Covid 19 : Nous ne paierons pas la crise ! Déclaration de "Faire Vivre et Renforcer le PCF"

, par  lepcf.fr , popularité : 3%

Depuis plusieurs semaines, les responsables politiques se succèdent pour expliquer que la France est en récession et qu’il faut reprendre le travail le plus rapidement possible pour relancer l’économie. Le Medef et les autres centrales patronales tiennent le même discours.

Du côté des salariés, on est déjà mis à contribution.

Ceux qui travaillent y vont la peur au ventre car ils n’ont pas suffisamment de moyens de protection, à commencer par le personnel soignant qui a payé un lourd tribut aux politiques de casse de l’hôpital public menées depuis des décennies. Le personnel des Ehpad et plus largement les métiers de soutien à la personne sont également en première ligne sans les moyens nécessaires. Pourtant, ces personnels ont mené des luttes importantes pour dénoncer leurs conditions de travail et le manque de personnel.

Quant aux autres, les forçats des métiers de la logistique, les employés des grandes surfaces, les livreurs, les ripeurs, les postiers, les salariés des plateformes de distribution... qui ne peuvent télé-travailler, leurs employeurs prennent rarement en compte le danger qu’ils encourent.

La crise a révélé l’imprévoyance de nos dirigeants, leur incapacité à faire face à l’adversité dans une situation de pénurie qu’ils ont eux-mêmes créée. Au-delà du manque de masques, de produits chimiques, de tests... c’est bien le capitalisme et ses calculs de court terme qui sont aujourd’hui sur le banc des accusés. C’est ce système qui a rendu notre pays et ses dirigeants incapables de faire face à la pandémie.

Si les mesures de confinement ont été prises trop tardivement, elles se sont accompagnées de mesures liberticides et d’attaques d’une gravité extrême contre le monde du travail : possibilité de faire travailler les salariés jusqu’à 60h par semaine dans certains secteurs, refus de prise en compte du droit de retrait, obligation de prendre des congés payés et des RTT si l’employeur le décide, obligation de prendre 5 jours de congés pour les fonctionnaires, etc. Ces mesures s’appliquant jusqu’en décembre 2020 !

Mais ce n’est que le premier étage de la fusée car tout laisse à penser que le gouvernement projette déjà de nouvelles mesures antisociales qu’il tentera d’imposer au nom de la sortie de crise. Pour Macron, pour le patronat, pour l’Union européenne, c’est au monde du travail de payer, en acceptant de travailler plus, de sacrifier congés et RTT, comme si nous étions responsables de la casse du système de santé ou de la déliquescence de l’appareil productif.

Les véritables responsables de la situation, nous pouvons parfaitement les identifier :

- Nos dirigeants politiques qui mènent depuis des décennies des politiques de « résorption des déficits publics ». Ces politiques se sont invariablement traduites par des suppressions de lits dans l’hôpital public, la privatisation des activités « rentables », la tarification à l’acte, les multiples « réorganisations » qui ont conduit à un système incohérent qui vient de montrer sa grande fragilité malgré le dévouement des soignants.

- Le capitalisme triomphant qui, appliquant ses doctrines ultra-libérales, a déstructuré l’outil industriel, la production et la recherche. On ne produit plus de masques en France depuis la fermeture de la dernière usine en Bretagne, rachetée par un consortium américain qui a liquidé l’usine et ses salariés. Mais ce n’est pas un hasard non plus si notre pays, longtemps à la pointe de la recherche pharmaceutique et de la production, se trouve aujourd’hui incapable de fournir les réactifs nécessaires aux analyses des tests de contagion, de produire des médicaments de base ou des vaccins... En délocalisant notamment en Chine la production de produits qu’ils jugent insuffisamment rentables, les laboratoires pharmaceutiques ont une lourde responsabilité dans la crise actuelle.

- Parlons aussi de l’Union européenne, tant vantée, qui se révèle incapable de mettre au point une réponse concertée à la pandémie, après avoir été le fer de lance de la casse des systèmes de santé publique partout en Europe.

Alors au nom de quoi, le monde du travail, déjà victime des politiques antisociales menées par ses dirigeants, devrait en plus servir d’amortisseur à cette crise ?
On nous dit qu’elle coûte des points de PIB. Mais si on produit moins, on consomme moins aussi ! Et si cette baisse du PIB affecte nos échanges, c’est une raison de plus de relancer en urgence une vraie politique industrielle publique, des relocalisations, un plan public massif d’investissements utiles. Ce qui doit être interdit, ce sont l’évasion et l’optimisation fiscales, les paradis fiscaux, les dividendes scandaleux, l’explosion des fortunes ! Arrêtons le scandale du CICE qui est un détournement éhonté des des ressources publiques, comme les « exonérations » de cotisations patronales qui favorisent avant tout les grosses entreprises. Alors, le travail utile, libéré du poids mort des actionnaires, pourra répondre aux besoins de tous !

Si certains ont durement pâti de la crise sanitaire, outre les malades et les morts, ce sont les plus précaires : travailleurs sans papiers, travailleurs à temps partiel, auto-entrepreneurs, dirigeants de micro-entreprises... Ils doivent être aidés, soutenus pour poursuivre leur activité.

Nous refusons le « jour d’après » de Macron, un recul de nos acquis sociaux, une recomposition économique et productive au détriment des plus faibles : les plus gros, bénéficiant des aides publiques, pourront profiter de la période pour rafler les activités de tous ceux qui auront été liquidés.

La crise du Covid-19 est le révélateur de la faillite du système capitaliste. Il est certes remis en cause, mis devant ses incohérences et ses travers. Mais l’enjeu est de taille : nous ne pouvons pas, au lendemain de la fin du confinement, repartir comme si rien ne s’était passé. Le risque existe que face au chantage à la crise, le monde du travail accepte l’inacceptable : le recul des acquis sociaux, la poursuite des politiques de destruction systématique des grandes avancées sociales que sont la sécurité sociale, les retraites par répartition, le système de santé, l’éducation, la recherche, etc.

Certains le préparent en se masquant derrière une contrainte naturelle qui devrait nous pousser à vivre plus chichement, nous promettant une sobriété heureuse, en fait une austérité acceptée pendant que les détenteurs de grandes fortunes continuent leurs vies scandaleuses de luxes et de gâchis.

Plus que jamais, nous devons refuser la politique menée par Macron et le patronat. Nous devons en profiter pour faire prendre conscience à tous que cette crise a une cause, le capitalisme et que seule une rupture franche avec ce système peut permettre de construire une société débarrassée de l’exploitation et de la prédation, une société socialiste pour ouvrir une perspective communiste.

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