« Paroles de résistances - Des FTPF racontent la clandestinité - 1940-45 » Le nouveau livre en souscription de Michel Etiévent

, par  Michel Etiévent , popularité : 3%

La préface nous est gentiment offerte par Michel Etiévent :

Pour un futur de dignité

Des vies pour dire le courage, l‘engagement d’hommes et de femmes qui, au prix du danger et du sang, se sont levés pour combattre la barbarie. Des paroles brutes d’émotion racontant le refus de la soumission, l’espoir glané au détour d’un maquis ou dans la clandestinité de la nuit. Ils (elles) parlent comme vient la mémoire, avec ses trous, ses lumières, ses hésitations, avec pour seule ambition de rappeler ce devoir de dignité à l’heure où certains tentent de manipuler l’histoire en occultant les crimes du régime de Vichy. Des hommes des champs ou des usines souvent anonymes, jetés en cette aventure parce qu’ils aimaient leur terre et ne supportaient pas qu’on la souille. Beaucoup ont payé cher cet engagement précoce. Selon la « carte de la souffrance » établie par le colonel Pochard, 308 savoyards ont été déportés pour motifs de résistance, 108 ne sont pas revenus des camps, 205 résistants sont tombés au combat, (dont 110 FTPF selon Michel Aguettaz, auteur de l’ouvrage « Francs tireurs et partisans français dans la résistance savoyarde »), 219 furent internés.

Des embuscades de Tarentaise aux nuits bleues de Maurienne en passant par les feux de l’avant pays savoyard, les maquis des Bauges, des Glières ou du Vercors, cet ouvrage tente de livrer des itinéraires des Francs Tireurs et Partisans Français engagés dès le début des années noires contre ceux qui avaient décidé de collaborer avec l’ennemi. Suite à l’appel du 10 juillet 1940, (« La France ne sera jamais un peuple d’esclaves ! La France ne deviendra pas un pays colonisé… C’est dans le peuple que résident les grands espoirs de Libération nationale… »), naissent lentement sous l’impulsion du PCF clandestin, les comités populaires. Ils deviendront par la suite la cheville essentielle de la résistance ouvrière, base de la réorganisation de l’activité communiste fortement frappée par la dissolution de l’organisation à la suite du pacte de non agression germano soviétique.

Dès l’hiver 1940 et le printemps 1941 est créée l’embryon de l’Organisation Spéciale (OS) support de la future lutte armée et socle de ce que l‘on appellera les « Bataillons de la jeunesse ». Composés essentiellement de jeunes communistes parisiens, ils sont dirigés par Albert Ozoulias et son adjoint Pierre Georges, futur « colonel Fabien ». Charles Tillon ainsi qu’Eugène Hénaff, syndicaliste de 37 ans, évadé du camp de Châteaubriant, joueront un rôle déterminant dans le recrutement des premiers combattants. Début 1941, apparaissent les « Groupes de Sabotage et de Destruction » (GSD) contre les entreprises travaillant pour l’Allemagne nazie. En mai 1941, enfin, se constitue le « Front national de lutte pour l’indépendance de la France » d’où sortiront dès 1942, les FTPF animés par Charles Tillon, Eugène Hénaff et Albert Ozoulias. Premiers groupes armés, ils vont défier la nuit de la collaboration.

En recueillant leurs témoignages dès les années 1985, j’ai souvent pensé à cette phrase lumineuse d’Aragon : « Et si c’était à refaire, je referai ce chemin, une voix monte des fers et parle des lendemains ». Ces hommes incarnent nos lendemains. Sève des serments nourris dans l’ombre, ils parlaient d’une France libre façonnée à l’ambition de leurs rêves. Des vies pour en dire d’autres. Raconter avec modestie ceux qui sont tombés, ceux qui ont souffert sous la torture, ceux qui sont partis vers les brouillards des camps de la mort. Ils parlent au nom de ceux que le temps ne nous a malheureusement pas permis d’interviewer mais qui sont là, entre ces lignes et ces cris.

Cet ouvrage n’a pas la prétention d‘un livre d‘histoire exhaustif. Simplement un panier de mots émouvants sauvés de l’oubli. Chaque témoignage aurait pu constituer à lui seul un roman tant la vie de chacun a été dense et forte. Et les propos rapportés ici sont loin de refléter l’ensemble des actions, des combats qui jalonnent chaque itinéraire. Les fragments qu’ils nous offrent sont une mise en appétit, une contribution pour éclairer notre histoire. Tous les FTPF reconnaitront leurs idéaux dans cette petite moisson. De ce long voyage en mémoire offert comme un hommage à des milliers d’hommes et de femmes qui ont osé soulever le couvercle des compromissions, un mot m’importe : Dignité. Il revient comme un leitmotiv, une scansion de révoltes, le bonheur d’avoir conquis la liberté et fait germer dans nos têtes l’envie de suivre leur chemin.

Ce mot nous guide toujours aujourd’hui ici, là, ailleurs, partout où fécondent d’autres barbaries.

Michel Etiévent



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