Non à l’interdiction du Parti communiste polonais (KPP)
Monsieur l’Ambassadeur de Pologne en France
Ambassade de Pologne,
Paris,
Sur une injonction de Karol Nawrocki, président de la République et ancien dirigeant de l’Institut de la mémoire nationale (un outil au service de la révision de l’histoire dans un sens ultraconservateur et clérical), la très controversée en Pologne cour constitutionnelle a interdit, ce 3 décembre 2025, le Parti communiste polonais (KPP) fondé en 2002. Cette cour viole ainsi une décision de justice rejetant, il y a cinq ans, une accusation similaire.
Alors que la Constitution polonaise ne prévoit pas d’interdire les formations politiques pour des raisons idéologiques mais seulement pour l’emploi de méthodes décrétées « antidémocratiques », la décision d’interdire le KPP a été prise sous le prétexte que son idéologie serait contraire « à la Constitution polonaise » ainsi qu’« aux valeurs humaines fondamentales et aux traditions de la civilisation européenne et chrétienne » ; les juges osant par ailleurs reprendre l’odieux amalgame entre nazisme et « communisme » mettant sur un pied d’égalité le criminel et génocidaire IIIe Reich et l’URSS qui a libéré, au prix d’un gigantesque sacrifice (27 millions de victimes), l’Europe du joug hitlérien. Cette décision inique a été prise alors qu’au même moment, des groupes ouvertement racistes et fascistes continuent d’exister, de tenir un langage de haine et de provoquer des violences en Pologne !
La décision de la cour constitutionnelle polonaise nous rappelle le précédent de l’entre-deux-guerres lorsque le Parti communiste avait été interdit, puis ses membres pourchassés et réprimés par le régime réactionnaire de Pilsudski puis celui fascisant des Colonels.
Nous assurons les militants du KPP de notre entière solidarité et demandons que cette décision ne soit pas promulguée et soit ensuite annulée car elle est attentatoire à la liberté d’expression et contraire au « pluralisme politique » dont l’État polonais se gargarise depuis 1989.
– Louis Bembenek, retraité des Houillères, ex-responsable régional de la Fédération CGT du sous-sol, PCF, Les Amis d’Edward Gierek (59)
– Bruno Drweski, Bruno, professeur émérite en relations internationales, CGT FERC sup’, ARAC, URC (92)
– Jacques Kmieciak, journaliste, Les Amis d’Edward Gierek (62)
« l’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte de classes »


(2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler
