negaWatt, un scénario capitaliste antisocial

, par  Pierre-Alain , popularité : 9%

L’envolée des prix de l’énergie dans le contexte de la présidentielle produit un débat vif sur la transition énergétique, son coût et son impact social, son orientation future.

Le dernier rapport du GIEC confirme l’urgence climatique et nous rappelle à quel point c’est d’abord un enjeu mondial. Sur ce point Macron n’a pas tort, l’avenir de la planète ne se joue pas en France, mais en Russie, USA, Chine, Inde, et pour l’Europe en Allemagne ou en Pologne, les principaux pays consommateurs de charbon ! Pour la France, malgré la baisse de ses émissions carbonées, notre impact carbone est en hausse à cause des importations ! Sauf que pour réindustrialiser la France, on ne peut compter ni sur la "startup nation" de Macron, ni sur une transition énergétique dont nous avons l’expérience cruelle dans la filière photovoltaïque comme éolienne !

La politique actuelle, notamment depuis le gouvernement PS-EELV de François Hollande, se caractérise au plan technologique par la limitation du nucléaire et le fort développement de l’éolien et du photovoltaïque, et au plan économique par les privatisations et déréglementations dans le cadre de la concurrence européenne. Ses promoteurs en veulent plus,. Toujours dans le cadre du marché, ils demandent la sortie du nucléaire et le "100% EnR" inspiré par le "scénario négawatt" lequel vient d’être remis à jour. Ce nom est surprenant. Le watt (et ses dérivés, kilowatt, megawatt) est l’unité de mesure le plus fréquemment utilisée pour la puissance électrique. Mais l’électricité ne représente que 23% de l’énergie totale en France et est déjà dé-carbonée !. Pour le climat, l’urgence est au contraire la réduction des énergies fossiles, ce que propose d’ailleurs un autre scénario, celui de l’association Sauvons le Climat, dénommé negaTep, pour réduire les énergies fossiles donc les "tonnes équivalent pétrole" [1].

Mais l’urgence pour certains, c’est la sortie du nucléaire, donc la limitation de l’électricité (d’où le nom "negaWatt" [2].). Pour pouvoir quand même sortir aussi des fossiles, cela impose des hypothèses irréalistes technologiquement, économiquement ou encore politiquement, hypothèses souvent joliment présentées derrière le terme poli de "sobriété".

L’hypothèse la plus radicale est de diviser par 2 la consommation d’énergie finale en 2050. Comment ? Plus d’efficacité bien sûr, mais une part importante vient de la "sobriété", autrement dit, la baisse des usages, et le scénario oublie toute vraie réindustrialisation de la France, laissant notre impact carbone résultant de nos importations. C’est là que le débat politique prend toute son importance. Qui décide de la légitimité des usages de l’énergie, et donc du niveau d’énergie nécessaire ?

La deuxième hypothèse fondatrice est que des innovations résoudront les problèmes d’intermittence et de stabilité d’un système électrique 100% EnR... Tout le monde sait qu’il n’y a pas de soleil la nuit, et parfois pas de vent, donc qu’il faut stocker d’énormes quantité d’énergies pour assurer la continuité de service. Sans nucléaire, tout ou presque repose sur les barrages, que le scénario negaWatt ne propose pas de développer [3]. Il fait le pari du développement des batteries, de l’hydrogène, du biogaz, sans démontrer la faisabilité des capacités de stockage gigantesques qui seraient nécessaires [4]

Mais le cadre politique le plus fondamental de ce scénario est bien que tout se passe dans un système capitaliste dirigé par le marché et la rentabilité privée des investissements. La logique économique de negaWatt, c’est celle de la taxe carbone et du signal prix. C’est une vérité dérangeante pour tous ceux qui se cachent derrière ce scénario à gauche. negaWatt est un scénario capitaliste et antisocial.

Prenons le temps de regarder quelques-unes des conséquences de ce scénario, sur nos déplacements, le logement, l’industrie, sur l’emploi...

Une sobriété imposée, inégale et régressive

Supprimer le nucléaire, c’est nécessairement réduire les consommations énergétiques. C’est la première leçon de ce scénario, les renouvelables ne pouvant pas remplacer le nucléaire avec le même niveau de consommation. Certes, les améliorations techniques réduisent les consommations énergétiques comme tout le monde le voit sur nos équipements ménagers. Mais ça ne peut pas suffire du tout à diviser par 2 nos consommations totales. Il faut donc moins se déplacer, moins se chauffer, occuper moins de surface, manger moins de viande... Et ce n’est pas du tout pour "le climat", non, c’est uniquement pour "sortir du nucléaire". C’est pourquoi negaWatt met en cause nos modes de vies, évidemment en nous promettant le bonheur comme tout discours politique :

La sobriété énergétique nous invite à questionner nos besoins, nos choix et habitudes de consommation, et plus globalement nos modes de vie. Loin des clichés comme le retour à la bougie, la sobriété peut être heureuse et conviviale, surtout lorsqu’elle s’inscrit dans une démarche d’équité et de partage des ressources.

negaWatt : diviser par deux la consommation totale d’énergie

Au total, la sobriété représente 30% de la réduction totale de l’énergie consommée.

Par exemple, le scénario negaWatt propose "une diminution des distances parcourues (télétravail, réduction des déplacements très longue distance)". L’énergie consommée dans les transports passerait de 600 à 200 TWh, la moitié venant de la réduction des déplacements. Oui, negaWatt vous demande de vous déplacer moins !

Mais qui décide de ce qui est doit être réduit, de qui est concerné ? Le scénario est muet sur les inégalités dans les déplacements, le logement, les consommations ! Et il est bien plus facile de laisser monter les prix des carburants que de limiter les gros SUV hybrides des catégories aisées ou même des hélicos privés de la côte d’azur ! Qui a le droit d’aller voir sa famille à l’étranger en avion ? Si c’est la hausse des prix qui pousse à réduire l’avion longue distance, alors c’est la double peine pour les familles populaires d’origines immigrées !

Pour le logement, negaWatt propose

"une diminution des surfaces neuves construites annuellement (résidentiel et tertiaire), au profit de la réhabilitation de bâtiments existants"

Mais son bilan est 37 millions de logements en 2050, autant qu’en 2020. Il suppose donc en fait de stopper la construction !

negaWatt : une forte réduction de la construction de logements

Mais il y a 2 millions de demandes de logement en France, 80 000 dans la métropole du Grand Lyon, dont 60% de personnes sans logement personnel ! negaWatt ose leur dire que leur besoin de logement n’est pas légitime car il ne rentre pas dans son bilan énergétique ?

Et quid de la terrible expérience du confinement qui conduit à réinterroger la baisse régulière des surfaces que la hausse prix du m2 impose ? Encore un exemple ou la "sobriété" negaWatt rejoint la "rigueur" capitaliste... Il faut réduire nos espaces de vies quand tant de familles rêvent de plus de places !

Un scénario énergétique progressiste devrait partir des besoins humains, du droit au logement, aux déplacements, aux loisirs, à l’échange, et chercher les solutions technologiques et économiques pour y répondre en sortant du carbone. negaWatt fait l’inverse, il veut imposer l’austérité pour adapter les modes de vies aux seules énergies renouvelables. Et comme toujours, ce seront les pauvres qui n’auront pas le choix. negaWatt est un scénario antisocial et régressif.

Oui ou non, réindustrialisation de la France ?

Depuis le raté de Jospin avouant face à la fermeture d’usine "je n’y peux rien", tous les gouvernements successifs lancent de grands "plans pour l’industrie", à coup de milliards de subvention. Aucun n’a inversé la désindustrialisation. Gérard Collomb le justifiait au nom de la "destruction créatrice", vous savez, cette théorie économique qui dit qu’il faut détruire l’ancien pour que le nouveau arrive. Emmanuel Macron nous promet la "startup nation" oubliant les nombreux exemples d’innovation française se terminant en rachat de brevet par un grand groupe US. Les promoteurs de la transition énergétique nous promettent des emplois non délocalisables en oubliant le terrible bilan des milliards dépensés pour le développement du marché du photovoltaïque qui a conduit... à la fin de l’industrie photovoltaïque française...

Alors, que nous propose negaWatt ?

Une diminution de la production d’acier, de ciment et de plastiques et de la consommation d’énergie, rendue possible par la baisse de la demande de différents secteurs (bâtiment, transports) ou produits (engrais, emballages, etc.)

La production française d’acier prévue par negaWatt passe de 15Mt en 2015 à 11Mt en 2050 ! Pourtant, on importe déjà 14Mt d’acier par an, sans compter le solde des échanges de produits fabriqués comportant de l’acier qui ajoute un déficit de 4Mt. Et negaWatt n’est qu’un exercice théorique pour justifier la baisse de la consommation énergétique sans tenir compte de la réalité industrielle... La sidérurgie française est totalement spécialisée dans le contexte de la mondialisation, elle exporte donc. Aucune transformation n’est possible sans retrouver une souveraineté technologique et économique qui supposera une forte augmentation de la production d’aciers répondant aux besoins de l’industrie nationale.

Au total, negaWatt impose à tout développement industriel une contrainte majeure, réduire la consommation d’énergie de l’industrie de 600TWh à 340TWh. Impossible pour negaWatt de s’aventurer à prévoir le niveau de production industrielle de la France en 2050 ! Si on voulait réindustrialiser le pays, notamment pour réduire notre impact carbone importé, alors il faudrait doubler la production industrielle, ce qui a technologie inchangée, conduirait à passer de 600TWh à 1200TWh. negaWatt repose donc sur d’hypothétiques innovations qui permettraient un gain d’un facteur 4 d’efficacité sur l’ensemble de l’industrie. Un pari technologique sans aucune justification réaliste et qui nous montre simplement qu’en réalité, negaWatt refuse la réindustrialisation.

D’ailleurs, negaWatt a bien conscience qu’il va conduire à de nouvelles et lourdes restructurations, fermetures de sites industriels, et suppressions d’emplois.

Bien sûr d’abord pour le nucléaire

Mettre en place des plans de reconversion professionnelle pour les salariés du secteur nucléaire, y compris les sous-traitants

Mais pas seulement !

Accompagner les transformations des secteurs les plus impactés, notamment en facilitant les mobilités entre secteurs. Financer par un fonds de transition juste les mobilités de secteurs, de métiers ainsi que les mobilités géographiques...

Et comme pour la destruction de la sidérurgie engagée par Mitterrand en 1983, il faut même organiser économiquement la destruction industrielle !

Créer une structure de défaisance, gérée paritairement, permettant d’accompagner les fins de vie des sites non pérennes.

Un scénario énergétique progressiste devrait partir de l’urgente nécessité de réindustrialiser la France, dans des coopérations internationales débarrassées de la domination des multinationales, et qui nous permettent de réduire le coût carbone de nos marchandises, donc notre impact carbone total. Il devrait donc permettre une augmentation de l’énergie consommée par une industrie décarbonée, en privilégiant l’électrification et la recherche sur les alternatives au charbon et au gaz.

Quel bilan pour l’emploi ?

Bien sûr, le discours général est vendeur :

L’évaluation économique et sociale du scénario négaWatt chiffre à plusieurs centaines de milliers la création nette d’emplois, pour la plupart non délocalisables. Mais ce résultat positif ne peut être atteint qu’au prix de mutations qui doivent être anticipées, discutées et accompagnées, que ce soit pour amortir les réductions d’emplois et les fermetures d’entreprises qui se produiront malgré les dynamiques de relocalisation, ou pour engager les investissements et accélérer le développement de nouvelles compétences afin de soutenir la croissance des secteurs moteurs de la transition énergétique.

Mais les exemples quantitatifs (peu nombreux !) montrent à quel point l’ambition n’est pas de supprimer le chômage ! Il y a 6 millions de demandeurs d’emplois en France. Que propose negaWatt ?
- 35 000 emplois dans le photovoltaïque
- 250 000 emplois dans la rénovation thermique
- 90 000 emplois dans les renouvelables

Le compte n’y est pas du tout !

35 000 emplois créés dans le photovoltaïque dont 5 000 dans l’industrie à la suite de la mise en service en 2023 d’une filière de production intégrée (de la cellule au module) de 2 GW/an de panneaux puis de son extension à 5 GW/an, ce qui permet à la France de couvrir son besoin en panneaux

À titre d’exemple, dans le scénario 2022 ce sont plus de 250 000 emplois supplémentaires qui peuvent être créés dès 2030 dans le secteur de la rénovation des bâtiments (300 000 en 2040), et près de 90 000 dans les énergies renouvelables (135 000 en 2040).

Un scénario énergétique progressiste devrait partir du principe d’une société de plein emploi, d’emplois qualifiés, diversifiés, dignes, respectés... Et donc en conclure qu’il faut de l’espace, de l’énergie, des transports pour ces emplois. Cela confortera la nécessité absolue d’une hausse des consommations énergétiques et donc l’exigence d’avoir d’autres énergies décarbonées que les seules renouvelables

Avec negaWatt, on ne sort pas du capitalisme

On peut se demander pourquoi negaWatt veut nous obliger à nous serrer la ceinture, à accepter un faible développement. C’est bien sûr la conséquence du postulat qu’il faut sortir du nucléaire, postulat qui n’a rien à voir avec le climat, au contraire, puisque, rappelons-le, le nucléaire est l’énergie la moins carbonée [5]. Mais c’est aussi la résultante d’un enfermement de ses concepteurs dans une économie marchande où les investissements sont décidés en fonction de leur rentabilité et où il faut donc des mesures fiscales, des taxes, des règles de consommation, pour orienter les investissements privés.

Les concepteurs de ce scénario ne peuvent mettre en cause la logique capitaliste. Par exemple, ils affirment bien sûr qu’il faut développer le fret ferroviaire.

Alors que les politiques publiques des vingt dernières années ont favorisé le fret routier au détriment du ferroviaire, l’État et les régions doivent s’engager à favoriser l’attractivité du ferroviaire.

Mais à aucun moment, ils ne font le lien avec la privatisation et l’éclatement de la SNCF ! Que veut dire "favoriser" l’attractivité ? Subventionner ? Défiscaliser ? Taxer ? Il y a pourtant une réponse politique simple et bien connue, le Service Public ! Renationalisons la SNCF et les entreprises de fret concurrentes, décidons d’un investissement public massif sur les lignes de fret, séparées des lignes passagers dans les zones denses, finançons le sur le très long terme pour permettre une offre de service économiquement efficace pour les entreprises et réservons le transport routier au maillage fin du territoire que ne peut atteindre le rail. Comme pour le train des primeurs Perpignan-Rungis, il faut un plan national des transports de marchandises qui liste concrètement les besoins des entreprises et organise le report modal vers le fret ferroviaire.

Bref, c’est le politique qui étudie, organise et décide, et non pas le marché !

negaWatt ne tire aucune leçon de l’échec de la loi de transition énergétique de 2015. Il propose de

Conditionner et réorienter l’ensemble des dispositifs de soutien à l’investissement industriel

Toujours et encore le soutien à l’investissement industriel, alors que toute l’histoire industrielle française montre le rôle irremplaçable de l’Etat et des grands services publics comme donneur d’ordres pour le développement de filières technologiques et industrielles !

Et comme tous les économistes capitalistes, negaWatt ne pense qu’au "signal prix".

Le signal fiscal de long terme préconisé par négaWatt est une contribution prenant en compte d’une part la consommation d’énergie primaire (c’est-à-dire toutes les formes d’énergie prélevées dans la nature, avant toute transformation), d’autre part l’ensemble des externalités environnementales associées à la transformation,

Et comme il anticipe bien l’impact social terrible de son scénario, il sait qu’il faut mettre un peu de sparadrap sur les souffrances sociales générées pour éviter les coups de colères !

Les recettes générées doivent être réparties entre trois objectifs distincts mais complémentaires : le premier, prioritaire, est le financement des mesures de compensation et d’accompagnement destinées à contrebalancer les impacts économiques et sociaux sur les ménages modestes et/ou n’ayant pas accès à des alternatives (par exemple pour la mobilité) ;

On croirait du Hollande ou du Macron. Ca va être dur, mais pendant que les riches s’amuseront, on va vous aider à supporter les coups !

Enfermés dans les dogmes de l’économie dominante, les concepteurs de negaWatt sont incapables de penser le Service Public. Or c’est l’urgence pour l’énergie.

Un scénario progressiste serait basé sur la renationalisation de EDF et ENGIE, un grand Service Public de l’énergie qui organise le mix électrique le plus décarboné possible en refusant de mettre en concurrence les différentes productions [6] pour que certains tirent des profits momentanés, pendant que le public paie les charges ! Il est scandaleux que les producteurs de renouvelables soient prioritaires pour vendre quand ils produisent avec un prix garanti alors que le service public doit acheter en fonction des besoins sur un marché spéculatif ! Il faut donc sortir tous les acteurs spéculatifs des marchés de l’énergie et déterminer des prix uniquement en fonction du service rendu, de sa qualité et de sa continuité. Celui qui produit au moment où on en a besoin doit être mieux rémunéré que celui qui produit quand on n’en a pas besoin !

negaWatt ne peut atteindre la neutralité carbone !

Certains diront. « Certes, negaWatt a des défauts, mais il atteint la neutralité carbone, et si on est inquiet du nucléaire, peut-être faut-il accepter les contraintes sur la baisse de notre niveau de vie. Après tout, on peut vivre heureux sans être plus riche ».

Vivre heureux pauvre est un sujet politique ancien, utilisé souvent par des églises expliquant aux pauvres qu’ils sont heureux car le royaume des cieux leur est promis, que par les dames patronnesses pour expliquer à une famille populaire comment bien gérer son budget... Les ouvriers en général sont réalistes. Ils ne demandent pas de vivre comme les plus riches, mais de vivre dignement, avec leurs proches, de pratiquer leurs loisirs, de pouvoir se reposer et d’accéder à la culture, aux sports, aux voyages.

Mais de toute façon la question restante est "est-ce que negaWatt permet réellement d’atteindre la neutralité carbone ?

Et bien, rien n’est moins sûr, car ce scénario fait deux paris risqués dont l’échec verrait le gaz fossile rafler la mise !
- les biogaz doivent passer de 6 à 140TWh d’ici 2050. Une ambition considérable qui pose de nombreuses questions sur le partage de la ressource biomasse entre ses différents usages et sur l’impact du financement de cette ambition sur le coût, sachant que tant que le biogaz n’est pas disponible en volume suffisant, c’est le gaz fossile qui est utilisé !
- le réseau électrique 100% ENR tient le coup sans ressource "pilotable" autre que les barrages. Or si l’énorme capacité de stockage en batteries nécessaire n’est pas assuré, et si l’équilibre du réseau ne peut être respecté, il faudra accepter de laisser des centrales pilotables pour tenir le réseau. Et tout le monde sait qu’elles seront au gaz ! [7]

negaWatt se révèle d’ailleurs le scénario préféré des gaziers, un scénario qu’il faudrait renommer negaWatt-proMethane

Oui, negaWatt est un scénario capitaliste antisocial !


Imposant une austérité qui sera inégale et injuste pour le logement, les déplacements, la consommation, interdisant toute réindustrialisation de la France et maintenant une société de chômage de masse, negaWatt ne peut même pas assurer la neutralité carbone en 2050 ! Les forces de gauches, écologistes et progressistes doivent le dénoncer !

L’adresse originale de cet article est https://pierrealainmillet.fr/negawa...

[1NégaTep est, pour la France, un programme de sortie des énergies fossiles (charbon, gaz et pétrole) réparti sur plusieurs décennies. Il obtient la division par quatre des émissions de gaz à effet de serre de la France sans altérer le bien-être de la population ni entraîner de dépenses excessives.

Un scénario qui n’impose pas de décroissance contrairement à d’autres visant 100 % de renouvelables

[2Notons que sa dernière version 2022 doit quand même prolonger le nucléaire jusqu’en 2045, alors que certains voulaient en sortir dès 2030

[3Ce serait pourtant un vrai sujet d’aménagement du territoire quand on pense aux menaces des crues millénaires sur nos principaux fleuves...

[4Pour assurer la continuité de service il faut une capacité de stockage de l’ordre de 100GW, 20 fois la capacité existante des barrages, et les évaluations sérieuses des coûts totaux de stockage et de réseau des solutions 100%ENR les rendent économiquement irréalistes

[5tout le monde peut le vérifier sur le site public de la "base carbone" de l’ADEME qui donne 6g par Kwh pour le nucléaire, 15 pour l’éolien et 43 pour le photovoltaïque...

[6ce qu’organise les obligations d’achat et les priorités réseaux dans un marché spéculatif ou le prix de la dernière source appelée fixe le prix spot

[7C’est ce que montre clairement la situation allemande. Après 20 ans de transition et malgré 300 milliards d’investissements pour installer plus de 110GW de capacité EnR, le double de la capacité nucléaire française, l’Allemagne a encore 46% d’électricité fossile en 2020, 6 fois plus que la France ! Et en même temps que ses investissements en éolien et photovoltaïque, l’Allemagne a augmenté de 50% ses capacités en centrales au gaz, passant de 20 à 30 GW !. Le gâchis de capital et donc de béton et d’acier que représente cette transition allemande conduit à une faible efficacité de l’électricité allemande qui ne produit que 2 TWh par GW installé quand la France en émet plus de 3,3 ! C’est une des raisons qui fait que l’Allemagne tire le prix de l’électricité vers le haut !

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    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).