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	<title>Faire Vivre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!</title>
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	<description>Ce site est un outil de travail et de diffusion pour contribuer &#224; l'organisation et au renforcement du Parti Communiste Fran&#231;ais. Il est anim&#233; par le r&#233;seau &#171;&#160;Faire Vivre et Renforcer le PCF&#160;&#187;</description>
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		<title>Faire Vivre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!</title>
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		<title>La Chine sans &#339;ill&#232;res</title>
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		<dc:creator>Bruno Guigue</dc:creator>



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&lt;p&gt;A rebours de ce que les m&#233;dias avancent g&#233;n&#233;ralement sur les ambitions chinoises de domination de la plan&#232;te, l'analyste politique Bruno Guigue dresse le portrait d'un pays &#233;minemment pragmatique. &lt;br class='autobr' /&gt;
A entendre l'avalanche de mensonges d&#233;vers&#233;e sur ce grand pays par les m&#233;dias occidentaux, on finit par se poser la question&#160;: peut-on encore consid&#233;rer la Chine sans &#339;ill&#232;res ni pr&#233;jug&#233;s, sans concession ni malveillance, en la regardant telle qu'elle est et non telle qu'on voudrait qu'elle f&#251;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lepcf.fr/-Chine-" rel="directory"&gt;Chine&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://lepcf.fr/local/cache-vignettes/L150xH108/arton4153-9abbe.jpg?1729243998' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A rebours de ce que les m&#233;dias avancent g&#233;n&#233;ralement sur les ambitions chinoises de domination de la plan&#232;te, l'analyste politique Bruno Guigue dresse le portrait d'un pays &#233;minemment pragmatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4341 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://lepcf.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/chine_avenue-c05a4.jpg?1731023949' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A entendre l'avalanche de mensonges d&#233;vers&#233;e sur ce grand pays par les m&#233;dias occidentaux, on finit par se poser la question&#160;: peut-on encore consid&#233;rer la Chine sans &#339;ill&#232;res ni pr&#233;jug&#233;s, sans concession ni malveillance, en la regardant telle qu'elle est et non telle qu'on voudrait qu'elle f&#251;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'ils daignent en parler, nos m&#233;dias la d&#233;crivent en des termes qui oscillent toujours entre la crainte et le m&#233;pris. Assoiff&#233;e de richesses, jetant ses tentacules sur la plan&#232;te, trompant son monde en affichant un pacifisme de fa&#231;ade, d'une brutalit&#233; sourde qu'on soup&#231;onne, pr&#234;te &#224; exploser, derri&#232;re les faux-semblants d'un discours l&#233;nifiant, la Chine serait comme l'ogre de la fable qui finira, un beau matin, par manger les petits enfants. L'imagerie coloniale la repr&#233;sentait au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle sous les traits d'une cruaut&#233; raffin&#233;e, mais ce raffinement n'est plus de mise. A croire nos &#233;ditorialistes et nos experts, la Chine nouvelle n'enrobe plus ses app&#233;tits voraces de ces raffinements surann&#233;s. Ce qu'elle veut, c'est &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;dominer le monde&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, tout simplement. Appel&#233;e &#224; devenir la premi&#232;re puissance &#233;conomique mondiale, elle r&#233;clame sa part d'h&#233;g&#233;monie plan&#233;taire, elle revendique la premi&#232;re place sur le podium. Mais elle veut surtout, nous dit-on, imposer son mod&#232;le, promouvoir ses valeurs, s'&#233;riger en exemple destin&#233; &#224; l'imitation des nations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;ticente aux id&#233;es abstraites, la Chine admet volontiers qu'il n'y a pas de recette toute faite&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette vision d'une Chine conqu&#233;rante et pros&#233;lyte est d'autant plus surr&#233;aliste que les Chinois font exactement le contraire. Persuad&#233;s que leur syst&#232;me est unique, ils ne cherchent &#224; convertir personne. Qu'ils exportent des marchandises, ach&#232;tent des terrains ou construisent des ponts &#224; l'&#233;tranger, ils d&#233;fendent &#233;videmment leurs int&#233;r&#234;ts. Mais leur ambition n'est pas de repeindre le monde aux couleurs de la Chine. A choisir, ils pr&#233;f&#233;reraient sans doute qu'on ne les imite pas, car chaque peuple doit trouver sa voie par lui-m&#234;me, quitte &#224; commettre ces erreurs de parcours sans lesquelles aucune r&#233;ussite n'est m&#233;ritoire. Comme le disent si bien les sp&#233;cialistes de la langue chinoise &#8211; qui, eux, connaissent bien leur sujet - la pens&#233;e chinoise est empirique et pragmatique. Elle affronte les faits, elle en subit les corrections successives et poursuit son avanc&#233;e tant bien que mal. R&#233;ticente aux id&#233;es abstraites, elle admet volontiers qu'il n'y a pas de recette toute faite. C'est pourquoi il faut renoncer &#224; l'id&#233;e que les Chinois cherchent &#224; diffuser leur mod&#232;le et cesser de pr&#234;ter &#224; ce grand pays des r&#234;ves de conqu&#234;te qui n'existent que dans l'imagination de ses d&#233;tracteurs. Mais nos experts patent&#233;s ne l'entendent pas de cette oreille. Concluant une &#233;mission de C dans l'Air dont le titre est d&#233;j&#224; tout un programme (&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Qui peut arr&#234;ter la Chine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;), Val&#233;rie Niquet, chercheuse &#224; la Fondation de la recherche strat&#233;gique, opposait en ces termes le mod&#232;le europ&#233;en et le mod&#232;le chinois&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La Chine, c'est l'anti-Europe, par exemple. Nous, on tente de surmonter ce qui faisait les relations internationales du pass&#233;, le conflit, l'usage de la force pour r&#233;gler les tensions. La Chine, elle, s'en tient aux comportements du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4342 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://lepcf.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/chine_pekin_la_nuit-abb64.jpg?1731023949' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;P&#233;kin la nuit&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Accuser l'autre de ses propres turpitudes rel&#232;ve d'une inversion maligne dont le discours occidental est coutumier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Faut-il en d&#233;duire que la Chine aurait un go&#251;t prononc&#233; pour &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'usage de la force en vue de r&#233;gler les conflits&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourtant, rares sont les Afghans, les Libyens, les Irakiens, les Syriens et les Y&#233;m&#233;nites &#224; avoir p&#233;ri sous des bombes chinoises. Pays europ&#233;ens, la France et le Royaume-Uni, en revanche, ont caus&#233; avec leur grand alli&#233; am&#233;ricain &#8211; et en utilisant divers interm&#233;diaires &#8211; des centaines de milliers de morts et des d&#233;vastations sans nom en violant les r&#232;gles internationales les plus &#233;l&#233;mentaires. Mais ce n'est pas nouveau. Accuser l'autre de ses propres turpitudes rel&#232;ve d'une inversion maligne dont le discours occidental est coutumier. Dire que la Chine, contrairement &#224; l'Europe, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;s'en tient aux comportements du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dans la m&#234;me veine, traduit un consternant m&#233;lange d'arrogance et d'ignorance. Car &#224; cette &#233;poque, ce n'est pas l'empire chinois, mais les puissances imp&#233;rialistes europ&#233;ennes qui pratiquaient la conqu&#234;te territoriale et le pillage colonial. Les Chinois en savent quelque chose. Avec les &#034;guerres de l'opium&#034;, Britanniques et Fran&#231;ais ont envahi le &#034;pays du milieu&#034; pour le contraindre &#224; signer des trait&#233;s infamants et accepter l'importation massive de cette drogue aux effets d&#233;l&#233;t&#232;res. Pire encore, en 1860, un corps exp&#233;ditionnaire r&#233;unissant les forces des deux nations fait irruption dans P&#233;kin et met &#224; sac le splendide Palais d'&#233;t&#233; des empereurs Qing. Indign&#233;, Victor Hugo condamna ce forfait en &#233;crivant ces lignes am&#232;res&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Nous Europ&#233;ens, nous sommes les civilis&#233;s, les Chinois sont les barbares. Voil&#224; ce que la civilisation a fait &#224; la barbarie. Devant l'histoire, l'un des deux bandits s'appellera la France, l'autre s'appellera l'Angleterre. L'Empire fran&#231;ais a empoch&#233; la moiti&#233; de cette victoire, et il &#233;tale aujourd'hui, avec une sorte de na&#239;vet&#233; de propri&#233;taire, le splendide bric-&#224;-brac du Palais d'&#233;t&#233;. J'esp&#232;re qu'un jour viendra o&#249; la France, d&#233;livr&#233;e et nettoy&#233;e, renverra ce butin &#224; la Chine spoli&#233;e&lt;/i&gt;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La centralit&#233; imaginaire de l'empire lui a forg&#233; un destin, le vouant &#224; s'occuper d'abord de ses sujets et de leur bien-&#234;tre avant de s'int&#233;resser au reste du monde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette spoliation, la France pr&#233;f&#232;re l'oublier, et elle donne aujourd'hui des le&#231;ons de morale &#224; un pays qu'elle a pill&#233; il y a 150 ans, comme si ses ignominies pass&#233;es lui conf&#233;raient un certificat de vertu pour le pr&#233;sent. La Chine, elle, n'a rien oubli&#233;, mais elle n'en &#233;prouve aucune haine. Cette vieille humiliation, elle entend l'effacer en retrouvant la place l&#233;gitime qui est la sienne dans le concert des nations. Ce qu'elle veut, c'est tourner d&#233;finitivement la page de cette &#232;re chaotique initi&#233;e par les guerres de l'opium et la d&#233;cadence de l'empire des Qing. Nul besoin, pour y parvenir, d'imposer quoi que ce soit &#224; qui ce soit. Mod&#232;le sans imitation possible, empire sans imp&#233;rialisme, la Chine est par excellence une puissance pacifique. Mais elle ne l'est pas seulement par choix politique, ses dirigeants modernes ayant fait le choix du d&#233;veloppement et proscrit l'aventure ext&#233;rieure. Elle l'est aussi pour une raison plus profonde, et plus difficile &#224; cerner pour un esprit occidental. C'est que la centralit&#233; imaginaire de l'empire lui a forg&#233; un destin, le vouant &#224; s'occuper d'abord de ses sujets et de leur bien-&#234;tre avant de s'int&#233;resser au reste du monde. Pays du milieu, la Chine re&#231;oit en priorit&#233; l'influence b&#233;n&#233;fique du ciel, qui est rond, tandis que la terre est carr&#233;e. Elle est situ&#233;e au centre du monde par un d&#233;cret intemporel qui lui &#244;te l'envie d'en conqu&#233;rir les marges. Cette p&#233;riph&#233;rie du monde habit&#233;, en effet, ne sera jamais aussi int&#233;ressante que le c&#339;ur m&#234;me d'un empire dont la gestion est d&#233;j&#224; une lourde t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4343 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://lepcf.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/chine_xi_en_afrique-d7d93.jpg?1731023949' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le pr&#233;sident chinois Xi Jinping annonce une aide sans condition de 60 milliards &#224; l'Afrique, face aux critiques des Occidentaux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cette attitude pacifique d'un empire auto-centr&#233; n'int&#233;resse gu&#232;re nos d&#233;mocraties guerri&#232;res, devenues expertes en bombardements humanitaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pr&#234;ter des ambitions conqu&#233;rantes &#224; ce pays, par cons&#233;quent, est aussi absurde que lui reprocher de vouloir exporter son mod&#232;le, puisque ce dernier a pour vocation de rester unique. Si la Chine est pacifique, c'est donc en vertu d'un statut cosmologique dont le privil&#232;ge s'accompagne d'une promesse d'innocuit&#233; &#224; l'&#233;gard de ses voisins. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les armes sont des instruments n&#233;fastes et r&#233;pugnent &#224; tous. Celui qui comprend le Tao ne les adopte pas&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, disait Lao-Tseu. Clef de vo&#251;te du monde habit&#233;, l'empire du milieu se condamnerait &#224; la d&#233;composition s'il se dispersait aux marges, il se dissoudrait dans l'informe s'il renon&#231;ait par ambition aux dividendes d'une sereine centralit&#233;. Or cette pesanteur de l'imaginaire chinois ne concerne pas seulement le monde des id&#233;es. Transpos&#233;e dans le monde r&#233;el, elle d&#233;termine un habitus que les donneurs de le&#231;ons occidentaux devraient m&#233;diter, quitte &#224; s'en inspirer pour leur propre gouverne&#160;: un grand pays qui n'a fait aucune guerre depuis quarante ans, en effet, m&#233;rite tout de m&#234;me quelque consid&#233;ration. Hormis le bref r&#232;glement de comptes avec le Vietnam (1979), il faut remonter jusqu'&#224; l'affrontement frontalier avec l'Inde (1962) et &#224; la guerre de Cor&#233;e (1950-1953) pour trouver la trace d'une guerre dans laquelle la Chine se serait engag&#233;e. Encore faut-il pr&#233;ciser que ces conflits se d&#233;roul&#232;rent &#224; ses fronti&#232;res imm&#233;diates, et non dans de lointaines contr&#233;es convoit&#233;es par on ne sait quel expansionnisme. Mais cette attitude pacifique d'un empire auto-centr&#233; n'int&#233;resse gu&#232;re nos d&#233;mocraties guerri&#232;res, devenues expertes en bombardements humanitaires, en embargos qui affament les peuples pour la bonne cause et en r&#233;volutions t&#233;l&#233;guid&#233;es de l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;On aime dire que la Chine reste un pays pauvre [...] Mais la r&#233;alit&#233; chinoise se transforme plus vite que les repr&#233;sentations des experts occidentaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a relev&#233;, les Occidentaux, &#224; propos de la Chine, oscillent toujours entre la crainte et le m&#233;pris. Ils ont exig&#233; &#224; grand cri qu'elle participe &#224; la mondialisation des &#233;changes, et ils se lamentent des parts de march&#233; que ses entreprises enl&#232;vent haut la main. Multipliant les injonctions contradictoires, ils lui reprochent &#224; la fois d'en faire trop et pas assez, d'&#234;tre d&#233;sesp&#233;r&#233;ment pauvre et scandaleusement riche, excessivement rapide et exag&#233;r&#233;ment lente, d&#233;cid&#233;ment trop lib&#233;rale quand elle n'est pas trop dirigiste. Ils lui demandent de sauver la croissance mondiale &#8211; ce que P&#233;kin a fait au lendemain de la crise financi&#232;re de 2008, provoqu&#233;e par la rapacit&#233; des banques am&#233;ricaines &#8211; mais sans se montrer trop gourmande en mati&#232;res premi&#232;res. Ils voudraient qu'elle continue &#224; se d&#233;velopper, mais en renon&#231;ant aux outils de son d&#233;veloppement, comme sa souverainet&#233; mon&#233;taire, son puissant secteur public et sa prudente tutelle des march&#233;s financiers. L'attitude occidentale fr&#244;le parfois le comique. Lorsque la Chine, apr&#232;s avoir connu des taux de croissance annuels &#224; deux chiffres, redescend en douceur &#224; 6,4&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% (2018), on entend les experts d'un pays europ&#233;en qui se tra&#238;ne &#224; 1,5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% faire la fine bouche et pronostiquer la catastrophe&#160;: c'est vraiment l'h&#244;pital qui se moque de la charit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! En Occident, on aime dire que la Chine reste un pays pauvre, avec ses centaines de millions de travailleurs sous-pay&#233;s. Mais la r&#233;alit&#233; chinoise se transforme plus vite que les repr&#233;sentations des experts occidentaux, car les luttes des salari&#233;s de l'industrie &#8211; dans un pays qui conna&#238;t des conflits sociaux r&#233;gl&#233;s par la n&#233;gociation, comme partout ailleurs &#8211; ont abouti &#224; une hausse cons&#233;quente des salaires, au point d'inqui&#233;ter les investisseurs &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pacifisme de la Chine est l'envers de sa r&#233;ussite &#233;conomique, quand le bellicisme des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt; est le reflet de leur d&#233;clin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En fait, la Chine est un grand pays souverain, fier de son identit&#233; culturelle, attach&#233; &#224; la loi internationale et d&#233;cid&#233; &#224; se faire respecter sur la sc&#232;ne mondiale. Il n'agresse ni ne menace aucun Etat, ne finance aucune organisation terroriste ou subversive chez les autres, n'inflige aucun embargo ni aucune sanction &#233;conomique &#224; d'autres Etats souverains et refuse obstin&#233;ment de se m&#234;ler de leurs affaires int&#233;rieures. Le contraste est saisissant avec l'attitude des Etats-Unis et de leurs alli&#233;s europ&#233;ens, qui passent leur temps &#224; intervenir chez les autres de fa&#231;on unilat&#233;rale, sous de faux pr&#233;textes et en violation flagrante de la loi internationale. Si toutes les grandes puissances se comportaient comme la Chine, le monde serait plus s&#251;r et moins belliqueux. Il serait beaucoup moins assujetti &#8211; avec les risques &#233;normes que g&#233;n&#232;re cette d&#233;pendance - aux int&#233;r&#234;ts sordides des multinationales de l'armement. Car les Chinois n'ont qu'une base militaire &#224; l'&#233;tranger quand les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt; en ont 725. Ils d&#233;pensent 141 dollars par habitant et par an pour leur d&#233;fense quand les Am&#233;ricains en d&#233;pensent 2.187. Ils n'ont qu'un porte-avions, tandis que les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt; en ont douze. Et encore la Chine a-t-elle accompli un effort de r&#233;armement significatif depuis dix ans face aux initiatives belliqueuses de l'Oncle Sam. Si elle avait pu, elle s'en serait pass&#233;e. Tandis que les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt; se cramponnent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; leur h&#233;g&#233;monie finissante, les Chinois savent qu'ils sont la puissance montante et qu'il ne sert &#224; rien de pr&#233;cipiter les &#233;v&#233;nements. Le pacifisme de la Chine est l'envers de sa r&#233;ussite &#233;conomique, quand le bellicisme des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt; est le reflet de leur d&#233;clin. Au lieu de faire la guerre en vivant &#224; cr&#233;dit, la Chine a compt&#233; sur son savoir-faire pour d&#233;velopper son tissu &#233;conomique, et le r&#233;sultat est palpable.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4344 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://lepcf.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/chine_armee_rouge-0da8d.jpg?1731023949' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des militaires chinois porte le drapeau national lors d'une c&#233;r&#233;monie &#224; Guangshui, dans la province du Hubei, le 30&#160;juillet 2017&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on voyage en Chine en 2019, on ne voit pas un pays en voie de d&#233;veloppement, mais un pays d&#233;velopp&#233;. La modernit&#233; et la fiabilit&#233; des moyens de transport y sont impressionnantes. Les m&#233;tros sont flambant neuf, d'une propret&#233;, d'une fonctionnalit&#233; et d'une s&#233;curit&#233; &#224; toute &#233;preuve. Dans celui de Canton, troisi&#232;me ville chinoise avec 14 millions d'habitants, il n'y ni &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SDF&lt;/span&gt;, ni pick-pocket, ni tag, ni m&#233;got, ni papier par terre. Les passagers attendent sagement leur tour si le train est bond&#233;, et aux heures de pointe les rames se succ&#232;dent toutes les 30 secondes. En d&#233;pit de leur gigantisme, les gares et les a&#233;roports fonctionnent comme du papier &#224; musique. Les retards sont rares, les billetteries automatis&#233;es, la signal&#233;tique irr&#233;prochable (m&#234;me pour les &#233;trangers). Des toilettes gratuites sont disponibles partout. Les lignes a&#233;riennes int&#233;rieures desservent toutes les villes importantes, et les avions sont ponctuels, propres et confortables. Les gares et les lignes &#224; grande vitesse offrent aux Chinois une gamme de d&#233;placements dans l'ensemble du pays &#224; des tarifs raisonnables. Un aller simple Canton-Nanning, par exemple, soit 550 kilom&#232;tres de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LGV&lt;/span&gt;, co&#251;te 169 yuans (23 euros) quand le salaire moyen est de l'ordre de 3.000 yuans (410 euros). Depuis dix ans, les progr&#232;s sont fulgurants. La Chine avait 700 kilom&#232;tres de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LGV&lt;/span&gt; en 2007, 11.000 kilom&#232;tres en 2013, 23.000 en 2016, et l'objectif est d'atteindre 40.000 kilom&#232;tres, soit l'&#233;quivalent de la circonf&#233;rence de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;ussite de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CRRC&lt;/span&gt;, mastodonte public, a de quoi faire r&#233;fl&#233;chir les tenants du lib&#233;ralisme sur les v&#233;ritables param&#232;tres de la croissance &#233;conomique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est frappant que ces infrastructures, pour la plupart, aient moins de dix ans. D'une modernit&#233; sid&#233;rante, elles sont le fruit d'une politique massive et d&#233;lib&#233;r&#233;e d'investissements publics. D&#233;cid&#233;e au lendemain de la crise financi&#232;re de 2008, cette politique a sauv&#233; une croissance mondiale malmen&#233;e par l'irresponsabilit&#233; de Wall Street. Elle a aussi permis d'acc&#233;l&#233;rer la marche du pays vers la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;soci&#233;t&#233; de moyenne aisance&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui est l'objectif majeur des dirigeants du pays. Pour franchir cette nouvelle &#233;tape de leur d&#233;veloppement, les Chinois comptent sur le dynamisme d'un vaste secteur priv&#233;, notamment dans les services. Mais ils utilisent aussi un puissant r&#233;seau d'entreprises d'&#201;tat qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la taille critique du march&#233; int&#233;rieur chinois pour s'imposer &#224; l'&#233;chelle internationale. Le meilleur exemple est sans doute celui de l'entreprise de construction ferroviaire &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CRRC&lt;/span&gt;, devenue num&#233;ro un mondial pour la production de trains &#224; grande vitesse. Active dans 102 pays, cette entreprise compte 180.000 employ&#233;s et affiche un revenu qui d&#233;passe les 30 milliards d'euros. Elle construit 200 trains par an, contre 35 pour le duo Siemens-Alstom. Cette r&#233;ussite d'un mastodonte public a de quoi faire r&#233;fl&#233;chir les tenants du lib&#233;ralisme sur les v&#233;ritables param&#232;tres de la croissance &#233;conomique, mais il y a peu de chance qu'ils en tirent les conclusions qui s'imposent. Ils pr&#233;f&#232;rent croire que les recettes lib&#233;rales vont sauver le monde des affres du sous-d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contrairement &#224; nous, les Chinois s'inscrivent dans le temps long. Tandis que nous subissons la dictature du court terme, ils regardent loin devant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En Occident, lorsqu'elle r&#233;ussit, la Chine fait peur. Lorsqu'elle manifeste des signes d'essoufflement, elle fait peur aussi. On lui reproche d'utiliser son secteur public pour gagner des parts de march&#233;, tout en brandissant comme les Saintes &#201;critures une id&#233;ologie lib&#233;rale qui pr&#233;tend que le secteur public est inefficace. En attendant, les Chinois continuent de penser, avec Deng Xiaoping, que peu importe que le chat soit noir ou gris pourvu qu'il attrape les souris. En Chine, l'&#201;tat contr&#244;le les industries-cl&#233;&#160;: charbon, acier, p&#233;trole, nucl&#233;aire, armement, transports. Ce ne sont pas les r&#233;criminations occidentales qui vont inciter ce pays souverain &#224; modifier sa politique. Il a pay&#233; assez cher la construction de son mod&#232;le de d&#233;veloppement et il n'a pas envie d'y renoncer pour faire plaisir aux puissances &#233;trang&#232;res. La Chine est entr&#233;e toutes voiles dehors dans les grands vents de la mondialisation, mais elle n'a pas l'intention de l&#226;cher le gouvernail parce que les Occidentaux ne savent plus le tenir. Contrairement &#224; nous, les Chinois s'inscrivent dans le temps long. Tandis que nous subissons la dictature du court terme, ils regardent loin devant. Il y a deux si&#232;cles, la Chine &#233;tait encore l'atelier du monde. Du tiers de la production mondiale en 1820, au moment de son apog&#233;e, elle est pass&#233;e &#224; moins de 5% en 1950. La d&#233;cadence de la dynastie Qing et l'intrusion europ&#233;enne &#8211; puis japonaise &#8211; ont pr&#233;cipit&#233; son d&#233;clin, ouvrant une &#232;re calamiteuse dont les convulsions r&#233;volutionnaires du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle furent la cons&#233;quence. Il n'est pas &#233;tonnant que la Chine veuille d&#233;sormais retrouver l'&#233;clat de sa jeunesse en utilisant les ressources mat&#233;rielles et spirituelles d'une culture plurimill&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4346 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://lepcf.fr/local/cache-vignettes/L400xH292/chine_hua_guide-2-fb134.jpg?1721303927' width='400' height='292' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Chinois, quand ils louent la politique de leurs dirigeants, citent &#224; la fois la lutte contre la corruption et la lutte contre la pauvret&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la nouvelle phase de son d&#233;veloppement &#8211; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la soci&#233;t&#233; de moyenne aisance&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; la Chine moderne entend d&#233;velopper son march&#233; int&#233;rieur en favorisant l'&#233;mergence des classes moyennes. Mais elle veut aussi extraire de la pauvret&#233; les populations les plus d&#233;munies. Il est significatif que les Chinois, quand ils louent la politique de leurs dirigeants, citent &#224; la fois la lutte contre la corruption &#8211; qui est extr&#234;mement populaire &#8211; et la lutte contre la pauvret&#233;. Dans les villages chinois, on peut voir des tableaux affich&#233;s publiquement o&#249; figurent les noms des pauvres qui b&#233;n&#233;ficient du programme d'&#233;radication de la pauvret&#233; et les noms des fonctionnaires charg&#233;s de les accompagner personnellement. En un lieu o&#249; tout le monde se conna&#238;t, cette absence d'anonymat ne semble g&#234;ner personne. Chacun sait &#224; quoi s'en tenir, et l'&#233;valuation des r&#233;sultats au vu et au su de tous &#8211; une v&#233;ritable obsession dans la culture administrative chinoise &#8211; en est facilit&#233;e. Ce tableau est d'ailleurs affich&#233; en face du b&#226;timent du comit&#233; local du parti communiste, ce qui t&#233;moigne de l'int&#233;r&#234;t qu'on lui porte. En tout cas, ce dispositif a port&#233; ses fruits. Selon la Banque mondiale, le taux de pauvret&#233; en Chine populaire qui s'&#233;levait encore &#224; 17% en 2010 est tomb&#233; &#224; 3,1% en 2017. L'encadrement social n&#233;cessaire &#224; la mobilisation de tous et la direction par un parti qui fixe les objectifs participent aux yeux des Chinois d'un cercle vertueux dont l'efficacit&#233; est patente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi la raison pour laquelle les cris d'orfraie de la presse occidentale &#224; propos de la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;note de cr&#233;dit social&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ne semblent pas rencontrer le m&#234;me &#233;cho chez les Chinois. Qu'on soit sanctionn&#233; pour avoir commis des d&#233;lits ou des incivilit&#233;s ne les trouble gu&#232;re. Au contraire, la mentalit&#233; r&#233;gnante pencherait plut&#244;t pour la s&#233;v&#233;rit&#233; dans un pays o&#249; l'application de la peine de mort va de soi. La pr&#233;sentation de ce dispositif exp&#233;rimental &#8211; qui consisterait selon les m&#233;dias occidentaux &#224; attribuer une note globale de cr&#233;dit social &#224; chaque citoyen, susceptible de monter ou baisser en fonction de son attitude dans tous les domaines &#8211; ne correspond d'ailleurs jamais &#224; ce que les Chinois en disent. Ils y voient un syst&#232;me permettant de neutraliser les d&#233;linquants ou de limiter le surendettement, mais son caract&#232;re global &#8211; fa&#231;on &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Big Brother&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; ne fait pas partie du champ de l'analyse. On peut avancer l'hypoth&#232;se que la pr&#233;sentation du dispositif par les m&#233;dias occidentaux est quelque peu biais&#233;e, puisqu'elle d&#233;crit un projet encore embryonnaire comme s'il &#233;tait quasiment finalis&#233; et pr&#234;t &#224; l'emploi. Lorsqu'on en parle avec des Chinois, ils jugent certains aspects du projet peu contestables, alors que l'Occidental format&#233; par ses m&#233;dias y voit une entreprise totalitaire contraire &#224; ses propres principes. Cet exemple illustre l'attitude coutumi&#232;re des m&#233;dias occidentaux &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me politique chinois, mais elle montre surtout &#224; quel point nous ne parlons pas le m&#234;me langage symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4345 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://lepcf.fr/local/cache-vignettes/L500xH337/chine_pcc_en_congres-e24d6.jpg?1731023949' width='500' height='337' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La dictature du parti offusque nos m&#233;dias, mais celle du capital leur convient&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voyons aucune contradiction, par exemple, entre l'affirmation selon laquelle la France est la patrie des droits de l'homme et notre participation &#224; des guerres ignobles contre des peuples qui ne nous ont rien fait. Pour les Chinois, c'est absurde. La seule fa&#231;on de prendre au s&#233;rieux les droits de l'homme, c'est de d&#233;velopper son propre pays tout en laissant les autres conduire leurs affaires comme ils le veulent. Nos m&#233;dias trouvent abominable l'absence de libert&#233; d'expression en Chine populaire, mais dix milliardaires leur dictent une ligne &#233;ditoriale monolithique et &#233;liminent impitoyablement toute pens&#233;e dissidente. La dictature du parti les offusque, mais celle du capital leur convient. Le syst&#232;me chinois est moins hypocrite. Il est admis depuis 1949 que le parti communiste est l'organe dirigeant de la soci&#233;t&#233; et qu'il en fixe les orientations politiques. Ce parti accepte le d&#233;bat interne mais il ne veut pas de concurrent externe. On peut le d&#233;plorer, mais c'est aux Chinois d'en d&#233;cider. Cette direction unifi&#233;e donne sa coh&#233;sion &#224; l'ensemble du syst&#232;me, mais elle est jug&#233;e sur ses r&#233;sultats, conform&#233;ment &#224; une &#233;thique confuc&#233;enne o&#249; les dirigeants sont tenus de servir et non de se servir. Ancr&#233;e traditionnellement dans le culte des anc&#234;tres, la soci&#233;t&#233; chinoise n'a jamais &#233;t&#233; une soci&#233;t&#233; individualiste. C'est une soci&#233;t&#233; holiste o&#249; l'individu s'efface devant le groupe plus vaste auquel il appartient. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Ob&#233;is au prince, ob&#233;is au ma&#238;tre, ob&#233;is aux parents&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, disait Confucius il y a 2.500 ans. Tous les lundis matin, dans les &#233;tablissements scolaires, le proviseur proc&#232;de &#224; la lev&#233;e des couleurs et tient un discours mobilisateur devant les &#233;l&#232;ves en rang et en uniforme. Des formules comme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Sois civilis&#233;, sois studieux et appliqu&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ornent en gros caract&#232;res la cour des &#233;coles. La v&#233;ritable question est de savoir si ce syst&#232;me symbolique r&#233;sistera durablement aux assauts de la soci&#233;t&#233; de consommation et &#224; l'&#233;panchement individualiste qu'elle entra&#238;ne partout o&#249; elle passe, y compris dans les soci&#233;t&#233;s qu'on pensait les mieux arm&#233;es pour l'endiguer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno Guigue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://francais.rt.com/opinions/59011-chine-sans-oeilleres-par-bruno-guigue" class="spip_out"&gt;Sur le site de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RT&lt;/span&gt; - France&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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