Tunisie : Déclaration du PCOT relative aux élections de l’assemblée constituante

, par  communistes , popularité : 4%

L’instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) a publié le soir du 27 octobre 2011, les résultats provisoires des élections de l’assemblée constituante. Le mouvement Nahdha est arrivé en tête, suivi respectivement par le Congrès pour la République (CPR), le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), la Pétition Populaire pour la liberté, la Justice et le développement… Le parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) a obtenu seulement trois sièges à Sfax, Kairouan et Siliana.

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Le PCOT a bien noté que ces élections, les premières depuis la révolution, étaient pluralistes, ouvertes à tous les partis et à toutes les tendances idéologiques et politiques. Il ne peut toutefois s’empêcher de souligner les irrégularités qui les ont entachées, dans un souci de vérité, loin de la langue de bois héritée de l’ère Ben Ali, qui excelle dans l’éloge et occulte la vérité au peuple.

1. Selon les chiffres officiels de l’ISIE, le taux de participation n’a pas dépassé les 48, 9%, ce qui signifie que la majorité des électeurs (3.867.197 électeurs sur 7.569.824) n’ont pas pris part au vote. Il convient de s’interroger sur les causes de cette faible participation, notamment au vu des circonstances politiques et sociales générales dans lesquelles le scrutin s’est déroulé.

2. L’argent a joué un rôle sale et dangereux dans ces élections. Par la « publicité politique » qui n’a échappé à personne, par la corruption à grande échelle, sous forme de « cadeaux » aux électeurs et de « services sociaux et de bienfaisance ». Des actes qui ont perduré jusqu’au jour des élections et face auxquels l’ISIE s’est montrée impuissante.

3. Les médias encore sous le contrôle des agents de l’ancien régime, y compris les médias publics, ont favorisé certaines forces politiques au détriment d’autres. Ils n’ont pas permis à l’opinion publique de comprendre les enjeux des élections de l’assemblée constituante, ils ont, au contraire, privilégié des thématiques secondaires et semé la confusion autour de questions relatives aux croyances.

4. La religion a été gravement instrumentalisée dans les mosquées et dans l’espace public lors de ces élections. A titre d’exemple, la plupart des prêches du vendredi 21 octobre, soit deux jours seulement avant les élections, ont appelé de manière implicite ou explicite à voter pour certaines parties contre d’autres, sous prétexte qu’elles représentent la religion ou que leurs membres font leurs prières, ce qui n’est pas sans nous rappeler les pratiques de l’ère Ben Ali.

5. L’instrumentalisation de la religion allait de pair avec de basses campagnes de calomnie contre les forces révolutionnaires et démocratiques comme notre parti. Orchestrées par des forces réactionnaires et contre-révolutionnaires, ces campagnes visaient le détournement de l’attention du peuple des véritables enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels mais aussi sa division sur la base de critères religieux.

6. Plusieurs irrégularités ont été commises le jour du vote, y compris par des membres des bureaux de vote. Des voitures et des bus privés ont été utilisés pour ramener des électeurs surtout ceux qui ne se sont pas inscrits volontairement, la campagne électorale s’est poursuivie jusqu’au jour du scrutin, notamment devant les bureaux de vote afin d’inciter à voter pour certaines listes, de la nourriture et des boissons ont été distribuées à l’intérieur des bureaux…

Rapportées par des instances de surveillances, des rapports indépendants et d’observateurs, ces infractions aux principes d’élections démocratiques entachent l’honnêteté des élections et leur transparence. Elles ont influé d’une manière ou d’une autre les résultats des élections. Les tentatives de l’ISIE de minimiser leur importance révèle son incapacité à les contrecarrer.

7. Les reports successifs de l’annonce des résultats interrogent sur la transparence des élections. Les jours à venir pourraient révéler les causes de ces multiples ajournements.

8. Le PCOT qui a participé à ce scrutin, a été le premier à appeler à l’élection d’une assemblée constituante pour rompre avec la tyrannie. Il a mené une campagne propre sur le plan financier et politique mais aussi éthique. Il a mis l’accent sur les propositions et les programmes, comptant sur la volonté de ses militantes et ses militants. Il a aussi fait face à une grande campagne diffamatoire et subi un blocus médiatique flagrant.

Les résultats obtenues par le PCOT sont faibles, ils ne reflètent pas son implication sur le terrain, son enracinement, son histoire militante et son rôle avant-gardiste dans la révolution tunisienne contre la dictature. S’il est vrai que ces résultats sont liés au climat général évoqué plus haut, les instances du parti ne manqueront pas d’évaluer et d’analyser les responsabilités qui nous incombent.

9. Au delà de ces résultats, le PCOT continuera à lutter sans relâche, aux côtés des travailleurs et des couches populaires, pour l’accomplissement des objectifs de la révolution et pour l’instauration d’un véritable changement démocratique, patriotique et populaire.

Lors de cette campagne, le PCOT a pu gagner de nombreux sympathisants, convaincus par son programme, ses positions, sa crédibilité et ses principes, ils constitueront la base solide d’un nouveau départ pour lever les défis à venir.

A cette occasion, le PCOT tient à saluer, toutes celles et ceux qui l’ont soutenu et lui ont accordé leur vote, il les assure que ses représentants dans l’assemblée constituante défendront avec acharnement la mission pour laquelle ils ont été élus.

Parti communiste des ouvriers de Tunisie

Voir en ligne : Le site du PCOT (en arabe)

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