Sur la proximité des Etats-Unis et de la France avec les richissimes wahhabites d’Arabie saoudite... Quel rapport avec le terrorisme et que faire ?

, par  Jean-Paul Legrand , popularité : 1%

Les États-Unis et la France ont toujours choyé leurs amis wahhabites richissimes d’Arabie saoudite qui ont du pétrole et qui leur achètent des armes. Mais quel rapport avec le terrorisme et que faire ?

L’idéologie de l’islamisme wahhabite pur produit de l’Arabie saoudite se traduit par le régime des richissimes 10.000 princes du pétrole vivant dans le plus dictatorial pays capitaliste du monde. Ne pas respecter cet islam radical coûte aux malheureux qui s’y risquent la torture, le viol, la peine de mort, voire la découpe en morceaux.

Nos amis et camarades algériens dont je veux dire combien nous leur devons de fraternité et de reconnaissance pour leur combat et leur courageuse lutte contre cette horreur, ont payé cher durant des années où le terrorisme islamiste a sévi, mais nous n’avons pas voulu les écouter. L’orgueil de l’ex-puissance coloniale pèse encore sur notre conscience et nous ne sommes pas aidés par le poison des médias capitalistes qui développent un atlantisme outrancier et un européo-centrisme délirant.

Nos dirigeants capitalistes ont mené des croisades contre des régimes arabes laïcs qui ne leur convenaient pas, qui certes n’étaient pas des anges (mais qui pourraient prétendre en être dans ce monde où la violence de classe s’exerce chaque jour ?), qui avaient cependant le mérite de ne pas accepter cette idéologie meurtrière.

A force de s’aplatir pour le pétrole et pour que s’enrichissent de grands groupes, à force d’avoir fait des affaires avec les princes saoudiens, nos dirigeants se font maintenant tout petits sur les origines et les causes du terrorisme.
Parce qu’en vérité en politique chez ces gens-là, quand tu veux faire un sale boulot, tu ne le fais pas toi-même. Tu utilises la pire racaille que tu paies grassement et que tu flattes non seulement sur ses capacités opérationnelles de tueur mais aussi sur son idéologie (L’article de Bruno Guigue paru sur Facebook en apporte des preuves). Le problème, c’est qu’à force d’accomplir ses missions, la racaille terroriste s’est enrichie considérablement et a formé l’armée criminelle de l’État islamique.

Et c’est ainsi que ces puissances « aux mains propres » ont créé des monstres pour lutter contre toutes les conquêtes progressistes et la très forte montée des exigences démocratiques des peuples, notamment dans le monde arabo-musulman, tout cela pour d’énormes intérêts capitalistes fondés sur des impératifs géostratégiques contre l’Iran, la Russie et surtout contre la Chine qui par son organisation de développement inédit de "socialisme de marché" devient la 1ere puissance productive mondiale.

En France les différents pouvoirs, durant des années, ont laissé cette idéologie se répandre dans le pays et notamment là où des populations musulmanes sont concentrées, pour l’essentiel dans les quartiers populaires. Ceux qui comme moi ont vécu ou travaillé dans ces quartiers ont vu la lente mais certaine progression des idées anti-démocratiques et anti-laïques développées par des individus ou des groupes influencés par le Salafisme, et qui se sont traduites par l’exclusion des femmes de certains espaces publics (comme les cafés) ou ce qui pourrait sembler anecdotique, mais tellement symbolique, le refus de petits garçons de donner la main aux petites filles ou encore celui de ne pas envoyer les filles au cours obligatoire de natation de l’école publique. Sans parler de la remise en cause des contenus d’enseignement scientifique (SVT) avec des thèses créationnistes, une attaque générale contre toute pensée matérialiste et contre le rationalisme.

Il est notoirement connu que dans l’Égypte de Nasser, des millions de musulmans ou même dans la Tunisie des premières années de l’indépendance, les femmes bénéficiaient de droits impensables aujourd’hui dans les pays arabes fortement influencés par le salafisme. La provocation autour de l’affaire du voile que j’ai directement vécue à Creil puisque j’y enseignais, était là pour cacher une crise plus profonde, car sa focalisation sur cette question spécifique a évité l’examen par les forces progressistes, de ce qui se travaillait du point de vue idéologique de plus profonds au sein même des populations musulmanes. Ayant vécu depuis 1962 dans l’un de ces quartiers, je peux témoigner que des années 60 aux années 90, il n’y avait absolument pas de telles réactions anti-laïques et pourtant il y avait une population musulmane quasi aussi nombreuse.

Alors que s’est il passé ? A la faveur de la crise et de la dégradation de la vie sociale, malgré les efforts des associations et de militants de l’éducation populaire voire de certains élus, des générations entières se sont retrouvées au chômage, la déscolarisation est devenue un phénomène récurrent, l’activité de la CGT s’est vu fondre sous les coups de la désindustrialisation et du patronat, de la criminalisation de l’activité syndicale, les militants communistes ont vécu leur propre crise politique sous les effets de la ligne liquidatrice du « huisme » , laissant les forces progressistes dans un grand dénuement idéologique pour analyser et comprendre ce qui se passait dans ces quartiers.

Nous ne pouvons pas demander à nos adversaires de classe de défendre la laïcité alors qu’eux mêmes ont « joué » les apprentis sorciers. Bien souvent nous avons considéré qu’il ne fallait pas parler de certaines questions avec nos concitoyens musulmans par crainte d’intervenir dans leur religion et d’expliquer que c’était l’affaire des musulmans et d’eux-seuls seulement. Nous avons laissé les pouvoirs publics régler la question de façon administrative et autoritaire alors qu’il nous fallait mener la bataille politique de la laïcité de façon démocratique en toute fraternité et en dialogue avec nos concitoyens musulmans à qui nous aurions pu proposer la mission aussi d’être avec nous des militants de la laïcité et du combat démocratique. Je me souviens qu’à l’usine Chausson de Creil notamment, dans les années 70-80, le PCF organisait les camarades ouvriers, pour la majorité d’entre eux issus du Maghreb, dans des cellules d’entreprises où ces camarades bénéficiaient de la formation du parti dans le cadre de l’internationalisme, en tenant compte des revendications spécifiques liées à la situation de ces camarades. C’était le temps d’un parti ancré fortement dans la classe ouvrière. Certes dans plusieurs localités, depuis cette époque, il y a eu des activités de solidarité, mais avouons-le, même si les militants communistes sont certainement à l’avant-garde du combat, nous avons quelque peu négligé cette lutte politique sur des questions idéologiques de fond qui passent inéluctablement par une éducation populaire qui nous éveille aux grandes questions de la mise en mouvement de la laïcité dans le concret de nos vies, non comme un dogme, mais comme un principe qui unit les prolétaires, et qui préfigure la société que nous voulons. Et nous avons été démunis parce que le parti et sa direction durant des années étaient eux mêmes démunis sur ce plan, plus préoccupés par l’électoralisme que le combat idéologique du quotidien sur le terrain.

Les gouvernements ont préféré laisser les imams extrémistes diffuser leur venin avec complaisance plutôt que de soutenir les militants laïcs, les enseignants, les militants communistes et les syndicalistes qu’ils ont laissé réprimer dans les entreprises et abandonné dans les quartiers.

Cela a eu aussi « l’avantage » de faire monter le communautarisme et le racisme dans les milieux populaires en utilisant Le Pen dans la stratégie machiavélique du capital d’éliminer la gauche des élections et d’utiliser la présidente du RN comme candidate repoussoir idéale afin que Macron soit élu. Présentée comme anti-arabes et anti-musulmans, elle a bénéficié d’une promotion sans précédent, alors que la gauche affaiblie n’a pas su lutter contre l’islamisme radical dans les quartiers populaires craignant à tort d’être accusée de lâcher nos concitoyens musulmans les plus précaires, mais en même temps les plus exposés à ce wahhabisme, notamment dans la jeunesse en souffrance sociale, vivant du chômage, de la précarité, de l’économie parallèle, en besoin de repères idéologiques tangibles.

Désormais les faits sont là. Terribles, atroces, meurtriers ils visent à abattre un pilier essentiel de la démocratie et de nos libertés, celui de la laïcité.

La laïcité est devenue un énorme obstacle à la recomposition capitaliste et il n’est pas question pour la grande bourgeoisie que le peuple s’en empare pour la faire vivre car elle favoriserait l’unité du peuple dans sa diversité.

Au contraire, à la faveur de leur crise, les idéologues du capital dans leurs médias attisent les haines, développent les confusions et les amalgames, et défendent les pires thèses racistes. Cela est excellent pour le marketing de l’extrême droite et donc pour les visées de Macron qui pourra malgré sa terrible politique dévastatrice tenter de se présenter face à elle comme le chevalier de la laïcité et de l’unité du pays.

Il faut donc que les militants communistes se forment au contenu même du corpus idéologique que représente la laïcité dans notre histoire, comme un trésor qui contient des avancées très progressistes déjà écrites dans la loi, qu’il convient de faire vivre dans le quotidien par des actes d’éducation populaire et de solidarité entre les gens notamment des quartiers populaires.

C’est donc un défi pour les militants communistes, en particulier, de ne pas négliger la bataille idéologique et notamment celle difficile et exigeante contre tous les ennemis de l’unité populaire et nationale de déployer une clarification de fond sur l’islam afin que la confession de nos concitoyens qui la partagent ne soit pas désignée comme l’ennemie intérieure dans le but de nous diviser. Plus que jamais nous devons montrer les causes réelles des activités criminelles des barbares du terrorisme alimentées par la classe des grands capitalistes, et le fait qu’on ne doit aucunement confondre les musulmans premières victimes du salafisme et du wahhabisme avec ces barbares qui s’en réclament.

Jamais la devise de Karl Marx n’a été autant d’actualité : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ».

Jean-Paul Legrand

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