Avec Fabien Roussel, le PCF redémarre !

, par  pam , popularité : 1%

Le vote des communistes ce 9 mai 2021 est un évènement, 40 ans après la victoire trahie du 10 mai 1981, 76 ans après la libération et son programme des "jours heureux" du conseil national de la résistance. Beaucoup de forces politiques et beaucoup de ceux qui dirigeaient le parti communiste jusqu’au 38ème congrès en 2018, ont tout fait pour convaincre les communistes de ne pas désigner leur candidat et d’attendre pour une nouvelle candidature unique de la gauche.

Mais les communistes ont bien compris qu’il s’agissait en fait de laisser une nouvelle fois la candidature à Jean-Luc Mélenchon, et ils ont très largement décidé qu’il fallait une candidature communiste en 2022, pour répondre à la crise profonde qui meurtrit notre pays, une crise sanitaire, économique, sociale, de civilisation disent certains, en tout cas une crise démocratique et politique qui plonge le monde du travail et les quartiers populaires dans la méfiance de la politique, dans l’abstention et les votes de colères sans lendemain.

Les communistes ont pris leur décision après un riche débat, avec des arguments divers, des avis opposés, et cet exercice démocratique est une démonstration par elle-même. Les communistes sortent plus unis dans cette décision après 30 ans de mutation ou métamorphose imposée d’en haut qui les avaient profondément divisés.

Quelques commentateurs font remarquer que le nombre de votants est en baisse. C’est vrai, mais c’est un argument qui peut se lire dans les deux sens :

vote des communistes 2011 2016 2018 2021
Candidature communiste (Manifeste+Classe en 2018) 19538 18105 15226 21337
Jean-Luc Mélenchon ( printemps+CN2018 en 2018) 28251 20827 15082 6817
Exprimés 47789 38932 30338 28154

D’abord parce que c’est depuis 2011, et le choix de la candidature Mélenchon, que les communistes ont perdu beaucoup de militants, pas loin de 20 000 ! Et il est facile de vérifier qu’ils ne sont pas passés à la FI, ni ailleurs d’ailleurs !

Au contraire, le 38ème congrès a remobilisé les communistes autour d’un projet pour un parti communiste du XXIème siècle, et l’hémorragie a été stoppée. Le parti est toujours en difficulté, mais sans ce congrès, il aurait été aux urgences ! Il est aujourd’hui plutôt en convalescence.

La carte départementale des résultats de ce vote est d’ailleurs éclairante sur le lien entre choix d’une candidature communiste et la remobilisation des communistes...

Ce vote du 9 mai 2021 confirme ainsi l’échec de Jean-Luc Mélenchon a mobiliser des communistes. C’est son soutien qui s’effondre en perdant en 10 ans plus de 20 000 communistes ! Au contraire, il y a plus de communistes mobilisés par Fabien Roussel en 2021 que par une candidature communiste il y a 10 ans.

Il faut donc poser la question à tout ceux qui "s’inquiètent" [1] de la faiblesse du parti communiste. Est-ce que cette faiblesse est une bonne chose pour le monde du travail ? pour les quartiers populaires ? Ceux qui croient que cette faiblesse pourrait leur faire de la place se trompent totalement. Les militants perdus dans tous les partis de gauche depuis la désillusion des suites de 1981 sont perdus la plupart du temps pour tout le monde !

Donc, oui, les communistes ont choisi de ne pas laisser disparaitre leur parti. Le choix de leur dernier congrès leur a permis de relever la tête et d’affronter avec courage la difficile bataille présidentielle. Ils le font sans aucun esprit de compétition à gauche, au contraire. Ils veulent apporter des idées neuves pour remobiliser notre peuple, pour conforter les luttes sociales en ouvrant de nouveau la perspective d’un vrai changement de société, des "jours heureux".

Les mêmes qui voulaient les convaincre de ne pas décider de candidature communiste veulent maintenant faire croire que cette candidature serait un risque pour la gauche, une division "identitaire"... Fabien Roussel dans sa première conférence de presse et ses premiers passages médias en tant que candidat a été très clair. Il est le candidat communiste, donc le candidat capable de donner un grand coup de frais à la gauche, capable d’ouvrir une issue à cette crise de la gauche qui n’est pas liée à sa division mais à sa faiblesse. Et sa faiblesse est d’abord due à cette longue période ouverte en mai 1981 où la gauche a trahi ses promesses, a délaissé le monde du travail et les quartiers populaires au profit des couches aisées urbaines des cœurs de ville. C’est la faiblesse des idées de "la gauche" qui est devenu incapable de proposer un modèle économique et social à la hauteur du défi de la crise du capitalisme mondialisé !

Cette faiblesse se retrouve chez ceux qui restent enfermés dans le discours libéral, l’acceptation des règles de la "concurrence libre et non faussée" que symbolise l’union européenne et sa banque centrale, et qui dirigent les forces socialistes et écologistes.

Mais elle se retrouve aussi chez ceux qui croient se dégager du capitalisme mondialisé en construisant un autre monde "à coté", qui reposerait sur des technologiques plus citoyennes, une économie locale circulaire qui serait la réponse à cette mondialisation capitaliste, ou encore l’acceptation d’une sobriété, d’un niveau de vie plus bas, présenté comme le refus de la société de consommation du capitalisme. On retrouve ces idées chez des socialistes adeptes du revenu universel, beaucoup d’écologistes, et chez les insoumis. Ces théories d’un changement de société sans affronter le capitalisme mondialisé sont une impasse ! D’abord parce qu’aucun peuple ne choisit volontairement la pauvreté et la rigueur, mais surtout parce que jamais les bourgeoisies n’accepteront de remettre en cause leur niveau de vie, leurs privilèges ! Donc si on impose aux pauvres d’accepter leur pauvreté, on fera exploser les inégalités et les jacqueries qui iront avec. Il n’y a pas d’issue politique à gauche dans le refus de répondre aux besoins populaires ! C’est au contraire la marque du fascisme de transformer la colère sociale contre le capitalisme en acceptation de la concurrence et donc de l’austérité, en cherchant le coupable sur qui dévier la colère.

On pourrait multiplier les exemples de cette impasse.
- Ceux qui veulent supprimer l’avion source de pollutions peuvent de fait refuser à des familles populaires immigrées de retourner de temps en temps dans leur pays, pendant que les cadres supérieurs et les riches continuent à développer les jets privés et les hélicoptères !
- Mais aussi ceux qui développent le photovoltaïque individuel, largement payé par tous les consommateurs même les plus pauvres et qui ne profitent qu’aux heureux propriétaires de toit, en général des couches aisées...
- Ou encore ceux qui croient que le développement d’une économie coopérative va résoudre le problème des restructurations industrielles ! Si l’exemple des FRALIB montre que des salariés peuvent prendre en main un site industriel et le faire vivre, on sait bien aussi qu’une "SCOP" reste dans un marché capitaliste qui la domine, et qui conduit par exemple la SCOP espagnole FAGOR à fermer définitivement ce qui restait du site industriel de Brandt dans Lyon...
- Ou encore ceux qui croient que les régies publiques locales peuvent éviter la nationalisation des grands groupes des services urbains eux-mêmes en pleine bagarre capitaliste (Veolia, Suez...)
- ...

C’est l’apport de la candidature communiste qui peut être décisif pour toute la gauche. Et Fabien Roussel a réussi à le faire entendre dans sa première conférence de presse du 11 Mai, comme dans l’interview par Jean-Jacques Bourdin. Des vidéos évènements conseillées à tout ceux qui cherchent une issue à la crise de la gauche.

Première Conférence de presse de Fabien Roussel candidat communiste à l’élection présidentielle

Fabien Roussel face à Jean Jacques Bourdin en direct

[1à vrai dire, on sait bien que quand un dirigeant de la FI comme Manuel Bompart s’en "inquiète", c’est pour tenter encore de faire pression sur les communistes...

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