Les FARC-EP réitèrent leur proposition de créer un groupe de pays amis du processus de paix Eliecer Jimenez Julio, journaliste colombien, Parti communiste colombien

, par  Alfonso Jijuel , popularité : 2%

"L’Europe doit retirer les FARC-EP de la liste des organisations terroristes et arrêter de vendre des armes au régime colombien", commandant Andrés Paris.

Par Eliecer Jiménez Julio (Suisse) et José Antonio Gutiérrez (Ireland) pour PCFrançais

Lors d’une interview exclusive pour les pays européens, le chef de presse de la délégation de Paix des FARC-EP à la Havane, le commandant Andrés Paris a expliqué de manière synthétique où en sont les dialogues de paix avec le gouvernement colombien et quelques thèmes intéressants pour lesquels l’UE pourrait avoir une incidence à l’avenir. Nous reproduisons textuellement l’interview :

Eliecer Jiménez Julio/José Antonio Gutierrez : 1. Pour un européen qui n’est que moyennement intéressé par les questions liées au conflit et aux dialogues de paix dans notre pays, pourriez-vous résumer comment s’est déroulé jusqu’à présent le processus et de combien a-t-on déjà avancé vers un accord de paix en Colombie ?

Andrés Paris/FARC-EP :


Si nous comparons avec les expériences antérieures, les négociations progressent à un bon rythme. Nous avons fini le premier sujet – le thème agraire –bien que nous ayons laissé quelques points stratégiques en suspens et nous négocions pour le moment le deuxième sujet qui traite de la participation politique. Nous l’abordons avec en ligne de mire la REFORME POLITIQUE STRUCTURELLE qui vise à donner plus de démocratie et des garanties, à commencer par la garantie de rester en vie. Il y a une pression médiatique qui est menée par les stratèges du gouvernement pour PUNIR LA GUERRILLA AVEC LE LASSO DU TEMPS. Mais ce qui se cache plutôt ce sont des intérêts électoraux des forces politiques de l’Etat, du régime. La plus grande difficulté pour obtenir un accord ne réside pas en la vitesse avec laquelle on mène le processus de paix, elle est dans le fait de croire qu’on peut obtenir la paix sans rien changer dans le pays et prétendre qu’une guérilla révolutionnaire se rende face à un supposé fétiche constitutionnel. Il doit y avoir des réformes de fond dans les aspects économiques, politiques et sociaux.

2. Etes-vous satisfaits de l’appui que l’Union Européenne a donné aux dialogues et comment se sont traduits ses appuis ou, au contraire, vous croyez que l’UE est tiède et que de plus amples mesures sont nécessaire de sa part ? Si c’est le cas, que doit-elle faire concrètement ?

Andrés Paris/FARC-EP :


L’Europe et plusieurs pays qui en font partie ont appuyé le processus de paix et cela est positif. Il s’agit maintenant de retirer les FARC-EP de la liste des organisations terroristes et d’arrêter de vendre des armes au régime colombien.

3. S’il fallait renforcer la médiation et rechercher des appuis d’autres gouvernements européens pour consolider les dialogues actuels, avez-vous pensé à la nécessité de solliciter la participation d’autres pays comme la Suisse, l’Irlande ou même la Suède ou n’importe quel autre pays ?

Andrés Paris/FARC-EP :


L’accord est ouvert pour qu’à l’avenir d’autres pays puissent s’y intégrer. Nous avons proposé de créer un groupe de pays amis du processus.

4. Le gouvernement irlandais a répété qu’il est prêt à collaborer, à partager son expérience sur la manière avec laquelle il a pu obtenir l’accord qui a permis de mettre un terme à la guerre qu’ils ont vécu. A quel point cette proposition vous intéresse-t-elle et jusqu’à quel point l’expérience irlandaise est-elle valable pour que vous puissiez utiliser ses aspects positifs ?

Andrés Paris/FARC-EP :


Nous avons parlé avec des délégations d’Irlande qui rassemblaient des membres des deux parties qui ont signé les accords. Et nous avons demandé qu’elles parlent avec le gouvernement national pour qu’il comprenne que signer la paix implique de réaliser des changements et des réformes. C’est ce qui est normal dans tout processus de paix. Le gouvernement de Colombie veut une paix gratuite, une paix express.

La Colombie et ses dirigeants sont encore coincés au XIXe siècle en matière de réformes agraires quand en Irlande, ces réformes ont été faites il y a 200 ans. Çà c’est la différence entre les deux processus : celui qui s’est terminé avec succès en Irlande et celui de Colombie qui on l’espère pourra ouvrir les portes du XXe siècle à notre pays. Car le synchroniser avec le XXIe siècle, il s’agit de la tâche qui nous incombe à nous révolutionnaires dans un nouveau gouvernement qui surgisse d’une alliance de la gauche lors du prochain débat électoral.

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