Bas les masques ! Un parti communiste rassembleur est maintenant possible.

, par  Paul Barbazange , popularité : 2%
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Les débats entre communistes s’accélèrent et c’est bien, deux dates butoirs nous y incitent : la réunion des secrétaires de section le 8 janvier, sa préparation avec la définition du processus de désignation du candidat soutenu par le Parti Communiste aux présidentielles (c’est un choix qui relève de la stratégie mais aussi d’éléments tactiques) et la préparation du congrès de la fin du printemps.

Les puissantes luttes de classe de cet automne structurent le débat, soulignent les besoins, montrent les possibles. Deux textes circulent sur la question de la candidature et nombre de militants s’interrogent sur ce qu’ils peuvent faire pour rester maîtres en ce qui les concerne des décisions finales.

Dans mon mandat de membre du Conseil National j’ai participé ces derniers jours à quatre rencontres bien différentes quant à la forme, le fond des débats a cependant partout été le même qu’il s’agisse du bureau départemental de la fédération de l’Hérault ; d’une réunion publique réunissant à l’appel de toutes les organisations de gauche (sauf le PS) environ 250 militants à Marseille pour débattre sur les suites politiques du mouvement retraites ; d‘une initiative des "Amis de l ‘Huma" à Montpellier avec plus de 100 personnes "pour réfléchir" au 90ème anniversaire du PCF ; de l’assemblée départementale des vétérans héraultais du PCF à Frontignan.

L’identité profonde des questions posées se résume à mon appréciation par les questions suivantes :

Faut-il un parti révolutionnaire en France, comme dans chaque pays d’Europe, faut-il une nouvelle internationale ? L’Europe du capital peut-elle avoir un avenir même avec les luttes populaires ? Ce parti doit-il se réclamer du communisme ? Le parti communiste français, conservé sous cette apppellation par choix de ses militants en décembre 2007 contre les propositions de mutation émises par sa direction peut-il occuper cette place ? Comment peut-il contribuer à la reconstitution de l’unité communiste en France ? Et sera-t-il en état d’assurer sa présence dans cette élection si particulière qu’est l’élection présidentielle ?
Certes dans chacun de ces lieux le vieux désir spontanément majoritaire d’un rassemblement électoral fut-il sans principe, et hélas sans autre objectif au fond que le partage de positions électorales, a occupé une place prépondérante.
Ici sous le cri "Tous derrière Mélenchon candidat courageux et médiatique", là au nom de l’aspiration des 7 000 000 de travailleurs dans l’action à voir la reproduction dans la sphère politique de l’unité construite et maintenue dans la lutte quels qu’en soient contenu et niveau, ailleurs au nom de la constation simple mais simpliste " C’est trop difficile si on ne va pas à l’union dès le premier tour on sera amené à appeler à voter socialiste au second... donc autant se coucher tout de suite."

Comme toujours c’est dans la façon de se poser les questions que réside déjà la pertinence des réponses possibles.

En contradiction avec ces affirmations apparait, sur la base de la profondeur de la crise systémique, de ses conséquences inhumaines et du niveau remarquable des résistances, d’une expérience accumulée en cours d’analyse des questionnements porteurs d’une autre perspective stratégique.

Le niveau de violence requis par le maintien du taux moyen de profit est largement perçu comme insupportable dans la durée. La souffrance de masse des exploités gagne, dans toutes les couches sociales hormis la classe étroite des exploiteurs, en un mouvement d’aggravation sans commune mesure depuis plus d’un demi siècle.

La question de la possibilité d’accommodements à la marge avec le système interroge.

Restons-nous dans la même période qu’avant l’écroulement de l’Union Soviétique ou même celle des vingt dernières années pendant lesquelles le capitalisme pouvait passer pour la fin de l’histoire ?

L’explosion de la crise, le niveau élevé de la résistance ont déjà réouvert la question de la rupture avec le capitalisme et en conséquence celle de la construction de l’outil nécessaire. Parti se réclamant du communisme.

Là je constate que que dans chacune de ces quatre circonstances ce sont les communistes qui au positif montrent leurs recherches spécifiques pour ajuster mieux leur propositions aux questions de l’heure. Seuls les esprits chagrins y verront marques de divisions car sans contradictions publiquement assumées il n’y aura pas d’interventions efficaces dans l’action.

Qu’y a-t-il de commun entre la décision prise à Aubagne de choisir au premier tour des cantonales comme suppléant à la candidate première adjointe communiste, un adjoint socialiste plutôt que le camarade désigné par la section acteur important d’une lutte anticapitaliste pour l’emploi industriel dans l’usine locale du trust Unilever et la décision prise par (et appliquée avec difficulté) dans la fédération de l’Hérault de ne conclure aucun accord départemental avec aucun partenaire PG compris. La constitution nécessaire d’un Front passant dans chaque canton par le choix d’une candidature communiste et seulement après l’examen dans le cadre local du meilleur candidat pour porter le rassemblement électoral de rupture avec le capitalisme.

C’est donc bien d’un débat stratégique que nous sommes acteurs.

Les uns, bien que battus dans leur parti par le débat démocratique, s’accrochent toujours plus ou moins discrétement à l’objectif de "mutation – disparition – liquidation" accélérées ; d’autres plus nombreux font leur, l’idée de maintien d’une organisation de type parti, d’appellation communiste, mais hésitent au nom d’une "modernité à géométrie variable" à plonger dans l’analyse concrète de la situation concrète d’exploitation et retombent bien vite dans toutes les solutions passées d’union pour l’union sans objectif de rupture définis. Ce positionnement conduit quel que soit le chemin à l’acceptation de l’effacement derrière le front gauche et parfois dans le cadre d’une confusion savamment entretenue derrière le parti de gauche.

Ces masques peuvent rapidement tomber, car il se reconstitue une force militante – majoritaire à la base, c’est du moins mon appréciation – remettant à partir de l’analyse critique les stratégies en échec d’union antérieures qu’il s’agisse de l’union de la gauche, de gauche plurielle, de Cuals antilibéraux et proposant d’innover dans le cadre ouvert par les luttes de résistance.

Ils résument leur proposition stratégique, en proposant de faire en sorte que la question de la transformation des rapports de production soit posée comme question centrale, ce qui implique rupture avec le mode de production capitaliste porteur de la crise anthropique que nous vivons en ce moment, et pose la question de l’existence d’un parti communiste français, populaire, de masse, organisé dans les luttes et toutes les élections.

Point d’illusions entre nous communistes français, si les liquidateurs pressés semblent battus dans le parti réel... ce qui n’est peut être pas le cas dans toutes les directions locales, départementales, nationales – il n’en est pas de même sur la deuxième question : celle du contenu révolutionnaire à donner à aux projets politiques du PCF en ce début de siècle, et de leur articulations avec des candidatures compatibles quelles que soient les consultations électorales.

C’est l’objet du débat actuel sur la candidature communiste ou issue du parti communiste aux présidentielles. Mélenchon c’est certain ne fait pas l’affaire, non en raison de défauts ou de qualités plus ou moins visibles, mais en raison des orientations qu’il défend avec son parti. Rappellons-nous de la mise en place de F. Mitterrand par la bourgeoisie et ses médias, ne revivons-nous pas les mêmes faits… la création d’un candidat compatible ?

D’ici le congrès de juin travaillons dans le respect de nos statuts à résoudre cette question de candidature car la vie concrête nous la pose.

Quel que soit le résultat nous savons qu’il nous faut créer les conditions nationales permettant de sortir de la course à l’émiettement communiste allègrement poursuivie depuis 20 ans. C’est elle entre autres qui nous a amenés au niveau d’étiage de 1,95 % aux présidentielles, seul le renouveau d’une force communiste rassemblée ouvrira la voie du succès dans les élections et dans les luttes. Tous les les communistes de France y aspirent.

Pas de victoire possible sans rassemblement populaire,

Pas de rassemblement populaire possible sans réunion de la force communiste

Pas de rassemblement de la force communiste française sans théorie et organisation communistes clairement identifiables dans les luttes et à chaque élection.

Paul Barbazange

Secrétaire de la section de Béziers,

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