Retrouver un état d’esprit subversif... Réflexions pour des perspectives communistes

, par  Aimé Couquet, Paul Barbazange , popularité : 2%
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Il est temps de retrouver un état d’esprit subversif. Réflexions pour des perspectives communistes

Point d’appui pour nos candidats aux cantonales, à la présidentielle, aux législatives, point d’appui pour chacun des militants dans l’ensemble des luttes revendicatives et politiques.

En ce début d’année 2011, nous constatons un fait incontournable : une majorité de Français veut une autre politique. Chaque sondage d’opinion le confirme. Une volonté d’autant plus forte que l’automne revendicatif que nous venons de vivre a servi entr’autre à démontrer d’une manière éclatante la collusion de ce pouvoir avec les puissances d’argent. L’affaire Woerth-Bettencourt est sans doute celle qui fait le plus de dégâts pour la droite dans l’opinion publique. Cette affaire a exposé au grand jour la réalité d’un certain nombre de mesures comme le bouclier fiscal à 50 %.

Alors que les français sont sommés de se serrer la ceinture, d’accepter des sacrifices en matière de salaire, des régressions sur le plan des conditions de travail, ils ont découvert qu’une des premières des fortunes de France qui se goinfre déjà de quelques 280 millions d’euros par an sans avoir à lever le petit doigt, avait reçu de l’État au titre du bouclier fiscal près de 100 millions d’euros en trois ans. On comprend mieux pourquoi cette dame n’a pas hésité à mettre la main à la poche pour financer l’UMP.

Pour peu qu’ils y soient aidés par des militants agissant sur des positions de classe, les français font le rapprochement entre la réalité du vécu du plus grand nombre : le train de hausse du premier janvier sur les besoins de première nécessité (Assurances, mutuelles, gaz et électricité, déremboursements de médicaments, forfait hospitalier...etc) et le fait que les actionnaires du CAC 40 vont se partager pour 2010, 43 milliards d’euros, soit 13% de plus qu’en 2009 !

Le vécu de la crise n’est pas le même pour exploiteurs et exploités. Nous ne serons jamais assez nombreux à le souligner.

Si bien que, le chef de l’État, Nicolas Sarkozy, concentre sur sa personne le rejet des français comme aucun Président de la République avant lui. Dans ce domaine aussi chaque sondage d’opinion confirme le précédent. Et pourtant, il continue car « c’est la crise de rentabilité du capital qui contraint le pouvoir à aller vite, très vite dans les sacrifices, quitte à hypothéquer l’avenir de Sarkozy ». Nous connaissons le même scénario dans les autres pays européens qu’ils soient dirigés par des gouvernements de droite ou socialistes.

Populisme de droite ou de gauche, récupération par l’extrême droite sont des risques dans l’actualité. Ce n’est jamais spontanément que naîtront et grandiront les perspectives et le chemin de la rupture nécessaire avec le mode de production capitaliste. En matière de politique comme dans celui de l’idéologie nous avons besoin de constructeurs communistes.

Colère et exaspération sont les sentiments qui dominent, la résignation semble reculer. Pourtant rien n’est certain quant à la traduction politique de cet état d’esprit. Car au delà des grandes campagnes unitaires que nous devons mener contre les différents types de projets mortifères : retraites, éducation nationale, collectivités territoriales, institutions, santé... etc, il n’y a pas un secteur qui ne soit pas touché. Les institutions républicaines pourtant plus que centenaires dans leurs fondements sont aujourd’hui profondément perverties, elles constituent un obstacle majeur, elles doivent être modifiées dans une perspective révolutionnaire.

Nous devons intervenir politiquement.

En 2007, la section de Béziers avait adopté un texte intitulé (peut-être sans modestie) : « Le communisme est l’avenir de l’homme ». Manque de modestie, car nous ne considérons pas avoir le monopole de la lutte pour la transformation de la société. Nous entendons y contribuer avec tous ceux qui y ont intérêt, à égalité de devoir et de droit, et en tirant les leçons des erreurs commises.

Ce texte contenait plusieurs idées à développer, les principales ont gardé trois ans plus tard en pleine résistance populaire à une crise majeure du capitalisme toute leur actualité :

- La concentration capitaliste supranationale et le gigantisme des fortunes privées portent toute la responsabilité de la fracture sociale, en France et dans tous les pays de la planète. Ce sont les sociétés supranationales et leurs valets gouvernementaux qui sont responsables de la mise en cause du salaire et des retraites, de la destruction de la sécurité sociale et de la couverture de santé, des coups portés à l’éducation nationale et à la recherche, de la catastrophe des banlieues et de la désertification de la ruralité.
Dénoncer sans relâche les méfaits et l’impasse capitaliste est la première des tâches des communistes,

- Au delà de la droite, il y a aussi le naufrage de la pensée sociale-démocrate qui depuis un siècle n’a cessé de prédire que la paix sociale descendrait sur terre grâce à la concentration capitaliste, et que le « socialisme » surviendrait de lui-même par le développement spontané et mécanique du capitalisme. C’est le contraire qui s’est produit. La voie de la libération de l’exploitation capitaliste n’est donc pas là. Elle n’est pas non plus dans une solution qui écarterait les travailleurs et la grande majorité du peuple de la souveraineté sur l’outil de travail et de toutes les activités dont ils ont besoin. C’est ce qui ressort des expériences de l’ex-Union Soviétique et de l’Union de la Gauche en France.
Dénoncer toutes les impasses social démocrates et revenir sans cesse sur la conquête d’une participation toujours plus active des salariés aux affaires est la deuxième des tâches déterminante des communistes,

- Nous avons confiance en l’avenir, et dans les capacités combatives que recèlent les forces unies des travailleurs et des peuples. La solution est là. Elle est dans le mouvement de classe et de masse qui se révélera dès lors que la vérité éclatera sur ce qu’est devenu le mouvement interne, meurtrier et destructeur du capitalisme. C’est cela qui rendra possible le rassemblement de toutes les victimes qui sont l’immense majorité du peuple. C’est cela qui engendrera la mobilisation autour d’objectifs conduisant à la libération de la servitude capitaliste, et à son remplacement par la société autogestionnaire qui seule apportera l’épanouissement social de l’homme vers le communisme.
La construction d’un processus continu de rupture avec le capitalisme est la troisième tâche communiste.

Les travaux pratiques dans les luttes et les élections tiennent aux réflexions théoriques des paragraphes précédents. Sur les retraites par exemple, seule la démarche permettant d’associer l’action à la réflexion sur la question du travail et de la production, du capital, a permis d’éviter d’être endormis par l’allongement de l’espérance de vie. A voir la misère se répandre sur les trottoirs de nos villes et au fin fond des banlieues dans les nouveaux bidonvilles, on peut malheureusement craindre un renversement de tendance. Nous vivons un modèle de société à bout de course. Et si le capitalisme avait fait son temps ?

Pour redonner des perspectives communistes, il faut prendre des décisions de caractère révolutionnaire, retrouver l’esprit de la nuit du 4 août et de l’abolition des privilèges. Il faut abolir les privilèges de la finance et retrouver le sens de l’intérêt général, le sens du travail vivant. Dès lors, il faut bien se poser la question de la mise en cause de la propriété privée des moyens de production, des secteurs de la banque et de la finance, du commercial et de la communication.

Notre pays peut d’autant plus retrouver le chemin qui valorise le travail, sans attendre et sans s’abriter derrière le parapluie européen, que l’Allemagne a pris le parti du défi industriel. Cette question de l’activité productive seule créatrice de valeur grâce au travail humain est centrale.

Notre pays ne restera une grande nation qu’au travers de la reconstruction de ses capacités productives. Il ne s’agit pas de moraliser le capitalisme mais de mettre le capital au travail. Au début de ce XXIème siècle, il est plus que jamais d’actualité de renverser la dialectique capital/travail en faveur du second. C’est la seule façon économiquement pertinente de mettre un terme aux agissements antisociaux, antinationaux, inhumains des spéculateurs. Il est bien temps de retrouver un état d’esprit subversif.

L’enjeu politique, idéologique, philosophique, c’est de construire une société nouvelle basée sur la coopération, l’entraide, l’intérêt mutuel : le communisme.
De la nation à l’internationalisme : « Peuples de tous les pays unissez-vous ! » Le prolétariat, les peuples du monde doivent aller à la conquête des pouvoirs, jusqu’au pouvoir politique pour porter les communautés d’intérêt, l’intérêt général, l’écologie planétaire, la justice sociale, le promotion de l’homme et la protection de son intégrité de personne.

Plus encore qu’au siècle précédent avec l’accélération de la mondialisation capitaliste, les communistes et les progressistes du monde entier ont besoin d’une Internationale. Communistes et progressistes agissant pour l’éradication du capitalisme pourront y apporter leurs expériences et y puiser énergie. Sa reconstruction est une tâche indispensable.

« Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! », le slogan n’a pas pris une ride. C’est le mot d’ordre final du manifeste de Marx et Engels, écrit en 1848. Ce fut le mot d’ordre du congrès de Tours qui donna naissance au Parti Communiste Français, il y a 90 ans.

La pensée et la subversion communistes sont plus actuelles que jamais.

Avec tous les communistes, dans leur grande diversité, organisés ou à réorganiser dans leur parti de classe, avec les candidats communistes à toutes les élections, avec le parti communiste dans la préparation de son 36ème congrès, avec le peuple français dans ses luttes de résistance et de conquêtes

Que vive la lutte des classes

Que vive l’union des exploités pour en finir avec l’exploitation.

Aimé Couquet,

Paul Barbazange,

sur la base du travail collectif de la section de Béziers.

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