Appel commun pour les élections au Parlement européen

, par  communistes , popularité : 3%
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Cet appel de la plupart des partis participant au groupe de la gauche (GUE) du parlement européen, auquel participe le PCF semble ne pas avoir été traduit en Français...

Peut-être ce texte affirme-t-il trop clairement aux yeux du président du PGE qu’il faut rompre avec l’UE "directoire des grandes puissances", et qu’il faut affirmer la souveraineté des peuples ? Il est pourtant apparemment signé par le PCF, sans qu’on en trouve de trace sur le site officiel du PCF [1].

Il complète l’appel d’autres partis autour du KKE, pour un vote clairement communiste et dénonçant le PGE, appel proche de celui du parti communiste du Luxembourg. A noter l’appel du parti Hongrois, faisant face à une dictature nationaliste objectivement alliée de l’UE et qui le contraint à changer de nom et qui appelle au boycott.

L’Union européenne (UE) est submergée par une crise profonde qui, étant l’expression de la crise du système capitaliste et de ses contradictions, résulte de politiques concrètes qui favorisent le grand capital, la financiarisation de l’économie, la circulation incontrôlée des capitaux, la libéralisation des marchés, les privatisations, l’attaque contre les services publics, une toujours plus grande accumulation du capital et une exploitation accrue. Ces politiques ont été menées par les forces politiques de droite et d’extrême droite, comme par la social-démocratie. Tout comme la crise du capitalisme met en évidence les limites historiques de ce système, la crise de l’Union européenne montre que l’UE n’est pas réformable dans son essence, en tant que structure et processus néolibéral et militariste. Une autre Europe ne sera possible qu’avec un changement radical des fondations sur lesquelles a été construite l’Union européenne.

Face à la crise, l’UE encourage le financement des grandes banques, la transformation de la dette privée en dette publique et l’utilise comme un instrument de domination économique et politique ; déchaîne une violente offensive contre les droits du travail et les droits sociaux et renforce son cours néolibéral et militariste - qui est déterminée par les intérêts des grands groupes économiques et financiers et des États au pouvoir. En conséquence, l’Union européenne encourage la concentration du pouvoir politique dans un directoire qui renforce le manque de démocratie, la prédominance des États dirigeants et la division au sein de l’Europe entre un centre “riche et décideur” et une périphérie “pauvre et dominée”.

Cette offensive vise à imposer une régression sociale d’ampleur historique, qui se reflète clairement dans les coupes brutales des salaires, des pensions et de la protection sociale, dans un chômage et une précarité croissants - avec des conséquences dramatiques pour les jeunes -, dans un accès de plus en plus restrictif à la santé, l’éducation, le logement, dans l’augmentation de la pauvreté et de l’exclusion sociale, dans le traitement des migrants comme des criminels potentiels. Cette offensive, qui est accompagnée par des attaques contre les droits sociaux qui avaient été conquis et qui sont, dans de nombreux cas, inscrits dans les constitutions nationales, limite d’autres droits et libertés, tels que les droits syndicaux, les droits d’association, de manifestation et de la participation démocratique.

La démocratie, la souveraineté nationale, le droit au développement économique et social sont mis en péril par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et les « mémorandums d’accord » du FMI, qui augmentent l’exploitation et imposent des relations de type colonial, fomentent les inégalités sociales et les inégalités de développement, et que le processus d’approfondissement de l’Union économique et monétaire vise à institutionnaliser et pérenniser.

Ces politiques ouvrent la voie à un nationalisme réactionnaire, du racisme et de la xénophobie, de la résurgence des forces de droite extrême droite et fascistes qui ont été rejetés par la lutte des peuples au cours du 20e siècle.

La politique de l’UE confirme ses ambitions en tant que bloc politico-militaire impérialiste subordonné à l’OTAN et donc aux USA, favorise le militarisme, la course aux armements, et se caractérise par une attitude de domination sur le monde, comme le prouve ses accords commerciaux, ses opérations d’ingérence et d’agression contre des pays souverains et le récent accord transatlantique signé entre les USA et l’UE.

Les problèmes d’environnement et de développement durable sont traités de manière fragmentée, et l’UE favorise des politiques qui, tout en cachant les causes réelles de la crise environnementale et en sacrifiant leurs vraies solutions, visent à augmenter les profits des grands groupes économiques.

Les politiques de l’UE sont inscrits dans ses différents traités, dans le "Pacte de stabilité", dans la "Stratégie 2020", dans les mesures pour la "gouvernance économique", dans les lignes directrices du “semestre européen” et, plus récemment, dans le "pacte budgétaire", tous basés sur la déréglementation économique et financière.

Nous sommes profondément convaincus que ce qui est imposé aux travailleurs et aux peuples n’est pas une fatalité. Comme le montre la réalité dans d’autres continents, des processus de coopération et d’intégration de nature progressistes sont possibles, respectant les droits et les aspirations des peuples.

Nous affirmons qu’une autre voie est possible pour l’Europe. La première étape dans cette direction est une profonde rupture avec les politiques de l’UE, avec le néo-libéralisme, avec le militarisme et avec la concentration et la centralisation du pouvoir dans les mains d’un directoire des grandes puissances.

Pour une Europe de la coopération , du progrès social et de paix !

Les forces communistes, anticapitalistes, antilibérales, de gauche progressistes et écologiques qui soutiennent cet appel voient les prochaines élections au Parlement européen, en mai prochain, comme une occasion importante de faire écho aux luttes des travailleurs et des peuples ravagés par l’UE, pour affirmer la nécessité et la possibilité d’une Europe de la coopération, de progrès social, de la paix, de l’égalité, de la promotion de l’environnement, qui respecte la démocratie, la solidarité, qui place les travailleurs et les peuples, et pas les intérêts économiques des grands, au cœur de ses politiques.

L’histoire du continent européen montre que les travailleurs et les peuples peuvent, par leur lutte, vaincre de grands dangers et apporter des avancées progressistes, et même révolutionnaires, dont certaines marquent encore aujourd’hui la réalité de notre continent.

Aujourd’hui, une fois de plus, la lutte de masse est décisive, dans la défense des droits sociaux et du travail, de la démocratie et de la souveraineté, pour de profondes transformations de nature anti-impérialiste et anti-monopolistique, sur la voie de la construction de nouvelles sociétés de progrès, de paix et de justice sociale. Comme dans d’autres parties du monde, de même qu’en Europe, les peuples intensifient leur résistance et leur lutte, construisent des alliances et des solidarités, cherchant à sécuriser le chemin de la transformation sociale.

Nous appelons les travailleurs, les jeunes, les femmes et en général, les peuples des États membre de l’UE, à donner, aux prochaines élections au Parlement européen, une expression électorale aux luttes intenses qu’ils mènent, condamnant ceux qui sont responsables des politiques anti-sociales et anti-démocratiques de l’UE et soutenant ceux qui, comme les signataires de cet appel, sont côte à côte avec eux dans la lutte, donnent voix à leurs aspirations au sein du Parlement européen, à leurs revendications et protestations et représentent un véritable alternative pour l’Europe.

Une autre voie pour l’Europe est possible ! Grâce à la lutte et la solidarité qui unit tous ceux qui, dans chaque pays, et, ensemble, en Europe, travaillent, agissent et se battent pour la transformation progressiste et révolutionnaire de leurs sociétés et pour une alternative au capitalisme.

En ce sens, les forces qui signent le présent appel s’engagent à continuer à lutter pour :
- La coopération à travers l’Europe pour les droits sociaux, qui valorise le travail et les travailleurs, le plein emploi avec des droits, des emplois pour les jeunes stoppant l’émigration économique forcée, des droits pour les personnes âgées et les enfants, la défense des services publics et le caractère public et la propriété publique de secteurs et domaines stratégiques, afin de garantir de meilleures conditions de vie. Une Europe qui garantit les droits de tous les citoyens indépendamment de leur orientation sexuelle, une Europe sans discrimination des femmes, le respect de leurs droits et des conditions d’une maternité libre comme de décider pour leur propre corps.
- La coopération à travers l’Europe pour le progrès économique et social, la convergence réelle basée sur la sauvegarde et la promotion du potentiel de chaque pays, la défense de leurs secteurs productifs et de la sécurité alimentaire et la souveraineté, sur le soutien aux micro, petites et moyennes entreprises, sur la fin des paradis fiscaux et de la circulation libre et non réglementée des capitaux, sur l’opposition et la taxation des mouvements de capitaux spéculatifs, sur une utilisation durable des ressources naturelles et la protection de l’environnement.
- Une Europe de la coopération entre États souverains égaux en droits, qui respecte et défende la démocratie et la participation démocratique, qui s’oppose à toutes les formes de discrimination, au nationalisme réactionnaire, au racisme, à l’homophobie, au sexisme, à la xénophobie, au chauvinisme, à l’anti-communisme et autres formes d’intolérance, qui rejette les mesures sécuritaires et respecte les droits, les libertés et les garanties démocratiques, les droits des migrants et des minorités, la diversité culturelle et des identités.
- Une Europe qui se batte pour la paix et la solidarité avec tous les peuples du monde, qui respecte la Charte des Nations Unies et le droit international - comme les droits des peuples à l’autodétermination -, qui rejette la militarisation des relations internationales, qui prenne position pour la fin de interventions et des agressions étrangères et des blocs politico-militaires tels que l’OTAN, qui favorise la coopération internationale mutuellement bénéfique, basée sur l’amitié, la solidarité et un cadre pan-européen pour la sécurité commune pour tous les peuples de l’Europe. Une Europe sans armes nucléaires et bases militaires étrangères.

Partis signataires :
- Communist Party of Austria – KPÖ
- Communist Party of Britain
- Progressive Party of the Working People – AKEL (Cyprus)
- Communist Party of Bohemia and Moravia – KSCM (Czech Rep.)
- Communist Party of Denmark – DKP
- Red-Green Alliance (Denmark)
- Communist Party of Finland – SKP
- French Communist Party – PCF
- German Communist Party – DKP
- The Left – Die Linke (Germany)
- Party of the Italian Communists – PdCI
- Communist Refoundation – PRC (Italy)
- Socialist Party of Latvia
- Communist Party of Malta
- Portuguese Communist Party – PCP
- Left Block – BdE (Portugal)
- Communist Party of Spain – PCE
- United Left – IU (Spain)
- Party of the Communists of Cataluña – PCC (Spain)

Voir en ligne : Traduit par PAM à partir de la version du site de l’AKEL

[1On ne le trouve pas enchechant sur les mots clés "appel", "PCP", "AKEL", "Portugal"... s’il existe, il est bien caché, car google ne le trouve pas non plus !

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    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

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