Ecologie et Capitalisme : Temps longs contre profit immédiat

, par  pam

Le 17 septembre 2019 à 07:55, par pam En réponse à : Ecologie et Capitalisme : Temps longs contre profit immédiat

le débat a entre autres porté sur une idée que les communistes connaissent bien, faut-il changer les comportements pour changer la société ou l’inverse ?... et sans beaucoup de dialectique, tout le monde répond « il faut changer les comportements sinon rien n’est possible ».

Jean-Marc Jancovici a une approche rationnelle du problème et insiste sur le besoin de ne pas confondre les faits et les opinions, dit assez justement qu’il ne suffira pas de « faire payer les riches », ce qu’un communiste sait bien, le problème n’est pas de prendre les fortunes existantes des riches, mais de leur prendre leur pouvoir que le capital leur donne sur les entreprises, donc sur les décisions d’investissements, de production, de localisation... Un riche pêrdra vite sa fortune s’il ne peut plus la nourrir en prélevant sa part des profits !

Mais cette approche rationnelle le conduit à considérer qu’il faut que les gens changent de comportement. Il est prêt pour ce qui le concerne à faire beaucoup, à payer plus, mais tout le monde doit passer à la casserole, et donc le changement de mentalité est nécessaire à tout changement de société !

Les communistes savent que les comportements individuels sont un enjeu, mais ils savent aussi que les idées dominantes sont toujours celles de la classe dominante, et donc que sans « révolution », les tentatives de changement locaux sont vouées à l’échec... Il y a de multiples exemples dans l’économie sociale et solidaire de structures qui, contraintes à se rentabiliser dans un marché concurrentiel, reprenne les pratiques de l’économie privée... voir l’histoire du rachat puis de la fermeture du site Brandt de Lyon par la SCOP espagnole

Donc l’effort politique pour faire bouger les consciences doit porter en priorité sur la nécessité du changement de société, poser donc la question de qui dirige l’état, même si on sait que la longue construction d’une autre société devra faire bouger les comportements individuels et collectifs. C’est pourquoi les associations écologistes qui donnent le sentiment qu’on a tout fait parcequ’on est inscrit dans une AMAP, qu’on fabrique son dentifrice, et qu’on recoud ses vêtements dans un atelier partagé emmène dans une impasse, car à la limite, on démontre même que la question de l’état ne se pose pas.
Ces activités ont un grand intérêt pédagogique, si elles sont le support de batailles idéologiques pour mettre en cause l’organisation de l’état, si on ne les présente pas comme des contre-sociétés, mais comme des laboratoires expérimentant ce qui sera possible demain à grande échelle, sachant que souvent, le passage à l’échelle supposera de transformer considérablement ces expériences...

Se concentrer sur les comportements conduit à l’enfermement dans les solutions locales et immédiates et donc pousse tout droit au renoncement à changer la société.

C’est un vieux sujet, des anciens du Larzac aux néoruraux actuels, chacun choisit sa vie et pourquoi pas faire du fromage de chèvre en ardèche, mais il ne faut alors pas prétendre vouloir s’attaquer au capitalisme !

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