Cuba : 1159 délégués élus au second tour par 88% des inscrits À Cuba, ce sont les électeurs qui choisissent les candidats

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1159 délégués élus au second tour

Par Susana Lee, Granma international

Un troisième tour sera nécessaire dans une des circonscriptions de la province de Las Tunas, alors que dans les 125 circonscriptions d’Holguin, les électeurs se rendront aux urnes le dimanche 11 novembre pour le second tour, retardé à cause du passage de l’ouragan Sandy.

1.159 délégués ont été élus aux assemblées municipales du Pouvoir populaire, lors du second tour des élections, qui s’est tenu le dimanche 4 novembre dans 136 communes de 13 provinces. 895.000 électeurs se sont rendus aux urnes, soit 88,31% des inscrits, selon les informations fournies par Alina Balseiro Gutierrez, présidente de la Commission électorale nationale.

D’après les résultats préliminaires – avant les vérifications et les validations réglementaires –, dans une seule circonscription de la commune de Manati, (province de Las Tunas), aucun délégué n’a été élu, si bien qu’un troisième tour sera nécessaire, qui a été fixé au 11 novembre.

Ce même jour, comme il l’a été annoncé précédemment, les électeurs des 125 circonscriptions des 14 communes de la province d’Holguin se rendront aux urnes pour le second tour. Il ne manquera plus que les élections du second tour dans les 130 circonscriptions de Santiago de Cuba, dont la date n’a pas encore été fixée, du fait des importants travaux de reconstruction mis en œuvre après le passage de l’ouragan Sandy.

Au total, entre le premier et le second tour, 14.281 délégués des assemblées du Pouvoir populaire ont été élus. Pour compléter la liste des 14 537 délégués de cette première étape des élections générales, il ne manque plus que les délégués à élire dans les provinces d’Holguin, de Las Tunas, et de Santiago de Cuba.

La Havane, le 7 novembre 2012


Affluence massive aux urnes

Par Livia Rodriguez Delis, Granma international

Plus de 8 millions de Cubains viennent de manifester leur civisme en participant à l’élection des délégués aux Assemblées municipales du Pouvoir populaire. La journée du dimanche 21 octobre aura marqué la fin de la première étape des élections générales à Cuba.

Des hommes et des femmes – droit de vote à 16 ans – se sont rendus dans les 29.500 bureaux, installés dans tout le pays, dans lesquels les urnes étaient gardées par des écoliers. Ils ont voté afin de garantir la continuité de la Révolution qui vit actuellement un processus d’actualisation et de perfectionnement de l’économie visant à construire une société plus juste et plus équitable.

C’est avec cette motivation que les Cubains, sans avoir besoin d’être affiliés à un parti politique, ont exercé leur suffrage. En effet, chaque délégué, désigné par le peuple, puis élu directement, représentera les intérêts collectifs au moment d’analyser des questions concernant la vie dans la communauté, et de discuter des problèmes et de leur résolution au niveau municipal.

Plusieurs dispositions du code électoral permettent d’assurer la transparence démocratique du déroulement des élections qui, par leur participation massive, aussi bien dans leur organisation que dans leur déroulement, est une fête pour le peuple cubain.

Citons par exemple, l’inscription automatique des personnes sur le registre électoral et la publication des listes dans des lieux publics ; le fait que les candidats ne font pas de campagne électorale en leur faveur ; l’absence de propagande pour des organisations politiques ou sociales, ainsi que la plus stricte impartialité, tout au long du processus, des autorités électorales qui sont désignées sur la base de leur conduite citoyenne et de leur compétence.

On a noté avec satisfaction, parmi les membres des bureaux de vote, la présence des nouvelles générations qui ont travaillé avec des personnes plus expérimentées à la préparation de ces élections, conscientes que l’avenir de la nation dépend de la participation de tous.

Par ailleurs, le fait que les électeurs aient pu vérifier que les urnes étaient vides avant d’être scellées, que le dépouillement des votes ait été public, a confirmé le caractère éthique et civique du processus électoral de la plus grande des Antilles.

Dans un délai de 21 jours, après l’élection de tous les délégués, les délégués élus se réuniront pour constituer l’Assemblée municipale du Pouvoir populaire, et élire à vote secret leur président et leur vice-président.

Ces représentants directs du peuple auront pour tâche de prendre des décisions d’importance nationale, comme la nomination des candidats aux Assemblées provinciales du Pouvoir populaire et des Députés de l’Assemblée nationale, l’évaluation de leur bilan d’activités aux Assemblées municipales, et l’élection pour couvrir les postes vacants au Parlement et à l’instance provinciale.

Au terme de ces élections municipales, les Cubains ont franchi un pas de plus vers le perfectionnement de la société.

La Havane, le 24 octobre 2012


À Cuba, ce sont les électeurs qui choisissent les candidats

Interview de Ricardo Alarcon, président de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, Granma international

À l’étranger, on pense que le système électoral cubain est discutable du fait qu’il existe un parti unique. Décrivez-nous ce système, quelles en sont les valeurs en termes de démocratie ?

Ricardo Alarcon - En ce moment nous sommes en plein processus électoral. C’est une des différences fondamentales avec le modèle en vigueur dans d’autres pays, avec ce soi-disant paradigme universel. L’essence du système électoral dans le monde occidental contemporain réside dans le fait que les électeurs – qui ne représentent qu’une partie seulement des citoyens – sont appelés à voter pour un candidat préalablement choisi, par des machines électorales ou par des partis politiques. Les citoyens participent peu au choix des candidats. À Cuba, depuis plusieurs semaines, nous sommes engagés dans un processus où les gens choisissent par un vote à main levée les personnes qu’ils souhaitent comme candidats aux élections. Il me semble que cela n’a rien à voir avec le système qui prévaut dans le monde. Ici, nous pouvons dire que depuis quelques semaines déjà, des millions de Cubains ont voté, à travers les assemblées de désignation de candidats. Ces mêmes électeurs sont appelés aux urnes le 21 octobre pour voter pour l’un des candidats qu’ils ont désignés eux-mêmes, et qui sera élu délégué à l’Assemblée municipale. Les candidats sont élus, non pas désignés. Ils ne sont pas là par décision d’une machine électorale.

Sur quels critères ou qualités sont-ils élus ?

R.A. - Les journaux et la télévision appellent à voter pour les meilleurs, pour les plus compétents. Ainsi, lorsqu’une personne lève la main au cours d’une des assemblées de quartier pour proposer quelqu’un comme candidat, c’est parce qu’elle le considère comme représentatif ; il peut arriver que quelqu’un se propose lui-même. Si quelque chose ne manque pas à Cuba, ce sont bien les élections. Le processus électoral se termine le 21 octobre, avec un second tour prévu le 28 dans les circonscriptions où aucun des candidats n’aura atteint 50% des voix.

Dans les élections de la plupart des pays, si un candidat déçoit au cours de sa législature, les électeurs peuvent le sanctionner en ne votant pas pour lui aux élections suivantes ? Quelle est l’alternative des Cubains dans ce cas ?

R.A. - C’est très simple. Tout candidat élu peut voir son mandat révoqué à tout moment par les électeurs. Ces dernières années, j’ai été député de la municipalité Plaza de la Revolucion, à La Havane. C’est arrivé pour la première fois, en 1993. Tous les députés de la zone ont été invités à participer à l’assemblée municipale qui avait comme point principal à l’ordre du jour le remplacement de son président. La discussion a été très serrée : certains n’étaient pas d’accord pour révoquer le camarade et faisaient toutes sortes d’éloges sur sa gestion, et d’autres le critiquaient durement. Soudain, un vieux camarade qui avait de l’expérience dans le travail de ce district, s’est levé et a dit : « Camarades, n’en faites pas toute une histoire ! Ici, dans la municipalité Plaza, aucun président n’a terminé son mandat. On les a tous remplacés ».

Il n’existe ni délais, ni restrictions pour révoquer quelqu’un. On peut le faire à tout moment, mais évidemment sans que cela ne devienne un chaos et que nous soyons appelés à voter tous les mois.

Les images diffusées à l’étranger tentent de ridiculiser les élections cubaines qui ont des taux de participation toujours élevés, dépassant souvent les 90%.

R.A. - J’ai une explication pour cela. Quand tu vas voter à Cuba pour choisir entre plusieurs candidats, et que tu sais que l’un d’entre eux a été proposé au cours de ton assemblée de nomination, que tu le connais, tu le sens plus proche de toi, cela t’inspire confiance.

C’est un système très différent des élections dans d’autres pays où le candidat inonde les rues d’affiches avec sa photo, en souriant et en promettant monts et merveilles. Par ailleurs, à Cuba, c’est très simple de voter. Les bureaux sont très proches des lieux de résidence, à une rue ou deux au maximum. C’est ce qui explique qu’à Cuba le taux de participation est plus élevé que dans des endroits où les bureaux de vote sont très éloignés.

Parlons aussi de la liste électorale. En parcourant l’île en ce moment, on peut voir les listes électorales affichées partout : sur les portes des bâtiments, dans les boutiques. Je peux aller vérifier si mon nom y est inscrit, et protester auprès de la Commission électorale s’il n’y est pas. Mais je pourrais aussi voir que tu es inscrit sur cette liste, et savoir qu’en tant qu’Argentin, ne vivant pas à La Havane, tu n’as pas le droit de voter à Cuba. Le jour du scrutin, je connais le nombre d’électeurs qui sont identifiés par leur nom et leur prénom ; la présidente de la Commission demande aux électeurs de l’aider au dépouillement des bulletins. On peut comparer ce système avec d’autres où les gens ne savent même pas combien de votants sont inscrits dans leur bureau, ni combien ont voté, ni même parfois quel est le résultat.

La Havane, le 17 octobre 2012

(Extrait de Tiempo argentino)

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