Vivement la gauche ou le coup de force de quelques dirigeants !

, par  Marie-Christine Burricand , popularité : 3%
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Nous l’avons bien compris : Pierre Laurent ne veut pas d’un candidat communiste. Contraint de reculer au Conseil national, il lance une pétition intitulée "Vivement la gauche".
Premières réactions de militants.

Une première analyse de notre camarade Robert Brun de la Drôme

"Je croyais que le conseil national des 24 et 25 Septembre avait décidé de soumettre aux communistes trois questions dont celle que porte la direction du parti depuis le début, l’union de la gauche, ou le soutien à JL.Mélenchon, ou une candidature communiste, pour décision le 5 Novembre.

L’humanité de ce jour nous annonce que les communistes lancent une pétition intitulée " 2017, vivement la gauche" et que dans la foulée Pierre Laurent écrit aux personnalités de la gauche dite "alternative".

Les communistes ont il déjà décidé, ou leur opinion n’a aucune importance ?

N’est ce pas leur choix qui ouvre la possibilité de nouvelles initiatives sur l’option retenue ?

Aurons nous encore un exécutif le 6 Novembre si ce n’est pas son choix qui est retenu ?

Cela devient une habitude dans le parti que les directions s’émancipent de la démocratie !

Au lendemain de la réunion des secrétaires de section de Décembre 2007, la direction a fait l’inverse de l’opinion des participants.

La réunion des secrétaires de sections de l’automne 2015 n’a débouché sur rien de probant et maintenant ces initiatives avant même l’échéance
de décisions des communistes !!

Est ce ainsi qu’il faut comprendre le parti communiste du 21° siècle ?

Sur le fond, l’émancipation des travailleurs viendra t’elle de l’union de la gauche incapable depuis 100 ans d’ouvrir une alternative ou viendra t’elle des travailleurs eux même ?

Marie-Christine Burricand a été contactée en tant que Conseillère métropolitaine (C’est bien la première fois que la direction nationale s’adresse à moi à ce titre !)
Voilà le mail d’Isabelle de Almeida et ma réponse :

Bonjour,

Pierre Laurent vient de lancer un appel pour 2017 dont je vous communique le texte.
Nous voulons en faire une grande pétition populaire, car il est temps que les électeurs de gauche se mêlent de cette affaire pour que la raison l’emporte sur les ego.
Je vous propose de signer la pétition et de la faire circuler à d’autres qui seraient susceptibles de la signer.

Bien à vous,
Isabelle De Almeida

Bonsoir,
je crois qu’avant d’avoir un problème d’égo, nous avons un problème politique. La défiance envers la gauche et globalement envers tous ceux qui ont gouverné ces 20 dernières années est énorme. Le titre de cette pétition est complètement décalé de ce que pensent les citoyens qui ne peuvent entendre dans leur masse un appel du type "Vivement la gauche". car il faudrait dire "Vivement la sociale", vivement le pouvoir au peuple", " Vivement des salaires décents"...
Surtout cette pétition s’assoit sur les 3 choix proposées par le Conseil National pour n’en porter qu’un, l’attente d’après la primaire du PS.
Je ne la signerai donc pas et comme beaucoup d’autres camarades, je vais continuer de m’engager pour la décision d’une candidature communiste.
Décidément, notre direction ne tire aucune leçon des échecs aux municipales et aux régionales.
Fraternellement
Marie-Christine Burricand

Ensuite, celle de Pierre Alain Millet, contacté lui aussi comme conseiller de la Métropole de Lyon :

Au moment où notre peuple souffre comme jamais de l’impasse d’une gauche incapable de " changer la vie" et même devenue la représentante la plus servile des oligarchies, impasse dont nous portons une responsabilité si grande en ayant enfermé le parti communiste dans l’électoralisme, cet appel est une faute historique, une de plus, qui révèle l’incapacité de la direction du PCF à parler du choix communiste, à parler d’un engagement révolutionnaire.

Le conseil national avait proposé aux communistes trois choix pour préparer la conférence nationale et devait organiser un appel à candidature. mais la direction nationale n’a que seul objectif, empêcher que les communistes ne choisissent une candidature communiste.

Ce serait pourtant le seul choix qui préserve la possibilité d’existence du parti communiste. ..

Il ne lui restera plus après les présidentielles quà organiser, enfin diront certains, le congrès de la dissolution.

Un communiste en colère qui ressent le terrible rejet populaire de la gauche, rejet dont se nourrissent droite et FN et l’urgence de dire au peuple qu’une issue progressiste existe, et qu’elle suppose un grand parti communiste.

Un élu qui mesure à quel point il est possible de faire vivre une expression pleinement communiste, en rupture avec l’histoire de l’union de la gauche, porteuse d’un rassemblement plus large, plus populaire, plus militant et citoyen, et donc à quel point la direction nationale est coupable de ce renoncement au communisme.

Pam

Une réaction de Gilbert Rémond

"Vivement la gauche" dit tout de la dégénérescence de la direction actuelle et son installation dans l’imaginaire petit bourgeois parisien . Une fois de plus la communication est passé par là. Elle donne une suite paresseuses et oisive à cette autre perle de l’agite prop boboïsé qu’était "l’humain d’abord", cette sorte de villégiature nonchalante et infructueuse menée loin des bords de la société de classes ou les bons sentiments remplacent mollement, la réalité plus triviale et sanglante de la lutte des classes menée par ceux qui possèdent les moyens de production et d’échange.

Vivement la gauche est une sorte de reprise positiviste du mot d’ordre Mitterrandien "au secoure la droite revient". Vous remarquerez au passage que la force du message ne nous en a absolument pas protégé, et qu’au contraire celle-ci pouvait revenir tranquille fignoler le boulot commencé par la gauche réaliste, pendant que" le peuple de gauche" se faisait des frayeurs a bon compte en regardant ce nanar catastrophique. C’est aussi et surtout une espèce de référence subliminale au" vivement dimanche" de François Truffaut, à son dernier film noir, tourné en noir et blanc. Nous avons perdu nos couleurs !

Vivement dimanche ce serait donc notre espoirs et notre horizon, ce serait ce jour en noir et blanc, réservé au repos dominicale et à la prière. Voila "la gauche" en place du dimanche, transformée en valeur eschatologique, en une fin de non recevoir en sommes, une pause tout au plus dans le sociétale, une sorte de rêverie sur le droit à la paresse une fois par semaine. Voila notre attente et sa vision transformés en petit complément pour le renouvellement de la force de travail, mais pas trop, et surtout sans aucune revendication d’un droit de sortie du système et de son mode de production bourgeois.

La direction nous dit sans détour par cette référence inconsciente qu’elle n’a que faire des six jours de travail de la semaine qu’elle laisse au patrons, seule l’intéresse cette unique journée dédié a la célébration du seigneur avant la séparation de l’église et de l’état, qu’un compromis avec la fraction laïcarde de la bourgeoisie transformait en jour de repos pour les classes populaire. Alors oui quand il prenait le turbin, le prolos disait "vivement dimanche", mais c’était un vis sans fin qui tournait et le ramenait a sa case départ, car le dimanche était toujours suivit d’un lundi et des autres jours de chagrin. Est-ce donc là notre destin ? Le chagrin pendant qu’une minorité continuera son opulence dans l’omnipotence !

Autrefois nous préférions dire "vive le communisme" "vive le socialisme" et" la dictature du prolétariat", cela n’empêchait pas d’aller au boulot le lundi matin mais au moins nous avions cette lueur qui transcendait les journées et leur donnait un horizon, sachant qu’ailleurs d’autres travailleurs avaient cet ouvrage a cœur. Il nous faut vraiment trouver une autre volonté avec une candidature communiste sur un programme de rupture et de lutte et mettre sur la touche ces naufrageurs.

C’est la première fois au PCF qu’un dirigeant passe ainsi outre les décisions du Conseil National et le débat dans le parti.Ce choix témoigne que ce dirigeant ne croit plus en son parti et reste prisonnier d’une conception ancienne de l’Union de la gauche.

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