La crise grecque met de nouveau les CDS sur le devant de la scène ! Une bombe à retardement

, par  Herve Poly , popularité : 2%
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"La monnaie est par nature l’or et l’argent", Karl Marx

D’une actualité brûlante face à la crise financière et monétaire qui va continuer de s’amplifier dans les semaines qui suivent. Cette troisième crise systémique du capitalisme risque de durer au moins vingt années si les peuples ne renversent pas le cours des choses. Plus que jamais la socialisation des moyens de production, d’échange et les banques, etc... la construction du socialisme est la seule issue à la crise du capital.

L’agence de notation Moody’s a dégradé la note de la Grèce à un cheveu du défaut de paiement. Manquant de détails pour juger correctement le cas grec, elle envisage toutes les possibilités pour les prochaines semaines. Pour certains, les principaux acteurs de ce marché sont des spéculateurs ayant intérêt à faire monter l’angoisse.

L’immense et nébuleux marché des CDS, ces titres permettant de s’assurer contre le risque de défaut d’un émetteur de dette, est mis en lumière dans la crise de la dette des pays comme la Grèce ou le Portugal. En effet, des banques importantes et de grands fonds spéculatifs ont vendu des assurances contre le risque de défaut des États européens. Ces assurances prennent la forme de Credit Default Swaps (CDS). Le principe est assez simple. D’un côté un créancier (d’un émetteur public ou privé) paie pour se couvrir si jamais son débiteur venait à ne pas rembourser toute sa dette : en contrepartie, une institution financière lui offre de prendre à sa charge cette dette dans cette éventualité. Plus le risque de défaut augmente, plus cette couverture coûte cher. L’évolution du coût des CDS est régulièrement citée comme un moyen de mesurer au jour le jour l’évolution du risque que présente la dette d’une entreprise ou d’un État. En tenant compte de cet indice, le prix des CDS sur la Grèce "implique une probabilité de défaut de 28% dans les cinq ans à venir".la probabilité de défaut est aujourd’hui de plus de 70%.

Un marché estimé à 60.000 milliards de dollars !

La dette grecque est ainsi "plus risquée que celle du Salvador, de la Bulgarie, du Liban ou du Kazakhstan pour certain financier. Par ailleurs, plus la perception de ce risque de non-remboursement augmente, comme dans le cas de la Grèce, plus les assurés vont demander à leur assureur de lui faire la preuve de sa propre solidité financière. Cette crainte est devenu aujourd’hui une réalité, la Grèce étant perçue comme devant entrer en cessation de paiements très prochainement. Si cela devait arriver, la réaction en chaîne serait spectaculaire, d’après les opérateurs de marché.

CDS, le réveil des monstres assoupis ?

Ce scénario montre le poids d’un marché assez mal connu et déjà responsable de la quasi-faillite en 2008 de l’ex-numéro un mondial des assurances, l’américain AIG gros émetteur de CDS.

Le marché mondial des CDS est tentaculaire, pesant selon certaines estimations 60.000 milliards de dollars. Vous avez bien lu 60.000 milliards de dollars. Près de quatre fois le PIB des USA. Deux fois et demi la capitalisation des places boursières américaines. Il est aussi particulièrement opaque, passant en très grande majorité par des contrats de gré à gré.

Selon les médias bien pensants, l’Europe aurait sauvé la Grèce mais rien n’est moins sûr et à quel prix pour le peuple qui ne connaîtra que du sang et des larmes si demain leur plan s’applique.

* Enfin ce que la presse éco ne nous dit pas, c’est qu’il y a des "credits defaut swaps" sur ces montants de la dette grecque. Par exemple, la France est exposée à 57 milliards d’euros pour renflouer les créanciers de la Grèce. Eh bien ce seront 48,4 milliards d’euros qui seront officiellement perdus.

Sauf que les banques, hedge funds, etc... qui ont signé les CDS sur les obligations d’Athènes seront obligées de passer à la caisse. Et là, on ne sait absolument pas quelles sont les contreparties qui devront passer à la caisse.

Autrement dit, quand le patron de la SG ou de la Lloyds vous dit que son exposition à la Grèce est très faible, IL SE GARDE BIEN DE VOUS DIRE à combien il est exposé sur la Grèce par le biais des CDS (qui par définition sont hors bilan...) signés avec d’autres banques et hedge funds. Et là on touche du doigt la folie de ces permutations d’impayés. Vous pensez que la SG est exposée à la Grèce, et en réalité c’est la BNP ou la RBS qui va tomber parce que contractuellement elle doit prendre l’impayé de la SG ou d’une autre à sa charge. Et là, on est en plein brouillard puisque personne ne sait vraiment qui couvre qui et pour combien. Comme on l’a vu avec Lehman Brothers le jeu des contreparties sur la Grèce risque d’être tout aussi mortel.

Hervé Poly, secrétaire fédéral du Pas-de-Calais, membre du CN

à partir de diverses notes et d’articles économiques.

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