"Qu’ils s’en aillent !" : Non. Nous les chasserons.

, par  Paul Barbazange , popularité : 2%

Intervention lors de la conférence fédérale de l’Hérault de Gérard Garcia de la section de l’ouest biterrois.

Le désaccord global de la majorité de la section de l’ouest Biterrois sur la stratégie du front de gauche n’est pas un scoop.

Chaque instance départementale nous donne, ainsi l’occasion de clarifier nos positions et faire état de notre réflexion. Cette situation est loin d’être pour nous confortable car nos forces à contre courant s’épuisent dans la contestation, et notre motivation aurait tendance à s’évaporer dans le pessimisme.

Pourtant, selon le rapport de Pierre Laurent au conseil national le FDG serait un élément dynamique, et si nous y mettons de la bonne volonté, le rassemblement incontournable d’une nouvelle gauche rééquilibrée enfin décidée à s’attaquer à la transformation en profondeur de la société.
Toujours selon le rapport, depuis les élections européenne, le FDG progresse de 1 point et malgré et avec les méfaits incommensurables de la politique de Sarkozy, la gauche globale, en incluant le PS atteint péniblement 50,54%.

Je peux vous affirmer que ce n’est pas avec cette petite étincelle que l’on mettra le feu aux poudres.

La mobilisation à gauche n’a pas eu lieu ; on peut même dire que la désertion de l’électorat populaire n’a jamais été aussi importante.
La déception est grande chez de très nombreux militants communistes, en ce qui nous concerne nous ne sommes aucunement surpris par ce résultat.

Le PCF avec sa stratégie de FDG n’offre aucune visibilité pour l’avenir puisqu’il s’inscrit encore dans des actions qui privilégient des alliances politiciennes électorales y compris dans ses relations avec le PS.

Nous restons totalement enfermé dans une vision du passé s’inscrivant dans le cadre institutionnel actuel, alors que tout appelle à le dépasser.
L’élection cantonale à surtout montré que beaucoup de nos concitoyens sont las de toutes les combinaisons et qu’ils n’avaient pas l’intention d’aller voter pour des partis ou des candidats qui n’offrent comme perspectives que d’attendre une élection présidentielle qui elle-même est présentée par la gauche institutionnelle comme le moment qui permettra de chasser Sarkozy mais sans aucunement définir le but et les moyens de transformer de fond en comble cette société inhumaine.

Chasser Sarkozy pour le remplacer par DSK voila l’alternance et en même temps pendant que nous pinaillons avec des primaires surréalistes, face à l’urgence sociale, le seul choix efficace et raisonnable.
Pendant ce temps nos dirigeants politiques de gauche et de droite, sont totalement sourds à ce qui se meut en profondeur dans la société : il y a une énorme exigence d’humanité, de solidarité, de fraternité, de justice qui à force de ne pas être entendue va bientôt exploser. Il y a une très grande volonté de refuser les destructions capitalistes, qui, à force de ne pas trouver de riposte politique conséquente, va se radicaliser.

C’est là le champ immense que, dans son amalgame, la gauche politique est incapable d’investir, tout simplement parce qu’elle ne le veut pas.
Elle vit encore avec l’illusion qu’elle peut composer avec le système.

La seule alternative selon le rapport de Pierre Laurent serait, je cite « de nourrir un espace de coopération de tous ceux qui veulent construire le projet alternatif que devrait porter la gauche ».

Ce que propose le FDG c’est de créer les conditions d’un large front d’idées et d’actions porté par un dynamique sociale et populaire, et porté jusque dans les urnes, au point de peser réellement sur les choix d’une future majorité de gauche.

Autrement dit nous pensons que nous pouvons inverser le rapport de force à l’intérieur de la gauche et qu’une nouvelle participation à un gouvernement avec la social démocratie est possible.

Nous qui ici avons tous vécu les épisodes de l’union de la gauche, celle de la gauche plurielle, ne pensez vous pas qu’il est temps de tourner la page de ce qui est certainement la source de notre étiolement et à terme le risque de notre disparition ?

Nous pensons qu’il est temps d’agir avec tous ceux qui ont de plus en plus conscience que le capitalisme est en train de détruire leur vie et notre civilisation, d’agir avec tous ceux qui, désillusionnés de la « classe politique », aspirent, non pas à un changement de gouvernement, mais à un changement de société.

Il s’agit d’organiser la lutte pour renverser le système, en commençant à saisir toutes les occasions de l’affaiblir, ce combat porte un nom c’est la lutte de classe, notre devoir c’est d’aider à la mener jusqu’au bout.

Il est aujourd’hui nécessaire de se débarrasser des pratiques tordues et pourries des élus de droite comme de gauche.
Il faut en finir avec ces dirigeants syndicaux qui au lieu de pousser l’offensive revendicative jusqu’au débouché politique, cantonnent le niveau des luttes à la défensive.

Malheureusement ce combat ne fait que commencer, il faut savoir qu’il sera âpre, nos adversaires utiliseront tous les moyens, de la division, de l’intimidation, en passant par la corruption et aussi la violence, car ils savent que nous ne leur laisserons rien, nous prendrons tout.

Et contrairement à Mélenchon qui les invite à s’en aller, nous, nous savons qu’il faudra les chasser. Le changement de société est à ce prix et ça s’appelle une révolution.

Ce texte a été prononcé le 14 mai... avant l’affaire DSK...

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