Beaucoup s’interrogent et souhaitent disposer d’un argumentaire simplifié sans être simpliste

Dix raisons de voter communiste

, par  Robert Auzeby , popularité : 2%

Pouvons nous aller comme l’a laissé entendre P. Laurent en marge du dernier CN dans les médias, vers une absence de candidature communiste à la présidentielle de 2012 sur un projet porté par une organisation nationale ?

Dans les débats, de nombreux communistes expriment le contraire. Comme nous avons tous du mal à ramasser un argumentaire dans ce sens, nous pensons utile de publier ce travail, certes incomplet, mais qui pourra aider certains d’entre nous. Nous serons attentifs à toutes les remarques. Faire plus bref aurait relevé d’une série de slogans, plus long serait sorti de l’objectif.

Merci à Robert Auzeby,

Paul Barbazange


Dix raisons de voter communiste au premier tour de l’élection présidentielle de 2012 :

1) La société française est bloquée. Nous assistons à un basculement historique : pour la première fois dans l’histoire des sociétés développées depuis la Révolution Française, la génération qui arrive et les suivantes, si rien ne vient inverser le cycle infernal, vivront plus mal que leurs parents. Les statistiques officielles sont accablantes. Des millions de nos concitoyens ne vivent plus mais survivent, la pauvreté se développe. Cette situation est insupportable. De plus en plus de catégories sociales jusqu’à présent épargnées sont confrontées aux difficultés. Terrible constat et bilan dans la cinquième puissance économique mondiale. Il n’y a pourtant aucune fatalité à cette situation, aucun déclin inéluctable gravé dans le marbre. C’est le résultat de la domination unique du système capitaliste et de ses serviteurs, quels qu’ils soient, sur toute la société. Rompre avec ce système est la question première, centrale, fondamentale, posée à notre peuple.

2) La très forte abstention et une partie du vote FN traduisent la désespérance de nos concitoyens dans leur quotidien et en filigrane aborde la question de fond : peut-on changer les choses ? Peut-on vivre autrement ? Même inconsciemment, n’est ce pas la rupture avec le capitalisme qui est à l’ordre du jour et qu’expriment ces comportements ?

3) Cette rupture avec le capitalisme nécessite des décisions, des actes forts : le retour dans le domaine public des secteurs vitaux de l’économie, de l’industrie, question clé et fondement de toute société (avec un pôle public de financement de l’industrie), de l’énergie, du secteur bancaire, des services publics entre autre au service de l’intérêt collectif (des nationalisations franches et non des montages publics/privés et leurs dérives), avec intervention et contrôles des citoyens et des salariés. Luttes et rassemblement, lutte dans le rassemblement citoyen large, luttes et échéances politiques sont indissociables pour dans le même mouvement, acter rupture avec le capitalisme et engager le processus de construction d’une autre société en prenant appui sur chaque progrès pour en gagner de nouveaux. Un processus partagé au rythme que choisiront citoyens et salariés.

4) Décisions et actes forts impliquent des propositions novatrices, concrètes, immédiates, tant sociales, économiques que politiques (emploi, pouvoir d’achat, protection sociale, formation, éducation, démocratie participative). Des propositions communistes radicalement anticapitalistes répartissant autrement les richesses créées par les salariés dans les entreprises et par le paiement de la force de travail à sa vraie valeur.

5) Il n’y a qu’une alternative : rupture et construction d’une autre société ou gestion loyale des intérêts du capitalisme quels que soient ceux qui le servent et leurs pseudos discours de "changement" parfois très radicaux (avec les 30 propositions du PS nous ne sommes pas dans la radicalité même du discours, les privilèges des actionnaires ne sont pas en danger), leurs solutions sont pourtant en échec en Europe et donc aggravation encore plus profonde de la situation de l’immense majorité de notre peuple. Le capitalisme n’est ni amendable, ni régulable et encore moins moralisable. Son but est unique : le profit maximum le plus vite possible. L’unique critère d’"efficacité" c’est le taux de profit ou de rentabilité. Il en est au point de détruire tous les équilibres écologiques mettant à terme la vie même sur la planète en danger. Il ne cache pas d’ailleurs ses appétits et notamment celui de faire disparaître de la société française toutes les conquêtes du Conseil National de la Résistance. Poursuivant sa politique de démantèlement de tout les acquis assurant la protection sociale. Tout ce qui n’est pas directement productif est pour lui insupportable. Les communistes agissent, eux pour l’efficacité sociale.

6) Seul le rassemblement citoyen large, au delà des seules structures politiques (Front de gauche y compris) peut permettre d’engager le processus de rupture/construction qui demande un niveau de conscience élevé de ce qu’il est nécessaire et incontournable de mettre en œuvre, sinon, désillusions et destructurations plus profondes de la société seront à nouveau au rendez vous. C’est le rôle et la responsabilité des communistes, par l’originalité de leurs propositions, de travailler sans relâche à faire grandir et ancrer sur le long terme le rapport de force nécessaire à la transformation de la société.

7) La crédibilité et l’utilité du PCF ne se décrètent pas, elles se démontrent dans les propositions de ruptures et les actes quotidiens avec et parmi les salariés. Toute conception réductrice ne visant qu’à assurer le plus petit dénominateur commun est vouée par avance à l’échec. L’échec réformiste qui se refuse à trancher la question première de la contradiction fondamentale du capital et du travail : les richesses sont collectivement créées par les salariés dans les entreprises et la production est accaparée par une petite minorité. Refuser de s’attaquer à cette contradiction fondamentale, c’est promouvoir de fait ce système qui écrase tout. Être crédible, c’est dire ce que l’on veut faire et faire ce que l’on dit.

8) Au plan national comme au plan international, la guerre dans de nombreux pays de la planète se décide à l’ONU et avec l’OTAN qui sont le bras diplomatique et le bras armé de la défense des intérêts du capitalisme comme du temps du colonialisme triomphant. La politique de la canonnière redevient la règle imposée aux peuples du monde au détriment des peuples, de tous les peuples. Le budget de la nation doit servir au progrès social pas aux marchands de canons. Non-ingérence, autodétermination et solidarité doivent devenir les règles de base de la communauté internationale. La France doit sortir de l’OTAN, tout comme elle doit s’affranchir de l’Europe du capital.

9) Le PCF n’existe pas pour lui même. Sa raison d’être c’est son utilité comme outil de transformatiion de la société au service des citoyens et de notre peuple. Un président du MEDEF de l’époque (CNPF) n’avait il pas publiquement avancé que l’on ne fait pas en France la même politique économique et sociale quand le PCF représente 20% et de l’électorat ou 5 %, vraie question posée à tous.

10) Projet, propositions communistes, pour la rupture avec le capitalisme et la construction d’une autre société, et candidature communiste à l’élection présidentielle sont indissociables. C’est une unité de pensée et d’action. Ne pas la conduire à son terme en abandonnant une de ses composantes peut conduire à renoncer de fait au combat, tout au moins à l’affaiblir, pour construire une autre société. Affrontons le présent et l’avenir en étant nous même : communistes pour changer cette société qui craque de toute part dans ses fondements et construire dans un processus partagé la société débarrassée de l’exploitation capitaliste. La révolte consciente conduit à la rupture. Les communistes sont légitimes à avoir un candidat à l’élection présidentielle porteur de ces valeurs. Passons d’une situation de vote par défaut à celle d’un vote par choix. L’abstention reculera, le vote communiste de rassemblement des exploités reprendra son sens.

Robert Auzeby, membre du Conseil départemental 34, militant syndical.

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