La revue de presse de la Mission Agrobiosciences

Qui sème du vent, récolte l’émeute Revue de presse : les DNA, l’Express, France Info, Le Figaro, 20 minutes...

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C’est reparti. Avec les mêmes mots, les mêmes constats désolés, les mêmes solutions proposées. Non, rien n’a changé, comme s’il s’agissait désormais d’un cycle fatidique auquel on s’habitue. Comme si l’on redécouvrait à chaque fois les failles du marché mondial, l’effet délétère de la spéculation, la faiblesse des stocks américains de céréales, l’inefficacité de certains gouvernants et les incidents climatiques, lesquels ont bon dos. Cela fait des mois qu’ici et là, les alertes sont lancées :les émeutes de la faim vont recommencer. Peut-on encore parler de prédiction quand tout concourt à ce que l’événement se réalise, dans un laisser-faire général, quand aucune leçon n’est tirée des convulsions de 2008 ?

Explications au fil de cette revue de presse de la Mission Agrobiosciences.

Voilà donc que trois ans à peine après les émeutes de la faim qui ont secoué une trentaine de pays, à partir de la fin de l’année 2007, tous les ingrédients sont de nouveau réunis pour une nouvelle flambée des prix et de la révolte des populations. Et pourtant, depuis un an, les signaux d’alarme n’ont pas manqué, bon nombre d’organisations et d’observateurs l’avaient annoncé. Il faut dire que la prédiction était facile.

Alors, oui, 2010 a vu certains prix agricoles s’envoler, et pas les moindres : ceux du sucre, des céréales et des oléagineux. L’indice mondial des prix de la FAO (calculé pour un panier de 55 produits alimentaires) qui connaît une hausse continue depuis six mois, a même « battu » le record de juin 2008… Si ce phénomène se prolonge dans les deux ou trois mois à venir, avertit Eric de la Chesnais dans Le Figaro du 5 janvier dernier, « il pourrait avoir des effets inflationnistes et créer des tensions parmi les populations des pays pauvres. » Or comme il le précise, « rien ne laisse entrevoir un arrêt prochain de la spirale haussière ».

Certes, les prix du pétrole, même repartis à la hausse, n’atteignent pas les niveaux de 2008. De même, dans certains pays d’Asie, d’ Afrique centrale et de l’Est, les récoltes paraissent avoir été suffisantes, voire abondantes, notamment au Niger. Reste qu’en l’absence de régulation, la spéculation s’est engouffrée dans la première brèche venue, en l’occurrence la sécheresse qui a sévi en Russie et en Ukraine cet été, suivie des inondations en Australie et, peut-être, comme on le craint déjà, un épisode sécheresse qui démarre en Argentine.

Une offre qui diminue et une demande qui ne se relâche pas : du pain bénit pour les spéculateurs. D’ailleurs, « Riz, orge, sucre sont devenus des actions comme les autres. Comme la Bourse se porte mal et les taux intérêts sont très bas, les investisseurs préfèrent miser sur les matières agricoles. Sans compter les mauvaises récoltes, leur prix a déjà tendance à augmenter naturellement depuis quelques années avec la hausse de la population mondiale et de la consommation deviande », précise l’économiste Philippe Crevel dans le journal 20 Minutes.

Une hausse des cours internationaux qui se répercute durement dans les pays où 60 à 80% du revenu familial est consacré à l’alimentation. Dès septembre dernier, la révolte contre la cherté de la vie éclatait au Mozambique, suivi de la Tunisie en décembre. En Algérie, où des manifestations violentes éclatent depuis quelques jours autour d’Alger et d’Oran, l’inquiétude est à son comble : en quelques jours, le kilo de sucre a augmenté de 50% tandis que s’envolent les étiquettes de l’huile, de la farine, des pâtes alimentaires, des yaourts et des légumes… Le tout sur fond d’inaction du gouvernement alors même qu’on évoque une réserve de 150 milliards de dollars tirés du gaz et du pétrole, mais aussi de rumeurs politiques concernant des présidentielles anticipées, ainsi que le relèvent les Dernières Nouvelles d’Alsace. Rumeurs alimentées entre autres par l’inhabituel silence d’A.Bouteflika dans les médias.

Il est à craindre que l’année 2011 égrène, de mois en mois, les records d’indice, la liste des denrées touchées, le nom des pays qui, à leur tour, connaissent une explosion sociale. Il y aura quelques grandes déclarations qui resteront lettre morte. Deux ou trois réunions internationales pour s’alarmer, un peu d’émoi pour des émeutes, et guère de mutinerie dans l’ordre du Monde.

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