Réforme des retraites : l’escroquerie politique Un frère peut en cacher un autre, Une retraite peut en cacher une aut

, par  André Gerin , popularité : 1%

En brandissant une photo montage des deux frères Sarkozy sous leur slogan des présidentielles "ensemble, tout est possible", et en soulignant la convergence entre l’action de Nicolas S., imposant la réforme des retraites pour faire baisser les pensions, et l’action de Guillaume S., négociant pour son entreprise Mederic avec la caisse des dépôts et consignations pour développer la retraite par capitalisation, André Gerin a vu juste.

Repris dans le tract diffusé dans la manifestation du 28, il faisait un tabac avec son lot de slogans sur les deux frères.

En vidéo, en article ou en panneau brandis dans les manifestations du 28, l’information connue de quelques uns est devenu un des éléments clefs de la suite du mouvement social.

les faits

Malakoff Médéric existe depuis 2008 et est devenu le premier groupe privé investi dans la protection sociale et tout particulièrement dans les assurances complémentaires (retraites et autres) en France. Son chiffre d’affaires s’élève à 3 milliards d’euros.

Il est dirigé par Guillaume Sarkozy, frère du Président de la République et ancien dirigeant du Medef.

Les réformes des retraites qui se succèdent depuis 1993 lui ont fait percevoir qu’un énorme marché allait être à conquérir.

La réforme Sarkozy-Woerth ouvre plus grandes encore les portes à des retraites complémentaires par capitalisation (art. 32 de la loi).

Malakoff Médéric a procédé à des études qui font apparaître que le pouvoir d’achat des retraités pourrait diminuer, en quelques années, de 8 %, la différence ne cessant de s’accroître entre le montant des pensions et le niveau des salaires antérieurs lorsque le salarié était en activité.

Cette situation poussera ce dernier à chercher des revenus complémentaires et à cotiser en vue d’une retraite complémentaire par capitalisation.

Guillaume Sarkozy estime entre 40 à 110 milliards d’euros le montant des sommes à engager. Il table sur la mise en cause progressive de la retraite par répartition au profit de la capitalisation.

C’est ainsi qu’il a conclu un accord avec la Caisse des dépôts et consignations, le bras armé financier de l’Etat, ainsi qu’avec sa filiale, la caisse nationale de prévoyance (CNP) dirigée par François Perol, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, pour constituer une entreprise qui verra le jour le 1er janvier 2011, intitulé Sevriena destinée à capter ce marché juteux.

Rien de tout cela n’aurait été possible sans l’aval de l’Elysée. Voilà qui éclaire les raisons profondes de la réforme des retraites : démolir pas à pas le système par répartition au profit d’une capitalisation qui garantira un magot juteux pour les assurances

André Gerin

l’intervention du député communiste à l’assemblée


Incident à l’Assemblée à cause de... Guillaume Sarkozy

Monsieur le Président,

Madame la député, Monsieur le député, chers collègues,

Ma question s’adresse à monsieur le Premier ministre,

Il faudra bien vous faire une raison : votre réforme des retraites est condamnée très majoritairement par nos concitoyens. Le mécontentement, l’exaspération sont à leur comble.

Etant présent chaque jour à la raffinerie de Feyzin, je peux vous dire que vous n’en avez pas fini avec le mouvement social.

Les Français ont compris que votre projet était injuste. C’est aussi une escroquerie politique.

Une retraite peut en cacher une autre. La retraite par répartition cache la retraite par capitalisation.

L’article 32, c’est de la dynamite contre la retraite par répartition, une modification profonde de la réglementation de l’épargne retraite qui ouvre un marché de 40 à 100 milliards d’euros avec les compliments de Parisot et de l’UIMM. Bingo pour les assureurs et pour les banques.

Voilà la vérité, avec une intrigue à la clé.

Car un homme peut en cacher un autre.

Tablant sur une baisse de 8 % des retraites, Guillaume Sarkozy, le frère du président de la République, veut s’occuper de ce pactole avec le groupe Malakoff Médéric et la Caisse des dépôts et consignation, dès le 1er janvier 2011.

Or la CDC gère le fonds de réserve des retraites par répartition.

Le gouvernement a-t-il décidé de mettre la CDC au service de la capitalisation ? Si c’est oui, le voile est levé sur vos intentions réelles.

Votre loi est bien une escroquerie. C’est la lutte des clans : ensemble tout devient possible.

Réponse de M. Georges TRON, secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les députés,

Monsieur le Député André Gerin,

Vous me conduisez simplement, en entendant vos propos, à me rappeler que en 1993, j’ai entendu les mêmes lorsque le gouvernement d’Edouard Balladur a pris ses responsabilités pour sauver le système des retraites. En 2003, j’ai entendu les mêmes lorsque François Fillon a conduit, avec Jean-Paul Delevoye, la réforme des retraites. Et puis, monsieur le député, en 2007-2008 j’ai entendu une 3ème fois les mêmes lorsque Xavier Bertrand a mené lui également une réforme des retraites.

Alors monsieur le député, dans la mesure où vous accordez un tant soit peu d’intérêt à la réponse à la question…

(André Gerin brandit une photo qui représente Nicolas Sarkozy et son frère, Guillaume Sarkozy, sous le mot d’ordre de la campagne UMP à l’élection présidentielle : "Ensemble, tout est possible")

…Le président de l’Assemblée nationale suspend alors la séance... ce qui évite au ministre de répondre à la question posée.

ci-joint un article du point sur cet incident à l’assemblée

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