Le Bénin et l’AES : un tournant diplomatique et économique en Afrique de l’Ouest transcription de Africa Today

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Une illustration de la pertinence de Danielle Bleitrach dans sa lecture du monde multipolaire qui est déja là et que l’occident atlantiste tente désespéremment de contrer.

Fin Avril, nos médias nous ont parlé de l’avancée des djihadistes sur Kidal au Mali et de la déroute du régime militaire et de l’alliance Niger-Mali-Burjika (AES). Plus personne ne vous en parle. Mais non seulement l’armée malienne a repris Kidal, non seulement l’alliance AES fonctionne et a organisé la riposte, mais toute l’Afrique de l’ouest est en pleine transformation sous la pression du réel... Le port de Cotonou, au Bénin, a besoin des échanges avec ses clients du nord, Burkina et Niger, et le nouveau président du Bénin vient de rétablir ses relations avec l’AES...

Le dirigeant du Burkina, Traore, est un héros dans toute l’Afrique, parcequ’il s’est opposé à la France néocoloniale et qu’il affirme la souveraineté de son pays, riche de ressources comme toute l’Afrique !

Voici le transcription d’une vidéo de la chaine youtube AfricaToday qui nous en apprend plus sur l’Afrique actuelle que tous nos médias..

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Le Bénin et l’AES : un tournant diplomatique et économique en Afrique de l’Ouest

24 mai 2026 – Lors de la cérémonie d’investiture du nouveau président béninois, Ramon Wagdani, un moment historique se produit : le maître de cérémonie annonce la présence de délégations du Niger, du Mali et du Burkina Faso — trois pays dirigés par des juntes militaires, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui avaient rompu leurs liens avec le Bénin et la CEDEAO depuis des années. La foule, surprise et émue, explose en applaudissements.

Que s’est-il passé ? Pourquoi ces trois gouvernements, qui avaient tourné le dos à la région, se sont-ils déplacés pour cette inauguration ? Et surtout, qu’a offert Wagdani que personne d’autre n’avait pu proposer ?

1. Le contexte : une crise régionale en trois actes

2023 : la rupture

  • Juillet 2023 : Le Niger subit un coup d’État militaire. Le général Tiani prend le pouvoir, suscitant une réaction musclée de la CEDEAO : sanctions économiques, fermeture des frontières, menaces d’intervention militaire.
  • Mali et Burkina Faso, déjà dirigés par des juntes, soutiennent le Niger. En janvier 2025, les trois pays forment officiellement l’AES, une alliance politique et sécuritaire en marge de la CEDEAO.

Le Bénin pris en étau

  • Géographiquement vulnérable : Le Bénin, petit pays côtier, partage sa frontière nord avec le Niger et le Burkina Faso. Son atout économique majeur ? Le port de Cotonou, point d’entrée principal pour les marchandises destinées à ces pays enclavés.
  • Conséquences de la rupture :
    • Économiques : Les échanges commerciaux s’effondrent. Les revenus de transit, vitaux pour le Bénin, se tarissent.
    • Sécuritaires : Les groupes jihadistes profitent des tensions pour s’infiltrer dans le nord du Bénin.
    • Politiques : Sous la présidence de Patrice Talon (2016–2026), les relations avec le Niger deviennent hostiles. Le Bénin est perçu comme un relais de la pression occidentale contre l’AES.
  • Décembre 2025 : Une tentative de coup d’État au Bénin est déjouée grâce à un soutien aérien de la CEDEAO et à l’intervention de troupes régionales. Le pays reste ancré dans le camp pro-occidental, mais la menace jihadiste et l’isolement régional pèsent lourd.

2. L’arrivée de Ramon Wagdani : un économiste à la manœuvre

Un profil inattendu

  • Pas un militaire, pas un révolutionnaire : Wagdani est un ancien ministre des Finances, spécialiste des investissements. Il aborde la crise avec un regard d’économiste : ’Le Bénin ne peut pas se permettre de continuer à se battre contre ses voisins.’
  • Deux priorités :
    • La sécurité : En décembre 2025, le Chatham House alerte : la crise au Sahel s’étend vers les côtes, et le Bénin est en première ligne.
    • L’économie : Sans dialogue avec l’AES, le port de Cotonou — et donc l’économie béninoise — s’asphyxie.

Une diplomatie discrète mais déterminée

  • Dès juillet 2025, alors qu’il n’est encore que candidat, Wagdani invite les délégations de l’AES aux célébrations de l’indépendance du Bénin. Refus. Mais il persiste.
  • Changement de ton : Il cesse de les appeler ’rivaux’ pour les désigner comme ’pays frères’.
  • Travail de fond : Selon Financial Afrika, il mène une diplomatie personnelle et soutenue en coulisses. Résultat : le Premier ministre du Niger déclare que sa visite à Cotonou a été approuvée par tous les dirigeants de l’AES, séduits par les ’gestes de fraternité’ de Wagdani avant même son investiture.

3. Le 24 mai 2026 : un symbole fort

  • L’annonce des délégations : Quand le maître de cérémonie lit les noms des représentants du Niger, du Mali et du Burkina Faso, la foule explose. Des citoyens béninois, membres d’un pays encore officiellement dans le camp de la CEDEAO, applaudissent des dirigeants de l’AES.
  • Un précédent : Rappelons que lors de l’investiture du président ghanéen Ibrahim Traoré (dirigeant du Burkina Faso), le stade entier s’était levé pour l’acclamer. Même scène au Bénin.
    Message clair : Les populations ouest-africaines soutiennent l’AES et son discours anticolonial, souverainiste et anti-français. Une popularité qui dépasse les frontières de l’Alliance, comme le note le CSIS : le Zimbabwe, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Cameroun et le Nigeria en ressentent l’écho.

4. La doctrine Wagdani : ’Nous sommes condamnés à travailler ensemble’

Trois piliers de sa stratégie

  1. Sécuritaire :
    1. L’AES et la CEDEAO affaiblissent la coopération régionale (renseignement, opérations conjointes). Les jihadistes en profitent pour avancer.
    2. Message à l’AES : ’Si nous continuons à nous combattre, les jihadistes gagnent. Identifions l’ennemi commun.’
  2. Économique :
    1. Le port de Cotonou dépend des pays enclavés. La réouverture des frontières = reprise des échanges = bénéfices pour tous.
    2. ’La prospérité et la sécurité du Bénin sont indissociables du dialogue avec l’AES.’ (Junow Jun)
  3. Populaire :
    1. Les jeunes panafricains voient dans les dirigeants de l’AES des symboles de dignité et de résistance face aux anciens systèmes.
    2. Paradoxe : Beaucoup de présidents côtiers (CEDEAO) savent que l’AES est populaire… mais n’osent pas le reconnaître publiquement. Wagdani, lui, passe à l’acte.

5. Les implications régionales : vers une nouvelle dynamique ?

Le Bénin, premier ’État-pont’

  • Ni avec la CEDEAO, ni contre : Wagdani ne quitte pas la CEDEAO, n’approuve pas les coups d’État… mais traite l’AES en partenaire, pas en problème.
  • Un modèle innovant : Maintenir ses liens avec l’Occident tout en ouvrant des canaux avec l’AES. L’ACPM (African Center for Strategic Studies) parle de ’l’essor des États-ponts’.

Trois indicateurs à surveiller

  1. Les frontières : Si les camions reprennent la route entre le Bénin, le Niger et le Burkina Faso, ce ne sera plus de la diplomatie… mais une confirmation économique du rapprochement.
  2. L’effet domino : Chaque normalisation individuelle entre un pays côtier (CEDEAO) et l’AES affaiblit le bloc. Le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire observent… et pourraient suivre discrètement.
  3. La France : Africa Sustainability Matters rapporte que le Bénin tourne la page de sa relation avec Paris. Si Wagdani éloigne le Bénin du parapluie sécuritaire français, l’équilibre régional basculera.

6. La leçon : le pouvoir des mots et des gestes

  • Aucun traité signé, aucune alliance annoncée. Juste des mois de signaux, de changements de langage, de marques de respect.
  • Résultat : Trois gouvernements militaires, qui bloquaient toute coopération avec la CEDEAO, montent dans un avion pour Cotonou.
  • La réalité : L’AES ne disparaîtra pas. La question n’est plus ’Comment l’arrêter ?’, mais ’Comment composer avec elle sans perdre ses institutions ou ses valeurs ?’
    Wagdani a répondu le premier. Et comme le dit le proverbe : ’Le bâtisseur de ponts finit toujours par avoir plus de leviers que prévu.’

Conclusion Ce qui semble être une simple cérémonie est en réalité le premier coup d’envoi d’une nouvelle ère en Afrique de l’Ouest. Une ère où la réalpolitik l’emporte sur les divisions idéologiques, où l’économie et la sécurité dictent les rapprochements… et où les peuples, eux, ont déjà choisi leur camp.

’L’Afrique que veulent les Africains’ — voici le vrai enjeu.

Voir en ligne : sur le chaine youtube de AfricaToday

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