"Boycott des JO de Pékin - la guerre froide ne doit pas primer

, par  Jean , popularité : 1%

Je viens d’envoyer ce commentaire à la rédaction de l’Humanité sous le titre :

"Boycott des JO de Pékin - la guerre froide ne doit pas primer"

Bonjour,

permettez-moi de m’insurger contre la contribution d’Emmanuelle Bonnet Ouladj à propos du boycott des JO.

Son article énonce des convictions dont le fondement n’est jamais démontré, comme si elles étaient universellement partagées.

Doit-on reproduire sans se poser de question une campagne de boycott lancée par une superpuissance qui se pose en procureur de l’humanité après avoir commis tant de crimes, sur son propre sol et à l’étranger ?

Peut-on avaler comme du bon pain des témoignages très politiques, tous issus du Congrès Ouïghour lié au terrorisme, qui a aidé et justifié le massacre de plusieurs centaines de Hans et d’Ouïghours, égorgés, victimes de camions piégés et de bombes sur les marchés populaires ?

Quand on s’indigne contre les criminels du Bataclan et leurs réseaux, peut-on soutenir les fichés S en Chine ?

Peut-on croire que la Chine puisse organiser un génocide quand sa population vieillit et que la campagne pour un troisième enfant démarre avec difficulté ? La population ouïghoure a-t-elle diminué ou bien augmenté au contraire et dans des proportions plus grande que celle des Hans ?

Peut-on parler de « travail forcé » quand les salariés du textile dans le Xinjiang gagnent des salaires comparables à ceux d’Europe centrale ou d’Espagne ?

Et peut-on mettre en cause le maître d’œuvre de ces campagnes, initiées depuis Trump et poursuivies par Biden, l’évangéliste fanatique et extrémiste de droite Adrian Senz ?

Enfin peut-on honnêtement comparer le sort des femmes en Chine et au Qatar ?

Une autre question se pose à propos des JO d’hiver, c’est qu’au nom de principes écologiques les pays du sud soient d’avance écartés de leur organisation.

Pékin capitale sans neige ? Qu’est-il donc tombé le 7 novembre, des flocons virtuels ?

Et combien de milliers d’hectares ont été plantés en Chine pour combattre la désertification ?

Il faudrait être davantage factuel et démonstratif pour convaincre, et faire preuve de retenue devant une certaine propagande de guerre qui ne dit pas son nom mais qui abuse de nos bons sentiments.

Bien à vous
Jean Julien

Pékin sous la neige, trois mois avant les jeux olympiques d’hiver
La capitale chinoise est recouverte d’un inhabituel manteau blanc en cette période. Un bon signe en vue des JO d’hiver ?

L’article d’Emmanuelle Bonnet Ouladj fait suite à ceux de Pascal Boniface, et Jean-Baptiste Guégan sur la même page.

Les intérêts économiques et géopolitiques ne doivent pas primer

Emmanuelle Bonnet Ouladj Coprésidente de la FSGT, membre du Comité national, olympique et sportif

La question d’un boycott ou non des jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver, organisés à Pékin, ou de la Coupe du monde de football, prévue en 2022, au Qatar, soulève légitimement le débat. En effet, comment en 2022, alors que le dérèglement climatique se traduit chaque année par des catastrophes naturelles de plus en plus graves, que le Covid est une de ces conséquences, et que des droits humains élémentaires sont bafoués sur place, peut-on imaginer que des milliards de spectateurs et spectatrices auront les yeux braqués sur des événements sportifs majeurs organisés par des États qui n’ont pour seul enjeu que des intérêts économiques et géopolitiques ?

On se souvient déjà de l’accueil, en 2019, par le Qatar, des championnats du monde d’athlétisme, avec des infrastructures démesurées, vides de public et dotées de superclimatiseurs, qui n’ont pas suffi à empêcher des malaises chez les athlètes en raison des conditions météorologiques inadaptées (40 % d’abandons au marathon féminin). Et on recommence, au mépris des droits de l’homme et de la planète. Même logique en Chine, à Pékin, capitale sans neige, après Sotchi en Russie où 500 000 m3 de neige avaient été stockés sous de coûteuses bâches isothermiques pour assurer un enneigement artificiel vital à 600 m d’altitude. Aberration écologique et violation des droits humains où 4 000 hectares de forêts ont été détruits et des centaines d’habitant.e.s déplacés.

En tant que dirigeante d’une fédération multisport qui se revendique du sport populaire (je rédige cette tribune en mon nom), je suis convaincue de la nécessaire analyse critique des événements sportifs internationaux. Sous prétexte d’apolitisme du sport (de toute évidence, le sport est bien le fer de lance politique et économique de la Chine, du Qatar, comme des pays ayant décidé du boycott de la Chine), on passe souvent à côté de la nécessaire régulation des institutions sportives, non étatiques, et du besoin d’établir des critères actualisés et de produire une analyse critique des événements.

Plus fondamentalement, ces deux situations, avec toutes les problématiques de respect des droits humains et écologiques qu’elles posent, et le silence des deux principales institutions, le CIO et la Fifa, doivent nous interpeller sur l’avenir des grandes manifestations sportives internationales. Le manque de candidats aux organisations, avec tout le poids économique que cela représente comme contrainte, aboutit à concentrer les événements sur des pays et des régimes autoritaires qui emploient ces événements sportifs planétaires comme des armes d’exploitation tant des hommes et femmes que de l’environnement. Répression des Ouïgours, culture du viol à l’image de la joueuse de tennis chinoise Peng Shuai, exploitation et mort de milliers d’ouvriers, aberrations environnementales : l’héritage durable de ces deux événements sera dévastateur.

Ce lundi 13 décembre, Paris 2024 a dévoilé la cérémonie d’ouverture sur la Seine, et la promesse de jeux durables, inclusifs et garantissant l’égalité des sexes. Prochainement, des milliers de volontaires français candidateront pour accueillir le monde et vivre une expérience de vie unique. Comme c’était déjà le cas avec la société civile, syndicats et ONG notamment, profitons de cette opportunité également pour les aider à cultiver leur esprit critique. C’est cela aussi l’héritage de Paris 2024, former des citoyennes et citoyens éclairés sur les enjeux de ce monde.

Auteur notamment de Géopolitique du sport (Dunod, « Ekho », 2021). Géopolitique du sport - Une autre explication du monde (Bréal, 2017).

Voir en ligne : Sur l’Humanité

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