s’est permis par exemple de déclarer : « si François Compaoré est extradé il sera découpé en rondelles » [2]. Une déclaration raciste digne des plus sombres années du colonialisme !

Je ne suis pas un défenseur acharné de la justice burkinabè, dénonçant régulièrement ses insuffisances. Mais sur l’affaire Sankara, la justice a fait son travail. M. Pierre Olivier Sur, fuit la confrontation judiciaire refusant de répondre devant la justice des multiples preuves accumulées contre leurs clients.

Il est à ranger dans la longue liste des avocats de la Françafrique, grassement payé par des dictateurs qui ont accumulé des richesses immenses en pillant les ressources de leur pays au détriment de leur peuple.

Mais ce n’est pas tout. Sur RFI, il déclare : « nous sommes prêts, moi le premier, à me rendre à Ouagadougou pour rencontrer le président de la République afin d’envisager la paix des braves pour préparer un retour du président Blaise Compaoré sur place et de sa famille afin de montrer une image forte d’unité nationale pour lutter contre le terrorisme et le risque de désintégration auquel nous assistons en ce moment ». Après avoir affiché son mépris pour ce pays, ses institutions et son peuple, il veut maintenant s’immiscer dans la politique interne de ce pays. Il propose de rencontrer le Président Roch Marc Christian Kaboré, pourtant garant des institutions, pour une « paix des braves » afin d’organiser le retour de Blaise Compaoré dans son pays. Une manière d’effacer la responsabilité de ce dernier dans l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, qui a mis fin au retour de la dignité et la fierté de tout un peuple qui demande justice aujourd’hui, alors qu’il a déjà échappé aux poursuites pour plus de 37 ans de crimes de sang et de crimes économiques. Drôle de conception de la justice pour un avocat. Cette démarche n’est rien d’autre qu’une demande au Président burkinabè de s’immiscer dans les affaires judiciaires voire de s’opposer à une décision de justice. Lui qui ne cesse d’accuser le président français Emmanuel Macron d’être intervenu pour l’extradition de François Compaoré.

Malheureusement le résultat de ces manœuvres laissera le peuple burkinabè dans une très grande frustration de ne pas pouvoir suivre le procès tel qu’il l’avait tellement souhaité et attendu.

Un procès qui ne devrait pas interroger l’implication de la France, ni d’autres pays

Il semble bien que le juge militaire, François Yaméogo, nommé pour mener l’enquête en mars 2015, s’est lancé corps et âme dans une enquête approfondie. Avouons que nous avons été surpris lorsqu’il a demandé en mars 2016, l’ouverture du secret-défense à la France et lancé une commission rogatoire afin que des auditions aient lieu en France. La nouvelle n’a été rendue publique qu’en octobre de la même année. Il envoyait le signal qu’il ne se contenterait pas d’une enquête nationale mais qu’il souhaitait lancer des investigations sur l’éventualité d’un complot international. Il affirmait aussi sa totale indépendance, par rapport aux autorités politiques du pays comme des éventuelles pressions internationales.

Élu en mai 2017, le tout nouveau président français Emmanuel Macron a voulu afficher sa volonté de rompre avec les politiques africaines de ses prédécesseurs. Il choisit le Burkina pour effectuer sa première visite officielle sur le continent africain, après son retour à la démocratie. En effet, le Burkina Faso, après l’insurrection populaire de novembre 2014 a mis en place une transition inclusive rassemblant les forces vives du pays, qui a préparé des élections dont le résultat n’a pas été contesté. Nous en avons déjà évoqué toutes les insuffisances lors des articles précédents de ce présent blog consacré essentiellement au Burkina.

Au cours de cette visite, en novembre 2017, le Président français promet devant un amphithéâtre d’étudiants, en présence du Président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, de déclassifier tous les documents sur l’assassinat de Thomas Sankara et de les fournir à la justice burkinabè. En réalité la promesse de livrer les documents secret défense n’a pas été tenue au vu des deux premiers lots.

Deux premiers lots d’archives françaises parviennent à la justice burkinabè en novembre 2018 et janvier 2019. Puis plus rien pendant près de trois ans. La population s’impatiente. Des organisations de la société civile interpellent le gouvernement. Le Réseau international Justice pour Sankara justice pour l’Afrique publie alors plusieurs communiqués, largement diffusés dans la presse burkinabè, demandant que le 3ème lot soit livré rapidement, s’interrogeant sur la sincérité de la France. C’est peu connu, mais la commission rogatoire est une disposition liant la France et le Burkina prévue dans les accords de coopération signés aux lendemains de l’indépendance.

C’est aux autorités du pays que les Burkinabè, engagés dans le combat pour la justice, notamment le Balai citoyen, s’adressaient pour se plaindre des lenteurs de la justice dans leur pays.

Pourtant la réalité des faits montrent que la lenteur ne vient pas, dans l’affaire Sankara, du Burkina. Loin de nous l’idée d’absoudre les autorités actuelles des insuffisances de la justice burkinabè, mais ce n’est pas notre propos ici. Nous en avons déjà parlé dans le présent blog. Pour l’affaire Sankara, elles ont laissé semble-t-il le juge mener son enquête. Avec des limites bien sûr. Le gouvernement burkinabè n’a pas semblé très combatif pour obtenir de la Côte d’Ivoire, pays ami, mais aussi soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, l’extradition de Blaise Compaoré.

Les autorités politiques burkinabè ont sans doute aussi manifesté leur impatience. La « réconciliation », annoncée depuis longtemps figurait en bonne place lors de la campagne électorale précédant le scrutin de novembre 2020. Elle ne peut avoir lieu sans un minimum de justice.

C’est dans ce contexte difficile que le juge François Yaméogo, décide en octobre 2020, de disjoindre la procédure concernant les éléments internationaux du dossier, qui reste donc ouverte afin que l’enquête continue. Cette décision permet d’aller au procès en clôturant officiellement l’instruction sur les éléments nationaux du dossier. Il transmet donc cette partie du dossier à la chambre de contrôle de l’instruction du Tribunal militaire de Ouagadougou, chargée de vérifier la procédure et la validité l’accusation.

Le délibéré est rendu le 13 avril 2021 et confirme l’accusation de 14 inculpés sur 25 dont 3 sont en fuite et 5 personnes impliquées sont décédées depuis. Ce délibéré marque aussi le feu vert pour organiser le procès.

Et quatre jours après, le 17 avril, est organisée une cérémonie de remise du 3ème lot de documents des archives françaises, de l’ambassadeur de France au ministre délégué chargé de l’intégration et des Burkinabè de l’extérieur en présence de la presse ! Près de trois ans après la remise du deuxième lot et 4 ans et demi après la promesse d’Emmanuel Macron.

Quel contraste avec les remises de deux premiers lots faites dans la plus grande confidentialité !

Et la disjonction étant opérée, les juges chargés du procès ne se sont probablement pas préparés à traiter du complot international. L’action de le France ne devrait donc pas être évoquée lors du procès. A moins que les avocats des parties civiles, qui selon nos informations étudient pourtant les documents fournis dans le troisième lot, le décident. Mais n’était-ce pas là l’objectif des autorités françaises ? Et si des avocats de la partie civile venaient à l’évoquer, ils risquent fort de se voir opposer l’absence d’éléments dans le dossier.

Outre la France, d’autres pays sont cités comme éventuellement plus ou moins impliqués dans un complot international, la Côte d’Ivoire, la Libye, le Togo et les États-Unis, mais aussi les compagnons de Charles Taylor à l’origine du conflit qui a ensanglanté le Liberia et la Sierra Leone à partie de 1989 jusqu’en 2002.

Un procès dans un contexte de crise politique et sécuritaire

Beaucoup de Burkinabè n’osent pas croire à la tenue du procès à la date annoncée. Ils ont tellement souhaité ce moment où l’on pourra enfin juger les responsables de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, enterrer leur héros lors d’obsèques nationales. Leur rendre un nouvel hommage grandiose pour passer à une autre époque. Reconstruire l’avenir de leur pays meurtri.

Alors que la campagne électorale s’était déroulé sans incident, les attaques se multiplient plus meurtrières. Dans la nuit du 4 juin, 132 personnes sont assassinées froidement dans la ville de Solhan dans le Sahel, proche d’un site d’orpaillage, l’armée n’étant intervenue que 6 heures plus tard. Le ministre de la défense Chérif était venu quelques jours auparavant rassurer les populations affirmant que la région était sécurisée.

Ce nouveau massacre a constitué un électrochoc... Le ministre de la défense et le ministre de l’intérieur et de la sécurité ont été limogés.

Le 18 août 2021, plusieurs centaines de terroristes attaquent un convoi mixte composé de militaires et de civils dans le nord, tuant 84 personnes dont une quinzaine de membres des forces de défense et de sécurité. Plusieurs dizaines de terroristes auraient été neutralisés.

Quelques reportages de la presse burkinabé pointent l’insuffisance de l’armement et de la formation des VDP (Volontaires pour la défense de la patrie) qui payent un lourd tribut lors des combats. D’autres en avaient vanté les mérites. La presse burkinabè diversifiée continue à faire son travail, bien que certains aient été attaqués en justice.

Les nombre de déplacés internes est passé d’environ 1.100.000 à 1.423.378 selon les chiffres donnés par Mme Laurence Marie Ilboudo-Marchall, ministre en charge de la femme, de la famille, de la solidarité nationale et de l’action humanitaire lors d’une conférence de presse le 13 septembre 2021.

Des manifestations importantes se sont tenues dans plusieurs villes importantes dans les régions touchées par les attaques, organisées par des leaders locaux de la société civile. Suivies peu après par des manifestations organisées par l’opposition, début juillet, rassemblant des milliers de personnes, dirigée maintenant par le CDP, le parti de Blaise Compaoré, pour protester contre l’aggravation de la situation sécuritaire. Malgré différentes ripostes de l’armée burkinabè et des VDP les attaques ont continué causant de nombreuses victimes.

C’est dans ce contexte que le gouvernement s’est lancé dans une campagne pour la réconciliation.

Lors de la campagne électorale des élections présidentielles de novembre 2020, Roch Marc Christian Kaboré promettait dans le village natal de Blaise qu’il rentrerait au Burkina avant six mois.

Zéphirin Diabré, ancien leader de l’opposition a rejoint la majorité comme ministre d’État chargé de la réconciliation et de la cohésion sociale. Il est venu rencontrer Blaise Compaoré en Côte d’ivoire pour évoquer la réconciliation et son retour éventuel au pays. Mais rien n’a filtré sur la teneur de la discussion. La date du forum de la réconciliation nationale a été fixée du 17 au 23 janvier 2022. Difficile de savoir quelle sera le contenu effectif de cette réconciliation. Les discussions ont commencé entre le gouvernement et l’opposition dirigée par le CDP. Qui a commencé par demandé la suspension des procès. Car un autre procès doit s’ouvrir, celui des membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré, annoncé pour bientôt, où devront être jugés ceux qui ont approuvé en conseil des ministres la suppression de l’article 37 qui aurait permis à Blaise Compaoré de se représenter en 2015... Ce qui a entraîné l’insurrection d’octobre 2014.

Le pays va-t-il dans ce lourd contexte passer cette période dans la sérénité ? Les Burkinabè veulent la paix. Beaucoup même la réconciliation, mais pas à n’importe quel prix. Elle ne pourra intervenir sans la justice.

Bruno Jaffré
Tiré de son blog

Le site consacré à Thomas Sankara

Sites favoris Tous les sites

3 sites référencés dans ce secteur

Brèves Toutes les brèves

Navigation

Annonces

  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
    ... lire la suite

  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).