A propos de la crise et de l’Euro

, par  Robert Brun , popularité : 2%
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Une intéressante demi journée "étude" s’est tenue à la section du PCF de Romans le 3 décembre dernier.

Elle a permis de mettre en perspective les différentes étapes qui ont conduit à la situation actuelle : recours massif au crédit dès la fin des années 70 ; loi de 1973 qui interdit l’accès direct de l’État à la banque de France ; Traité de Maastricht ; pacte de stabilité d’Amsterdam etc.

Toutes ces réformes ont fait passer la dette de la France de 44 milliards en 1978 à 1500 milliards en 2010. L’état devient la locomotive des marchés financiers.

Causes et conséquences ont aussi été abordées, ainsi que des réflexions pour
sortir de cette situation. C’est sur deux d’entre elles, sortir de la crise et l’euro
que je propose de poursuivre la réflexion.

Pour sortir de la crise le Parti et son secteur économique proposent des mesures, notamment : permettre à la Banque Centrale Européenne de prêter directement aux états à des taux bas, voire nuls ; la mise en place d’un pôle publique bancaire alimenté par des fonds récupérés sur les dégrèvements de cotisations sociales patronales, pour financer l’investissement, l’emploi et la formation, en particulier dans les PME-PMI ; des droits nouveaux pour les salariés et une bataille idéologique active.

Manque à ces propositions à mon avis, la possibilité pour chaque pays Européen
de pouvoir mettre en œuvre ses propres choix en fonction de ses propres intérêts.

Autrement dit, pourquoi faut-il que ce soit la banque centrale européenne et non la banque nationale qui prête à l’état pour financer une politique qu’il peut décider sous le seul contrôle de son peuple ?

D’autre part, tous les pays développés ont approuvé le consensus de Washington, c’est à dire la mise en œuvre du néo libéralisme dans leur pays comme sur toute la planète. A part chaque peuple, qui peut mettre en échec cette stratégie ?

Et cela n’est pas exclusif des coopérations en Europe et dans le Monde. Personne ne conteste les réalisations de l’accélérateur de particules à Genève, de la fusée Ariane ou de l’Airbus qui sont des coopérations engagées avant le traité de Maastricht par des pays libres de s’y engager ou pas.

Enfin depuis 30 ans nous dénonçons la crise, les crises et nous nous évertuons à trouver des solutions pour en sortir, mais ces crises récurrentes sont les
conséquences des politiques qui ont été mises en œuvres depuis le début des
années 1970. Demain ce sera la crise de l’alimentation, la crise de l’eau, la crise de l’énergie etc.

Peut-on sortir des crises sans sortir du capitalisme ? N’est il pas temps de poser
l’issue des crises de cette manière ?

Changer la logique du système, c’est changer le système. Cela suppose un niveau élevé du rapport des forces idéologiques, politique et sociale.

La monnaie unique est elle devenue indépassable ? C’est pour l’instant l’opinion du parti, discutons !

L’euro est une des monnaies importantes de la planète, mais elle est celle qui est dans l’œil du cyclone de la crise, pourquoi ?

Parce qu’il est une monnaie unique qui contraint les pays membres à une
concurrence sans protection, ce qui entraine un dumping social et des
délocalisations sans limite. Cela affaiblit le marché intérieur et les capacités
productives de chaque pays.

Parce qu’il interdit aux pays membres de se financer auprès de leur banque centrale, ce qui les laisse désarmés devant les marchés financiers et la spéculation. La Grande Bretagne ou le Japon ont aussi une dette élevée, mais ils peuvent créer de la monnaie, ils ont les moyens de négocier avec les marchés financiers et d’obtenir des taux d’intérêts de 1 à 2%.

Parce que les ressources et le niveau de développement de chaque pays membre sont différents et supposent des politiques monétaires adaptées à chaque situation.

Parce que l’euro est une monnaie de domination de l’Allemagne sur les autres pays de la zone euro, un Mark avec un autre nom.

Germanophobie ? Certainement pas, il s’agit de faits. Jamais l’économie Allemande n’a autant dominé les pays membres de la zone euro que depuis la création de l’euro.

L’Allemagne a aussi un marché intérieur atone, mais elle tient grâce à la pénétration des marchés des autres pays de la zone, de plus elle utilise largement la main-d’œuvre des pays de l’Europe de l’Est et dans la division Européenne du travail, elle a des productions à haute valeur ajoutée qui lui assure une balance des paiements excédentaires.

La sortie de l’euro comme monnaie unique est elle possible ?

Certains économistes pensent que non, ils pronostiquent une dévaluation de 25%, avec une dette contractée en euro, donc à rembourser en euros ce qui alourdirait sensiblement le poids de la dette.

D’autres économistes pensent que c’est possible à condition de contrôler les capitaux, de modifier les règles jurisprudentielles, de contrôler les marges et les circuits financiers, alors que conserver une monnaie unique se traduirait par un surcroit d’austérité, une faible croissance et la poursuite de la désindustrialisation.

Notons que les pays Latino-Américains de l’Alba ont crée une monnaie commune, pas une monnaie unique.

Quoi qu’il en soit, rester dans un système de domination ne peut pas être une
perspective et si nous avons le rapport des forces pour imposer un autre
fonctionnement de l’euro et de la banque centrale Européenne pourquoi ne pas
mettre le système à l’endroit en permettant à chaque pays d’avoir les moyens de sa politique, ce qui n’interdit pas au contraire toutes les coopérations utiles.

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