XXIème congrès du PCP - 27, 28, 29 novembre 2020
La crise du capitalisme, l’offensive impérialiste, l’Union européenne et la lutte des travailleurs et des peuples Par Angelo Alvès, membre du comité central du PCP

, par  lepcf.fr , popularité : 1%

Ces dernières années, la situation internationale s’est sérieusement aggravée. La tension internationale s’est accrue, les injustices et les inégalités se sont creusées, les forces réactionnaires et même fascistes ont progressé, et le militarisme et la guerre restent le plus grand danger auquel l’humanité est confrontée.

Cette évolution a des racines profondes dans la nature exploitante, oppressive, agressive et prédatrice du capitalisme, et découle de l’approfondissement incessant de ses insolubles contradictions qui convergent pour approfondir une crise structurelle qui se manifeste à différents niveaux – du social à l’économique, de l’environnement au politique et culturel.

Nous vivons une époque de pandémie où tout est discuté en fonction de cet événement. Mais les graves problèmes que nous connaissons ne sont pas nés avec le Covid.

Le Covid n’a pas provoqué le chômage de centaines de millions de travailleurs, mais c’est plutôt l’exploitation capitaliste qui a besoin des chômeurs en tant qu’armée de réserve de main-d’œuvre.

Le Covid n’a pas conduit une poignée de milliardaires à posséder la même richesse que près de 4 milliards de personnes, mais c’est plutôt l’accumulation capitaliste qui génère la paupérisation des masses.

Le Covid n’a pas créé près d’un milliard de personnes souffrant de la faim dans le monde, mais c’est plutôt le capitalisme incapable de concilier les besoins humains avec la gestion des ressources et le développement des forces productives.

Non, les contradictions du capitalisme ne sont pas nées il y a quelques mois. Le Covid les a simplement amplifiés, ainsi que leur impact sur la réalité, en tant que catalyseur de ces tendances, et a mis en évidence la décadence et la nature inhumaine du capitalisme – démontrant une fois de plus l’incapacité évidente du capitalisme à résoudre les problèmes, les besoins et les droits fondamentaux des travailleurs et des peuples.

Une incapacité d’autant plus frappante que les progrès remarquables de la science et de la technologie et leur énorme potentiel sont utilisés non pas pour le progrès social, mais pour intensifier l’exploitation, la concentration du capital et les atteintes aux libertés et aux droits fondamentaux ; ou lorsque le capitalisme, responsable de l’aggravation des problèmes environnementaux, les utilise comme de nouveaux fronts commerciaux qui accentueront les crises environnementales.

La vérité est que la crise du capitalisme est bien plus ancienne, presque aussi ancienne que le système lui-même. Et elle s’aggrave, comme en témoignent les injustices et les discriminations insupportables ; les crises cycliques de plus en plus fréquentes ; la difficulté de relancer des cycles d’accumulation importants ; et la financiarisation croissante de l’économie amplifie les crises économiques et accentue le caractère parasitaire et criminel du système. Une crise qui se manifeste au niveau politique dans le mécontentement croissant des masses, le discrédit du système politique libéral bourgeois, la régression culturelle, la propagation de l’obscurantisme et la promotion des forces réactionnaires.

Une crise de plus en plus palpable au cœur même du capitalisme et dans l’approfondissement des contradictions du camp impérialiste. Tout d’abord sur le continent européen, avec la crise profonde de l’Union européenne, clairement exprimée par le retrait du Royaume-Uni, la multiplication des crises et des rivalités, la protestation populaire croissante et la confirmation pratique que l’Union européenne n’est pas une espace de solidarité et de coopération, mais plutôt une structure supranationale irréformable et de domination impérialiste qui favorise un développement asymétrique et les forces réactionnaires, et qui, même en période de conflits temporaires, s’articule avec l’impérialisme américain et l’OTAN.

Les professions de foi de cette relation se répètent désormais à la suite des élections américaines, où la nouvelle administration s’apprête à huiler la machine transatlantique et à reprendre le leadership mondial (comme elle n’a aucun problème à l’affirmer). Rien qui devrait nous surprendre. Alors que la non-réélection de Trump était un élément positif pour le peuple américain qui aspire au changement, penser qu’il y aura des changements de fond, en particulier dans la politique étrangère, est une illusion. Au contraire, ce qui est sur la table peut être l’intensification de l’offensive impérialiste, avec un nouvel habillage.

Camarades,

Les temps que nous vivons sont d’une grande instabilité, ils présentent de grands dangers, mais aussi des potentiels. Dans leur soif de profit et de domination, les classes dirigeantes nous révèlent cette insécurité. Elles s’inquiètent du caractère insoutenable de la situation sociale, de l’instabilité économique, de la contestation populaire, ainsi que du processus complexe de réarrangement des forces au niveau international qui diminue les possibilités de manœuvrer des principales puissances impérialistes et ouvre des perspectives de changements significatifs dans l’économie, les relations commerciales et géostratégiques – en particulier grâce aux avancées économiques, sociales et technologiques de la Chine et son affirmation au niveau international.

C’est dans ce contexte que le grand capital multiplie les manœuvres visant à contenir la lutte des peuples et à empêcher le développement de pays souverains. De la promotion du fascisme, à l’avancement du militarisme, à la multiplication des conflits, aux atteintes à la démocratie et à la souveraineté des États, à la manipulation idéologique à grande échelle à travers les médias ou les réseaux sociaux, l’impérialisme développe une violente offensive multiforme dont les objectifs principaux sont de maintenir son pouvoir et de masquer au peuple la nécessité et la possibilité d’un renversement révolutionnaire du capitalisme.
Une offensive qui, dans le contexte de la pandémie, s’accompagne d’un barrage idéologique autour de concepts tels que la « nouvelle normalité », que les classes dirigeantes utilisent comme couverture pour accentuer l’exploitation et attaquer les droits du travail, les droits sociaux et démocratiques, et présenter simultanément cette tentative comme une renaissance du capitalisme, débarrassé de son histoire de crimes, d’injustices, d’inégalités et d’oppression.

Mais camarades, aussi puissants et dangereux soient-ils, et même dans une conjonction de forces défavorables aux forces révolutionnaires et progressistes, une telle offensive n’est pas un signe de la force et de la vigueur du capitalisme. Au contraire, c’est un signe de sa faiblesse, de son insécurité, de sa dégradation et d’un resserrement de sa base sociale de soutien.

Ils peuvent bien essayer de se cacher, et ils ont les moyens de le faire, mais le fait est que sous les formes les plus diverses, sur tous les continents et à l’aide d’innombrables moyens d’expressions, le mécontentement et la lutte des peuples indiquent que la lutte des classes s’approfondit de manière très significative. Ils peuvent bien essayer de cacher cela, mais ils savent que partout dans le monde, de Cuba à la Palestine, de la Syrie au Venezuela, du Chili à la Biélorussie, de la Bolivie au Sahara occidental, les peuples résistent, combattent et imposent souvent de lourdes défaites à l’impérialisme.

La réalité qu’ils craignent est que les conditions objectives de transformations progressives et révolutionnaires existent. Et c’est pourquoi ils accentuent l’anticommunisme, attaquent la démocratie, recourent au fascisme et mènent des attaques contre notre Parti et contre toutes les forces et tous les pays confrontés à l’impérialisme.
La vérité, camarades, c’est que le capitalisme, aussi « humain » et « vert » qu’il peut se peindre, n’est pas et ne sera pas la fin de l’histoire.

L’avenir, construit avec la lutte quotidienne, appartient au socialisme !

Discours d’Angelo Alvès, membre du comité central du PCP, lors du XXIème congrès du PCP
Le 29 novembre 2020

Sur le site du PCP en anglais
Traduction PB pour Lepcf.fr

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