Verrouillage en règle à la conférence de section du 19ème (Paris)

, par  Le Fraternel , popularité : 2%

Hier soir et aujourd’hui se tenait la conférence de la section du 19e arrondissement du Parti Communiste Français, en préalable aux conférences départementale et nationale, visant à établir la position du PCF pour l’élection présidentielle de 2012.

N’ayant pu être présent hier, j’ai cependant participé aux débats aujourd’hui. Ce matin, la discussion a porté sur la vie de notre section. Si la direction s’inquiète de la faible participation des nouveaux adhérents à l’activité du parti, elle refuse toute critique de son fonctionnement, prétextant que ce ne sont pas les dysfonctionnements de la démocratie interne qui intéressent les adhérents.

Cet après-midi, la mascarade a pris un tour tout-à-fait spectaculaire. Une résolution censée traduire les débats, notamment sur la question de l’élection présidentielle, nous fut présentée. Elle fut très critiquée, d’une part sur le fond, la candidature de Mélenchon étant présentée comme paraissant la plus à même de nous représenter, d’autre part sur la forme, car plutôt qu’une restitution des débats, il s’agissait en réalité d’un résumé du rapport de Pierre Laurent au Conseil national.

Dans sa grande mansuétude, JFG proposa d’inclure que d’autres opinions sur la candidature s’étaient exprimées ; comme, à plusieurs, nous réclamions le minimum, à savoir des professions de foi des différents candidats et un vote, son fils nous gratifia de sa méprisante langue de bois habituelle, en prétendant que la restitution des débats par une résolution nous évitait de tomber dans le piège des primaires socialistes... ce que nous ne réclamions pas, d’ailleurs.

Face à mes interruptions fréquentes face à ces farces d’arguments, le président de séance appela à la sérénité des débats et au respect de l’expression de chacun ; face à cela, j’ai proclamé la brochure qui nous a été envoyée par le Conseil national, où aucune expression contraire au choix du Secrétaire national n’a été mentionnée, ni les débats du CN, ni les déclarations de candidature des autres candidats que Mélenchon. Je lui fit remarquer son zèle à s’en prendre à un militant sans responsabilité plutôt qu’à ceux qui, à la tête du Parti et en étant salarié, en organisent la casse... Le secrétaire de section, dépassé par les évènements mais bien décidé à apparaître comme le permanent modèle, finit par vouloir remettre de l’ordre dans cette conférence de section où tout ne se passait pas si bien qu’il le souhaitait.

Agacé, pour la énième fois, d’une telle mascarade, et malgré la demande de mon voisin de me faire rester, je suis parti, ayant bien mieux à faire par ce bel après-midi de printemps.

Je ne sais pas si mon appartenance au PCF a encore de longs jours pour elle, mais la campagne pour Mélenchon que mes camarades semblent si pressés de mener, plus par soumission à leur direction que par conviction en outre, je la leur laisse !

Ci-dessous, l’essentiel de mon intervention. Précisons, d’ailleurs, mais tous ceux qui ont fréquenté l’appareil du PCF le savent, qu’aucun argument n’a sa place face aux certitudes de la servilité des adhérents. La direction dirait que la Terre est plate, le ciel jaune, que 2 et 2 font 5, celui qui avancerait les arguments pour la rotondité de la Terre, la preuve que le ciel est bleu et que 2 et 2 font 4 serait traité de fouteur de merde. Bref...


Mon intervention

Comme Pierre Laurent nous y invite dans son rapport, j’espère que les débats qui nous mèneront à la désignation de notre candidat se feront dans la "transparence" et avec "esprit de responsabilité". Malheureusement, force est de constater que ça n’est pas le cas, et ce depuis de nombreux mois, et que cela ne le sera vraisemblablement pas. Le débat est tronqué, et les communistes seront la cinquième roue du carrosse de la désignation du candidat.

Cela fait depuis janvier au moins que les premières tribunes signées de membres du CN sont publiées en faveur de Mélenchon et que l’Huma le traite, lui et son parti, avec une place de choix. Sans parler de MG Buffet qui s’est affichée à chaque fois qu’elle le pouvait avec Mélenchon, au congrès du PG ou pour la nouvelle formule de l’Huma.

Alors que le PG et la GU ont clairement exprimé leur préférence pour Mélenchon, la direction du PCF a préféré ne rien dire concernant la proposition Chassaigne.

Mais bien au delà, si l’on remonte aux origines du Front de Gauche, tout est organisé depuis des années pour que Mélenchon soit notre candidat. L’idée du FDG a été émise par le Conseil National d’octobre 2008, pile quand Mélenchon a quitté le PS et Picquet le NPA. Le 34ème congrès n’a fait que ratifier cette proposition. Aux 34ème et 35ème congrès, les motions visant à adopter le PRINCIPE D’UNE CANDIDATURE COMMUNISTE ont été repoussées par la direction. Elle avait bien, déjà, une idée derrière la tête !

P. Laurent est allé jusqu’à traiter André Gerin de manipulateur quand celui-ci a rendu public les déclarations tenues par le secrétaire national lors d’une rencontre avec les communistes du Rhône deux jours avant le CN des 8 et 9 avril, alors qu’il a dit exactement ce qu’avait rapporté André à ce CN !

On a vraiment l’impression que la direction veut imposer Mélenchon par le coup de force s’il le faut. D’abord, elle n’a pas porté à la connaissance des communistes l’adresse communiquée par André Chassaigne, pas plus que les déclarations de candidature des autres candidats : dans la brochure que nous avons reçu, il n’y a que les documents favorables au FDG, et on ne sait qu’il n’y a d’autres candidats qu’à la lecture du rapport de Pierre Laurent ! Il n’y a même pas les débats du CN, qui ont été vifs sur la question ! Le communiste moyen ne sait donc pas pourquoi d’autres candidats se sont manifestés, ni ce qu’ils ont à dire ! Plusieurs sections et fédérations ont organisé des DÉBATS entre Chassaigne et Gerin : c’est une vraie démarche d’information et de démocratie. La direction du PCF, elle, n’a rien organisé de la sorte.

En plus, on ne permet pas aux communistes de VOTER AVANT LA CONFÉRENCE NATIONALE sur les candidats. La conférence va établir un bulletin de vote qui fait craindre qu’on ne nous propose qu’un plébiscite en faveur de Mélenchon comme seul candidat proposé.

Ca n’empêche pas la direction d’avoir des « TRANSPARENCE, DÉMOCRATIE, VIe RÉPUBLIQUE » plein la bouche !

Quant à l’ACCORD STRATÉGIQUE du Front de gauche, il a été signé en catimini, sans que le CN en soit saisi. Les soi-disant conditions à négocier ne sont que de la poudre aux yeux pour nous faire avaler la couleuvre de sa candidature.

DONC, PREMIER CONSTAT : LE DÉBAT EST COMPLÈTEMENT BIAISÉ, SI CE N’EST DÉJÀ PLIÉ : LA DIRECTION ENTEND FAIRE DES COMMUNISTES DES SPECTATEURS DE LA DÉSIGNATION DE LEUR CANDIDAT.

Cette méthode va dégouter de nombreux camarades, et porte la marque de P. Laurent : désigné secrétaire national par un CONGRÈS ANTISTATUTAIRE, il sera celui qui aura fait désigner Mélenchon candidat par un COUP DE FORCE ! BRAVO !

Choisir Mélenchon, surtout de cette façon, c’est prendre le risque d’une grave déchirure parmi les communistes. Il est en effet anormal que la direction d’un parti, quel qu’il soit, ne tienne pas en respect quiconque n’en est pas membre et qui voudrait en recevoir le soutien. La direction est coupable d’organiser le silence des communistes, en leur dissimulant de nombreux éléments du débat et en bâillonnant leur souveraineté. La direction préfère privilégier le FDG plutôt que l’unité du PCF. La direction nous propose Mélenchon en esquivant les différences qu’il y a avec lui.

Par ailleurs, c’est un socialiste, revendiqué tel, qui prétend critiquer la construction européenne, mais continue d’encenser François Mitterrand. Il a soutenu le traité de Maastricht, il a appelé à voter Ségolène Royal en 2007, il veut la sortie du NUCLÉAIRE, et il a voté la guerre en LIBYE ! C’est un électron libre incontrôlable, individualiste et autoritaire. Ses prises de positions sont simplistes, populistes, et absolument pas à la hauteur des enjeux de société actuels.

Il a été mis en orbite par les MÉDIAS, comme DSK. Leur objectif est de parvenir à gagner l’absence du PCF à la présidentielle : un parti absent à cette élection, c’est un parti qui n’a plus rien à dire à son peuple et à qui on ne donnera plus la parole. A cela s’ajoute qu’il sera impossible de faire campagne pour des candidats communistes aux législatives sans communiste à la présidentielle : tout est cohérent, car l’objectif est de poursuivre l’effacement du PCF à l’ASSEMBLÉE NATIONALE en formant un groupe Front de gauche, et non plus un groupe communiste. Aujourd’hui, le règlement de l’Assemblée rend la formation d’un groupe possible à partir de 15 membres : MG Buffet préfère rester avec des Verts (Y. Cochet, N. Mamère), notoirement anticommunistes, en leur donnant la moitié des moyens du groupe, car cela permet de justifier que le groupe ne porte plus le nom de COMMUNISTE.

Les arguments qui nous sont donnés pour la candidature Mélenchon sont exactement les mêmes que ceux qui étaient donnés en 2006 contre la candidature Buffet ; MG Buffet mange son chapeau : elle soutient Mélenchon au nom du même rassemblement qui ne voulait pas d’elle à l’époque !

Ceux qui soutiennent Mélenchon sont les mêmes qui, depuis des années, veulent un autre parti à la place du PCF et organisent son effacement : P. Cohen-Seat, MP. Vieu, O. Dartigolles, G. Briant, A. Hayot, etc. Cela doit nous mettre la puce à l’oreille !

En effet, Mélenchon et Chassaigne portent des conceptions différentes du Front de gauche, et choisir l’un des deux, c’est choisir aussi cette conception. Mélenchon voit le FDG comme l’embryon d’un nouveau parti sur le modèle de Die Linke en Allemagne (archi divisé, sans programme, est en collusion avec l’OTAN). Chassaigne, lui, voit le FDG comme un espace de travail collectif, mais dans lequel le PCF n’a pas à se dissoudre. C’est d’ailleurs en raison de cette ambiguïté grave à mes yeux que je n’ai jamais soutenu le FDG. La présidentielle peut être le moment d’en clarifier la nature !

Par ailleurs, le PG est rempli d’anciens des collectifs antilibéraux (E. CoquerelL, C. Debons), qui sont tous anticommunistes, et veulent faire la peau au PCF. Le PG et la GU savent très bien qu’en tant que groupuscules, ils n’ont aucun avenir politique ; leur objectif avec le FDG et la candidature Mélenchon, c’est de créer un nouveau parti dans lequel ces SOCIALISTES REPENTIS et TROTSKYSTES OPPORTUNISTES auront un avenir. C’est la raison de leur INTRANSIGEANCE et de leur CHANTAGE à la rupture du Front de gauche pour imposer la candidature Mélenchon.

Pour moi, c’est la candidature d’André Chassaigne qui est la plus à même de RASSEMBLER, le PCF, le Front de gauche, et l’électorat. Je précise d’emblée que cette notion de rassemblement est la seule qui m’anime pour le choisir, car les positions écologistes de ChassaigneE ne me plaisent pas du tout. En revanche, pour les communistes, qu’on soit POUR OU CONTRE le Front de gauche, Chassaigne est le seul qui peut nous RASSEMBLER, et nous rendre fort ensemble.

Mais, avant cela, pour conclure, il faut gagner le vote des communistes AVANT LA CONFÉRENCE NATIONALE.

Jonathan, samedi 7 mai 2011

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