Quand viennent les ténèbres dans les jardins de la Grèce eurothanasiée

, par  Gilbert Remond , popularité : 1%

Quand viennent les ténèbres, il est à craindre que la nuit s’installe pour longtemps si ceux qui représentent la lumière se taisent. Après avoir vécu dans l’Allemagne nazie, Thomas Wolfe écrivit « il y avait là un peuple tout entier… infesté par la contagion d’une peur omniprésente. C’était une sorte de paralysie insidieuse qui déformait et dégradait toutes les relations humaines ».

Cette peur avait entre autres choses été instillée par des actions de terreur menées par des bandes paramilitaires qui agissaient en toute impunité et s’acharnaient sur tous ceux qu’elles soupçonnaient être des ennemis du peuple allemand. Cette histoire est racontée dans un roman qui connaît un vrai succès d’estime aujourd’hui, intitulé "Dans le jardin de la bête" d’Erik Larson. « Un document sidérant qui se lit comme un thriller ! » écrit à son sujet Philip Kerr pour le présenter. Sauf que ce roman est bien plus qu’un récit divertissant.

Construit à partir des ingrédients du suspens et de la peur. Il parle d’événements qui nous mèneront à la catastrophe humaine qu’a été la seconde guerre mondiale, et à cette autre conséquence "sidérante" qu’a été la décision de vouloir faire disparaître un peuple entier.

II nous parle aussi du non moins sidérant refus d’en vouloir lire les prémisses dans ce qu’annonçait les témoignages de l’ambassadeur américain Dodd, le personnage principal de cette intrigue, avec sa fille. Pourtant ce dernier ne manqua aucune occasion pour en informer son gouvernement, qui le démis en guise de remerciement, avant tout enclin à se garder la possibilité de recouvrer les dettes qui lui étaient dues au titre des dommages de guerre et donc de ne pas déplaire au régime.

Celui-ci agacé par ce diplomate non conformiste, avait fait pression à plusieurs reprises sur l’exécutif américain. Il voulait être débarrassé de cette conscience qui au cœur de Berlin représentait une source de déstabilisation a cause de sa propension à ne pas vouloir jouer le jeu des mises en spectacles protocolaires et autres solennités propagandistes de l’ordre nouveau, tant il refusait l’organisation nazie et "cette force par la joie" qu’elle cherchait à montrer au monde pour le séduire et l’endormir.

La journaliste Sigrid Schultz qui avait perçu en Dodd le meilleur ambassadeur que l’Amérique avait eut en Allemagne expliquait : « Washington ne lui a pas apporté le soutien dû a un ambassadeur dans l’Allemagne nazie, en partie parce que trop d’hommes au département d’état nourrissaient une passion pour les Allemands et parce que trop d’hommes d’affaires influents de notre pays croyaient que l’on pouvait commercer avec Hitler ».

Comme toujours l’argent est source des petits arrangements et des grandes lâchetés, mais d’autres comme Hugh Wilson, le diplomate qui lui succédait, comme aussi, il faut bien le dire de nombreux responsables politiques de la vieille Europe, ont vu avec les nazis un bon moyen de résister à l