De 68 au 38ème congrès, un même besoin de dialectique

, par  Francis Velain

Le 11 mai 2018 à 21:36, par Francis Velain En réponse à : De 68 au 38ème congrès, un même besoin de dialectique

Bonsoir,

Ce texte fait évidemment l’impasse sur toutes les questions liées à l’international, à la réorganisation de l’internationalisme et au-delà aux enseignements plus généraux, et théoriques des diverses expériences nationales.

Je crois que les cadres nationaux restent le point d’ancrage de toute transformation et pratique politique.

Quand je considère que le capital entre en régime de croisière après la seconde guerre mondiale, ce n’est évidemment pas aussi tranché, uniforme que cela. J’ai voulu donner un point de repère, de basculement.
C’est d’abord vrai dans les pays qui entrainent le mouvement du capital, l’occident pour faire rapide.

Y compris encore aujourd’hui, le capital n’est pas partout réellement, totalement en mode de croisière. La prolétarisation des peuples et donc le développement de la Bourgeoisie n’est pas encore partout celle que connait la France de 2018, ni mème celle de la France en 1945.

Par contre la question des connaissances scientifiques est singulière. Les connaissances de la science, leur diffusion possèdent des dimensions universelles. Tous les peuples peuvent y accéder relativement facilement. Cela ne règle pas tout par magie. Passer de la science aux applications peut nécessité une accumulation primitive de capital par exemple.
Mais la maitrise des connaissances est affaire d’abord d’intelligence.
Le travail des hommes ne repose plus sur les mystères du travail entretenus par les corporations d’autrefois autour des savoir-faire. Tout pays peut accéder aux secrets de l’atome, de la mécanique quantique par l’éducation, la formation. Et donc s’en saisir. La Chine a saisi pleinement la science. Cuba s’est spécialisé dans des secteurs nécessitant relativement moins de moyens lourds : je pense à la médecine...

De fait, dans tous les pays la question est posée de prendre la mesure des deux grandes avancées de la machine de Turing et de la cybernétique, pour ce qu’elles ouvrent comme possibilités et nécessités au travail, et encore plus largement aux sociétés et à la manière dont les hommes peuvent se comprendre jusque dans leurs rapports sociaux, leurs liens avec la nature et leur rapport à leur intelligence d’eux-mêmes.

Les pays de l’Est avaient pris la mesure de l’enjeu dans les années 60 de cette nouvelle donne. Une des causes de leur échec fut de ne pas avoir réussi à assumer un nouveau modèle de développement fondé sur la sublimation et donc l’ économie du travail intellectuel comme les forces productives issues du XIX’ l’ont permis fait pour le travail manuel.
Une des causes du déracinement du PCF relève de la même difficulté d’être lucide sur ce défi.

Une des questions posées à tous les partisans du communisme dans le monde est donc d’être suffisamment conséquents dans l’usage possible des forces productives et de la science.
A défaut, les hommes cherchent une autre voie que le communisme, c’est à dire une société de classes.

Il y a une autre manière de réfléchir à partir de 68 et de ce basculement. Je l’ai traitée à l’occasion du 40è anniversaire de 68 dans un numéro de la revue la Pensée. Il s’agit de comprendre pourquoi il est difficile à des organisations influentes de classes et de masses de se transformer devant des transformations aussi fortes des forces productives. En fait, leur défi est de mesurer qu’il faut qu’elles osent déplacer un enracinement de masse qui fait leur force et à fait ses preuves. La prise de risques opposent alors en quelque sorte des conservateurs et des modernes.

Les deux approches sont complémentaires. Celle ici présentée tient compte que la transformation des forces productives et ses effets sont devenus évidents. Le problème n’est donc plus pourquoi c’est difficile de déplacer ce centre de gravité. Il est de le changer en restant de classe et de masse quand le doute et l’affaiblissement ont déjà affaibli la cohésion idéologique et l’indépendance idéologique de l’organisation.

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