Communistes et gilets jaunes, un dialogue historique !

, par  PBJN

Le 20 mars 2019 à 03:17, par PBJN En réponse à : Communistes et gilets jaunes, un dialogue historique !

J’ai beaucoup apprécié ce texte. Pour la simple et bonne raison qu’il appelle à briser le sectarisme et au dialogue le plus ouvert, sans pour autant verser dans le laxisme idéologique. Ni sectarisme, ni complaisance !

En effet les communistes doivent continuer investir pleinement le mouvement des gilets jaunes, qu’ils soient membres du PCF (comme la majorité d’entre nous) ou non comme le PRCF. Nous devons diffuser un discours de classe, sans non plus faire preuve de paternalisme à l’égard des courageux gilets jaunes.

Et surtout nous devons réapprendre à écouter l’ensemble des préoccupations de notre peuple. Ces préoccupations ne sont pas seulement économiques, autrement il y a longtemps que les travailleurs nous auraient plébiscités. Elles sont également culturelles : le sentiment d’humiliation nationale y est pour beaucoup dans l’acharnement avec lequel les gilets jaunes combattent chaque Week-end. La fierté patriotique a toujours été un puissant vecteur de mobilisation révolutionnaire, quel que soit le pays concerné.

Or dans la plupart des rassemblements organisés par le PCF, le sentiment national n’est pas pris en considération. On ne voit pas l’intérêt de brandir le drapeau français, ni de chanter La Marseillaise d’ailleurs... Un comble quand on sait que c’est justement l’exaltation du patriotisme républicain qui a permis à notre Parti de devenir une force politique majeure à l’échelle nationale dans les années 34-35-36. Un comble également quand on connaît la signification hautement révolutionnaire de ces symboles.
Nous devons en finir avec le gauchisme qui détruit notre Parti depuis une vingtaine d’années et nous fait passer pour une vulgaire copie du NPA aux yeux de beaucoup de travailleurs.

De la même manière la sortie de l’UE et de l’euro, revendiquée par beaucoup de gilets jaunes, doit être abordée sans tabou. On ne doit pas transiger avec la souveraineté nationale, parce que c’est la condition indispensable à la construction du socialisme. Les réussites de la NEP Chinoise et de Cuba socialiste en sont la preuve irréfutable.

Notre comportement vis-à vis de la petite bourgeoisie doit aussi faire l’objet de réflexions approfondies : beaucoup de militants sont souvent tentés d’adopter une rhétorique pseudo-marxiste sur la base d’une dénonciation vulgaire du « patronat », sans la moindre nuance. Peut-on réellement assimiler un patron de TPE/PME qui touche moins de 3000 balles par mois en travaillant 50 heures par semaines (voire plus) à un PDG d’une entreprise du CAC 40 ? D’après les slogans adoptés par certains, oui : c’est par exemple le cas du mot-d’ordre du PCOF « contre l’état des patrons ! », ou encore de certains militants CGT de ma fédération qui ont cru bon de taguer sur les murs « A bas les patrons ! », dans une rue pourtant peuplée de petits commerces et de boutiques... Avec de telles attitudes, comment espérer convaincre les français de sensibilité gaulliste de voter PCF ?

En bref, il est urgent de poser la question du Front Républicain et Patriotique, pour contrer l’extrême-droite et créer les conditions d’un rassemblement populaire susceptible de vaincre la grande bourgeoisie et d’avancer vers le socialisme. Et n’ayons pas peur de sortir de l’UE pour cela !

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