35eme congrès

Loin des jérémiades sur l’affaiblissement irrémédiable du PCF Intervention de Floriane Benoit (Isère)

, par  Floriane Benoit , popularité : 1%

40 délégués privés de parole

Après un débat consacré le vendredi après-midi aux stratégies d’alliances et qui a vu de nombreux intervenants se faire l’écho de la volonté des communistes de ne pas perdre leur âme dans les structures d’alliance, une partie de la journée du samedi devait être consacrée aux interventions sur le PCF. La matinée s’est terminée sur l’annonce que le débat reprenait à 14h30 très précises, "quarante délégués étant encore inscrits pour intervenir".
A 14h30, plus question de reprendre les interventions. Sans que la moindre explication, la moindre excuse soient présentées, quarante délégués sont passés à la trappe. Il ne fait pas de doute que, devant l’ampleur très dérangeante que prenaient ces questions, la direction a décidé de mettre unilatéralement un terme aux débats.

Nous avons décidé de publier sur le site de "Faire vivre et renforcer le PCF" les interventions censurées.

(Intervention non prononcée de Floriane Benoit, déléguée de l’Isère, secrétaire de la section "Fontaine-Rive gauche du Drac")

Le compte-rendu de la conférence fédérale de l’Isère qui a paru dans "L’Humanité" du 14 juin n’est absolument pas conforme au déroulement de ses travaux. Il n’est question dans l’article que du Front de Gauche, alors que, durant toute la durée du congrès départemental, la majorité des échanges ont porté sur l’importance du rôle du Parti communiste, y compris lorsqu’il était question du texte 1 sur la stratégie de rassemblement.

Le débat a été riche, lucide mais offensif, loin des éternelles jérémiades sur un affaiblissement irrémédiable de l’influence de nos idées qui conduisent à des positions en retrait. Un débat que résume bien une phrase de la synthèse adoptée à l’unanimité qui affirme : "Nous ne partons pas de rien, le PCF n’est pas un désert, il a une identité et un projet. Le maintien d’une organisation en parti est clairement revendiquée pour permettre un projet révolutionnaire de transformation de la société".

Cette préoccupation n’a pas été majoritaire seulement en Isère, loin de là, et je m’interroge sur les raisons pour lesquelles le journal de Jaurès a fait en sorte de l’occulter. D’autant que le premier jour des débats à ce congrès a confirmé que ces interrogations et ces convictions étaient celles d’une majorité de communistes, par delà les différences d’appréciations sur le Front de gauche.

Pour en témoigner, mandatée par ma section, je ferai état de larges extraits des orientations validées par la totalité des participants à la conférence de ma section, la section de "Fontaine rive gauche du Drac", dans la banlieue de Grenoble.

Voici, par delà les différences de points de vue sur telle ou telle question, ce qui est essentiel à leurs yeux et doit faire débat ici :

" Le Parti communiste constitue un outil irremplaçable pour battre en brèche le système capitaliste et faire changer la société. Il n’est pas envisageable que le Front de gauche ou toute autre forme d’alliance et de rassemblement puisse se substituer au PCF ou entraîner sa marginalisation."

Je veux à ce sujet réagir à des interventions entendues vendredi, qui tentaient de discréditer cette volonté de préserver l’autonomie et l’identité du PCF en l’assimilant, en la réduisant à une "peur" irrationnelle. Personne ici ne doute, aujourd’hui pas plus qu’hier, de la nécessité de promouvoir de larges rassemblements pour peser efficacement sur l’évolution de la société vers un système en rupture avec la capitalisme. Que ces stratégies prennent le nom de "rassemblement populaire majoritaire" comme il y a déjà longtemps, de front de gauche ou de "pacte populaire majoritaire" comme c’est proposé aujourd’hui...

S’interroger, avec lucidité, sur les formes de ces alliances n’a rien d’illégitime ou de "ringard" au regard des expériences passées. Depuis quand faire preuve d’esprit critique au sein du PCF serait une tare, alors que c’est au contraire un gage d’efficacité ?

Il ne suffit pas de dire "nous avons eu tort hier mais nous avons raison aujourd’hui", au risque de reproduire les mêmes erreurs, qu’il se soit agi de la démarche programmatique ou de notre difficulté, voire de notre incapacité à conserver notre indépendance et à exprimer notre différence à l’époque de la gauche plurielle. Expériences que nous avons payées très cher, tout comme l’aventure des collectifs antilibéraux qui, nourrie de l’illusion que toutes les composantes avaient en commun le même but et les mêmes valeurs, a débouché sur un résultat catastrophique de Marie-George Buffet à l’élection présidentielle, le PCF étant accusé d’être ferment de division pour avoir voulu présenter un candidat communiste.

Après cette réaction individuelle, je redonne la parole aux communistes de Fontaine :
"Aujourd’hui, alors que toutes les conquêtes sociales sont attaquées à la tronçonneuse, que le sens de l’intérêt collectif résiste de plus en plus difficilement face aux individualismes et aux communautarismes, le PCF est plus que jamais indispensable pour mener la bataille idéologique, faire reculer le fatalisme et proposer une alternative politique radicalement différente."

J’ajouterai, et c’est là un point de vue personnel en lien avec des questions abordées ici, que cette affirmation de l’idéal et de l’intervention communistes est la condition sine qua non pour que nous parvenions à regagner de la crédibilité auprès des couches populaires qui, malheureusement, s’abstiennent majoritairement aujourd’hui et désertent trop souvent le combat politique. Ils sont en marge notamment parce qu’ils ont été à juste titre déçus par les expériences des gouvernements de gauche. Mais aussi parce que, confrontés à la déconfiture des pays de l’Est, nous avons été trop souvent sur la défensive quant à notre projet politique, hésitant et parfois renonçant à affirmer nos idées de transformation radicales de la société, par exemple en ce qui concerne les nationalisations.

Il nous faudra beaucoup de patience, de pugnacité, de contacts, de débats pour mettre en route la reconquête de cette partie de la population dont la défense des intérêts est inhérente à la raison d’être du PCF. Une reconquête indispensable, incontournable lorsque l’on sait qu’elle concerne, ouvriers et employés confondus, plus de la moitié des salariés de ce pays, soit 13,5 millions de personnes sur 26 millions.

Ces réflexions ne sont pas déconnectées du texte voté par les communistes de Fontaine avec lequel je vais terminer cette intervention.

" Les communistes remettent à l’ordre du jour des propositions radicales qui, comme le programme du Conseil national de la Résistance, portent en germe une conception totalement différente de l’organisation sociale et économique de la société. Les communistes doivent afficher sans complexe ce qu’ils pensent et ce qu’ils proposent. Ils doivent oser démontrer l’actualité et la pertinence des nationalisations, par exemple des banques et des assurances, rappeler les valeurs fondamentales dont est porteur le service public à la française, exiger une réforme en profondeur des institutions et impulser la bataille pour la suppression du régime présidentiel qualifié dès 1958 par le seul PCF de "pouvoir personnel".

Mener à bien ces ambitions implique de revivifier l’activité communiste prioritairement au plus près des couches populaires. Ce qui nécessite de disposer d’une organisation privilégiant les structures (cellules, sections) et les interventions de proximité et d’assurer un réel fonctionnement démocratique à tous les niveaux."

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