Bolivie
Triomphe écrasant pour le MAS

, popularité : 1%

Arce et Choquehuanca ont obtenu 52,4% contre 31,6% à Mesa, le candidat de la droite

Malgré l’intervention éhontée de l’OEA, du Département d’Etat américain, d’une extrême droite sous les ordres de forces extérieures, malgré cela, le MAS et son binôme composé de Luis Arce Cataroa en tant que président et David Choquehuanca en tant que vice-président, ont remporté une victoire décisive et incontestable aux élections auxquelles 7,3 millions de Boliviens ont été convoqués.

53% et une différence de 20 points sur Carlos Mesa Gisbert (31,2%) et quarante points sur Luis Fernando Camacho (14,1%), sont des chiffres extraordinaires qui représentent un air frais pour la lutte des peuples. Cela confirme, comme il a été dit, qu’il y a eu une opération visant à empêcher le triomphe du MAS, par la droite aux élections de 2019. Celle-ci a été soutenue par les gouvernements de droite latino-américains, le silence complice des organisations internationales. Il y a eu un coup d’État orchestré par Washington et ses alliés inconditionnels et qui, avec le triomphe de ce 18 octobre, permet au peuple bolivien de retourner au Palacio Quemado et de contrôler également les deux chambres du parlement. Une victoire qui aura un impact régional et international formidable, qui donne un nouvel air au progressisme en Amérique latine et qui redonne la démocratie à la Bolivie et à son peuple, qui revient sagement à faire confiance à ceux qui l’ont honorée, qui dit non au racisme, au vol, à la soumission à Washington et dit non à la corruption.

Plus le coup d’Etat a retardé la convocation des élections, avec une mauvaise stratégie politique du gouvernement de facto dirigé par Jeanine Añez, plus leurs options ont été affaiblies. Car cette stratégie a promu une politique suprémaciste, raciste, fasciste, d’insulte aux peuples indigènes, à leurs symboles et à leur culture. Dans ce contexte, de plus en plus, la société bolivienne, la plus humble, a eu le temps de comparer ce qui avait été un processus révolutionnaire, qui pendant 14 ans a changé le visage et l’organisation de cette Bolivie. Une révolution qui a nationalisé les ressources naturelles, qui a conduit les peuples autochtones à occuper le Palacio Quemado et à dire au monde que la Bolivie existait, qu’elle avait une dignité qui devait émerger après des centaines d’années de soumission et d’abus. Chaque jour qui passait, le peuple rééquilibrait la politique du MAS avec celle des comploteurs du coup d’État.

Le ministre du gouvernement de la dictature, l’homme d’affaires Arturo Murillo, a passé de longues heures dans la nuit du 18 à faire pression sur les médias, sur le Tribunal suprême électoral et les sondeurs pour qu’ils ne divulguent pas ce que l’on savait déjà à 20 heure et qu’il aura fallu quatre heures pour rendre visible : la victoire du MAS était irréprochable, triomphant à une écrasante majorité. Une manœuvre qui a commencé à être tramée lors de la visite de Murillo au siège de l’OEA fin septembre et au département d’État dirigé par Mike Pompeo, qui a donné les ordres et le soutien nécessaire pour empêcher le MAS de revenir présider le gouvernement. Un plan qui a montré son échec absolu, une défaite pour l’empire et les gouvernements latino-américains de droite coordonnés par Almagro.

Le résultat du décompte était clair et son report prévu. L’ancien président Evo Morales lui-même, lors d’une conférence de presse tenue en Argentine, a déclaré : « Les bureaux de vote refusent de publier le résultat des urnes. On soupçonne une manœuvre d’occultation ». Pour sa part, Sebastián Michel, un porte-parole du MAS, a souligné qu’il y avait une stratégie gouvernementale de facto pour s’assurer que l’information ne soit pas fournie et ainsi générer un climat de violence dans le but ultime d’annuler les élections. L’énorme écart de chiffres entre Arce et Mesa a rendu impossible la réalisation de ce que le département d’État américain, conjointement avec l’OEA, avait prévu avec le ministre d’extrême droite du gouvernement Arturo Murillo.

La partie la plus difficile commence maintenant, celle de retrouver une vie troublée par une dictature qui a violé les droits de l’homme dans tous les domaines où ils peuvent être violés, santé, intégrité physique, accès au travail, éducation, droits civiques et politiques. Maintenant vient la justice pour les morts, pour les humiliés, afin de guérir les blessures causées par un gouvernement qui a de facto violé les droits de millions de Boliviens.

Dans une analyse intéressante, Mario Rodríguez, journaliste et éducateur populaire bolivien spécialisé dans l’interculturalité, écrit que les résultats de ces élections du 18 octobre « ont été une victoire en territoire ennemi, dans un camp conservateur où tous les politiques les plus fascistes ont été rassemblés, lié aux secteurs les plus rétrogrades qu’un pays peut avoir. Un triomphe sur l’argent, le pouvoir médiatique, les pouvoirs hégémoniques. Ce contexte permet de montrer que tout d’abord il est évident qu’il s’agit d’une victoire du peuple bolivien, qui dépasse la conformation en partis et plonge la société dans la recherche de son avenir ».

Deuxièmement, pour l’analyse interne de ce qui a été une force de la politique du MAS, le respect de la plurinationalité est désormais fondé, avec un large éventail d’expressions, qu’il faut consolider. C’est un triomphe qui s’est produit contre vents et marées, et qui nous permet de penser à des transformations profondes. Troisièmement, une réflexion et une critique approfondies sur les politiques des gouvernements du MAS sont nécessaires pour reconstruire des éléments qui ont été érodés et qui doivent être reconstitués dans la capacité de la participation populaire. Et quatrièmement, ce triomphe est un formidable coup de pouce pour les luttes populaires en Amérique latine, de la grande patrie.

De toute évidence, il s’agit d’un laurier obtenu par le MAS, une énorme réussite, qui n’est que justice pour trois décennies de gouvernement transformateur en Bolivie, qui est allé en profondeur, qui a remporté la bataille contre cette droite récalcitrante par des centaines de milliers de voix. Une défaite du fascisme qui blessera la droite, le groupe de Lima, le converti Luis Almagro qui devra répondre de cette défaite devant ses maîtres américains, qui ont dépensé des centaines de millions de dollars, pour tenter de consolider un gouvernement de facto et donner des possibilités à la droite bolivienne, d’essayer de ré-exercer ses gouvernements infâmes, échouant misérablement dans cette mission qui les rend visibles pour ce qu’ils sont : opportunistes, racistes, arrogants et à court de vision, pour pénétrer pleinement la pensée et les aspirations d’un peuple qui a appris à défendre sa dignité.

Pour le vainqueur de ces élections du 18 octobre, Luis Arce Catacora, le défi est clair : « Nous avons retrouvé la démocratie et l’espoir, comme nous retrouvons également la sérénité au profit des petites, moyennes, grandes entreprises, du secteur public et des familles boliviennes. Je gouvernerai pour tous les Boliviens et je travaillerai pour réorienter, avant tout, la stabilité économique du pays ». Luis Arce a remercié le peuple bolivien, les militants du MAS, la communauté internationale et les observateurs venus surveiller les élections pour leur confiance.

Le MAS a remporté une victoire sans appel, malgré le Covid 19, les menaces du gouvernement et les tentatives d’empêcher un vote. Le MAS a triomphé dans les grandes villes et le monde rural. Il n’y avait pas d’endroit en Bolivie, où le monde masiste n’a pas fait mordre la poussière de la défaite à Carlos Mesa, Luis Fernando Camacho et les leurs. Le MAS a triomphé malgré le travail de déstabilisation de l’OEA et du fantoche Luis Almagro, secrétaire général de cette organisation, définie comme le ministère américain des Colonies. Le MAS a triomphé malgré de puissantes forces contre lui, car la marche juste n’a pas de frein possible.

Le MAS a triomphé parce que les sages de la Bolivie ont compris que malgré toutes les critiques qui pouvaient être adressées à son mouvement, il faisait un travail qui avait pour centre les plus défavorisés de Bolivie, pour la défense de leurs droits et la construction de ceux qui leur ont été refusés, qui pendant des centaines d’années ont été humiliés, dénigrés et qui avec le MAS ont commencé à marcher à pas de géants. Il n’y a pas de frein possible lorsqu’un peuple défend le sien.

Pablo Jofré Leal, le 19 octobre 2020
Tiré du site Rebelion
Traduction PB pour Lepcf.fr

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