Quand le monde d’après, nous replonge dans un passé sulfureux. Francis Arzalier, ANC

, par  Francis Arzalier , popularité : 2%

Quelques-uns d’entre nous ont le fâcheux privilège d’avoir vécu dans leur enfance cette période noire de l’histoire de la France, durant laquelle régnait depuis Vichy le Maréchal Pétain. Ce vieil homme avait profité en juillet 1940 du grand désastre national pour se faire accorder les pleins pouvoirs par une Assemblée Nationale prête à tous les abandons, avec l’approbation d’une Nation affolée, apeurée, soumise. Dans cet été de débandade de l’armée et des politiciens vaincus par la ruée nazie, il y eut bien quelques isolés assez lucides et courageux pour appeler à résister, un militaire peu connu nommé De Gaulle depuis Londres, ou le militant communiste Tillon futur chef des FTP depuis sa Bretagne natale.

Mais la majorité des Français approuvait lâchement la fin des combats, et le majestueux vieillard qui chevrotait à la radio qu’il fallait se soumettre, que la défaite était la punition méritée d’un peuple qui avait voulu bien vivre sans rien faire. Le Maréchal, paternel, protégerait le pays des occupants allemands, à condition qu’il se repente de ses erreurs, des grèves, du suffrage universel et des congés payés, Et qu’il retrouve le sens de l’effort, du sacrifice et de l’obéissance. Pétain et ses amis nommaient ce temps de pénitence une "Révolution Nationale", sans rire.

Même si la vulgate gaulliste a prétendu le contraire plus tard, la majorité des français de 1940 a accepté quelques temps ces reculs sociaux, politiques, moraux : il faudra bien des mois pour engendrer les résistances, communistes ou gaullistes.

Rien d’étonnant, la peur transforme les peuples en troupeau lâche et irrationnel.

Quatre vingt ans plus tard, la France a subi un nouveau désastre majeur, une pandémie née d’un virus que personne ne savait combattre, qui a tué en quelques semaines des dizaines de milliers de personnes. Un fléau bien réel, mais instrumentalisé par les dirigeants d’un État libéral peu représentatif, acharné depuis des années à détruire les conquêtes sociales et les services publics.

Ces "Élites" bavardes n’ont su que multiplier les phrases creuses et les décisions contradictoires, mais ils ont utilisé à plein les divers médias à leur service, pour imprégner l’opinion de la panique et de la peur de l’autre comme jamais la France n’en avait vécues en un siècle. Selon l’armée d’Experts adoubés par ces "Voix de l’Etat", tout citoyen nous est une menace mortelle, dont il faut se protéger par des "gestes-barrières", l’éloignement, l’enfermement, le masque.

A l’issue de trois mois de confinement, les mêmes "experts" médiatiques continuent quotidiennement d’asséner la panique, n’hésitant pas pour cela à grossir le nombre de malades, menaçant d’amendes et de prison les non-porteurs de masques, les obstinés qui se rassemblent, ces horribles manifestants qui n’obéissent pas aux ordres paternels du Pouvoir, et qui décidément méritent bien tout ce qui leur arrive...

Tous les ingrédients de l’été 1940 sont là, avec le ridicule en plus, car si l’histoire se répète, c’est souvent en se parodiant : une opinion traumatisée par des désastres bien réels, l’explosion du chômage et de la pauvreté, et surtout la peur irrationnelle et obsédante de la contagion, cultivée par tous ceux qui gouvernent, politiciens ou pseudo-scientifiques à leur disposition. Un peuple qui pour eux sera dorénavant soumis, abreuvé de culpabilité pour tout ce qu’il supporte. Et pour couronner l’édifice, le nouveau gouvernement, plus à Droite que le précédent si possible, est incarné par le technocrate sarkozien Castex, déguisé en "homme du Terroir", répétant 20 fois "les Territoires" en une heure de discours programme, proclamant la nécessité du retour aux Valeurs d’autrefois, saupoudrées de quelques proclamations écologistes pour être à la mode... Les télévisions amplifient jusqu’au ridicule.ces discours qui ne sont que la redite du discours pétainiste de "Retour à la terre" et à ses valeurs ancestrales. ("Travail, Famille, Patrie" ).

Et s’il fallait encore des confirmations des dérives de la France actuelle vers " l’Ordre moral " comme il y a 80 ans, la journée du 24 juillet est venue en donner deux exemples probants, dont le ridicule le dispute à l’odieux.

1/ Un des maires adjoints de Paris a été contraint à la démission, parce qu’harcelé d’accusations sans preuves de collusion avec un écrivain coupable d’écrits pédophiles. Fort peu respectueux de la présomption d’innocence, ses accusateurs ont même organisé devant l’Hotel de Ville qualifié de "Pedoland" (!) un rassemblement prétendument féministe et Écologiste, imitant ainsi les fanatiques islamistes qu’ils dénoncent par ailleurs quand ils prônent la lapidation en Arabie Saoudite.

2/ Les autorités policières françaises, fort complaisantes a l’égard des brutalités voire des comportements racistes de certains fonctionnaires, ont transmis à leurs troupes une circulaire exigeant des policières une "tenue stricte", cheveux aux couleurs naturelles, visages sans trop de maquillage, etc Voilà où se situent selon eux les "valeurs républicaines" !

Un ersatz de la "Révolution Nationale" de 1940, dans une France de 2020 dépeuplée de ses paysans et ouvriers d’usines et que nos dirigeants s’évertuent à museler !

Cet affaissement de la Nation Française, maintenue par la peur qui RÉDUIT les meilleurs esprits au silence et à la soumission, ne durera pas plus que son modèle d’autrefois, à condition que nous y prenons peine.

Efforçons nous de susciter les nouvelles Résistances, contre le Capitalisme macronien, et l’hypocrisie de ses discours moralisateurs.

Francis Arzalier, ANC (Association Nationale des Communistes)
25 juillet 2020

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