Franchir un nouveau cap pour la formation des communistes

, par  Paul Barbazange , popularité : 7%

Une riche contribution sur la formation dans le PCF de notre camarade Paul Barbazange de l’Hérault !

Partie I : Ambitions politiques

Il y a un peu moins d’un an, les communistes, à l’occasion du dernier congrès, fixaient avec netteté une ambition en matière de formation.

« Le congrès mandate les directions pour que la formation soit considérée comme une priorité, en lui attribuant les moyens financiers en conséquence. Il propose qu’un conseil national soit consacré à la formation, afin qu’un plan d’ensemble soit élaboré et mis en œuvre en ce sens1. »

Cette exigence renvoie à une conception du combat et de l’efficacité communistes. Elle s’inscrit de surcroît dans un contexte très particulier dans l’histoire de notre organisation.

La formation, c’est un des éléments-clés qui soutient le choix de la forme « parti ». Pourquoi faire « parti » plutôt qu’autre chose, en effet ? Notamment pour cette raison : ne pas avoir à tout imaginer, tout penser, tout comprendre, tout proposer, tout construire seul, comme si personne d’autre n’existait, n’avait jamais existé. Être un parti communiste, c’est organiser cette coordination, cette mise en commun des expériences, des réflexions, des élaborations. C’est une des conditions décisives pour une efficacité communiste, pour le rayonnement dans la société de notre parti et de chacun.e de ses adhérent.e.s.

C’est aussi une question démocratique. Permettre à chaque adhérent.e d’être en maîtrise des grands enjeux est une clé de souveraineté. Nous n’avons pas choisi d’être un mouvement avec délégation de pensée et de pouvoir à quelque gourou que ce soit. Ce sont donc tous les communistes qui décident des orientations du Parti communiste.

Ce choix démocratique, couplé aux exigences de formation, est aussi un choix d’efficacité car il y aura toujours plus d’intelligence, de justesse et de vérité dans la coordination de dizaines de milliers de réflexions que dans les conclusions nées d’un seul ou de quelques cerveaux.
La formation est ainsi un enjeu de tout premier plan pour un parti démocratique, efficace, utile.

Ajoutons que les batailles remportées pour renforcer et allonger la scolarité n’ont pas du tout réglé les questions de classe qui se posent dès qu’on parle d’action politique et, a fortiori, de prise de responsabilités politiques, au contraire sur bien des points l’augmentation de la durée de la scolarisation pour certains , l’affaiblissement de son contenu scientifique, philosophique et rationaliste ont réduit les capacités de décision et d’action de nombre d’individus. Il n’est qu’à regarder le gouvernement, le Parlement, le profil social des principaux dirigeants de parti, des principaux élus. C’est une toute petite partie de la société qui détient les principaux leviers dans les univers politiques à toutes les échelles. Pour nous, communistes, il ne s’agit pas là d’une petite question.

Nous portons haut cette ambition : la politique doit être l’affaire de toutes et tous. Dans le cadre des luttes de classes de notre siècle, il faut aussi le dire avec lucidité, n’en déplaise à Terra Nova : il n’y aura aucune issue positive sans un monde du travail et de la création mobilisé dans toute la diversité de ses composantes.

Enfin, la spécificité et la raison d’être du parti communiste, confirmé par le 39ème Congrès, tient au projet de transformation révolutionnaire qu’il porte. Il convient donc de nourrir une hauteambition de formation à toutes les échelles Face à la puissance, à la violence idéologique et matérielle de la classe dominante, à la destruction de tant e réseaux de sociabilité, notre parti en tant qu’acteur politique collectif doit être en capacité d’assimiler de façon critique la diversité des conceptions et données qui s’expriment dans la bataille des idées.

Précisons à présent quatre caractéristiques qui marquent particulièrement la situation présente :

1. Les mutations rapides de notre monde
Il n’est que de penser à la France des années 1970 et de regarder autour de soi aujourd’hui pour mesurer combien notre monde a été confronté à des mutations aussi majeures que rapides. Cette cadence ne saurait ralentir comme on le voit par exemple avec l’émergence de l’intelligence artificielle. Cela pose aux logiques de formation plusieurs problèmes dès lors que nous sommes engagés dans une optique matérialiste selon laquelle un communiste est d’autant plus efficace pour changer le monde qu’il est en capacité de comprendre ce monde, tel qu’il est effectivement et tel qu’il va. Le premier, c’est qu’on ne saurait imaginer être « formé » de manière absolue et définitive. Le second, c’est que le contenu lui-même des formations doit être en capacité d’évoluer pour saisir, dire et caractériser ces évolutions.

2. Des moyens et des disponibilités limités
Je crois qu’il ne faut pas commencer le développement de « l’état des lieux » par « le haut » l’école de quatre mois et pourquoi pas celle de l’internationale d’un an à Moscou ! mais par l’état actuel de la formation dans les quelques cellules qui fonctionnent et les sections- fédés , ce serait plus réaliste, éviterait de mettre en avant l’absence de permanents disponibles. Pour renverser les questions et prioriser des livrets de base accessibles à tout adhérent nouveau ou plus anciens, je pense à tous ceux qui ont adhéré pendant la période 1983 – 2010 et qui ont beaucoup besoin de travailler sur les nouveautés actuelles des 38 ème et 39 ème congrès ainsi que de l’évolution de la situation internationale.

La vie de notre organisation est ainsi faite que survit une mémoire, plus ou moins floue, des « écoles » dont notre parti s’est, un temps, doté au siècle dernier. Nous peinons ainsi à sortir de la nostalgie de « l’école de 4 ». Pourtant, il faut affronter le réel et le penser dans ses configurations présentes. L’école de Draveil a été vendue après le résultat imprévu ? de Robert Hue à l’élection présidentielle de 2002 ; nous ne sommes pas en mesure d’acquérir une nouvelle structure de ce type. Surtout, avec un nombre de permanents particulièrement réduit et une vie sociale difficile, nous ne parvenons pas à dégager un nombre important de camarades pour des formations longues.

Décréterions-nous le retour d’une école de 4 mois, nous n’aurions pas de camarades disponibles pour s’y inscrire. Pourtant, dès lors qu’on cesse de comparer systématiquement notre situation présente avec celle que connut notre parti pendant quelques décennies de plus grande force, on doit mesurer les possibles réels , possibles d’abord attachés à l’orientation prise au 38è me congrès et confirmée au 39ème qui existent et, pour une part, des possibilités nouvelles liées à la révolution numérique. Toutefois, sur ce chapitre, la période de la pandémie a confirmé concrètement ce que nous savions déjà de manière plus abstraite : le numérique offre des possibilités nouvelles mais la formation, et encore plus particulièrement quand elle s’inscrit dans la durée et vise à approfondir, nécessite une présence physique.

3. La démographie communiste
En 2024, la pyramide des âges au sein du Parti communiste n’est pas celle de la population générale. Les générations du « programme commun » continuent de représenter une part importante dans notre parti. Les bataillons de la « génération Mitterrand » qui est aussi celle de Tchernobyl et de la disparition de l’URSS sont, dans l’ensemble, beaucoup moins étoffés. Vient enfin un regain parmi les nouvelles générations. Les choses étant ce qu’elles sont, les passages de relais se multiplient et sont appelés à se multiplier encore : il n’est pas rare qu’un-e septuagénaire passe la main à un.e trentenaire voire un.e camarade plus jeune encore. Ce n’est pas un problème en soi ; cela peut même être une chance pour relancer les organisations du Parti, repartir avec un regard neuf. Du moins dans la mesure où les nouveaux responsables sont accompagnés, dans la mesure où les gestes et les savoirs ne se perdent pas. Dans la mesure, autrement dit, où les responsables pressentis et effectifs reçoivent une formation spécifique.

4. La sociologie communiste
Faute de photographie précise de la structuration sociale des différents partis politiques, il est impossible de dresser un bilan fin en la matière. Reste qu’on croit pouvoir affirmer que, si les milieux populaires du salariat représentent une moitié des actifs du pays, ils sont loin d’occuper cette place dans les formations politiques. Assurément, la situation s’est considérablement aggravée par rapport à celle, déjà peu brillante, qui caractérisait le paysage politique il y a un siècle et il y a cinquante ans grâce à un effort alors cinquentenaire mené par notre parti . Un parti comme la SFIO, par exemple, comptait alors beaucoup d’ouvriers dans ses rangs même si les ouvriers se faisaient de plus en plus rares à mesure qu’on montait dans la hiérarchie du parti. Pour ce qui est de notre Parti, il continue à se singulariser par sa composition sociale : il reste sans doute celui dont le spectre social est le plus large, de la base au sommet. Cependant, notamment dans les nouvelles générations que nous touchons, le spectre est plus étroit. Ajoutons que les combats en matière de féminisation des directions sont loin d’être gagnés à cette heure. Autrement dit, le défi d’un parti communiste pleinement ancré dans l’ensemble du monde du travail et de la création se pose avec une acuité nouvelle. Nous ne le relèverons pas sans un effort majeur en matière de formation.

Au total, au vu de ces éléments structurels et conjoncturels, il est clair qu’il nous faut tenter de franchir un nouveau cap en matière de formation des communistes.
Se voulant à la fois ambitieux et au plus près des réalités militantes de notre parti, le plan que nous vous présentons ici s’inscrit dans l’état d’esprit dans lequel ont travaillé nos prédécesseurs depuis 15 ans, Patrice Bessac qui a relancé et reconfiguré notre activité de formation à la fin de la première décennie du siècle et Jean-Louis Frostin qui a fait franchir un palier supplémentaire. Il faut aussi souligner appuyé sur les deux derniers congrès le travail militant important qui avait été mené en préparation du 38e congrès au travers d’un riche « Chantier formation » et prolongé largement depuis au sein du secteur formation. À la lumière des décisions des derniers congrès, nous souhaitons prolonger cet élan et lui donner une force nouvelle, à la mesure des besoins présents.

Avant de présenter le bilan des activités menées par le secteur depuis la relance opérée il y a 15 ans, il faut s’expliquer sur une des formes retenues pour la formation : le stage. Mieux assurer dans cette description le rapport entre la forme, la fréquence et les contenus.

Dans le relance opérée il y a 15 ans, c’est cette forme qui a en effet été retenue et privilégiée, sous deux volets : le stage dit « de base » ; le stage à destination des cadres. Le stage, c’est-à-dire un temps d’échanges entre un intervenant et une quinzaine-vingtaine de camarades. Quel contenu ? C’est une question politique car la durée des stages est, par définition, limitée : cela appelle donc des choix. Nous avons fait celui des éléments qui font patrimoine commun, les outils de connaissance et de réflexion qui aident à se situer et avancer, qu’il s’agisse d’Histoire ou des apports de Marx. Nous avons également fait le choix de donner une place importante aux enjeux économiques et écologiques structurants. Enfin, en conformité avec les décisions des instances communistes, chaque temps de formation comprend un module relatif aux violences sexistes et sexuelles. Au-delà, se posent toujours des questions de périmètre et de contenu dès lors qu’il s’agit de définir ce que nous, communistes, considérons comme le patrimoine de réflexions et d’expériences que nous voulons mettre en commun. L’enjeu des validations collectives est important car le secteur Formation n’a pas vocation à définir seul ce contenu. Y compris en matière notionnelle, par exemple, qu’entendons-nous aujourd’hui par « impérialisme » ? Comment caractérisons-nous l’extrême-droite (« populisme », « fascisme », « extrême-droite » ? quel est l’état de notre réflexion collective sur « le socialisme réel » ?, « l’eurocommunisme » ? « la nécessité d’étapes avant d’en arriver à une société communiste » ?, « quelle place pour les classes exploitées, la classe ouvrière » ? ) Autant de questions qui apparaîtront sans doute comme devant figurer au menu des formations mais pour lesquelles notre parti, collectivement, n’a pas encore produit de document de référence validé de manière commune. Les besoins de formation sont aussi des besoins de production collective communiste.

Par-delà les stages et les différents dispositifs que nous avons mis en place et que nous prévoyons, demeure la grande question de la lecture et de la formation continue. Aucun stage, même allongé dans le temps, ne pourra offrir une formation définitive. La formation est affaire d’action et d’expérience accumulée, débattue et partagée. Elle est aussi, inévitablement, affaire de lecture, de temps passé à une réflexion approfondie.

Un.e communiste est par définition quelqu’un à qui le temps manque mais soyons vigilant.e.s, la lecture n’est pas un supplément d’âme pour un.e communiste : elle est indispensable à l’efficacité de son activité. De ce point de vue, les stages peuvent aider à repérer les structures progressistes (la Fondation Gabriel-Péri, pas toujours bien identifiée par les camarades, l’Université permanente devenue Bande passante...) ou les ressources (L’Humanité, bien sûr, mais aussi les revues communistes, inégalement connues dans le corps militant). Un effort de relance des bibliothèques de section appuyé sur des temps de lecture collectives pourraient aller dans ce sens et faire vivre le mouvement par en bas. Mais ce goût de la lecture ne pourra pas croître avec la seule force du secteur Formation. Il doit être porté par le parti entier, fuyant les préjugés et les idées toutes faites, les pensées courtes et les étiquettes superficielles.

Partie II : Bilan

La présentation du bilan s’organisera en deux grandes parties : une première partie présentant les différents stages proposés par le secteur formation national et leurs évolutions ; une deuxième partie présentant le secteur en lui-même et ses autres chantiers.

Au préalable, il convient de préciser ici que le secteur formation national est, à date, composé de 23 camarades dont 61% sont situés hors Île-de-France (+46% par rapport au 38e Congrès) et 30% de femmes (+15% par rapport au 38e Congrès). Quelle est l’évolution des membres de la classe ouvrière au sens large ?

I. Les différents stages proposés par le secteur formation et leurs évolutions

Depuis 2009, trois grands types de formations sont assurés par le secteur national : le stage de base, le stage-cadre et les formations thématiques.
Depuis deux ans, un nouveau stage est apparu : le stage-cadre régional.

Le bilan de ces formations n’a pas vocation à être exhaustif, mais à pointer les réussites et les difficultés auxquelles est confrontée la formation dans notre parti.

A) Le stage de base

Le stage de base est composé de quatre séances se devant d’apporter l’essentiel des outils idéologiques pour comprendre la pensée communiste et ainsi créer des référentiels communs à toutes et tous les communistes.

Depuis deux ans, la structure du stage a été repensée et un nouveau module est apparu : il s’agit du module 3, composé d’une première partie sur l’organisation du PCF, et d’une seconde, assurée en visio par les camarades du dispositif Stop Violences, sur la prévention des violences sexistes et sexuelles.

- Module 1 : « Dans quel monde intervenons-nous ? »,
- Module 2 : « Rapports et apports du PCF à la société française »,
- Module 3 : « Organisation du PCF et présentation du dispositif Stop Violences »,
- Module 4 : « Capitalisme/crise/dépassement »,
- Module 5 : « Les conditions et grands enjeux de développements aujourd’hui ».

Chaque module dure deux heures et le stage se déroule sur un week-end, à la demande des fédérations.

L’édition de livrets sur les questions retenues me paraît une priorité quel que soient leur contenu( voir plus haut réflexions sur la lecture)

Entre 2009 et 2021, soit 12 années, 139 stages de base avaient été réalisés sur 59 fédérations. Le rythme s’est grandement accéléré après les déconfinements : en l’espace de deux ans en 2022 et 2023, 46 stages ont été organisés et le rythme continue de s’accélérer puisque 18 stages sont déjà prévus sur le premier trimestre 2024, soit presque autant que le total de l’année précédente. C’est énorme, au vu du nombre d’intervenant.e.s mobilisé.e.s. En 2016, 45 fédérations n’avaient pas encore bénéficié d’un stage de base national : il en reste 22 aujourd’hui. Certaines fédérations ont organisé leurs propres “stage de base”, sans recourir aux intervenant.e.s nationaux, ni parfois à la structure nationale du stage de base. Cette situation doit nous interroger ! Ceci n’est à l’heure actuelle pas quantifiable mais l’appropriation des outils collectifs va grandissant.

Le développement du stage de base est allé de pair avec une volonté d’harmonisation des contenus et des notions abordées. L’objectif étant de créer un référentiel commun à tous les communistes et un véritable parcours de formation, conformément à nos orientations de Congrès, cela ne peut s’envisager qu’en permettant à chaque camarade, où qu’il soit sur le territoire, d’accéder aux mêmes contenus et d’aborder les mêmes notions.

B) Le stage-cadre national

Le stage-cadre national se déroule chaque année, rassemblant une vingtaine de camarades. Depuis sa création, plusieurs modifications ont été apportées : le stage, initialement d’un week-end, a été porté à une semaine, puis à deux semaines (une semaine + 3 week-ends) puis à davantage (1 semaine + 5 jours + 2 week-ends).
En outre, depuis le 39e Congrès en 2023, le secteur national Formation propose deux stages cadres par an au lieu d’un, portant à une quarantaine le nombre de camarades participant à un stage-cadre national chaque année. Ces stages rencontrent un écho très positif. Les aspects théoriques, politiques y sont traités à côté de dimensions ayant plus directement trait à la fonction dirigeante concrète. Pour autant, nous butons sur un problème de temps. Allonger la durée des stages diminue le nombre de camarades en capacité d’y participer ; ne pas l’allonger limite inévitablement les apports potentiels et, sans doute, nécessaires.

Au total, entre 2010 et 2023, 304 camarades issus de 76 fédérations différentes y ont été formés.

C) Le stage-cadre régional

Le stage-cadre régional est un nouvel échelon de formation : créé fin 2021, le premier stage régional a eu lieu entre novembre 2021 et janvier 2022. Ce stage s’adresse à des camarades en responsabilité locale ou en passe de le devenir et est organisé, comme son nom l’indique, par région. Pour des raisons pratiques et pour faciliter la participation des camarades, ce sont les anciennes régions administratives qui sont prises en compte.
Ce stage s’organise sur deux week-ends, en sept modules de deux heures. Ces modules peuvent être pratiques (organiser une activité militante, prendre la parole en public, prendre en main Cociel) ou théoriques (dialectique et politique, écologie et lutte des classes), et sont complétés avec des modules portant sur des enjeux régionaux, définis avec les différentes fédérations participantes. Les régions se sont saisies avec enthousiasme de cette nouvelle proposition qui se veut être un premier échelon dans la formation de nos cadres, avant le stage-cadre national. 2 stages se sont déjà déroulés et neuf sont prévus ou en attente, dont deux sur le premier trimestre 2024 : PACA et Languedoc-Roussillon.

D) Les formations thématiques

Lorsqu’une section ou une fédération veut organiser une formation sur un thème précis, elle contacte soit directement l’intervenant.e qu’elle veut, soit la commission, le secteur ou le réseau concerné. Le secteur formation n’est donc en général pas au courant de l’initiative, à moins que l’intervenant·e en question ne soit du secteur formation, et le réseau national thématique n’est parfois au courant qu’a posteriori de l’initiative, quand elle est évoquée au détour d’une conversation. Nous devons valoriser ces initiatives, insister sur cet aspect, conférences , débats sous deux aspects complémentaires : pour améliorer la communication et donc permettre à un maximum de communistes et de sympathisant·e·s de participer, et pour que les communistes se rendent compte de la richesse de ce que nous produisons déjà et du vivier d’intervenant.es dont nous disposons afin de favoriser les initiatives de formation partout pour l’ensemble des camarades.

II. La vie du secteur formation

La formation ne peut exister que si elle est prise en main dans les fédérations : les camarades sur le terrain doivent être en maîtrise des différents outils à leur disposition et être en contact pour pouvoir échanger leurs pratiques, construire des initiatives communes, etc. Nous avons donc lancé un travail de fond dans les fédérations, pour nous assurer que chaque fédération dispose d’un ou plusieurs responsables à la formation. A date, 77 fédérations se sont dotées d’un, une ou plusieurs responsables à la formation. Nous avons également mis en place des rencontres régulières avec ces responsables fédéraux à la formation. La première de ces rencontres a eu lieu en mai 2021, suivie d’une deuxième en février 2022 au siège national de notre parti, lorsque nous avons revu le déroulé des stages de base. Ces rencontres se tiennent désormais au moins deux fois par an, en visio. Les échanges y sont toujours riches et animés, et il est très utile pour nous d’avoir un retour direct de notre travail et de ce que nous proposons sur le terrain, de pouvoir informer directement les fédérations de notre travail et des avancées ainsi que de permettre aux fédérations d’échanger ensemble et de remonter au secteur formation leurs besoins, souhaits et problématiques.

Pour assurer les formations et les stages mis en place, le secteur formation se repose sur un vivier de formatrices et formateurs nationaux. Ce vivier est composé d’environ 70 camarades d’âges et d’horizons divers, répartis sur tout le territoire mais avec encore aujourd’hui une prédominance importante de l’Île-de-France. Le lien renforcé avec les fédérations nous permet d’améliorer progressivement la répartition géographique de ce vivier, afin d’éviter d’épuiser des camarades qui traversent la France chaque week-end pour assurer les stages. Ce vivier nécessite d’être continuellement renouvelé et enrichi, notamment au vu du développement des différents stages et des besoins importants. Depuis trois ans, nous travaillons aussi à l’animation et à la formation des formateurs et formatrices : la formation étant une tâche collective, il est important que les formatrices et formateurs de notre parti se sentent faire partie d’un collectif dans lequel ils et elles peuvent échanger sur leurs pratiques, leurs ressources et leurs difficultés éventuelles. Nous avons donc lancé des initiatives de formation, initiative et continue, de formateurs et formatrices, et organisé au moins une rencontre de formateurs et formatrices pour chaque module du stage de base entre 2022 et 2023, au cours desquelles le déroulé de chacun des modules peut être revu en fonction des besoins et des retours d’expériences.

Il reste une difficulté que nous ne parvenons, pour l’instant, pas à surmonter : ce vivier national de formatrices et formateurs est composé à 90% de formateurs. Nous savons pourtant que bien des camarades femmes sont en capacité d’assurer des missions de formation, d’animer des stages et des formations thématiques : il nous faut maintenant trouver le moyen de les recenser et de les inclure dans notre politique de formation et nos initiatives. Lors de nos rencontres avec les responsables fédéraux à la formation, nous avons sensibilisé les fédérations sur cette question et avons pu former quelques formatrices supplémentaires ; il nous faut continuer et amplifier cette dynamique car il n’est pas pensable qu’un parti féministe soit doté quasiment exclusivement de formateurs masculins.

Enfin, plusieurs autres chantiers ont animé et continuent d’animer notre secteur :
- le lien avec les publications de notre Parti, notamment celles de nos commissions nationales, les publications d’auteurs et autrices communistes et/ou membres de notre parti, les revues du Parti et les publications amies (notamment l’Humanité et la Marseillaise) : nous avons réfléchi à une manière de faire davantage connaître ces publications. Désormais, dans chaque stage de base sont présentées toutes ces publications, pour que les camarades puissent s’en saisir. Une bibliographie est également en cours d’élaboration pour chaque module, afin de prolonger la réflexion et les discussions dans les sections et les fédérations après les stages.
- la place à donner aux nouvelles technologies : la présentation du dispositif Stop Violences se fait déjà en visio pour des questions d’ordre pratique ; lors des formations de formatrices et formateurs, nous avons également discuté des possibilités d’inclusion de l’outil vidéo et plusieurs modules intègrent désormais des diaporamas et des outils numériques. L’intégration de ces outils est rendue de plus en plus facile sur le terrain car beaucoup de fédérations et même de sections sont désormais équipées pour la visio et la vidéo-projection.
- la communication sur les initiatives existantes et les évolutions, tant nationales que locales, par le biais d’une publication mensuelle du secteur : l’Echo de la formation existant depuis l’été 2023.

Partie III : Perspectives

Aujourd’hui, deux enjeux majeurs animent l’action du secteur formation conformément à nos statuts et nos orientations de Congrès :
- Organiser plus de stages, dans plus de lieux, cellules sections en particulier fédérations lorsque ce n’est pas possible plus près des lieux d’activité des adhérents afin d’assurer le droit effectif à la formation de tou-te-s les communistes,
- Assurer le droit à une formation adaptée pour l’ensemble des camarades par la mise en place de parcours de formation pour chacun-e, prenant en compte les besoins spécifiques des camarades en responsabilité dans le Parti par le biais d’une politique de cadre, accompagnée d’une formation adaptée.

Tout d’abord, comme évoqué précédemment, une politique de formation ne peut être efficace qu’avec une équipe de camarades mettant en œuvre des initiatives et une réflexion à destination de l’ensemble des camarades dans l’ensemble des fédérations et sections. Ainsi, les efforts doivent être continués afin d’inciter chaque fédération et section à se doter de responsables ou de collectifs d’animation de la formation, partout sur le territoire.

Ensuite, afin de faire vivre l’objectif de mise en place de parcours de formation à destination de tou-te-s les communistes, la structure des stages existante doit être renforcée. Les stages de formation sont destinés aux adhérents et doivent donc être considérés différemment du temps d’accueil, éventuellement à l’appui du livret d’accueil national, de chaque camarade dans le Parti.

Les stages destinés à l’ensemble des adhérent-e-s :
- Le stage de base dont la structure en 5 modules sur un WE correspond bien aux besoins premiers, dont les titres doivent évoluer afin d’être facilement compréhensible par tou-te-s, et dont les contenus peuvent évoluer pour s’adapter aux réalités, en premier lieu desquelles la mise en place d’un livret d’accueil des nouveaux adhérent-e-s qui diminuera l’intérêt du module sur l’organisation du Parti tel qu’il existe aujourd’hui. Dans cette perspective, ce stage doit être amené à évoluer au vu des enjeux à traiter aujourd’hui, parmi lesquels le projet communiste en lui-même, les questions d’économie, d’écologie ou de stratégie…
- Le second niveau de stage destiné à l’ensemble des adhérent-e-s, qui est une attente forte remontée dans les réunions des secrétaires à la formation des fédérations afin de donner rendez-vous aux camarades, au-delà de ce que couvre aujourd’hui le stage de base. Ce stage, dont les contours sont en cours d’élaboration au sein du secteur formation, pourrait se concentrer sur des notions-clés, évoqués en première partie du rapport, mais ce qui nécessite une élaboration politique commune sur ces sujets avant de s’en servir en formation, Oui mais la présence dans la formation de façon explicite des questions ouvertes au 38 ème et 39 ème congrès aideront grandement à la au contenu des prochains congrès ! De l’audace .’ouverture dans la formation

Les stages destinés aux cadres du Parti :
- Le stage-cadre régional, destiné aux cadres locaux, allie théorie et pratique. Les deux premiers stages organisés permettent de constater que l’architecture prévue, sur deux WE, correspond bien au besoin, tout en faisant évoluer certains contenus afin d’être en adéquation avec deux objectifs : ce que le Parti veut donner comme outils d’analyse, de connaissances et de pratiques aux cadres d’une part, et les attentes des camarades d’autre part,
- Le stage-cadre national à destination des cadres nationaux et fédéraux, dont les évolutions depuis 15 ans maintenant ont permis d’avoir une organisation fiabilisée, répondant à la double ambition évoquée précédemment en alliant, cette fois-ci sur 2 semaines + 2 WE, théorie et pratique avec un accompagnement à la fonction dirigeante.

Afin d’assurer la capacité du Parti à assumer financièrement l’ensemble des stages organisés, au vu de leur multiplication (à la fois en typologies de stages et en nombre de chaque stage, au vu des demandes locales), la mise en place de mandats doit être étudiée.

La mise en place de parcours de formation pour l’ensemble des camarades doit aller de pair avec deux éléments, qui ne sont pas encore aboutis aujourd’hui :
- Un suivi des stages de formation des camarades, qui peut se réaliser sur Cociel, afin de permettre aux responsables à la formation de connaître les formations réalisées par les camarades et de formuler des propositions dans le cadre du parcours,
- Un lien spécifique avec le secteur cadres et son travail qui permettra d’identifier et de suivre des camarades, de manière structurée, afin de les inscrire dans le parcours des stages de formation à destination des cadres.

Si les stages constituent aujourd’hui un élément essentiel de l’activité du secteur formation national, il ne faut pas négliger l’apport déterminant des formations ponctuelles organisées par les commissions/secteurs, fédérations/sections ou le secteur formation directement pour répondre :
- Aux besoins de formation continue,
- A des enjeux de campagnes locales ou nationales, électorales ou non,
- Aux demandes des camarades sur des sujets/points particulier.

Toutes ces formations n’ont pas vocation à être organisées par le secteur formation national. Toutefois, le secteur doit :
- Accompagner les secteurs et commissions pour la mise en place de cursus de formation thématiques en lien avec les enjeux de fond et d’actualité,
- Travailler à la mise en place d’une base de données référentielle telle que prévue par le dernier Congrès (travail qui est en cours),
- Centraliser les informations sur l’existant et les perspectives, afin d’alimenter cette base de données, de partager les informations dans le Parti et d’appuyer plus efficacement encore demain les demandes d’où qu’elles émanent.

Cette base de données devra centraliser des formations existantes ou à venir (thèmes de formations, noms d’intervenant-e-s potentiel-le-s, supports écrits et vidéos etc). Il est prévu à la fois un niveau d’accès public pour une partie des éléments et un niveau d’accès restreint pour le reste à destination des responsables à la formation dans le Parti (dont notamment les coordonnées intervenant-e-s).

La question de la réflexion pédagogique à mettre en place et à faire évoluer dans nos formations et stages de formation est aussi importante : penser la longueur des modules de formation, leur format, les modalités pédagogiques (supports de présentation, documents d’appui en amont ou en aval, participation des camarades afin d’éviter les effets de cours magistraux etc). Au sein du secteur formation, cette réflexion est en constante évolution et partagée dans le cadre des formations de formateurs-trices régulières, à continuer et amplifier tout en continuant à faire évoluer pour permettre l’appropriation la plus efficace des camarades des outils avec lesquels ils ressortent des formations. Ces formations de camarades afin d’assurer le volume des stages et des formations demandés par les instances du Parti sont indispensables pour faire vivre la formation dans notre Parti. A ce titre, les frais d’organisation dont les déplacements des camarades pour y assister doivent être pris en charge systématiquement par les budgets nationaux.

Le secteur formation doit également être en mesure de communiquer et partager les informations nécessaires aux adhérent-e-s et aux camarades en charge de la formation localement dans le Parti. Ainsi, deux outils sont prévus :
- De manière publique, le site internet qui doit être refondu dans le cadre de la nouvelle plateforme nationale afin de contenir, de manière organisée, les informations importantes,
- En interne, l’Echo de la formation dont la parution mensuelle actuelle doit être au minimum pérennisée, la fréquence pouvant être adaptée à l’avenir si besoin.

Enfin, le secteur formation a également vocation à développer au fil de l’eau des solutions, directement gérées par le secteur formation ou non, en fonction des commandes politiques du CN, des besoins dans le Parti, de leur pertinence et des moyens dont nous disposons.

En mettant en œuvre ce plan de formation, nous entendons répondre à l’ensemble des enjeux identifiés pour relever les défis actuels et futurs du Parti communiste français.

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
    ... lire la suite

  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).