Des néonazis ukrainiens parmi les manifestants à Hong Kong

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Dans les médias occidentaux, les manifestations qui embrasent Hong Kong sont présentées comme un combat honorable pour la liberté et la démocratie. Bizarrement, ce mouvement est ardemment soutenu par des figures notoires de l’extrême droite US. Et depuis, les manifestants hongkongais peuvent même compter sur les conseils de néonazis ukrainiens, venus partager leur expérience et leurs tactiques d’insurrection. (IGA)

Des néonazis d’Ukraine se sont envolés pour Hong Kong afin de participer à cette insurrection anti-chinoise qui a été largement saluée par les médias occidentaux et dépeinte comme un mouvement pacifique en faveur de la démocratie.

Depuis mars 2019, Hong Kong a été le théâtre de manifestations et d’émeutes souvent violentes qui ont anéanti l’économie de la ville. Le gouvernement US a financé de nombreux groupes à la tête du mouvement pro-occidental et anti-Pékin. Les dirigeants de l’opposition sont en étroite coordination avec des personnalités politiques conservatrices à Washington telles que Marco Rubio et Steve Bannon, ces derniers faisant pression pour des sanctions et d’autres mesures punitives contre la Chine.

De nombreuses délégations d’extrême droite venues du monde entier se sont rendues à Hong Kong pour rejoindre la violente insurrection contre Pékin. Au cours des manifestations, on a pu voir des sécessionnistes attaquer la police avec des arcs à flèches, tirer des bombes à essence à l’aide de catapultes, ou encore brûler vives de nombreuses personnes.

À Hong Kong, les séparatistes agitent leurs flamboyants drapeaux des États-Unis et de la Grande-Bretagne coloniale. Ils chantent aussi en boucle l’hymne national US dans leurs mégaphones. Si bien qu’ils attirent l’extrême droite étasunienne comme un aimant. L’équipe du site web InfoWars, le cyber militant d’extrême droite Paul Joseph Watson ou encore le groupe ultraconservateur Patriot Prayer font partie de ceux qui ont accompli des pèlerinages dans ces manifestations.

La dernière collection d’activistes d’extrême droite débarquée pour grossir les rangs des séparatistes hongkongais vient d’Ukraine. Ils se font appeler Gonor. Sur leur torse, des tatouages de symboles indéniables du néonazisme et du suprématisme blanc.

Lors de la guerre d’Ukraine contre les militants prorusses, ces extrémistes ont combattu dans une milice néonazie notoirement brutale appelée le bataillon Azov.

Le bataillon Azov est un groupe paramilitaire explicitement fasciste qui s’organise autour de l’idéologie néonazie. Après un coup d’État soutenu par l’Occident en 2014 contre le gouvernement démocratiquement élu d’Ukraine, Azov a été incorporé à la garde nationale ukrainienne. Il a reçu le soutien du gouvernement US, qui a armé et conseillé les néonazis dans leur lutte contre Moscou.

Azov a également aidé à former des suprémacistes blancs étasuniens, qui ont comploté des attaques terroristes chez eux, aux États-Unis.

Alors que les gouvernements occidentaux et les médias mainstream décrivent la Chine comme un régime autoritaire qui traite Hong Kong comme une colonie, ces violents fascistes ukrainiens ont profité de l’autonomie de la région pour passer ses frontières. Il est peu probable qu’ils auraient été admis en Chine continentale ou dans les pays d’Europe occidentale qui refusent régulièrement les visas aux extrémistes politiques.

La présence d’Ukrainiens militant pour un changement de régime dans les manifestations à Hong Kong est une nouvelle preuve des alliances que les activistes antichinois sont en train de construire avec d’autres mouvements de droite soutenus par les États-Unis afin de partager des tactiques pour affaiblir et déstabiliser les pays cibles de l’Otan.

Des fascistes ukrainiens rejoignent l’insurrection hongkongaise

Le 1er décembre, le militant d’extrême droite Serhii Filimonov a publié des photos sur Facebook s’affichant avec trois amis ukrainiens à leur arrivée à Hong Kong. Les images étaient accompagnées du slogan officieux anti-Pékin : « Fight for Freedom. Stand with Hong Kong !! » [ndt : Combattez pour la liberté. Soutenez Hong Kong !!].

Stand With Hong Kong est également le nom d’une organisation soutenue par l’Occident qui a fait pression sur les gouvernements des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, du Canada et de l’Australie pour imposer des sanctions et prendre des mesures punitives contre la Chine.

Dans une vidéo publiée sur les médias sociaux par Serhii Filimonov, les suprémacistes blancs ukrainiens ont révélé qu’ils avaient obtenu un laissez-passer de presse, se présentant à tort comme des journalistes.

Un militant ukrainien d’extrême droite notoire qui s’appelle Maliar s’est joint à Filimonov lors de son voyage à Hong Kong. Sous le nom de xgadzillax, Maliar est populaire sur Instagram, où il compte plus de 23.000 abonnés (Maliar a une cicatrice distinctive sur le côté gauche du cou, ce qui le rend facile à reconnaître sur les photos, voir ci-dessous).

Outre les croix gammées tatouées sur son crâne, Maliar arbore des symboles nazis sur sa jambe droite, à côté d’une rune algiz, un autre emblème typique du suprématisme blanc.

Plusieurs photos montrent qu’au moins deux des fascistes ukrainiens présents à Hong Kong portent des tatouages avec la mention « Victoire ou Valhalla ». C’est le titre d’une compilation d’écrits du célèbre suprémaciste blanc étasunien David Lane, dont le groupe terroriste néo-fasciste The Order a assassiné un juif libéral animateur de radio et planifié d’autres assassinats de juifs progressistes.

Lane, qui a été condamné à 190 ans de prison aux États-Unis pour de nombreux crimes, a créé le slogan suprémaciste blanc le plus célèbre, connu sous le nom de 14 Words – slogan qui a inspiré le nom d’un autre groupe néonazi ukrainien appelé C14.

Très actif sur Instagram sous le nom de Sunperuna où il est suivi par une large audience, Filimonov a publié une photo arborant sur sa poitrine l’expression « Victoire ou Valahalla ».

Le livre « Victoire ou Valahalla » est dédié à la « race aryenne ». Son auteur y affirme qu’il est déterminé à prévenir « l’extinction imminente de la race blanche » et le « meurtre judéo-américain / judéo-chrétien de la race blanche ». La tirade regorge d’hommages aux nazis, et la quatrième de couverture montre une photo du corps de Lane dans son cercueil, enveloppée d’un drapeau confédéré.

Ces fascistes ukrainiens étaient tellement fans du livre qu’ils ont définitivement tatoué son titre sur leur corps.

Maliar, l’autre membre de Gonor qui a rejoint les manifestations de Hong Kong, a inscrit clairement sur son cou « Victory or Valhalla ».

Le journaliste Morgan Artyukhina a identifié un autre membre du contingent ukrainien d’extrême droite à Hong Kong comme étant Serhii Sternenko. Artyukhina a noté que Sternenko est un ancien chef du groupe fasciste ukrainien Right Sector, qui a incendié un bâtiment syndical à Odessa lors du coup d’État de 2014, faisant 42 morts.

Les néonazis s’installent sur le campus

Le 2 décembre, les visiteurs fascistes ukrainiens ont publié des photos d’eux-mêmes sur le campus de l’Université polytechnique de Hong Kong (PolyU), théâtre de violentes manifestations.

PolyU a été une base d’opérations cruciales pour le soulèvement séparatiste. Selon divers reportages, 3.989 bombes à essence, 1.339 explosifs et 601 bouteilles de liquide corrosif ont été récupérés à l’école le 2 décembre.

Serhii Filimonov (le premier à gauche sur la photo ci-dessus) a connu des problèmes juridiques dans le passé. Il a notamment comparu devant le tribunal pour une supposée bagarre avec la police.

Les photos publiées par Filimonov sur les réseaux sociaux montrent clairement deux choses : il est nazi et il veut qu’un maximum de gens le voie poser torse nu avec des armes lourdes.

D’autres membres de Gonor ont publié des photos sur Instagram avec des armes à feu :

Une vidéo publiée sur Instagram en 2015 montre Maliar et un ami portant un t-shirt « White Rebel » aux couleurs du drapeau confédéré, entourés de fusils et de tasers.

Avec trois couteaux blancs centrés sur un drapeau noir, le symbole du groupe Gonor reprend les mêmes thèmes chers aux ultranationalistes d’extrême droite. La chaîne Telegram de Gonor offre à ses membres une place au premier rang pour une orgie de violences. Ils ont publié des dizaines de vidéos d’insurgés de Hong Kong, faisant d’eux des héros pour avoir tiré des flèches et mené des attaques brutales contre les forces de sécurité de l’État.

Filimonov et Maliar ont tous deux déjà combattu dans le bataillon néonazi Azov soutenu par les États-Unis. Maliar a publié des photos sur Instagram montrant les deux hommes armés et en uniforme militaire, portant des badges Azov.

Et Filimonov a publié plusieurs photos le montrant lui et ses amis portant des t-shirts Azov.

Création de réseaux à Hong Kong

Malgré toutes ces preuves accessibles au grand public et démontrant le fascisme ouvert des hooligans ukrainiens à Hong Kong, le Free Hong Kong Center de Kiev a publié une déclaration sur Facebook défendant et blanchissant Gonor.

L’organisation a confirmé que les extrémistes se sont effectivement battus avec Azov « pendant la première période de la guerre » contre les séparatistes prorusses, mais elle a affirmé qu’ils n’y étaient plus affiliés depuis 2015.

Le Free Hong Kong Center a décrit les néo-fascistes comme « des militants de la Révolution de la dignité et comme des vétérans de la guerre défensive contre la Russie ». De façon totalement absurde, le centre a déclaré : « Ils nous ont assuré qu’ils étaient vraiment contre le nazisme et toute autre sorte d’idéologie d’extrême droite ».

« Beaucoup de gens ont été déçus par les tatouages ​​de ces gars-là », a concédé le Free Hong Kong Center. Mais ils ont insisté « sur le fait que tous ces symboles proviennent du paganisme slave ».

Le Free Hong Kong Center est un projet d’une ONG appelée la Ligue démocratique libérale d’Ukraine. En plus de tisser des liens avec les forces anti-Pékin à Hong Kong, le projet affirme que sa mission est de « bloquer les menaces chinoises contre l’Ukraine ».

La Ligue démocratique libérale d’Ukraine est une organisation de défense des intérêts de l’Union européenne. Elle est membre de la Jeunesse libérale européenne et de la Fédération internationale de la jeunesse libérale, toutes deux financées par l’UE.

Le principal coordinateur du Free Hong Kong Center est un activiste ukrainien du nom d’Arthur Kharytonov, qui est également président de la Ligue libérale démocratique d’Ukraine. Kharytonov a été profondément impliqué dans les manifestations de l’Euromaidan en Ukraine, manifestations qui ont conduit au coup d’État soutenu par les États-Unis en 2014. Il a ensuite créé la ligue en 2015.

Kharytonov et son organisation ont été fréquemment promus dans les médias ukrainiens financés par le gouvernement US tels que Hromadske. Dans ces interviews complaisantes menées par de sympathiques journalistes, Kharytonov compare les manifestations anti-Russie en Ukraine aux manifestations anti-Chine à Hong Kong et appelle à des liens plus étroits entre elles.

À l’occasion du 6ème anniversaire de la révolution #Euromaidan, les Ukrainiens ont exprimé leur solidarité avec les manifestants à Hong Kong. Nous avons invité le coordinateur principal du Free Hong Kong Center de Kiev, Arthur Kharytonov, à établir des parallèles entre les événements en Ukraine et à HongKong.
https: //t.co/MMJkPLmeQC
- Hromadske Int. (@Hromadske) 25 novembre 2019

Kharytonov et ces organisations soutenues par des gouvernements occidentaux font partie d’un réseau croissant de militants ukrainiens spécialisés dans le changement de régime. Ils s’organisent avec les sécessionnistes hongkongais, partagent avec eux des tactiques d’insurrection.

L’hégémonie unipolaire dirigée par les États-Unis et l’OTAN a dominé le monde depuis la fin de la guerre froide, mais elle commence à s’effondrer. Puissances émergentes, la Chine et la Russie cherchent à restaurer un système mondial multipolaire. C’est dans ce contexte que Washington et les pays européens construisent un réseau de mouvements pour saper leurs adversaires à leurs frontières.

Ce réseau mondial est vendu comme l’avant-garde du libéralisme mondial. Mais comme les événements l’ont révélé, de l’Ukraine à Hong Kong, c’est le fascisme qui sévit à la base de ce réseau.

Ben Norton, écrivain, journaliste

Source originale : Grayzone

Traduit de l’anglais par Investig’Action

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